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Historique Djerba - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Historique

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Situation & Histoire ancienne

Djerba est une île de Tunisie situé au Sud du golfe de Gabès juste au large de la côte Nord-est de l'Afrique, dans le Sud-est de la Tunisie, près de la frontière libyenne.

Avec ses 92 270 habitants pour 510 km², c'est le chef lieu d'Houmt-Souk.
L'île mesure environ 20 km de largeur et 25 km de longueur.
Djerba est une vaste oliveraie et palmeraie au climat agréable.

Très touristique, ce serait l'île des Lotophages de l'Odyssée.
Djerba, dont on pense qu'elle a inspiré l'Odyssée d'Homère, possède un château de pirates et des mosquées aux allures de forteresses. Accessible depuis le sud de la Tunisie, une route à l'origine construite par les Romains relie l'île au continent.

Convoitée depuis des temps immémoriaux par tous les peuples de la Méditerranée (Grecs, Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins), ses côtes furent l'objet au moyen âge et dans les temps modernes d'attaques et d'occupations sans doute éphémères mais fréquentes (Normands de Sicile, Aragonais, Turcs…) Le corsaire Dragut en fit, au XVIe siècle, l'un de ses bastions préférés après avoir éliminé les occupants espagnols et exterminé les derniers résistants refugiés au Borj Ghazi Mustapha :

Les Carthaginois occupent l'île et la baptisent Meninx. Les romains la colonisent. Elle se christianise rapidement et accueille après 70 une forte colonie de Juifs chassés par les Romains de leur pays. Plusieurs milliers d'entre eux s'installent dans deux "Haras", Hara Srira et Hara Kebira.
Envahie par les Vandales, reprise par les Byzantins, elle est conquise par les Arabes en 667. L'île est ensuite le théâtre de la lutte entre les Berbères autochtones kharidjites et les Arabes orthodoxes ; puis elle est dévastée par les Beni Hilal (HIARZIR). Suivent trois siècles de luttes entre les Siculo-normands, les Aragonais, les Espagnols, les Turcs.

En 1540, Djerba devient un bastion de piraterie. En 1551 une première escarmouche à lieu entre Dragut le corsaire et l'Amiral Andréa Doria : le corsaire réussit à débloquer sa flotter en perçant la chaussé romaine d'El Kantara.

En 1560, Français, Espagnols, Napolitains et Chevaliers de l'ordre de Malte montent une expédition pour mettre un terme à la piraterie. Mais Dragut, aidé des Turcs réussit à les vaincre. A Bordj el Kébir, ils massacre 5 000 espagnols et édifie avec leurs crânes une pyramide sur l'emplacement de l'actuelle "Tour des crânes" (Bordj el Rouss). Cette pyramide ne sera détruite qu'en 1848 par le Bey de Tunis.

L'île connaît par la suite une longue période de paix.

Aujourd'hui

Les 120 000 Djerbiens vivent accrochés à une terre rude où l'eau est rare (aucune source d'eau naturelle) et où le vent salin rend la culture encore plus difficile. Le tourisme est la principale ressource de l'Ile. Elle cultive plus d'un million de palmiers et 500 000 oliviers.
La pêche représente une activité non négligeable (pêche aux éponges), ainsi que l'artisanat (couvertures, nappes, tapis, bijoux, poteries, vannerie) et le commerce (Les Djerbiens trustent les négoces à Tunis et même... à Paris!).
La présence d'une communauté Juive ajoute encore au particularisme de l'île : Cette communauté est l'une des plus anciennes du monde puisqu'elle remonte avant l'ère chrétienne

La "Ghriba" à Djerba

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La synagogue de la Ghriba abrite les descendants d’un petit groupe de réfugiés fuyant la Palestine en 584 av. J.C. Leur présence biblique s’est perpétuée ici en toute quiétude depuis plu de vingt six siècles, brillant exemple de sagesse et de fraternité humaine.


Elle est l'un des plus vieux temples juifs du monde et constitue chaque mois de mai, le lieu de pèlerinage de plusieurs milliers de juifs du monde entier. Une des plus anciennes Torah du monde y est conservée.

Dans le temple au murs carrelés de céramiques à dominante bleue et blanche, des rabbins vêtus du costume djerbien traditionnel - le pantalon bouffant ou sarouel gris, bordé d’un bandeau noir, signe de deuil en marque d’exil, la chéchia posée à l’arrière du crâne pour signaler leur différence - psalmodient toute la journée en hébreu et en araméen pour maintenir les vibrations spirituelles du lieu de culte. La deuxième pièce, celle où se trouve la Sefer Thora (les tables de la loi) et où l’on célèbre le shabbat, est si sacrée que l’on doit se déchausser pour y entrer.

Parmi tous les lieux de culte d’Afrique du Nord, la Ghriba est considéré comme le plus sacré. C’est l’antichambre de Jérusalem, entend-on souvent dire à Djerba. Selon la tradition orale des rabbins de Tunisie, l’histoire de ce lieu saint remonterait à la destruction du premier temple de Jérusalem par le roi Nabuchodonosor, en 565 avant l’ère chrétienne. Les serviteurs du temple, les Cohanims (pluriel de Cohen), ayant échappé au massacre, réussirent à emporter l’une des portes (ou était-ce une dalle ?) du temple.
Ils s’enfuirent en bateau, en suivant la route (où étaient-ils simplement poussés par les vents ?) des Phéniciens bâtisseurs de Carthage, et celle d’Ulysse qui, retenu à Djerba par des fleurs enivrantes, lui avait donné le nom d’Ile des Lotophages.
Les Cohanims choisirent donc cette île aux mille fééries qui, croulant sous les arbres fruitiers, néfliers, pêchers, figuiers, évoquait pour eux le jardin d’Éden. Ils y battirent la première synagogue d’Afrique sous laquelle ils célèbrent la précieuse relique du temple. La synagogue actuelle, érigée au siècle dernier, le fut sur le même emplacement. Rejoints au fil des siècles par les descendants des autres tribus d’Israël, les juifs de Djerba convertirent au judaïsme les tribus berbères locales - dont la plupart seront ultérieurement islamisées par les Arabes.