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	<title>Encyclopédie-de-L&#039;AFN_1830-1962 - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=52049</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2020-11-23T15:21:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Assi Bou Nif mon village */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie.&lt;br /&gt;
;Une étymologie encore à éclaircir&lt;br /&gt;
Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus certainement le nom du village dont le préfixe vient de l&#039;arabe algérien « hassi » (puits) est suiv de « bou » (littéralement père) qui, selon Arthur Pellegrin (Essai sur les noms de lieux d&#039;Algérie et de Tunisie : étymologie, signification, SAPI, Tunis, 1949, page 153), dans les noms de lieux nord-africains renforce l&#039;idée du déterminatif qui suit, ici « nif » (de l&#039;arabe أنف , anif, nez). Assi Bou-nif ou Hassi Bou-nif signifierait donc plutôt « puits du gros nez ». Resterait donc à savoir à quoi fait référence ce &amp;quot;gros nez&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant « nif » n&#039;est peut-être pas à prendre dans son sens littéral « nez » ; en effet en Algérie le mot signifie « fierté, sens de l&#039;honneur », ce qui donnerait comme autre signification « puits de grande fierté » ou « puits de l&#039;honneur ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours est-il que ce village est né modestement, humblement ; certains autres villages ont grandi à la mode américaine ; Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Arcole (Bir El Djir), Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49904</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49904"/>
		<updated>2018-11-07T19:38:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Assi Bou Nif mon village */ Etymologie&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie.&lt;br /&gt;
;Une étymologie encore à éclaircir&lt;br /&gt;
Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus certainement le nom du village dont le préfixe vient de l&#039;arabe algérien « hassi » (puits) est suiv de « bou » (littéralement père) qui, selon Arthur Pellegrin (Essai sur les noms de lieux d&#039;Algérie et de Tunisie : étymologie, signification, SAPI, Tunis, 1949, page 153), dans les noms de lieux nord-africains renforce l&#039;idée du déterminatif qui suit, ici « nif » (de l&#039;arabe أنف , anif, nez). Assi Bou-nif ou Hassi Bou-nif signifierait donc plutôt « puits du gros nez ». Resterait donc à savoir à quoi fait référence ce &amp;quot;gros nez&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant « nif » n&#039;est peut-être pas à prendre dans son sens littéral « nez » ; en effet en Algérie le mot signifie « fierté, sens de l&#039;honneur », ce qui donnerait comme signification « puits de grande fierté » ou « puits de l&#039;honneur ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours est-il que ce village est né modestement, humblement ; certains autres villages ont grandi à la mode américaine ; Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Arcole (Bir El Djir), Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49760</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49760"/>
		<updated>2018-02-23T13:03:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Assi Bou Nif mon village */ Ajout étymologie du nom du village&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus certainement le nom du village dont le préfixe vient de l&#039;arabe algérien « hassi » (puits) est suiv de « bou » (littéralement père) qui, selon Arthur Pellegrin (Essai sur les noms de lieux d&#039;Algérie et de Tunisie : étymologie, signification, SAPI, Tunis, 1949, page 153), dans les noms de lieux nord-africains renforce l&#039;idée du déterminatif qui suit, ici « nif » (de l&#039;arabe أنف , anif, nez). Assi Bou-nif ou Hassi Bou-nif signifierait donc plutôt « puits du gros nez ». Resterait donc à savoir à quoi fait référence ce &amp;quot;gros nez&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours est-il que ce village est né modestement, humblement ; certains autres villages ont grandi à la mode américaine ; Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Arcole (Bir El Djir), Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Historique_Bou_Sfer_-_Ville&amp;diff=49759</id>
		<title>Historique Bou Sfer - Ville</title>
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		<updated>2018-01-30T09:09:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Modification diverses syntaxiques et orthographiques&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Bou Sfer&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=19&lt;br /&gt;
| Village=oui&lt;br /&gt;
}} __TOC__ &lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Bou Sfer en 1900&#039;&#039;&#039;&amp;lt;/center&amp;gt;&amp;lt;center&amp;gt;{{URL}}h/av/bousfer/bousfer_carte.jpg&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
== [[Centre de colonisation - Algérie|Centre de colonisation]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BOU SFER (Camp de),&amp;amp;nbsp;: Anciennement Aïn-Boucefar, le village est créé en 1850, érigé en commune de plein exercice en 1863 situé en face de la base marine de [[Mers El Kébir - Ville|Mers el-Kebir]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Hameau des Andalouses  ====&lt;br /&gt;
Ainsi nommé par erreur, ce hameau a été distrait de la commune en 1893, pour la création de la commune d&#039; El-Ancor — il s&#039;appelle réellement les Analous, parce que là débarquèrent, au bord du golfe compris entre le cap Falcon au Nord-Est et la cap Lindlès au Nord-Ouest, les premiers Maures chassés d&#039;Andalousie par le roi du royaume très chrétien d&#039;Espagne lors de la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Reconquista Reconquista].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indépendance  ==&lt;br /&gt;
Lors de l’indépendance de l’Algérie, le 2e REP se voit donner pour mission de protéger la base marine. Il est regroupé le 13 sept. 1962 dans un camp qui prend le nom de «&amp;amp;nbsp;Camp Segrétain&amp;amp;nbsp;». L’implantation prévues est vierge de toute construction sur l’emplacement de vignes, au fond d’une cuvette bordée au nord par des dunes qui la séparent de la mer à proximité. Les [[LEGION ETRANGERE TRADITIONS|légionnaires]] se mettent à l’ouvrage et construisent d’abord un camp de toile ; puis aux premières pluies, la nécessité de construire en dur les bâtiments collectifs se fait bien vite ressentir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notables  ==&lt;br /&gt;
*Naissance en 1905 du &#039;&#039;&#039;[[JOUHAUD Edmond|Général Edmond Jouhaud]]&#039;&#039;&#039;. Après une brillante carrière dans l&#039;Armée de l&#039;Air il participa au putsch d&#039;Alger en avril 1961, ce qui lui valut une condamnation à mort. En décembre 1967 il quitte la prison de Tulle et bénéficie de l&#039;amnistie en juillet 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Recherches généalogiques  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://caom.archivesnationales.culture.gouv.fr/sdx/ecfa/search.xsp?nom=&amp;amp;prenom=&amp;amp;commune=%22BOU+SFER%22&amp;amp;de=&amp;amp;a=&amp;amp;tri=date Identifier les actes numérisés] aux Archives d&#039;Outre-Mer(C.A.O.M): 1853-1904&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49594</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-08-31T09:02:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Arcole (Bir El Djir), Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Historique_La_Goulette_-_Ville&amp;diff=49592</id>
		<title>Historique La Goulette - Ville</title>
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		<updated>2014-07-31T12:14:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
|Nom_ville=La Goulette&lt;br /&gt;
|gauche=102&lt;br /&gt;
|haut=10&lt;br /&gt;
|Pays=TUNISIE&lt;br /&gt;
|ecu=non&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Goulette est comme le faubourg maritime de [[Tunis - Ville|Tunis]], dont elle est séparée par le lac dit en arabe el Bahirah. Ce lac peu profond communique avec un beau golfe au moyen d&#039;un canal creusé probablement de main d&#039;homme dès l&#039;occupation phénicienne et réparé à différentes époques. Les Arabes donnent à l&#039;embouchure de ce canal dans la mer le nom de Foum el Oued &amp;quot;bouche du canal&amp;quot;, mot à mot &amp;quot;bouche de la rivière&amp;quot;, (rivière, à cause du courant qui y règne), ou, plus ordinairement encore, de Halk el Oued, &amp;quot;go­sier du canal&amp;quot;, dénomination que les Italiens ont traduite par la Goletta et les Français par la Goulette. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A droite et à gauche de ce canal s&#039;allonge une double langue de terre se rattachant d&#039;un côté, au nord, aux collines de [[Carthage - Ville|Carthage]], et, de l&#039;autre, au sud, à celle du village de Radès. Ce canal divise également en deux parties distinctes un bourg auquel il a donné son nom, ou, pour parler plus exactement, celui de son embouchure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bâtiments marchands mouillent dans la rade, en dehors du canal et à une distance plus ou moins grande, selon l&#039;importance de ces bâtiments&amp;amp;nbsp;; la rade, en effet, a peu de fond, ce qui contraint les gros navires de guerre à jeter l&#039;ancre à plusieurs kilomètres de la Goulette, un peu au-dessous du cap [[Sidi Bou Saïd - Ville|Sidi-bou-Saïd]], l&#039;ancien cap Carthage. Cette rade est, du reste, vaste et assez sûre, si ce n&#039;est toutefois quand les vents du sud-est ou ceux du nord-ouest y soufflent avec violence. Dans tous les cas, cet éloignement forcé de la ligne de mouillage rend longs et pénibles, quelquefois même dangereux, dans la mauvaise saison, l&#039;embarquement et le débarquement, qui doivent se faire au moyen de simples balancelles. Il est question actuellement de créer un port en cet endroit, et différents projets dont il serait hors de propos d&#039;entretenir le lecteur sont à l&#039;étude en ce moment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Goulette est l&#039;oppidum Lingulae [[Antiquité - Afrique du Nord et empire romain|des Romains]]. Nous ignorons le nom qu&#039;elle portait à [[Antiquité - Carthage|l&#039;époque carthaginoise]]. La forteresse qui la défend du côté, de la mer a subi plusieurs sièges&amp;amp;nbsp;; un des plus célèbres est celui qu&#039;elle soutint en 1535, contre Charles-Quint, qui s&#039;en empara, malgré les efforts d&#039;une nombreuse garnison et l&#039;habileté du fameux Kheir-ed-Din, plus connu sous le nom de Barberousse. Elle resta au pouvoir des Espagnols jusqu&#039;en 1574. L&#039;année précédente, don Juan d&#039;Autriche en avait augmenté les défenses et en avait confié le commandement à l&#039;intrépide Porto-Carrero. Celui-ci repoussa pendant quarante jours les assauts répétés de l&#039;armée de Sinan-Pacha&amp;amp;nbsp;; enfin, après une résistance acharnée, il dut succomber au nombre, et toute la garnison fut passée au fil de l&#039;épée. Le vainqueur, une fois maitre de ce château fort, en ordonna la démolition&amp;amp;nbsp;; mais il fut ensuite reconstruit dans l&#039;état à peu près où on le voit maintenant. Une batterie l&#039;avoisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis quelques années l&#039;importance toujours croissante de Tunis a naturellement amené à la Goulette un nouveau surcroit de population, et cette petite ville s&#039;agrandit de jour en jour davantage, du moins dans son quartier nord&amp;amp;nbsp;; car, dans son quartier sud, séparé du premier par le canal que j&#039;ai déjà mentionné, on ne remarque guère que l&#039;arsenal et deux palais appartenant au bey. Le quartier septentrional constitue donc la bourgade proprement dite, dont la physionomie devient de plus en plus européenne, et qui contient près de la paroisse catholique une école de sœurs et une de frères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La paroisse, fondée il y a trente-cinq ans environ, a été rebâtie presque complètement par le curé actuel, le R. P. capucin Vincent de Gottacciaro, qui, depuis une dizaine d&#039;années, a consacré à cette œuvre considérable tout ce qu&#039;il avait d&#039;activité et tout ce qu&#039;il a pu se procurer de ressources. L&#039;église est grande et ornée de fresques et de peintures dans le goût italien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est accompagnée d&#039;un haut campanile, au sommet duquel on parvient au moyen d&#039;un escalier fort élégamment construit. Quand on en a atteint le faite et qu&#039;on a jeté un coup d&#039;œil sur les trois cloches qui y sont suspendues, on est ravi du vaste et imposant panorama qui de là se présente aux regards. A l&#039;est, se déroule au loin l&#039;immense golfe de Tunis avec les rivages célèbres qui en dessinent les contours et avec, les deux caps qui le terminent&amp;amp;nbsp;; au nord, les champs et les collines où s&#039;élevait Carthage, et les cinq villages qui lui ont succédé apparaissent très nettement; au sud se dressent les hauteurs escarpées de Hammam el Lif, du Djebel Bou-Kourneïn et du Djebel Ressas à l&#039;ouest enfin, par delà la petite ville de la Goulette, et à l&#039;extrémité occidentale du grand lac qui s&#039;interpose entre elle et Tunis, blanchit et brille sous les rayons du soleil la masse un peu confuse de cette imposante cité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La maison des sœurs de Saint-Joseph à la Goulette date du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février de l&#039;année 1855. C&#039;est M&amp;lt;sup&amp;gt;gr&amp;lt;/sup&amp;gt; Sutter qui les fit venir alors, et qui leur donna une petite maison. Elles étaient au nombre de trois. En 1875, la population de la Goulette augmentant d&#039;une manière notable, elles quittèrent leur premier local qui était devenu insuffisant, et M&amp;lt;sup&amp;gt;gr&amp;lt;/sup&amp;gt; Sutter acheta pour elles la maison beaucoup plus grande qu&#039;elles occupent encore maintenant, sauf quelques magasins qui sont loués à des marchands par la mission. Aujourd’hui elles sont cinq sœurs, et le chiffre des élèves qui fréquentent leur établissement est de cent quarante-huit enfants, ainsi réparties&amp;amp;nbsp;: dix-huit Françaises, soixante-et-onze Italiennes, quarante-deux Maltaises, seize israélites, une musulmane. La moitié, tout au plus, donne une très modique rétribution, les autres ne payent absolument rien. Là, comme partout, les bonnes sœurs de Saint-Joseph font le bien en silence et sans ostentation. En même temps qu&#039;elles instruisent et forment l&#039;enfance, elles soignent les malades qui viennent les consulter ou qu&#039;elles vont voir à domicile. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;école des garçons tenue par les frères des Écoles chrétiennes ne remonte pas au delà de l&#039;année 1871. Les frères, au nombre de trois, qui furent envoyés les premiers pour la fonder, eurent d&#039;abord beaucoup à souffrir; car, leur local n&#039;étant pas prêt, ils durent faire la classe dans les couloirs du couvent des PP. capucins. Ils habitaient la Goulette depuis un an environ, quand le gouvernement italien créa une école italienne tout à côté de la leur, sous le nom de collège. Ce collège s&#039;annonçait comme devant être tout à fait gratuit&amp;amp;nbsp;; aussi les frères virent-ils pendant les deux premières semaines la moitié environ de leurs élèves les abandonner pour aller au collège italien&amp;amp;nbsp;; mais bientôt presque tous demandèrent à rentrer. Actuellement l&#039;école des frères compte cent quinze élèves, partagés en trois classes, et qui se décomposent comme il suit&amp;amp;nbsp;: un Grec, trois Espagnols, quatorze israélites, dix-sept Français, vingt-six Maltais et cinquante-quatre Italiens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la population totale de la Goulette, elle est cette année (1886 ?) de {{FORMATNUM:4909}} habitants, (28 407 en 2004) dont {{FORMATNUM:1640}} musulmans, 550 israélites et {{FORMATNUM:2719}} chrétiens, à savoir&amp;amp;nbsp;: 7 Allemands, 9 Grecs, 70 Espagnols, 13 Anglais, 400 Français, 480 Maltais et {{FORMATNUM:1800}} Italiens. Ces chiffres montrent que ce sont les Italiens qui dominent de beaucoup par le nombre&amp;amp;nbsp;; par conséquent, pour que, dans cette localité, les frères français puissent lutter avec avantage contre le collège italien qui les avoisine, et qui, grâce aux ressources plus abondantes dont il dispose, peut accorder à tous les élèves qui le fréquentent la gratuité complète, il faut que leur enseignement soit regardé comme préférable à celui de leurs rivaux, et cela par les Italiens eux-mêmes, dont cinquante quatre familles leur envoient leurs enfants, au lieu de les confier au collège de leur propre nation, où les places néanmoins ne manquent pas, et où, en outre, la gratuité la plus absolue est un appât fait pour les attirer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Victor Guérin - 1886 -&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Historique_La_Goulette_-_Ville&amp;diff=49591</id>
		<title>Historique La Goulette - Ville</title>
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		<updated>2014-07-31T12:10:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Habitants : remplacé &amp;quot;cette année&amp;quot; par &amp;quot;en 2007&amp;quot; plus précis&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
|Nom_ville=La Goulette&lt;br /&gt;
|gauche=102&lt;br /&gt;
|haut=10&lt;br /&gt;
|Pays=TUNISIE&lt;br /&gt;
|ecu=non&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Goulette est comme le faubourg maritime de [[Tunis - Ville|Tunis]], dont elle est séparée par le lac dit en arabe el Bahirah. Ce lac peu profond communique avec un beau golfe au moyen d&#039;un canal creusé probablement de main d&#039;homme dès l&#039;occupation phénicienne et réparé à différentes époques. Les Arabes donnent à l&#039;embouchure de ce canal dans la mer le nom de Foum el Oued &amp;quot;bouche du canal&amp;quot;, mot à mot &amp;quot;bouche de la rivière&amp;quot;, (rivière, à cause du courant qui y règne), ou, plus ordinairement encore, de Halk el Oued, &amp;quot;go­sier du canal&amp;quot;, dénomination que les Italiens ont traduite par la Goletta et les Français par la Goulette. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A droite et à gauche de ce canal s&#039;allonge une double langue de terre se rattachant d&#039;un côté, au nord, aux collines de [[Carthage - Ville|Carthage]], et, de l&#039;autre, au sud, à celle du village de Radès. Ce canal divise également en deux parties distinctes un bourg auquel il a donné son nom, ou, pour parler plus exactement, celui de son embouchure. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bâtiments marchands mouillent dans la rade, en dehors du canal et à une distance plus ou moins grande, selon l&#039;importance de ces bâtiments&amp;amp;nbsp;; la rade, en effet, a peu de fond, ce qui contraint les gros navires de guerre à jeter l&#039;ancre à plusieurs kilomètres de la Goulette, un peu au-dessous du cap [[Sidi Bou Saïd - Ville|Sidi-bou-Saïd]], l&#039;ancien cap Carthage. Cette rade est, du reste, vaste et assez sûre, si ce n&#039;est toutefois quand les vents du sud-est ou ceux du nord-ouest y soufflent avec violence. Dans tous les cas, cet éloignement forcé de la ligne de mouillage rend longs et pénibles, quelquefois même dangereux, dans la mauvaise saison, l&#039;embarquement et le débarquement, qui doivent se faire au moyen de simples balancelles. Il est question actuellement de créer un port en cet endroit, et différents projets dont il serait hors de propos d&#039;entretenir le lecteur sont à l&#039;étude en ce moment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Goulette est l&#039;oppidum Lingulae [[Antiquité - Afrique du Nord et empire romain|des Romains]]. Nous ignorons le nom qu&#039;elle portait à [[Antiquité - Carthage|l&#039;époque carthaginoise]]. La forteresse qui la défend du côté, de la mer a subi plusieurs sièges&amp;amp;nbsp;; un des plus célèbres est celui qu&#039;elle soutint en 1535, contre Charles-Quint, qui s&#039;en empara, malgré les efforts d&#039;une nombreuse garnison et l&#039;habileté du fameux Kheir-ed-Din, plus connu sous le nom de Barberousse. Elle resta au pouvoir des Espagnols jusqu&#039;en 1574. L&#039;année précédente, don Juan d&#039;Autriche en avait augmenté les défenses et en avait confié le commandement à l&#039;intrépide Porto-Carrero. Celui-ci repoussa pendant quarante jours les assauts répétés de l&#039;armée de Sinan-Pacha&amp;amp;nbsp;; enfin, après une résistance acharnée, il dut succomber au nombre, et toute la garnison fut passée au fil de l&#039;épée. Le vainqueur, une fois maitre de ce château fort, en ordonna la démolition&amp;amp;nbsp;; mais il fut ensuite reconstruit dans l&#039;état à peu près où on le voit maintenant. Une batterie l&#039;avoisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis quelques années l&#039;importance toujours croissante de Tunis a naturellement amené à la Goulette un nouveau surcroit de population, et cette petite ville s&#039;agrandit de jour en jour davantage, du moins dans son quartier nord&amp;amp;nbsp;; car, dans son quartier sud, séparé du premier par le canal que j&#039;ai déjà mentionné, on ne remarque guère que l&#039;arsenal et deux palais appartenant au bey. Le quartier septentrional constitue donc la bourgade proprement dite, dont la physionomie devient de plus en plus européenne, et qui contient près de la paroisse catholique une école de sœurs et une de frères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La paroisse, fondée il y a trente-cinq ans environ, a été rebâtie presque complètement par le curé actuel, le R. P. capucin Vincent de Gottacciaro, qui, depuis une dizaine d&#039;années, a consacré à cette œuvre considérable tout ce qu&#039;il avait d&#039;activité et tout ce qu&#039;il a pu se procurer de ressources. L&#039;église est grande et ornée de fresques et de peintures dans le goût italien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est accompagnée d&#039;un haut campanile, au sommet duquel on parvient au moyen d&#039;un escalier fort élégamment construit. Quand on en a atteint le faite et qu&#039;on a jeté un coup d&#039;œil sur les trois cloches qui y sont suspendues, on est ravi du vaste et imposant panorama qui de là se présente aux regards. A l&#039;est, se déroule au loin l&#039;immense golfe de Tunis avec les rivages célèbres qui en dessinent les contours et avec, les deux caps qui le terminent&amp;amp;nbsp;; au nord, les champs et les collines où s&#039;élevait Carthage, et les cinq villages qui lui ont succédé apparaissent très nettement; au sud se dressent les hauteurs escarpées de Hammam el Lif, du Djebel Bou-Kourneïn et du Djebel Ressas à l&#039;ouest enfin, par delà la petite ville de la Goulette, et à l&#039;extrémité occidentale du grand lac qui s&#039;interpose entre elle et Tunis, blanchit et brille sous les rayons du soleil la masse un peu confuse de cette imposante cité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La maison des sœurs de Saint-Joseph à la Goulette date du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février de l&#039;année 1855. C&#039;est M&amp;lt;sup&amp;gt;gr&amp;lt;/sup&amp;gt; Sutter qui les fit venir alors, et qui leur donna une petite maison. Elles étaient au nombre de trois. En 1875, la population de la Goulette augmentant d&#039;une manière notable, elles quittèrent leur premier local qui était devenu insuffisant, et M&amp;lt;sup&amp;gt;gr&amp;lt;/sup&amp;gt; Sutter acheta pour elles la maison beaucoup plus grande qu&#039;elles occupent encore maintenant, sauf quelques magasins qui sont loués à des marchands par la mission. Aujourd’hui elles sont cinq sœurs, et le chiffre des élèves qui fréquentent leur établissement est de cent quarante-huit enfants, ainsi réparties&amp;amp;nbsp;: dix-huit Françaises, soixante-et-onze Italiennes, quarante-deux Maltaises, seize israélites, une musulmane. La moitié, tout au plus, donne une très modique rétribution, les autres ne payent absolument rien. Là, comme partout, les bonnes sœurs de Saint-Joseph font le bien en silence et sans ostentation. En même temps qu&#039;elles instruisent et forment l&#039;enfance, elles soignent les malades qui viennent les consulter ou qu&#039;elles vont voir à domicile. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;école des garçons tenue par les frères des Écoles chrétiennes ne remonte pas au delà de l&#039;année 1871. Les frères, au nombre de trois, qui furent envoyés les premiers pour la fonder, eurent d&#039;abord beaucoup à souffrir; car, leur local n&#039;étant pas prêt, ils durent faire la classe dans les couloirs du couvent des PP. capucins. Ils habitaient la Goulette depuis un an environ, quand le gouvernement italien créa une école italienne tout à côté de la leur, sous le nom de collège. Ce collège s&#039;annonçait comme devant être tout à fait gratuit&amp;amp;nbsp;; aussi les frères virent-ils pendant les deux premières semaines la moitié environ de leurs élèves les abandonner pour aller au collège italien&amp;amp;nbsp;; mais bientôt presque tous demandèrent à rentrer. Actuellement l&#039;école des frères compte cent quinze élèves, partagés en trois classes, et qui se décomposent comme il suit&amp;amp;nbsp;: un Grec, trois Espagnols, quatorze israélites, dix-sept Français, vingt-six Maltais et cinquante-quatre Italiens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à la population totale de la Goulette, elle est en 2007 de {{FORMATNUM:4909}} habitants, dont {{FORMATNUM:1640}} musulmans, 550 israélites et {{FORMATNUM:2719}} chrétiens, à savoir&amp;amp;nbsp;: 7 Allemands, 9 Grecs, 70 Espagnols, 13 Anglais, 400 Français, 480 Maltais et {{FORMATNUM:1800}} Italiens. Ces chiffres montrent que ce sont les Italiens qui dominent de beaucoup par le nombre&amp;amp;nbsp;; par conséquent, pour que, dans cette localité, les frères français puissent lutter avec avantage contre le collège italien qui les avoisine, et qui, grâce aux ressources plus abondantes dont il dispose, peut accorder à tous les élèves qui le fréquentent la gratuité complète, il faut que leur enseignement soit regardé comme préférable à celui de leurs rivaux, et cela par les Italiens eux-mêmes, dont cinquante quatre familles leur envoient leurs enfants, au lieu de les confier au collège de leur propre nation, où les places néanmoins ne manquent pas, et où, en outre, la gratuité la plus absolue est un appât fait pour les attirer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&#039;&#039;&#039;Victor Guérin - 1886 -&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49590</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-31T09:35:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */ Ajout Arcole&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Arcole (Bir El Djir), Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49589</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-30T08:36:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Naissance d’un village */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vit le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1851 les distributions cessèrent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49588</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-30T08:32:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
 « C’était, a-t-on écrit, une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau...&amp;lt;br&amp;gt; Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats, de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49587</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-30T08:27:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */ Karouba ==&amp;gt; Kharouba&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Kharouba, Aïn-Tédelès, Tounin (Kheir Dine / Oued El Kheir ?) et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49586</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49586"/>
		<updated>2014-07-30T08:12:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */ Villages sous forme de liste pour plus de visibilité&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’on allait échelonner&amp;amp;nbsp; :&lt;br /&gt;
*entre Oran et Mostaganem : Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ;&lt;br /&gt;
*plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
*enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Karouba, Tounin (Kheir Dine), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49585</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-28T17:12:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Démographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Karouba, Tounin (Kheir Dine), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens sont inclus 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49584</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-28T17:08:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */ Remise dans l&amp;#039;ordre des villages&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-bou-Nif, Assi-Ameur, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] (Hassiane Ettoual), [[Assi-ben-Okba]], Legrand (Ben Freha), [[Mangin - Ville|Mangin]] (El Braya) et Saint-Louis (Boufatis) ; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud (Gdyel), Kléber (Sidi Benyebka), Damesme (Aïn el Bia), [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]] (Bethioua), Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir (Mesra), Rivoli (Hassi Mameche), Karouba, Tounin (Kheir Dine), Noisy-les-Bains (Aïn-Nouissy), Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=49583</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2014-07-28T16:34:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Géographie */ à une quinzaine de kilomètres d&amp;#039;Oran&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres d&#039;Oran, sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud&amp;diff=46048</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-08-24T15:52:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Correction lien images&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=[[Fichier:GG03.JPG]]&lt;br /&gt;
| pseudo=Gerardgiraud	&lt;br /&gt;
| mail=gerardgiraud@neuf.fr&lt;br /&gt;
| skype=&lt;br /&gt;
| nom=Giraud   	&lt;br /&gt;
| prénom=Gérard         ( &amp;lt;big&amp;gt;&#039;&#039;&#039; جِرَار جِرُو&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/big&amp;gt; )&lt;br /&gt;
| fonction_ici=[http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Special%3AListe_des_utilisateurs&amp;amp;username=&amp;amp;group=sysop&amp;amp;limit=50 Rédacteur]&lt;br /&gt;
| metier_activite=Océanologue, Informaticien&lt;br /&gt;
| dat_nais=19 septembre 1950&lt;br /&gt;
| lieu_nais=[http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_%28Charente-Maritime%29 Rochefort(Charente-Maritime)]]&lt;br /&gt;
| pays_nais=France&lt;br /&gt;
| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://commons.wikimedia.org/w/index.php?title=Special:ListFiles&amp;amp;user=Gerardgiraud Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages, exemple [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi Bounif]. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur, dans un premier temps, ou rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que je me sente pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer&amp;lt;br&amp;gt;Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Objectifs prioritaires  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Apprendre  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre les spécificités de ce Wiki par rapport à Wikipédia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifier  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]] ! Nous appelions cet itinéraire « la route des Assi » car plusieurs villages portaient ce nom avec à côté un qualificatif dont nous ignorions la signification à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE | Hammam Bou Hadjar Sons et Musique]] : j&#039;ai trouvé des musiques en travaillant l&#039;article [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hammam_Bou_Hadjar Hammam_Bou_Hadjar] de Wikipédia. je ne résiste pas à l&#039;envie de les faire partager sur cette encyclopédie&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=46037</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=46037"/>
		<updated>2011-08-23T07:41:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* En guise de conclusion */ Ajout Roger-Gérard Schwartzenberg&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« [http://www.dico-citations.com/les-peuples-heureux-n-ont-pas-d-histoire-ils-n-ont-donc-pas-de-h-ros-schwartzenberg-roger-g-rard/ Les peuples heureux n&#039;ont pas d’histoire] » a prétendu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg Roger-Gérard Schwartzenberg]. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45843</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
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		<updated>2011-03-22T07:54:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://home.nordnet.fr/~jcpillon/piedgris/bouyouyou.html  le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Mise en commentaire --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
Test d&#039;intégration YOUTUBE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sans  paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8}}&lt;br /&gt;
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{{#ev:youtube|oGylRZHonf8|300|center|Test de YouTube de la nouvelle Extension !}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://popodoran.canalblog.com/archives/2009/01/31/12290167.html Un Clin d&#039;œil sur Le Bouyouyou], car un peu d&#039;humour n&#039;a jamais fait de mal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q HAMMAM-BOU-HADJAR par Pierre Simon] : un beau brin de voix ma fois, sur l&#039;air de « Je reviens chez nous » de Jean-Pierre Ferland&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45842</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45842"/>
		<updated>2011-03-21T21:22:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Une première église */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère ; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre ; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45841</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45841"/>
		<updated>2011-03-21T21:17:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* La nouvelle église */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Eglise_assibounif.jpg|thumb|left[150 px|La nouvelle église]]&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement ; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criards, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche monté dans la flèche pèse 85 kg et sert à deux fins :&lt;br /&gt;
* Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. &lt;br /&gt;
* Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais : Monsieur et madame Geneste ; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Églises et de l&#039;État était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45839</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
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		<updated>2011-03-21T18:40:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://home.nordnet.fr/~jcpillon/piedgris/bouyouyou.html  le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Test d&#039;intégration YOUTUBE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sans  paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Avec paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8|300|center|Test de YouTube de la nouvelle Extension !}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://popodoran.canalblog.com/archives/2009/01/31/12290167.html Un Clin d&#039;œil sur Le Bouyouyou], car un peu d&#039;humour n&#039;a jamais fait de mal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q HAMMAM-BOU-HADJAR par Pierre Simon] : un beau brin de voix ma fois, sur l&#039;air de « Je reviens chez nous » de Jean-Pierre Ferland&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
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		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
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		<updated>2011-03-21T18:34:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Tout fini par des chansons */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
| Un=Gaston Montamat&lt;br /&gt;
| LUn=http://hammambouhadjar.free.fr/index.htm&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://home.nordnet.fr/~jcpillon/piedgris/bouyouyou.html  le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Test d&#039;intégration YOUTUBE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sans  paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Avec paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8|300|center|Test de YouTube de la nouvelle Extension !}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q HAMMAM-BOU-HADJAR par Pierre Simon] : un beau brin de voix ma fois, sur l&#039;air de « Je reviens chez nous » de Jean-Pierre Ferland&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud&amp;diff=45835</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-03-21T16:02:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Modifier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=[[Fichier:GG03.JPG]]&lt;br /&gt;
| pseudo=Gerardgiraud	&lt;br /&gt;
| mail=gerardgiraud@neuf.fr&lt;br /&gt;
| skype=&lt;br /&gt;
| nom=Giraud   	&lt;br /&gt;
| prénom=Gérard         ( &amp;lt;big&amp;gt;&#039;&#039;&#039; جِرَار جِرُو&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/big&amp;gt; )&lt;br /&gt;
| fonction_ici=[http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Special%3AListe_des_utilisateurs&amp;amp;username=&amp;amp;group=sysop&amp;amp;limit=50 Rédacteur]&lt;br /&gt;
| metier_activite=Océanologue, Informaticien&lt;br /&gt;
| dat_nais=19 septembre 1950&lt;br /&gt;
| lieu_nais=[http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_%28Charente-Maritime%29 Rochefort(Charente-Maritime)]]&lt;br /&gt;
| pays_nais=France&lt;br /&gt;
| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://toolserver.org/~daniel/WikiSense/Gallery.php?wikifam=commons.wikimedia.org&amp;amp;format=html&amp;amp;img_user_text=Gerardgiraud&amp;amp;order=-img_timestamp Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages, exemple [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi Bounif]. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur, dans un premier temps, ou rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que je me sente pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer&amp;lt;br&amp;gt;Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Objectifs prioritaires  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Apprendre  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre les spécificités de ce Wiki par rapport à Wikipédia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma page brouillon [[Utilisateur:Gerardgiraud/brouillon]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifier  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]] ! Nous appelions cet itinéraire « la route des Assi » car plusieurs villages portaient ce nom avec à côté un qualificatif dont nous ignorions la signification à l&#039;époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE | Hammam Bou Hadjar Sons et Musique]] : j&#039;ai trouvé des musiques en travaillant l&#039;article [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hammam_Bou_Hadjar Hammam_Bou_Hadjar] de Wikipédia. je ne résiste pas à l&#039;envie de les faire partager sur cette encyclopédie&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45833</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45833"/>
		<updated>2011-03-21T15:55:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Tout fini par des chansons */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
| Un=Gaston Montamat&lt;br /&gt;
| LUn=http://hammambouhadjar.free.fr/index.htm&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://www.forum-algerie.com/discussion-generale/39608-avant-le-tram-y-avait-le-bouyouyou.html le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sans  paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Avec paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q HAMMAM-BOU-HADJAR par PIERRE SIMON ] : un beau brin de voix ma fois !&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45832</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45832"/>
		<updated>2011-03-21T15:53:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Tout fini par des chansons */ Modifié titre de l&amp;#039;URL&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
| Un=Gaston Montamat&lt;br /&gt;
| LUn=http://hammambouhadjar.free.fr/index.htm&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://www.forum-algerie.com/discussion-generale/39608-avant-le-tram-y-avait-le-bouyouyou.html le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q HAMMAM-BOU-HADJAR par PIERRE SIMON ]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45831</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
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		<updated>2011-03-21T15:52:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Ajout chanson Youtube&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
| Nom_ville=Hammam Bou Hadjar&lt;br /&gt;
| Pays=ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu=non&lt;br /&gt;
| gauche=40&lt;br /&gt;
| haut=21&lt;br /&gt;
| Un=Gaston Montamat&lt;br /&gt;
| LUn=http://hammambouhadjar.free.fr/index.htm&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait [http://www.forum-algerie.com/discussion-generale/39608-avant-le-tram-y-avait-le-bouyouyou.html le Bou Youyou], voici pourquoi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Test d&#039;intégration YOUTUBE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sans  paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oGylRZHonf8}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Avec paramètres taille/position&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Tout fini par des chansons==&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=_5vJfSg167Q Hammam&#039; Bou&#039; Hadjar]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45814</id>
		<title>MEDIA Hammam Bou Hadjar - Ville - SONS-MUSIQUE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=MEDIA_Hammam_Bou_Hadjar_-_Ville_-_SONS-MUSIQUE&amp;diff=45814"/>
		<updated>2011-03-21T09:03:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Création page : ajout du Bou Youyou&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==Le petit train de Hammam Bou Hadjar à Oran==&lt;br /&gt;
Un train à voie étroite a circulé Entre Oran à Hammam Bou Hadjar jusqu&#039;en 1949, on l&#039;appelait le Bou Youyou, voici pourquoi :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.forum-algerie.com/discussion-generale/39608-avant-le-tram-y-avait-le-bouyouyou.html Le Bou Youyou]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45811</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45811"/>
		<updated>2011-03-20T10:30:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des colons venus d’un peu partout */ Restructuration du texte&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
===Un peu plus que de France===&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de :&lt;br /&gt;
* Saint-Claude, &lt;br /&gt;
* Besançon, &lt;br /&gt;
* Aoste, &lt;br /&gt;
* Clermont-Ferrand, &lt;br /&gt;
* des départements du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, * du Pas-de-Calais.&lt;br /&gt;
La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
===Une implantation difficile===&lt;br /&gt;
Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue. Beaucoup ne devaient pas surmonter. En effet, les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait intervient peu. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. &lt;br /&gt;
===Des concessions très cadrées===&lt;br /&gt;
L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<title>NET Oran - Autres sites</title>
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		<updated>2011-03-12T08:23:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Ajout retour sur Home page Oran Ville&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;* [http://www.villedoran.com/ Ville d&#039;Oran] : récit de voyage 2009 et 2010, beaucoup de photos et plein d&#039;autres informations sur Oran. A découvrir sans modération...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Oran - Ville|Retour sur la page page « Oran - Ville »]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<updated>2011-03-12T08:21:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Ajout site remarquanble www.villedoran.com&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;* [http://www.villedoran.com/ Ville d&#039;Oran] : récit de voyage 2009 et 2010, beaucoup de photos et plein d&#039;autres informations sur Oran. A découvrir sans modération...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Historique_Assi-ben-Okba_-_Ville&amp;diff=45787</id>
		<title>Historique Assi-ben-Okba - Ville</title>
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		<updated>2011-03-09T20:35:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Présence française */ Liens internes Assi Bou Nif, Assi-ben-Okba&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006|&lt;br /&gt;
|Nom_ville=Assi-ben-Okba&lt;br /&gt;
|gauche=42&lt;br /&gt;
|haut=19&lt;br /&gt;
|Pays=ALGERIE &lt;br /&gt;
|ecu=non&lt;br /&gt;
|Village=oui&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__TOC__ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Présence française  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1830 - 1962 [[ALGERIE|ALGERIE]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux 19 communes déja existantes, un décret, en date du 31 décembre 1856, en ajoute 28 dont&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fleurus et ses annexes&amp;amp;nbsp;: [[Assi-ben-Okba]], Assi-Ameur et [[Assi Bou Nif - Ville|Assi-Bou-Nif]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle terre&amp;amp;nbsp;! Assi-Ben-Okba est en Oranie&amp;amp;nbsp;; le sol est presque aussi ingrat que dans la Mitidja&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;«&amp;amp;nbsp;Partout s&#039;étend, envahissante, une garrigue de chênes verts, entremêlés de taches de maquis de thuyas et de brousses de palmiers nains... Le couvert végétal, difficile à traverser en dehors des pistes, cache un sol souvent maigre recouvrant le sous-sol calcaire désagrégé en pierraille ou en blocs qu&#039;il faudra enlever pour cultiver. Il faudra aussi déchausser, à grands coups de pioche, les racines profondes et résistantes des palmiers nains... » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ces difficultés, ce labeur épuisant, les conditions d&#039;hygiène très sommaires, ces colons sont parvenus à rendre fertile la terre concédée. Peut-on leur en vouloir d&#039;avoir réussi au-delà de toute espérance&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;«&amp;amp;nbsp;La colonisation est un rêve&amp;amp;nbsp;», (Bresson administrateur civil en 1835.) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-ben-Obka où les concessions promises sont,&amp;amp;nbsp;«&amp;amp;nbsp;couvertes de chênes verts et de thuyas, asile de bêtes sauvages qui dévoreront nos premières récoltes&amp;amp;nbsp;» (G. Roger). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Assi-ben-Obka,d&#039;octobre 1849 à février 1850, 9 colons abandonnent.&amp;lt;br&amp;gt;En 1851, près de la moitié des colons sont morts ou partis. D&#039;autres les remplacent. Ceux qui restent ne seront sauvés que par leur solidarité&amp;amp;nbsp;: ils se prêtent les bœufs pour former des attelages collectifs, organisent des tours de surveillance pour les troupeaux, regroupent les approvisionnements, se distribuent les jours de marché pour écouler les produits sur Oran.&amp;lt;br&amp;gt;Grâce à cette entraide, ils font les premières vraies récoltes de blé et d&#039;orge en 1852. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1862, la surface cultivée a augmenté de 50&amp;amp;nbsp;%. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1878, le village comprend 72 maisons et 320 habitants. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;amp;nbsp;Mais cette réussite économique ne va pas sans sacrifices et, parfois, ces sacrifices touchent à l&#039;essentiel. La première génération de colons, néglige les études. Il faut vivre, garder les troupeaux, aider les parents aux champs. Vous ne le comprenez pas aujourd&#039;hui parce que vous êtes dans l&#039;aisance, mais l&#039;instruction est un luxe refusé aux pionniers et aux défricheurs.&amp;amp;nbsp;»&amp;amp;nbsp;(G. Roger) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Recherches généalogiques  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://caom.archivesnationales.culture.gouv.fr/sdx/ecfa/search.xsp?nom=&amp;amp;prenom=&amp;amp;commune=%22ASSI+BEN+OKBA%22&amp;amp;de=&amp;amp;a=&amp;amp;tri=commune Identifiez les actes numérisés] aux archives d&#039;Outre-Mer (C.A.O.M) 1858 - 1904&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Nom Actuel  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hassi ben Okba Wilaya d&#039; Oran&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45786</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45786"/>
		<updated>2011-03-09T20:30:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* En guise de conclusion */ Reformulation de la seconde phrase&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
Outre Assi Bou Nif, d&#039;autres centres furent inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles, mais ce sont d&#039;autres histoires que vous trouverez sur d&#039;autres pages de cette Encyclopédie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie et s&#039;applique aux villages d&#039;Algérie, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45753</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2011-03-03T18:02:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Les débuts */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Sidi_Chami Sidi-Chami] et Sainte-Léonie (actuelle El Maghoun). &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud&amp;diff=45752</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-03-03T17:54:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=[[Fichier:GG03.JPG]]&lt;br /&gt;
| pseudo=Gerardgiraud	&lt;br /&gt;
| mail=gerardgiraud@neuf.fr&lt;br /&gt;
| skype=&lt;br /&gt;
| nom=Giraud   	&lt;br /&gt;
| prénom=Gérard         ( &amp;lt;big&amp;gt;&#039;&#039;&#039; جِرَار جِرُو&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/big&amp;gt; )&lt;br /&gt;
| fonction_ici=[http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Special%3AListe_des_utilisateurs&amp;amp;username=&amp;amp;group=sysop&amp;amp;limit=50 Rédacteur]&lt;br /&gt;
| metier_activite=Océanologue, Informaticien&lt;br /&gt;
| dat_nais=19 septembre 1950&lt;br /&gt;
| lieu_nais=[http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_%28Charente-Maritime%29 Rochefort(Charente-Maritime)]]&lt;br /&gt;
| pays_nais=France&lt;br /&gt;
| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://toolserver.org/~daniel/WikiSense/Gallery.php?wikifam=commons.wikimedia.org&amp;amp;format=html&amp;amp;img_user_text=Gerardgiraud&amp;amp;order=-img_timestamp Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages, exemple [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi Bounif]. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur, dans un premier temps, ou rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que je me sente pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer&amp;lt;br&amp;gt;Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Objectifs prioritaires  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Apprendre  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifier  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]] ! Nous appelions cet itinéraire « la route des Assi » car plusieurs villages portaient ce nom avec à côté un qualificatif dont nous ignorions la signification à l&#039;époque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45747</id>
		<title>Discussion utilisateur:MORGANA</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45747"/>
		<updated>2011-03-03T09:28:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* A propos d&amp;#039;Assi Bou NIF */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Utilisateur:MORGANA|MORGANA]] 12 février 2011 à 15:06 (CET) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:un problème&amp;amp;nbsp;? Où ça&amp;amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--[[Utilisateur:Websahib|WebSahib]] 12 février 2011 à 14:30 (CET) c&#039;était quoi le problème déjà&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos d&#039;Assi Bou NIF  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour, Je suis tout nouveau sur cette encyclopédie que j&#039;ai découverte en contribuant sur Wikipédia, en particulier ici ==&amp;amp;gt; [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi_Bounif]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai découvert la masse d&#039;informations de l&#039;article «&amp;amp;nbsp;[[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;» que je me suis donné pour première tâche de chapitrer pour qu&#039;il devienne vraiment agréable à lire. Très grosse tâche que je n&#039;ai pas encore tout à fait achevé. J&#039;ai cependant une question globale à poser sur cet article. Savez-vous d&#039;où viennent toutes ces informations, quelles en sont les sources&amp;amp;nbsp;? Il est en effet évident que cet article perd une partie de sa valeur documentaire du simple fait qu&#039;il ne cite pas ses sources.&amp;lt;br&amp;gt;Vous savez peut-être que, dans Wikipédia, les contributeurs bénévoles sont très critiques pour les articles peu ou mal «&amp;amp;nbsp;sourcés&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;J&#039;ai vu, dans les aides, que la présente encyclopédie a les mêmes principes, peut-être un peu plus souples, mais elle conseille elle-aussi de citer ses sources.&amp;lt;br&amp;gt;Merci de votre réponse. Cordialement. --[[Utilisateur:Gerardgiraud|Gerardgiraud]] 3 mars 2011 à 01:00 (CET) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:[[Utilisateur:MORGANA|MORGANA]] 3 mars 2011 à 01:42 (CET) &lt;br /&gt;
::Bienvenue et merci pour vos contributions.&amp;lt;br&amp;gt;Oui l&#039;aide conseille fortement de citer ses sources. Cependant, cette &amp;quot;encyclopédie&amp;quot; a pour but premier de recueillir, avant qu&#039;elle ne disparaisse, la mémoire de ce qui s&#039;est passé en AFN dans la période considérée&amp;amp;nbsp;; aussi l&#039;absence de références ne peut constituer un motif de rejet. La page de discussion devrait alors indiquer ce manquement à la règle. Il est même possible, si les informations sont critiquables, d&#039;apposer un bandeau - par le modèle STOP - invitant à consulter ladite page de discussion.&amp;lt;br&amp;gt;Comme l&#039;indique [http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;amp;action=history l&#039;historique], toute la page a été rédigée par un seul participant aujourd&#039;hui absent.&lt;br /&gt;
:::Effectivement j&#039;avais noté que l&#039;article avait été fait par une seule personne dont le nom a disparu des listes. J&#039;ai noté aussi la fonction « recueil de témoignages » qui fait la spécificité de cette encyclopédie. C&#039;est notamment cela qui en fait la grande valeur. Je ferai mon possible pour trouver des sources. Cela promet d&#039;être passionnant. Un si grand article pour un si petit village ! C&#039;est assez émouvant. Merci et bonne journée. --[[Utilisateur:Gerardgiraud|Gerardgiraud]] 3 mars 2011 à 10:28 (CET)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45746</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45746"/>
		<updated>2011-03-03T09:00:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Le tirage au sort des lots */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. Le Directeur écrivait en 1849 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 « La terre est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante&amp;lt;br&amp;gt; la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très broussailleux ;&amp;lt;br&amp;gt; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement.&amp;lt;br&amp;gt;Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45745</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45745"/>
		<updated>2011-03-03T08:54:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit.  &lt;br /&gt;
   « C’était une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants&amp;lt;br&amp;gt; croyaient avec foi » a-t-on écrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud&amp;diff=45744</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-03-03T08:49:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=[[Fichier:GG03.JPG]]&lt;br /&gt;
| pseudo=Gerardgiraud	&lt;br /&gt;
| mail=gerardgiraud@neuf.fr&lt;br /&gt;
| skype=&lt;br /&gt;
| nom=Giraud   	&lt;br /&gt;
| prénom=Gérard         ( &amp;lt;big&amp;gt;&#039;&#039;&#039; جِرَار جِرُو&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/big&amp;gt; )&lt;br /&gt;
| fonction_ici=[http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Special%3AListe_des_utilisateurs&amp;amp;username=&amp;amp;group=sysop&amp;amp;limit=50 Rédacteur]&lt;br /&gt;
| metier_activite=Océalologue, Informaticien&lt;br /&gt;
| dat_nais=19 septembre 1950&lt;br /&gt;
| lieu_nais=[http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_%28Charente-Maritime%29 Rochefort(Charente-Maritime)]]&lt;br /&gt;
| pays_nais=France&lt;br /&gt;
| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://toolserver.org/~daniel/WikiSense/Gallery.php?wikifam=commons.wikimedia.org&amp;amp;format=html&amp;amp;img_user_text=Gerardgiraud&amp;amp;order=-img_timestamp Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages, exemple [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi Bounif]. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur, dans un premier temps, ou rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que je me sente pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer ! -- Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Objectifs prioritaires  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Apprendre  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre les spécificités de ce Wiki par rapport à Wikipédia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma page brouillon [[Utilisateur:Gerardgiraud/brouillon]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifier  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]]&amp;amp;nbsp;!&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Historique_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45734</id>
		<title>Historique Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2011-03-03T00:30:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Ajout lien interne Arzew&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 15 kilomètres d’oran, sur la route de Mostaganem, Hassi bou Nif a été créé en décembre 1848 et faisait partie des villages soumis au régime militaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les concessions gratuites étaient provisoires et les titres définitifs n’étaient accordés qu’à la condition d’obtenir des résultats dans les trois ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La terre couverte de lentisques et de palmiers était dure à défricher&amp;amp;nbsp;; sur les 800 hectares répartis en 80 concessions, 40 ha seulement étaient cultivables en 1850, moins de 200 en 1855. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 1850 la difficulté de la tâche avait rebuté 26 des 54 familles initiales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elles furent remplacées dans l’année même par des familles alsaciennes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 18 juin 1852 les militaires transmettent le pouvoir aux autorités civiles et le premier maire sera Maurice Boulmé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Initialement rattaché au cercle d’Oran, Hassi Bou Nif fait ensuite partie du district d’[[Arzew - Ville|Arzew]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret impérial du 31 décembre 1856 créé 28 nouvelles communes dont Fleurus&amp;amp;nbsp;; Hassi Bou Nif devient une annexe de ce village. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 22 septembre 1870 Hassi bou Nif est enfin érigée en [[ALGERIE_INSTITUTIONS_1870_-_1896#Communes|commune de plein exercice]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud&amp;diff=45733</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-03-03T00:12:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Ajout photo d&amp;#039;identité&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=[[Fichier:GG03.JPG]]&lt;br /&gt;
| pseudo=Gerardgiraud	&lt;br /&gt;
| mail=gerardgiraud@neuf.fr&lt;br /&gt;
| skype=&lt;br /&gt;
| nom=Giraud   	&lt;br /&gt;
| prénom=Gérard         ( &amp;lt;big&amp;gt;&#039;&#039;&#039; جِرَار جِرُو&#039;&#039;&#039; &amp;lt;/big&amp;gt; )&lt;br /&gt;
| fonction_ici=[http://encyclopedie-afn.org/index.php?title=Special%3AListe_des_utilisateurs&amp;amp;username=&amp;amp;group=sysop&amp;amp;limit=50 Rédacteur]&lt;br /&gt;
| metier_activite=Océalologue, Informaticien&lt;br /&gt;
| dat_nais=19 septembre 1950&lt;br /&gt;
| lieu_nais=[http://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_%28Charente-Maritime%29 Rochefort(Charente-Maritime)]]&lt;br /&gt;
| pays_nais=France&lt;br /&gt;
| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://toolserver.org/~daniel/WikiSense/Gallery.php?wikifam=commons.wikimedia.org&amp;amp;format=html&amp;amp;img_user_text=Gerardgiraud&amp;amp;order=-img_timestamp Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur dans un premier temps, que rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que soit pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer ! -- Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Objectifs prioritaires  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Apprendre  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apprendre les spécificités de ce Wiki par rapport à Wikipédia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma page brouillon [[Utilisateur:Gerardgiraud/brouillon]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifier  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]]&amp;amp;nbsp;!&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Fichier:GG03.JPG&amp;diff=45732</id>
		<title>Fichier:GG03.JPG</title>
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		<updated>2011-03-03T00:09:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : Photo d&amp;#039;identité de Gérard Giraud, rédacteur de l&amp;#039;encyclopedie AFN depuis le 1er mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Photo d&#039;identité de Gérard Giraud, rédacteur de l&#039;encyclopedie AFN depuis le 1er mars 2011.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45731</id>
		<title>Discussion utilisateur:MORGANA</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45731"/>
		<updated>2011-03-03T00:03:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* A propos d&amp;#039;Assi Bou NIF */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Utilisateur:MORGANA|MORGANA]] 12 février 2011 à 15:06 (CET) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:un problème&amp;amp;nbsp;? Où ça&amp;amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--[[Utilisateur:Websahib|WebSahib]] 12 février 2011 à 14:30 (CET) c&#039;était quoi le problème déjà&amp;amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos d&#039;Assi Bou NIF ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour,&lt;br /&gt;
Je suis tout nouveau sur cette encyclopédie que j&#039;ai découverte en contribuant sur Wikipédia, en particulier ici ==&amp;gt; [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi_Bounif].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai découvert la masse d&#039;informations de l&#039;article « [[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]] » que je me suis donné pour première tâche de chapitrer pour qu&#039;il devienne vraiment agréable à lire. Très grosse tâche que je n&#039;ai pas encore tout à fait achevé. J&#039;ai cependant une question globale à poser sur cet article. Savez-vous d&#039;où viennent toutes ces informations, quelles en sont les sources ? Il est en effet évident que cet article perd une partie de sa valeur documentaire du simple fait qu&#039;il ne cite pas ses sources.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Vous savez peut-être que, dans Wikipédia, les contributeurs bénévoles sont très critiques pour les articles peu ou mal « sourcés ».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
J&#039;ai vu, dans les aides, que la présente encyclopédie a les mêmes principes, peut-être un peu plus souples, mais elle conseille elle-aussi de citer ses sources.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Merci de votre réponse. Cordialement. --[[Utilisateur:Gerardgiraud|Gerardgiraud]] 3 mars 2011 à 01:00 (CET)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45730</id>
		<title>Discussion utilisateur:MORGANA</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Discussion_utilisateur:MORGANA&amp;diff=45730"/>
		<updated>2011-03-03T00:00:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* A propos d&amp;#039;Assi Bou NIF */ nouvelle section&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Utilisateur:MORGANA|MORGANA]] 12 février 2011 à 15:06 (CET) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:un problème&amp;amp;nbsp;? Où ça&amp;amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
--[[Utilisateur:Websahib|WebSahib]] 12 février 2011 à 14:30 (CET) c&#039;était quoi le problème déjà&amp;amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== A propos d&#039;Assi Bou NIF ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour,&lt;br /&gt;
Je suis tout nouveau sur cette encyclopédie que j&#039;ai découverte en contribuant sur Wikipédia, en particulier ici ==&amp;gt; [http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassi_Bounif Hassi_Bounif].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai découvert la masse d&#039;informations de l&#039;article « [[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]] » que je me suis donné pour première tâche de chapitrer pour qu&#039;il devienne vraiment agréable à lire. Très grosse tâche. J&#039;ai cependant une question globale à poser sur cet article. Savez-vous d&#039;où viennent toutes ces informations, quelles en sont les sources ? Il est en effet évident que cet article perd une partie de sa valeur documentaire du simple fait qu&#039;il ne cite pas ses sources.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Vous savez peut-être que, dans Wikipédia, les contributeurs bénévoles sont très critiques pour les articles peu ou mal « sourcés ».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
J&#039;ai vu, dans les aides, que la présente encyclopédie a les mêmes principes, peut-être un peu plus souples, mais elle conseille elle-aussi de citer ses sources. &lt;br /&gt;
Merci de votre réponse. Cordialement. --[[Utilisateur:Gerardgiraud|Gerardgiraud]] 3 mars 2011 à 01:00 (CET)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45729</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45729"/>
		<updated>2011-03-02T23:43:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Naissance d’un village */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, &lt;br /&gt;
   «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour choisir l’emplacement des villages, l&#039;Administration,  avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou &#039;&#039;&#039;hassi&#039;&#039;&#039;, dont les noms indigènes ont été souvent gardés sans changement. C’est notamment le cas d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune maison n’étant encore construite, les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes avaient l&#039;obligation d&#039;être présents, matin et soir, à l’appel du travail.&amp;lt;br&amp;gt; Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45728</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45728"/>
		<updated>2011-03-02T23:33:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des villages comme s’il en pleuvait */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, &lt;br /&gt;
   «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau... Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. L’Administration, pour choisir l’emplacement des villages, avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou hassi, dont les noms indigènes ont du reste été souvent gardés sans changement. C’est le cas d’Assi-bou-Nif. Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village lui-même qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. Aucune maison n’était encore construite. Les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles. Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes durent être présents, matin et soir, à l’appel du travail. Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45727</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2011-03-02T22:34:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Des bras parisiens issus de la crise */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua [http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_Juin l&#039;insurrection de Juin] (22-26 juin 1848), et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret du 19 septembre 1848 ouvre un crédit de 50 millions au Ministre de la Guerre pour l’établissement de colonies agricoles en Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté du 27 septembre 1948 signé de Lamoricière signifie aux ouvriers parisiens les conditions d&#039;admission dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par le contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux pourvue. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau…. Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m. sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination. Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. L’Administration, pour choisir l’emplacement des villages, avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou hassi, dont les noms indigènes ont du reste été souvent gardés sans changement. C’est le cas d’Assi-bou-Nif. Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village lui-même qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. Aucune maison n’était encore construite. Les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles. Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes durent être présents, matin et soir, à l’appel du travail. Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45726</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2011-03-02T22:20:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Les débuts */ Ajout liens internes&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient [[Oran - Ville|Oran]], [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et [[Mascara - Ville|Mascara]], représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ajoutons que le nouveau régime allait avoir à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua l’insurrection de Juin, et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard, après le décret du 19 septembre. Un crédit de 50 millions, disait ce décret, est ouvert au Ministre de la Guerre, pour être spécialement appliqué à l’établissement de colonies agricoles en Algérie. &amp;lt;br&amp;gt;Un arrêté signé de Lamoricière, intervient le 27 septembre 1948, pour signifier aux ouvriers parisiens les conditions auxquelles ils devaient satisfaire, pour être admis dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par l’attirance du contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. Le chiffre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux partagée. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau…. Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m. sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination. Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. L’Administration, pour choisir l’emplacement des villages, avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou hassi, dont les noms indigènes ont du reste été souvent gardés sans changement. C’est le cas d’Assi-bou-Nif. Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village lui-même qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. Aucune maison n’était encore construite. Les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles. Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes durent être présents, matin et soir, à l’appel du travail. Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Etat_AVANT_Assi_Bou_Nif_-_Ville&amp;diff=45725</id>
		<title>Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville</title>
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		<updated>2011-03-02T18:22:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : 1- Chapitrage complet de l&amp;#039;Article, 2- Réécriture de certaines phrases, 3- Création du tableau de démographie 1849 à 1926 4- Du travail reste à faire !&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{VILLE2006| &lt;br /&gt;
| Nom_ville= Assi Bou Nif &lt;br /&gt;
| Pays= ALGERIE&lt;br /&gt;
| ecu= non&lt;br /&gt;
| gauche= 42&lt;br /&gt;
| haut= 19&lt;br /&gt;
}}&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient Oran, Mostaganem et Mascara, représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. Ajoutons que le nouveau régime avait à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua l’insurrection de Juin, et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard, après le décret du 19 septembre. Un crédit de 50 millions, disait ce décret, est ouvert au Ministre de la Guerre, pour être spécialement appliqué à l’établissement de colonies agricoles en Algérie. &amp;lt;br&amp;gt;Un arrêté signé de Lamoricière, intervient le 27 septembre 1948, pour signifier aux ouvriers parisiens les conditions auxquelles ils devaient satisfaire, pour être admis dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par l’attirance du contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. Le chiffre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux partagée. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau…. Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m. sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination. Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. L’Administration, pour choisir l’emplacement des villages, avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou hassi, dont les noms indigènes ont du reste été souvent gardés sans changement. C’est le cas d’Assi-bou-Nif. Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village lui-même qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. Aucune maison n’était encore construite. Les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles. Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes durent être présents, matin et soir, à l’appel du travail. Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://encyclopedie-afn.org/2025/index.php?title=Utilisateur:Gerardgiraud/brouillon&amp;diff=45724</id>
		<title>Utilisateur:Gerardgiraud/brouillon</title>
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		<updated>2011-03-02T18:11:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Assi Bou Nif mon village */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Assi Bou Nif mon village  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assi-Bou-Nif&#039;&#039;&#039; tel est le nom du village dans lequel j’ai vu le jour, le 25 mai 1944 à 15 heures&amp;amp;nbsp;; quel beau mois que ce mois de Mai dans notre belle Algérie. Tout est en fleurs, des odeurs par centaines se mélangent et dégagent des parfums indescriptibles, le ciel, d’un bleu pur, sans nuage, se reflète sur cette mer Méditerranée si prisée de nous tous. Labourage et pâturage étant les deux mamelles d&#039;Assi Bou Nif, jamais désignation ne parut mieux choisie. &amp;lt;br&amp;gt;Le gouvernement nous la laissa entrevoir, puis nous la retira et Assi Bou Nif resta Assi Bou Nif, «&#039;&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;le puits du père des nez&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;&#039;» disent nos arabisants à tort ou à raison je ne sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci est né modestement, humblement. Certains villages ont grandi à la mode américaine, Assi Bou Nif lui, est resté un tout petit village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Géographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le village est situé à une quinzaine de kilomètres sur la route qui mène à [[Mostaganem - Ville|Mostaganem]] et ses immenses plages de sable fin, en passant par l’incontournable [[Arzew - Ville|Arzew]]. &amp;lt;br&amp;gt;Le plan du village n&#039;est pas très compliqué, c&#039;est un parallélogramme rectangle organisé en six rues : deux groupes de trois rues parallèles, perpendiculaires aux trois autres. Le fossé qui entourait autrefois le village a presque disparu. Dès que nous pénétrons dans la rue principale bordée de poivriers, nous ne ressentons aucune impression particulière. Tout respire l&#039;aisance et la propreté. Les maisons sont basses&amp;amp;nbsp;; une dizaine seulement possèdent un étage. Les rues sont larges, propres tout comme le sont les autres villages d&#039;Algérie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Histoire =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les débuts ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle colonie n’existait encore qu’à l’état embryonnaire, lorsque le premier contingent de colons y arriva, le 28 décembre 1848. Avant cette date, la colonisation était assez peu avancée dans les environs d’Oran. Les seuls centres créés étaient [[Misserghin - Ville|Misserghin]], [[La Sénia - Ville|La Sénia]], [[Valmy - Ville|Valmy]], Sidi-Chami et Sainte-Léonie. &amp;lt;br&amp;gt;Il existait, il est vrai, un vaste projet mis au point en 1846 par le Général de Lamoricière, pour ce qu’il appelait son Triangle de Colonisation. Ce triangle dont les sommets étaient Oran, Mostaganem et Mascara, représentait une étendue de 80 000 hectares où le Général envisageait de fonder une vingtaine de nouveaux villages. Mais Louis-Philippe ne se préoccupait guère de peupler l’Algérie.&amp;lt;br&amp;gt;En revanche, la Seconde République, dès ses débuts, remit la colonisation à la mode. Lamoricière en effet était devenu Ministre de la Guerre. A côté de lui, Cavaignac revenu depuis peu du Sud-Oranais, et d’autres membres du Gouvernement, en particulier Lamartine, étaient des «&amp;amp;nbsp;colonialistes&amp;amp;nbsp;» convaincus. Ajoutons que le nouveau régime avait à résoudre sans tarder la crise économique qui ne cessait de s’aggraver en France depuis des années. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des bras parisiens issus de la crise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les progrès de l’industrie avaient attiré dans les grandes villes, surtout à Paris, et au détriment des campagnes, une population trop nombreuse que guettaient le chômage et toutes ses conséquences. L’ouverture des Ateliers Nationaux, loin de résoudre la crise, l’avait rendue plus sensible, en attirant à Paris de nouveaux bras inutiles. La solution qui apparaissait alors aux hommes d’Etat et souvent aux ouvriers eux-mêmes, était de rendre à l’agriculture ces bras dont l’industrie n’avait que faire. L’Algérie semblait un terrain tout trouvé. On sait comment la fermeture soudaine des Ateliers Nationaux provoqua l’insurrection de Juin, et comment 11 000 prisonniers furent cueillis par la troupe. De 3 à 4000 furent aussitôt déportés en Afrique et envoyés au pénitencier de [[Lambèse - Ville|Lambèse]]. Ceux d’entre eux qui contribuèrent plus tard à la colonisation de l’Algérie, sont tous restés dans la province de [[Constantine - Ville|Constantine]]. Mais il n’y a aucun rapport entre ces condamnés politiques des journées révolutionnaires et les ouvriers parisiens à qui le Gouvernement fit appel, trois mois plus tard, après le décret du 19 septembre. Un crédit de 50 millions, disait ce décret, est ouvert au Ministre de la Guerre, pour être spécialement appliqué à l’établissement de colonies agricoles en Algérie. &amp;lt;br&amp;gt;Un arrêté signé de Lamoricière, intervient le 27 septembre 1948, pour signifier aux ouvriers parisiens les conditions auxquelles ils devaient satisfaire, pour être admis dans ces colonies&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* adresser une demande à la Mairie de leur arrondissement, &lt;br /&gt;
* avoir moins de 60 ans, &lt;br /&gt;
* obtenir un certificat de bonne moralité et d’aptitude physique.&amp;lt;br&amp;gt; Après quoi les futurs colons seraient transportés aux frais de l’Etat. A leur arrivée en Algérie, ils recevraient à titre gratuit des habitations, des lots de terre de 2 à 10 hectares et durant les trois premières années, toutes les subventions nécessaires à leur établissement. A l’expiration de ce délai, maisons et terres deviendraient leur propriété. Les demandes affluèrent, non seulement de la part des chômeurs dans le besoin, mais encore d’ouvriers qui avaient jusque là gagné convenablement leur vie. Tous ces volontaires de la colonisation étaient surtout séduits par l’attirance du contrat qui leur faisait espérer trois choses précieuses entre toutes&amp;amp;nbsp;: la propriété, l’indépendance et la fortune. Le chiffre des colons, fixé d’abord à 12 000, fut porté à 13 500. En fait les convois qui se succédèrent jusqu’en 1850, transportèrent en Algérie environ 20 000 personnes. Dans la répartition des colonies qu’on allait fonder dans les trois provinces d’Algérie, celle d’Oran était de beaucoup la mieux partagée. Elle devait cette faveur à Lamoricière qui n’avait eu qu’à reprendre dans les cartons du Ministère de la Guerre, le projet de colonisation adressé par lui à son prédécesseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des villages comme s’il en pleuvait ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’entre Oran et Mostaganem, on allait échelonner&amp;amp;nbsp;: Assi-Ameur, [[Assi-ben-Okba]], Assi-ben-Féréah, Assi-bou-Nif, Saint-Louis, [[Fleurus - Ville|Fleurus]] et [[Mangin - Ville|Mangin]]&amp;amp;nbsp;; plus près de la mer&amp;amp;nbsp;: Saint-Cloud, Kléber, [[Saint Leu - Ville|Saint-Leu]], Damesme, Mouley-Magoum, Meffessour et le Vieil-Arzew&amp;amp;nbsp;; enfin autour de Mostaganem&amp;amp;nbsp;: Aboukir, Rivoli, Karouba, Tounin, Aïn-Nouissy, Aïn-Tédelès et Souk-el-Mitou. &amp;lt;br&amp;gt;Le premier convoi d’émigrants partit de Paris, en grande pompe, au début d’octobre 1848. Les autorités civiles, militaires et religieuses étaient sur les quais de la Seine, parmi la foule enthousiaste. Lamoricière harangua les futurs colons et l’Archevêque les bénit. «&amp;amp;nbsp;C’était&amp;amp;nbsp;», a-t-on écrit, «&amp;amp;nbsp;une espèce de croisade civile et sociale, en laquelle partants et restants croyaient avec foi&amp;amp;nbsp;». Les départs se succédèrent rapidement jusqu’à la fin de l’année, avec le même cérémonial&amp;amp;nbsp;; les convois s’ébranlaient aux accents de la Marseillaise et du Chant des Girondins, lequel subissait de temps à autre des variantes comme celle-ci&amp;amp;nbsp;: - Nourris par la Patrie, C’est le sort le plus beau…. Le Gouvernement avait fait aménager spécialement des bateaux plats de 30 m. sur 6, qui empruntaient la Seine, les canaux de Briare, de la Loire et du Centre, puis la Saône et le Rhône, presque toujours au pas lent des chevaux de halage. A Marseille, on s’embarquait enfin sur quelque frégate, peu pressé d’arriver à destination. Pendant que les émigrants voguaient vers l’Algérie, les Officiers chargés d’organiser les colonies agricoles, employaient les soldats aux travaux les plus urgents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Naissance d’un village ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’Assi-bou-Nif vu le jour, par les soins du Lieutenant Oudard, directeur adjoint, placé sous les ordres du Capitaine Millerou, directeur de la colonie de Saint-Louis. L’Administration, pour choisir l’emplacement des villages, avait cherché à résoudre en premier lieu la question de l’eau potable. Tous les nouveaux centres autour d’Oran avaient été placés auprès d’anciens puits ou hassi, dont les noms indigènes ont du reste été souvent gardés sans changement. C’est le cas d’Assi-bou-Nif. Les soldats logeaient sous des tentes, à proximité de l’emplacement réservé au village lui-même qu’ils avaient mission d’aménager. Le plan était des plus simples&amp;amp;nbsp;: rectangle limité par des «&amp;amp;nbsp;boulevards&amp;amp;nbsp;» qui attendaient des arbres, rues coupées à angles droits, au centre la place destinée à recevoir l’église et la mairie. Le tout était fortifié, c’est à dire entouré de fossés, surmontés eux-mêmes d’un talus extérieur. Aucune maison n’était encore construite. Les colons furent logés dans des baraques ou, comme les soldats, sous des tentes. &amp;lt;br&amp;gt;Par la suite la tâche assignée à l’armée devait rester multiple&amp;amp;nbsp;: creuser les puits, construire les habitations, participer au besoin aux divers travaux des champs&amp;amp;nbsp;; sans parler du rôle de surveillance et de protection assuré par les patrouilles. Le Directeur de la colonie avait sous ses ordres, non seulement les soldats, mais les colons soumis eux aussi au régime militaire. Chaque soir, le clairon sonnait l’extinction des feux. Dès les premiers jours, tous les hommes durent être présents, matin et soir, à l’appel du travail. Des vivres et autres subventions devaient être distribuées comme prévu pendant les trois premières années. Une ration complète comportait par personne et par jour&amp;amp;nbsp;: 200 g. de pain pour soupe, 200 g. de biscuit, 200 g. de viande fraîche, 28 g. de chandelle, 18 g. de semoule, 200 g. de vin et 10 centimes d’indemnité. Les enfants de 2 à 12 ans recevaient une demi-ration, les plus petits ne touchaient rien. Il faut ajouter à ces distributions quotidiennes d’autres distributions périodiques de souliers, chapeaux, chemises et autres vêtements. Les distributions cessèrent en 1851 et furent remplacées par une indemnité de cinquante centimes par tête.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le tirage au sort des lots ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrêté du 27 septembre 1848 spécifiait que chaque colon recevra une «&amp;amp;nbsp;habitation que l’Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de l’exploitation agricole&amp;amp;nbsp;». Dès les premiers mois de 1849, la construction des maisons de colonie se poursuit activement à Assi-bou-Nif, par les soins des soldats. Le village avait été divisé en lots d’égale contenance. A mesure que les maisons sont prêtes, elles sont tirées au sort et livrées aux colons. La partie de chaque lot qui n’est pas bâtie, devient cours ou jardin. &amp;lt;br&amp;gt;Les rapports périodiques du Directeur donnent quelques précisions sur l’avancement des travaux.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* En août 1849, parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de familles de deux chambres&amp;amp;nbsp;» 20 sont terminées et 26 à construire&amp;amp;nbsp;; parmi les «&amp;amp;nbsp;maisons de célibataires de une chambre&amp;amp;nbsp;» 28 sont terminées et 28 sont à construire.&lt;br /&gt;
* A la fin de 1851 25 maisons de quatre pièces et 9 maisons de deux pièces sont terminées, soit 59 logements. On connaît le style uniforme et l’architecture peu compliquée de ces maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: peu de chaux dans le mortier, toiture basse, pas de plafond mais un plancher sous tuile, auvent pour protéger les murs. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Un rapport du 27 mars 1850 signale que les colons ont tous grande crainte de voir arriver les chaleurs sans que leurs maisons soient «&amp;amp;nbsp;carrelées&amp;amp;nbsp;», en raison des puces et autres insectes qui pullulent dans la terre et se développent avec une rapidité effrayante. &amp;lt;br&amp;gt;Les édifices publics bâtis en 1849 sont également des maisons de colonie&amp;amp;nbsp;: l’une sert de mairie, l’autre d’église, une troisième de dépôt pour le ravitaillement. Un local est réservé pour l’école&amp;amp;nbsp;; en attendant l’arrivée d’un personnel enseignant, les enfants sont confiés à une dame du village, Madame Fritz, qui n’a pas de diplômes mais toutes capacités, une grande moralité et des principes religieux. &lt;br /&gt;
* En août 1849, on a déjà creusé 4 puits d’eau potable et 18 pour l’arrosage&amp;amp;nbsp;; à la fin de la même année, il existe 26 puits, dans lesquels les eaux sont abondantes et de bonne qualité.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les colons ont reçu dès le début, des instruments de travail à raison de 1 pioche, 1 bêche, 1 binette, 1 fourche de fer par famille&amp;amp;nbsp;; d’autres outils sont fournis à quelques familles&amp;amp;nbsp;: râteaux, hachettes, …etc. Enfin 24 bœufs ont été envoyés à Assi-bou-Nif mais ils sont vieux et usés. &lt;br /&gt;
* En mars 1850, le matériel de la colonie se monte à&amp;amp;nbsp;: 27 bœufs, 4 chevaux, 2 mulets, 22 charrues, 6 herses, 9 jougs à cou, 27 jougs à tête, 7 charrettes et tombereaux, 4 harnais, 89 pioches, 53 fourches, 69 bêches, 53 binettes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les inventaires des années suivantes ne sont pas beaucoup plus variés.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
Un quart de  siècle après l’arrivée des premiers colons il fallait un certain effort d’imagination pour se représenter les environs d’Assi-bou-Nif tels que les virent ces premiers colons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 «&amp;amp;nbsp; La terre, écrivait le Directeur en 1849, est entièrement couverte de lentisques et de palmiers. Le lentisque est la plante la plus répandue sur les terrains de la localité, il y forme des taillis très&amp;lt;br&amp;gt; broussailleux&amp;amp;nbsp;; aussi le travail du défrichement y est-il très pénible et ne s’effectue-t-il que lentement. Par compensation, les colons ont beaucoup de bois dont ils peuvent tirer bon parti&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les moyens de transport de la colonie sont mis à leur disposition pour aller vendre le bois à Oran. Il est vrai qu’en mars 1850, les routes qui relient le village aux autres centres de population sont toutes débroussaillées&amp;amp;nbsp;; il ne reste plus qu’à les défricher et les empierrer.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
La route d’Oran est la première à être aménagée. En raison des difficultés que présente le défrichement, les lots de culture ont été divisés en trois zones&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
* lots de jardins de 20 ares chacun autour du village&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
* lots de 2e zone de chacun 2 hectares à défricher immédiatement&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
* lots de 3e zone qui seront distribués et défrichés plus tard.&lt;br /&gt;
Les colons s’occupèrent d’abord des jardins. &lt;br /&gt;
* A la fin de l’année 1849, le Directeur compte 54 jardins défrichés dont 21 entièrement et les autres au moins en partie&amp;amp;nbsp;; pour l’époque des semailles, ajoute-t-il, il y aura, sans compter les jardins, 10 hectares de prêts. &lt;br /&gt;
* En 1850, on a semé 21 hectares en orge, 3 en froment et 13 kilos de graines potagères dans les lots de la 1ère zone. &lt;br /&gt;
* En 1851, on a défriché 160 hectares dont 94 sont semés en orge et 58 en blé.&lt;br /&gt;
* En 1852, sur 188 hectares défrichés, 169 sont cultivés (60 en blé, 107 en orge, 1 en pommes de terre, 1 en plantes potagères).&lt;br /&gt;
* En 1855, on compte 195 hectares de blé tendre qui produisent 567 hectolitres, 12 hectares de blé dur et 27 hectolitres, 11 hectares d’orge qui produisent 61 hectolitres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense aussi aux arbres&amp;amp;nbsp;: 118 ont été plantés durant les 6 premiers mois. &lt;br /&gt;
* Avant la fin de 1849, ce sont 80 mûriers que l’Administration fait planter sur la route d’Oran, et 38 autres qui le sont par les colons&amp;amp;nbsp;; on a de plus distribué 27 boutures de vigne par famille. &lt;br /&gt;
* En 1855, la place du village ainsi que les rues principales sont entièrement plantées d’arbres. On compte 300 sujets dans l’ensemble de la colonie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Assi-bou-Nif n’a pas été peuplé par le seul contingent arrivé en décembre 1848.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Des colons venus d’un peu partout ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n’avait pas cessé de recruter des colons, et de nouveaux convois continuaient d’amener des émigrants qui se dispersaient dans les différentes colonies. Assi-bou-Nif n’en reçut que quelques-uns en 1849, mais davantage en 1850 et durant les premiers mois de 1851. Les premiers registres de mariage et de décès, à défaut de tout autre document, indiquent que les premiers colons étaient originaires de Saint-Claude, Besançon, Aoste, Clermont-Ferrand, du Tarn, de la Marne, de la Nièvre, de la Drôme, du Pas-de-Calais. La population est donc très mêlée; le dernier survivant des premiers pionniers, monsieur Eléonore Guyonnet, est décédé au cours du mois de janvier 1909. Dès 1850, les noms alsaciens devinrent très nombreux: Heinrich, Kosper, Guckert, Roth, Schaeffner, Holzscherer, Küss, Kriss, Fritz. Cette population d&#039;Alsaciens, vivant en groupe, sans trop se mêler au reste des habitants, eut tendance à faire bande à part. Quoiqu&#039;il en soit, à Assi-Bou-Nif comme à Assi-Ameur, leurs maisons sont groupées dans un quartier qui leur appartient. Disons tout de suite que ces Français transplantés subitement en Afrique, allaient être soumis à une épreuve plus dure qu’ils ne l’avaient prévue, et que beaucoup ne devaient pas surmonter. Mais les colons, même les mieux disposés, durent constater bientôt que la bonne volonté ne suffisait pas et qu’ils n’étaient nullement préparés à leur nouveau métier. Ils découvrirent combien c’est une carrière ingrate quand on y entre vers le milieu ou le déclin de la vie, ce qu’elle exige de patience, de vigueur et de santé, enfin ce que la différence des climats y ajoute de peines, de difficultés et de mécompte. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne se trouvait à Assi-bou-Nif qu’un petit nombre d’anciens ouvriers des champs, les autres avaient exercé les métiers les plus divers. On ne pouvait, écrit le Directeur après quelques mois d’expérience, s’attendre au moins cette première année, à un travail soutenu de la part de gens non acclimatés, et pour la plupart neufs au métier de cultivateur&amp;amp;nbsp;; la pioche n’a guère de puissance entre les mains d’un bijoutier, d’un graveur… etc. et même d’un serrurier ou d’un charpentier. Le corps n’étant pas habitué à ce genre de travail, se fatigue vite&amp;amp;nbsp;; et j’ai pu remarquer que ceux qui ont travaillé avec le plus d’ardeur et de courage, ont presque tous été les premiers malades. Pour former des agriculteurs, l’Administration avait, en 1849, désigné dans chaque colonie un moniteur agricole&amp;amp;nbsp;; mais celui qui est chargé d’Assi-bou-Nif réside à Saint-Louis et en fait ne paraît guère. Un peu plus tard, le Directeur lui-même, muni d’un «&amp;amp;nbsp;Traité d’agriculture et d’hygiène appliquée en Algérie&amp;amp;nbsp;», fait aux colons des lectures commentées&amp;amp;nbsp;; mais cette éducation théorique profite peu. Le meilleur professeur sera l’expérience qui viendra avec le temps. &amp;lt;br&amp;gt;En somme, de même qu’on a signalé plusieurs arrivées de colons entre décembre 1848 et les premiers mois de 1851, il faut enregistrer aussi de nombreux départs. Les 54 pionniers de 1848 avaient été assez vite catalogués par le Directeur en cinq catégories&amp;amp;nbsp;: treize d’entre eux, disait-il, en raison de leurs forces physiques, de leur courage, de leur ardeur au travail et de leur conduite devaient réussir&amp;amp;nbsp;; douze autres qui n’offraient pas autant de garanties avaient encore quelques chances&amp;amp;nbsp;; quinze autres par manque de force physique ou ignorance complète des plus simples connaissances de l’agriculture ne pouvaient que difficilement réussir&amp;amp;nbsp;; enfin huit ne rêvaient que de leur retour en France et six étaient des indésirables. En fait, parmi ces 54 intéressés, 26 seulement se trouvent en 1851 sur la liste des concessionnaires, les 28 autres ont repassé la mer. Parmi les contingents de colons arrivés en 1849, 1850 et 1851, le nombre des départs n’a sans doute pas été aussi forte, mais les épreuves ont abouti au même triage qui n’a laissé à Assi-bou-Nif que les plus vaillants. Les colonies de 1848 ont eu parfois mauvaise presse. Pour les juger aujourd’hui équitablement, il suffit sans doute, mais il est nécessaire, de distinguer une fois pour toutes, les défaillants qui reprirent le chemin de la France après un temps d’épreuve plus ou moins prolongé et les véritables colons qui ont continué de porter le poids des jours et de la chaleur, sous le ciel d’Afrique. L’étendue des terres à concéder en 1848, sur le territoire d’Assi-bou-Nif, était en principe de 800 hectares, partagés en 80 concessions. Chaque concession à son tour fut répartie en trois zones. D’après le régime établi pour les colonies de 1848, les concessionnaires recevaient d’abord un titre provisoire, qui ne pouvait être l’objet d’aucune substitution, aliénation ou hypothèque. Trois ans après cette prise de possession, les terres concédées étaient soumises à une vérification des travaux exécutés. Les colons qui, pour une raison sérieuse, n’avaient pas suffisamment mis leurs terres en état, pouvaient obtenir un nouveau délai. Enfin lorsqu’ils avaient mis en valeur la totalité des terres arables comprises dans leurs concessions, ils voyaient leurs titres provisoires convertis en titres définitifs et ils devenaient propriétaires incommutables des habitations construites pour eux et des lots qui leur avaient été affectés. Pendant les trois mois qui suivaient la délivrance du titre définitif, les colons ne pouvaient aliéner leurs terres ou leurs maisons qu’à la condition de rembourser préalablement à l’Etat le montant des dépenses effectuées pour leur installation. Passé ce délai, ils pouvaient disposer à leur gré de leurs propriétés. Ce régime resta en vigueur jusqu’à la promulgation du décret du 26 avril 1851, qui imposa aux concessionnaires des conditions très différentes. Désormais le rôle de l’Administration était réduit au minimum. Les postulants devaient commencer par justifier de moyens financiers proportionnés à l’importance de la concession demandée, et pourvoir eux-mêmes à leur installation. Les titres qu’ils recevaient aussitôt stipulaient des clauses résolutoires, en cas de non-exécution des obligations imposées. La commission de vérification procédait ensuite comme pour les colons de 1848. Quand les conditions imposées se trouvaient exécutées, l’immeuble était déclaré affranchi de la condition résolutoire. Dans le cas contraire, il était statué, soit sur la prorogation du délai, soit sur la déchéance totale ou partielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’arrivée de colons espagnols ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après 1851, par suite des départs et de quelques déchéances, il y eut à Assi-bou-Nif des concessions vacantes. D’autre part, l’étendue des terres à concéder fut accrue par l’annexion de 400 hectares de Sidi-Ali&amp;amp;nbsp;; il y eut donc place pour de nouveaux colons qui vinrent les uns après les autres, à différentes dates, compléter le peuplement d’Assi-bou-Nif. L’on vit à cette époque affluer d’Oranie, du Maroc et d’Espagne de nombreux émigrants espagnols&amp;amp;nbsp;; la majorité d’entre eux étaient ouvriers agricole et apportèrent par leur savoir, leur courage et leur endurance dans ce climat hostile auquel ils étaient beaucoup plus habitués que la majorité des colons et apportèrent donc un essor non négligeable à l’agriculture. Une liste de 1855 donne les noms de 19 colons qui ont, à cette époque, reçu leur titre définitif, et de 30 autres qui sont en instance de le recevoir. Bientôt après commencèrent les transactions. Certains vendirent leurs concessions, d’autres au contraire agrandirent leurs propriétés. &amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour reconnaître que l’étendue des concessions primitives fut ridiculement insuffisante. Il en est résulté que les ouvriers de la première heure n’ont pas toujours récolté le bénéfice de leurs efforts. Ceux qui sont venus après eux et qui ne furent certes pas non plus sans mérite, ont eu généralement un meilleur départ et obtenu des résultats plus heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Du maraîchage au coton ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans parler des cultures maraîchères, qui occupèrent au moins les jardins autour du village, les terres défrichées furent dès le début consacrées surtout aux céréales. A cette époque cependant, les plantes industrielles, tabac et coton en particulier, sont fortement recommandées par le Gouvernement&amp;amp;nbsp;; mais on n’en fit jamais à Assi-bou-Nif que de timides essais. En 1851, le Directeur, eu égard aux chances de bonne culture du coton, passe une commande pour semer 10 hectares&amp;amp;nbsp;; il est vrai qu’il parle aussitôt de réduire cette étendue de moitié, si l’on peut obtenir plutôt des semences de pommes de terre. En 1855, les cultures industrielles se résument à 6+ ares de garance. En 1859, quelques colons seulement plantent du tabac et du coton et obtiennent des résultats satisfaisants. En 1861, un seul colon s’occupe de culture industrielle (celle du tabac), mais sur une étendue de terrain presque insignifiante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les responsables se succèdent... ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lieutenant Oudard, qui avait présidé à l’installation des colons, fut remplacé en 1850, comme directeur-adjoint sous les ordres du Directeur résidant à Saint-Louis, par le lieutenant Richou du 12e Léger. Celui-ci eut comme successeur, en 1851, Charles Tanchou lieutenant au 1er Etranger, promu cette fois Directeur, faisant fonction d’officier d’Etat civil et chargé d’Assi-Ameur comme annexe. &amp;lt;br&amp;gt;C’est le lieutenant Tanchou qui inaugura le registre des naissances, mariages et décès d’Assi-bou-Nif, jusque-là inscrits à Saint-Louis. Pour l’administration du village, il était assisté d’une commission consultative, dont les membres étaient choisis parmi les colons et élus par eux. Mais ce régime militaire était tout provisoire. La transmission des pouvoirs à l’autorité civile fut ordonnée par arrêté du Gouverneur Général Randon le 18 juin 1852, et devait être opérée avant le 31 décembre de la même année. Le premier Maire choisi en 1852 parmi les colons fut Maurice Boulmé, qui ne resta que peu de temps en fonction et eut comme successeur Pierre Fritz. L’un et l’autre ne furent du reste que des fonctionnaires chargés d’exécuter des ordres. Assi-bou-Nif, d’abord rattaché au cercle d’Oran, fit ensuite partie du district d’Arzew jusqu’en 1856.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ... et les communes se multiplient ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, Napoléon II songeait à multiplier les communes algériennes, dans le but d’accroître les ressources des localités, d’y stimuler le zèle des populations et l’activité des administrations locales. Parmi les 28 nouvelles communes instituées par Décret Impérial du 31 décembre 1856, figurait Fleurus dont Assi-bou-Nif devenait une annexe. Le Maire et le Conseil Municipal siégeaient à Fleurus et Pierre Fritz en faisait partie à titre d’adjoint pour Assi-bou-Nif. Cette situation se prolongea jusqu’au 22 septembre 1870, date à laquelle Assi-bou-Nif fut à son tour érigé en commune de plein exercice. Après la fondation de fait, la fondation d’Assi-bou-Nif reçut sa sanction officielle par un décret du 11 février 1851 ainsi conçu&amp;amp;nbsp;: &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*• Art.1er – la colonie agricole créée en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 19 septembre 1848, à 4 kilomètres Ouest de Fleurus, prendra le nom d’Assi-bou-Nif. &lt;br /&gt;
*• Art.2 – Un terrain agricole de 1.078 hectares est affecté à ce centre de population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait la colonie d’Assi-bou-Nif, avec son annexe Assi-Ameur, s’étendit sur 2.486 hectares dont 1.446 pour Assi-bou-Nif et 1.040 pour Assi-Ameur. Une nouvelle modification intervint lorsque Assi-bou-Nif passa en territoire civil et devint section de la commune de Fleurus&amp;amp;nbsp;; son territoire fut alors ramené à 1.314 hectares. Enfin devenu commune de plein exercice, Assi-bou-Nif put prétendre à un peu plus de développement, bien que les centres créés dans la région d’Oran soient trop voisins les uns des autres, pour atteindre l’extension accordée généralement aux communes sur les autres points d’Oranie. «&amp;amp;nbsp;La superficie totale de la commune d’Assi-bou-Nif, écrivait-on vers 1910, est de 2.048 hectares. Les communes d’Arcole et de Sidi-Chami servent de limite au Nord-Ouest et au sud-est, celle d’Assi-Ameur à l’ Est. Le communal de 500 hectares a été acheté par la commune à l’Etat&amp;amp;nbsp;; 100 hectares ont été défrichés en 1906 et loués pour 18 ans aux propriétaires&amp;amp;nbsp;». Voilà la première étape de l&#039;histoire d&#039;Assi Bou Nif, étape militaire et héroïque. C&#039;est le moment où la brousse recule devant la pioche du colon. Lentisques et palmiers sont dirigés sur Oran, sur des chars à boeufs, par des chemins difficiles et pas toujours sûrs. Derrière chaque buisson on a peur de voir surgir le fusil d&#039;un indigène. Remarquons en passant que Mangin et Assi Ameur dépendaient d&#039;Assi Bou Nif au point de vue civil. Plusieurs actes en font foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Napoléon III en Algérie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1865, l’Empereur Napoléon III effectue un grand voyage en Algérie qui l’amène à visiter un certain nombre de villages tant dans l’Algérois, que dans l’Oranais et le Constantinois. Le 20 Mai 1865, le Souverain quittait Oran pour se rendre à Mostaganem&amp;amp;nbsp;; sa première halte fût pour Assi-Bou-Nif. Puis, le cortège poursuivant sa route vers Mostaganem passa à Saint-Cloud et fit une seconde halte à Sainte-Léonie village peuplé de nombreux Allemands&amp;amp;nbsp;; ces derniers firent un accueil triomphal au Souverain «&amp;amp;nbsp;en brandissant des drapeaux allemands&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Démographie =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population d&#039;origine purement française a commencé à progresser lentement à partir de 1855; les statistiques comptent désormais, parmi les Européens, une importante fraction d&#039;origine espagnole. Malgré cet apport intéressant, la population musulmane croit plus rapidement à chaque recensement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| border=&amp;quot;8&amp;quot; class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Evolution de la démographie entre 1849 et 1926 &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Année &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Européens &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Musulmans &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Total Population &lt;br /&gt;
! scope=&amp;quot;col&amp;quot; | Commentaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1849 &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 130 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1850 &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 143 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1851 &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 184 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1852 &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 187 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1861 &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 186 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1871 &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 254 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1875 &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 284 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1901 &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
| 503 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1906 &lt;br /&gt;
| 408 &lt;br /&gt;
| 153 &lt;br /&gt;
| 561 &lt;br /&gt;
| Dans ces 408 Européens il faut y compter 167 ressortissants espagnols et marocains&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1911 &lt;br /&gt;
| 422 &lt;br /&gt;
| 199 &lt;br /&gt;
| 621 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1921 &lt;br /&gt;
| 316 &lt;br /&gt;
| 243 &lt;br /&gt;
| 559 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1926 &lt;br /&gt;
| 269 &lt;br /&gt;
| 352 &lt;br /&gt;
| 626 &lt;br /&gt;
| &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= L’évolution du village après les années pionnières =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme tous les villages de 1848, Assi-bou-Nif a peu changé d’aspect. Aux anciennes maisons de colonie, basses et dépourvues de tout confort, les colons ont substitué, selon leurs goûts et leurs moyens, des habitations plus spacieuses et plus variées. Les édifices publics du début ont fait place, eux aussi, à des bâtiments plus somptueux. &amp;lt;br&amp;gt;Parmi les réalisations les plus remarquables citons&amp;amp;nbsp;: la magnifique salle des fêtes, inaugurée en 1938, réalisée par la dynamique municipalité de l’époque à la tête de laquelle se trouvait monsieur Pellissier notre dernier Maire élu (1962) disparu depuis, et M. Pinazo son adjoint, les terrains de sport et les boulodromes où se sont tant de fois mêlés les jeunes et moins jeunes des deux communautés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une première église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première église, construite en même temps et dans le même style que les maisons de colonie, attendait un curé depuis 1849. Au mois de février 1853, l’abbé Joseph Desbois, précédemment curé de Fleurus, était appelé à fonder la paroisse d’Assi-bou-Nif. La maison qui, de 1849 à 1852, avait été habitée par le Directeur militaire de la colonie, devint presbytère&amp;amp;nbsp;; elle le restera jusqu’à la décolonisation. Dans le premier acte de baptême, il s&#039;intitule &amp;quot;Curé de l&#039;Eglise St-Dominique&amp;quot;. On ignore quelle autorité a donné ce nom de saint patron. Sur trois baptêmes et un mariage de cette première année, deux baptêmes et le mariage sont signés par le Frère Le Baillou. &amp;lt;br&amp;gt;A Joseph DESBOIS succédèrent Lefranc de 1870 à 1872, Lacroix 1872-1876 nommé par ordonnance de Monseigneur Callot, premier évèque d&#039;Oran; avec Mr Lacroix les recettes de la fabrique atteignent leur point culminant; celle-ci fut crée en 1858, la première séance eut lieu le 18 juillet. Mathieu Lindbeiner, J.B. Heranux, B. Michel furent nommés Conseillers par Monseigneur Pavy le 24 avril; Pierre Pallier, J.Pierre Fromental par le Préfet Majorel décret du 25 juin au Maire de Fleurus. Le premier budget établi lors de ce premier conseil se soldait par 25 francs de recette et 617 francs de dépenses. La recette de 1877 s&#039;élevait à 571,65 francs. Le premier tarif des oblations est approuvé sous Messieurs Lacroix et Lefranc. Monsieur Schouppe succéda à Lacroix et mourut à Cassaigne des suites d&#039;une chute dans l&#039;escalier de son logement; D. Gilloux 1882-1889 prend possession du presbytère le 1er octobre; il y fait bâtir le premier étage, construire le mur de soutènement du jardin et il acheta la cloche qui dura jusqu&#039;en 1962. &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Gilloux mourut le 11 février 1907, il était alors curé de St-Eugène. Léopold Vermenouze installé le 1er avril 1889 ne fut qu&#039;un oiseau de passage et repartit sans même avoir déballé ses affaires en juin de la même année. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La nouvelle église ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J.B. Cubizolles en prit la succession le 8 juin 1889, à son initiative la future église fut construite sur le même emplacement que la précédente. La première pierre (un gros bloc qui se trouve à l’angle gauche de la façade, au ras du sol) a été posée le 23 février 1896. Le gros œuvre fut achevé en août de la même année. La bénédiction et l’inauguration eurent lieu pour la fête de Saint-Dominique, sous la présidence de Mgr Lafuma – vicaire général. L’édifice, sacristie comprise, couvre un rectangle de 19 mètres sur 8&amp;amp;nbsp;; l’ensemble, et particulièrement la façade, sont de bon goût. Cette nouvelle église d&#039;Assi-Bou-Nif paraît coquette extérieurement; les arbres l&#039;entourent d&#039;une ceinture de verdure qui masque son aspect légèrement massif et écrasé. Les fenêtres, au nombre de dix, sont en ogive et ornées de vitraux. Les murs peints à l&#039;huile sans tons criars, le maître-autel ainsi que les fonds baptismaux sont en marbre blanc et le monumental confessionnal lui donnent un air de gentillesse. Tout laisse clairement apparaître qu&#039;un homme de goût a présidé à son ornementation. Une horloge se trouve dans le clocher qui culmine à 25 mètres et trois cadrans garnissent trois des faces; l&#039;église, elle-même, sacristie comprise couvre un rectangle de 19x8 extérieurement. L’unique cloche pesant 85 kgs que contient la flèche sert à deux fins. Elle sonne les heures, réglant ainsi depuis des années pour les paisibles habitants d’Assi-bou-Nif, le temps du travail et du repos. Elle s’ébranle aussi pour les évènements heureux ou tristes de la vie du village, des baptêmes aux trépas et sa voix qui se répandait sur Assi-bou-Nif évoquait pour la génération vivante, avec le souvenir des fondateurs disparus, toutes les leçons d’un passé riche en promesses d’avenir. Ses prénoms sont&amp;amp;nbsp;: Anna, Maria, Charitas et a pour parrains deux Oranais: Monsieur et madame Geneste; cette cloche fût achetée par souscription publique par monsieur Gilloux. L&#039;ancienne cloche, hors d&#039;usage, a été revendue au fondeur. Elle était pourtant précieuse puisque depuis 1854 elle avait été le témoin heureux ou attristé de la vie d&#039;Assi-Bou-Nif. Son parrain était également un Oranais – monsieur Viala de Sorbier – architecte des bâtiments civils, et sa marraine, une des premières venues au village qu&#039;elle n&#039;avait jamais quitté, madame veuve Michel Schaeffner. Le presbytère est assez loin de l’église, dans la rue de Ben Okba. Il est spacieux, un jardin est attenant. Il y a un puits et une pompe. De 1848 à 1852 le presbytère fut habité par le lieutenant directeur de la colonie agricole. A son départ, l’abbé Dubois prit sa place, elle a été conservée jusqu’à ce jour. J.B. Cubizolles fut remplacé en 1900 par G. Blanc qui venait d&#039;Aïn-Tédelès. Il se retira dans ses terres de St-Michel de Llottes (Pyrénées Orientales) le 1er octobre 1907. Lorsque P. Fabre prend possession du poste, la Loi de Séparation des Eglises et de l&#039;Etat était promulguée en Algérie depuis trois jours. Les inventaires prévus par la loi ont été faits le 24 juin 1908. Depuis le 1er janvier 1909 le presbytère, propriété de la commune, a été loué par le curé à raison de 10 francs par mois. Les biens de la Fabrique sont mis sous séquestre; le dernier culte organisé produisit la première année 575 francs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= En guise de conclusion =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heureux les peuples qui n&#039;ont pas d’histoire, a prétendu je ne sais quel penseur. Si la sentence est encore vraie pour les villages, Assi Bou Nif doit jouir d&#039;un bonheur à peu près parfait. D&#039;autres centres ont été inaugurés solennellement avec le concours d&#039;autorités officielles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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		<title>Utilisateur:Gerardgiraud</title>
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		<updated>2011-03-02T18:04:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Gerardgiraud : /* Modifier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{CART-FICHEPERSO|&lt;br /&gt;
| photo=&lt;br /&gt;
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| presente=Je réside à Marseille (France). Successivement Océanologue puis Informaticien de métiers, c&#039;est en qualité de Généalogiste et de Bibliographe (amateur) que je contribue à la très intéressante aventure intellectuelle et électronique Wikipédia.&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai notamment écrit cette biographie [http://fr.wikipedia.org/wiki/Céleste_Bouglé Céleste Bouglé] et contribué à l&#039;écriture de tous ce qui concerne les herbiers sous-marins [http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbiers_marins Herbiers marins].&amp;lt;br&amp;gt; J&#039;ai aussi contribué sur Wikimédia [http://toolserver.org/~daniel/WikiSense/Gallery.php?wikifam=commons.wikimedia.org&amp;amp;format=html&amp;amp;img_user_text=Gerardgiraud&amp;amp;order=-img_timestamp Mes images]&amp;lt;br&amp;gt;Résident pendant 6 années à Oran (Algérie) et sa région, voici maintenant un an et demi que j&#039;ai entrepris l&#039;apprentissage de la langue arabe.&amp;lt;br&amp;gt; C&#039;est à ce titre que je contribue à renseigner les noms arabes - algériens et à la recherche des toponymies du nom de ces villages. C&#039;est à cette occasion que j&#039;ai fais récemment connaissance avec votre encyclopédie et que je souhaite y participer en tant que correcteur dans un premier temps, que rédacteur si l&#039;occasion s&#039;en présente et que soit pertinent sur un sujet non traité. &lt;br /&gt;
| motivation=Toujours grande pour écrire, il y a tant à faire !&lt;br /&gt;
| commentaire=J&#039;appends aussi longtemps que je vis (&#039;&#039;&#039;Râmakrishna&#039;&#039;&#039;).&amp;lt;br&amp;gt; Rien n&#039;est permanent, on fait que passer ! -- Marseille 1er mars 2011&lt;br /&gt;
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[[Etat AVANT Assi Bou Nif - Ville]]&amp;amp;nbsp;: structurer cet article fleuve (12 pages A4) qui, n&#039;étant pas chapitré, est très difficile à lire. Dommage son contenu est fort intéressant et fourmille de détails.&amp;lt;br&amp;gt; Nous y passions souvent, dans les années 50 en allant à [[Arzew - Ville|Arzew]]&amp;amp;nbsp;!&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Gerardgiraud</name></author>
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