Saint-Augustin

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Père de l'Église : Saint Augustin est né à Thagaste (Souk-Ahras), le 13 novembre 354.

150px Thagaste : cité punique et romaine, gros bourg rural où l'on cultive les oliviers, non loin de la frontière tunisienne, patrie de deux chrétiens berbères célèbres : Sainte Monique et son fils Augustin (il s'agissait à proprement parler de Romains d'origine berbère).

Sommaire

La vie de Saint Augustin

Avec les principales dates qui l'ont marquée.

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  • 354: Naissance d'Augustin à Thagaste, petite ville de Numidie, aujourd'hui Souk Ahras en Algérie, (environ 180 kms à l'Est de Constantine et 100 kms au Sud de Bône). Son père Patricius, romain converti, petit propriétaire foncier qu'une fiscalité écrasante conduisit rapidement à la ruine. Sa mère, Monique, ardente chrétienne, qui ne cessa d'œuvrer pour la conversion de son fils et qui sera canonisée par l'église catholique.
  • 361 à 366: École primaire dans sa ville natale (Thagaste), puis études secondaires à Madaure (act. M'Darouch), centre voisin, plus important et plus intellectuel. Augustin a parcouru le cycle complet des études considérées de son temps comme des plus normales. Faut-il ajouter qu'il y excella ?
  • 369 et 370 : Années d'oisiveté à Thagaste : l'oisiveté, c'est bien connu n'est jamais bonne conseillère. Et, c'est bien plus tard, dans Les Confessions, qu'il avouera ses désordres d'adolescent. Après certains aveux sur le comportement de la petite enfance, où il relate ses colères, ses caprices, ses mouvements naturels qu'il appela péché. Un des épisodes les plus connus est celui "du vol de poires" (les fameuses poires volées dans le jardin d'un voisin).

370: Augustin partit poursuivre ses études à Carthage. Son père, ruiné, c'est grâce à la générosité de Romanianius, fidèle compagnon de Patricius, qu'il eut la possibilité de continuer ses études dans la métropole économique, politique et culturelle de l'Afrique : CARTHAGE. Romanianius s'était engagé à protéger et aider Augustin jusqu'à la fin de ses études.

  • 371 : Augustin vient d'arriver à Carthage pour y suivre ses études, c'est là qu'il apprit le décès de son père Patricius.
    Augustin est dans 17ème année, c'est à ce moment qu'il se lia avec sa compagne (dont on ignore le nom "l'innommée"). Celle-ci lui donna un fils : Adéodat (Dieudonné). Cet enfant décèdera prématurément à l'âge de 18 ans.
  • 372 : Augustin fréquente les Manichéens, de Mani. Les Manichéens se divisent en deux classes selon le degré de perfection spirituelle. Les premiers pratiquant le célibat et un végétarisme rigoureux, Les seconds pouvant se marier et observer un jeûne hebdomadaire).
  • 374 - 383 : Professorat à Carthage : il devait occuper dans cette ville la chaire municipale de rhétorique (art de parler en public pour séduire et convaincre) cet art va lui permettre de gagner sa vie. Mais, après 10 ans, las d'être chahuté par une jeunesse turbulente, il quitte cette ville pour s'installer à Rome, où il espérait trouver des élèves plus dociles. Il apprendra à ses dépens qu'ils s'esquivaient avant de payer leur maitre...
    A ce moment-là, il se détache du manichéisme.
  • 384 - 385  : Départ pour Milan : une chaire officielle fut vacante, à Milan, résidence impériale. Augustin l'obtint, il y devint fonctionnaire : ce fut le sommet de sa carrière.
    Jeune ambitieux, Augustin recherchait les honneurs, la richesse, le mariage. Monique, sa mère l'ayant rejoint, elle décida de prendre en main l'avenir de son fils. C'est ainsi qu'il répudia celle qui depuis 16 ans fut sa compagne de la bonne et de la mauvaise fortune.
  • 387 : Baptême d'Augustin. Dès son arrivée à Milan, Augustin fit une visite de courtoisie à l'Évêque Ambroise (grand homme d'église, évêque de Milan né en Allemagne). Celui-ci le reçut de manière paternelle. Il prit l'habitude d'aller l'écouter prêcher le dimanche pour évaluer le talent de l'orateur, mais sans réellement se soucier de l'enseignement dispensé.
    La décision de se faire baptiser, Augustin en fait le récit lui-même : "c'est la scène la plus fameuse des Confessions, scrutée avec la plus inquiète minutie par la critique des historiens ; pourtant tout en elle est si simple et si naturel : dans le jardin de sa maison de Milan, où il méditait près de son ami Alypius, Augustin, toujours déchiré devant le besoin d'aboutir, entendit la voix d'un enfant qui lui parut chanter : "Prends et lis !". Il ouvrit le livre de Saint-Paul qui depuis quelque temps déjà ne le quittait plus, on sait ce qu'il y trouva : "plus de ripailles ni d'orgies, plus de coucheries ni de débauche ; revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne cherchez plus à contenter la chair dans sa concupiscence !" (Henry Marrou St. Augustin).
    Ce fut comme une illumination : sa décision était prise et d'entrer dans l'église et de renoncer au monde. Cette décision conduisit Augustin à demander le baptême, nous sommes en 387, il allait avoir 33 ans.
  • 388 : Augustin se retira en compagnie de sa mère et de quelques disciples à une trentaine de kilomètres au nord de Milan pour y passer les quelques mois qui allaient précéder son baptême à la Pâque prochaine. Cette vie de retraite lui permit de commencer la rédaction de ses premiers Dialogues philosophiques.
    Augustin n'avait désormais plus rien à faire en Italie, mais la mort de sa mère, Monique, survenue au moment où il allait s’embarquer pour son retour en Afrique, retarda ce départ.
    De retour dans sa ville Thagaste, Augustin et ses amis s'installèrent dans la maison familiale pour une vie de prière et d'études.
  • 391 à 396 : N'ayant pas de réelle vocation sacerdotale, il évitait de se rendre dans les villes dont le siège épiscopal était vacant. C'est donc l'esprit tranquille qu'il se rendit à Hippone, sachant qu'il y avait là un évêque, Valère. (Valère âgé, Grec d'origine, malhabile pour prêcher le latin). Celui-ci eut la bonne idée de dire qu'il avait besoin de quelqu'un pour le seconder, et Augustin fut ordonné ! Malgré ses protestations. Puis il le consacra évêque, cinq ans plus tard, le choisit comme coadjuteur.
    Valère voyait en lui un successeur.
  • 396 à 400, une vie d'évêque : Ainsi prêtre à trente-six ans, sacré cinq ans plus tard évêque coadjuteur de Valère, à qui il succéda bientôt. Saint Augustin allait jusqu'à sa mort, soit pendant près de quarante années, demeurer attaché à l'Église d'Hippone-la-Royale (les érudits du XVIIe siècle croyaient savoir que Hippo venait d'un mot punique signifiant "baie" ou "port", si bien, - soulignaient-ils, avec ravissement - que Hippo Régius signifiait : Port-Royal. (Henri Marrou).
    Dans cette ville d'Hippone, la seconde ville d'Afrique, l'évêque Saint Augustin développa une activité pastorale intense.
    Cette longue période, il allait : d'une part la mettre au service des pauvres, d'autre part à son combat contre les hérésies.
    Les matinées, il les consacra à son diocèse, multipliant les œuvres de charité, aide aux plus démunis, conflits et chicanes entre chrétiens. Au sujet des pauvres, il disait tristement : Il ne convient pas à l'évêque de faire réserve d'or et de repousser la main du mendiant. Chaque jour il y a tant qui quémandent, tant qui gémissent, tant d'indigents qui nous interpellent, il y a tant que nous en laissons beaucoup dans la détresse, parce que nous n'avons pas de quoi donner.
    Les combats doctrinaux qu'Augustin dut livrer sont, ceux contre les Manichéens, les Pélagiens, le schisme donatiste, les Ariens.
    La répartition de ces combats, eurent pour inconvénient d'induire une image d'Augustin pourfendeur d'hérésies, toujours en lutte contre les déviances religieuses de son époque.
    Son œuvre est immense : auteur prolifique, convaincant et brillant styliste; il a laissé 113 traités, 218 lettres, 500 sermons.
  • 397 - 400: Rédaction de la plus connue de ses œuvres : Les Confessions. Autobiographique spirituelle.
  • 415 - 427 : La Cité de Dieu où il développe un large panorama de l'histoire orienté par la foi chrétienne. La Cité de Dieu est la cité bâtie par l'homme qui s'appuie sur Dieu pour recevoir de lui : la liberté, la justice et la paix.
  • 399 - 417 : Dans son Traité sur la Trinité, il tenta de trouver dans la création, et en particulier dans l'homme, des analogies de la Trinité Divine pour tenter de comprendre son mystère.
  • 426 - 427 - Augustin écrivit Les Retractationes. Cette œuvre est son ultime verdict sur ses œuvres antérieures, revues et corrigées par lui-même, au soir de sa vie.
    Son œuvre comprend aussi tous les traités De Libero Arbitro, (Sur le libre arbitre, 389-395). De doctrina christiana (De la doctrine chrétienne 396-426). De Baptismo (Sur le baptême en 404). De natura et gracia (Sur la nature et la grâce en 415).
    La culture qu'Augustin reçut le marqua profondément. Cette culture, plus littéraire que philosophique : il ne découvrit la philosophie qu'à l'âge de 19 ans.
    Augustin est un Romain d'Afrique du Nord, sa langue est le latin, pour une réelle culture philosophique, il aurait dû étudier à l'université d'Athènes ou d'Alexandrie, mais il n'eut pas cette chance. Ses lectures limitées par l'obstacle de la langue se bornèrent à ce qui était accessible en latin.
  • 427 - 430 : Les dernières années de sa vie furent assombries par l'invasion vandale.
    Au début du Vème siècle, les Vandales avaient déjà pénétré en Gaule, puis en Espagne. Il était donc inévitable qu'ils arrivent en Afrique, un peu aidés par des intrigues de cour.
    Le comte Boniface d'Afrique les appela en leur offrant de partager certaines provinces.
    Genséric, avait pour but de conquérir l'Afrique du Nord. Il passa le détroit de Gibraltar.
    Quelques mois plus tard, pendant le siège d'Hippone, Augustin tomba malade. Malgré l'état de siège de sa ville et sa maladie, il continua à accomplir scrupuleusement ses devoirs : prier, écrire, enseigner son peuple et visiter les nombreux réfugiés. Il mourut en août 430, pendant le siège de sa ville épiscopale : HIPPONE.
  • 439, les Vandales prirent Carthage, puis les Baléares, la Corse, la Sardaigne et pillèrent Rome en 455.
  • Épilogue Augustin s'éteint à 76 ans, le 28 août 430

Augustin d'Hippone reste l'un des écrivains les plus lus et les plus étudiés dans toutes les langues et sur tous les continents. Les bibliographies le concernant représentent environ 300 pages.
25 ans après la mort d'Augustin, la domination romaine avait complètement disparu en Afrique du Nord.

Sainte Monique : sa mère

MONIQUE (Sainte), Monica (seule, veuve, en grec), mère de Saint Augustin

Sainte Monique, née en 332, appartenait à des parents chrétiens qui l'élevaient dans les principes de la foi. Elle fut particulièrement confiée aux soins d'une vieille servante qui était depuis longtemps attachée à la famille et en grande estime auprès de ses maîtres.

Quoique chrétienne, Monique fut mariée à un bourgeois de Thagaste, nommé Patricius, qui était païen. C'était un homme d'un cœur naturellement bon et généreux, mais d'un caractère irritable et parfois violent. Monique eut beaucoup à souffrir des emportements de son époux ; elle n'y elle n'y opposa jamais que la douceur et la patience, s'efforçant d'amollir cette âme véhémente en la gagnant à Jésus-Christ. Longtemps ses efforts furent vains ; mais enfin son vœu le plus cher fut exaucé. Vaincu par l'admiration et le respect que lui inspiraient les vertus d'une sainte épouse, Patrice, quelques années avant de mourir, embrassa la foi chrétienne, et sa conversion fut sincère.
Monique restée veuve, jeune encore, avec trois enfants, deux fils, Augustin et Navigius, et une fille dont on ignore le nom, se consacra tout entière à leur éducation, leur donnant les soins les plus tendres et les plus éclairés. Augustin surtout, alors âgé de dix-huit ans, était l'objet de toute sa sollicitude. Séduit par les discours des manichéens, Augustin partageait leurs erreurs, et les égarements de sa jeunesse affligeaient sa pieuse mère lorsqu'il partit secrètement pour l'Italie. Informée que ce fils, sur lequel reposaient de si hautes espérances, était à Milan, Sainte Monique partit pour l'y rejoindre, malgré la longueur du voyage et les dangers de la navigation. En arrivant à Milan, elle eut le bonheur d'apprendre qu'Augustin avait été converti par Saint Ambroise. A Milan comme à Thagaste, cette sainte femme s'attira le respect de tous par ses éminentes vertus. « La piété de ma mère, dit saint Augustin, son zèle pour le bien et son assiduité à la prière, frappaient si vivement Ambroise qu'il ne pouvait s'empêcher, en me rencontrant, de revenir sans cesse sur ses louanges, et qu'il me félicitait d'avoir une telle mère. »
Monique décida son fils Augustin à retourner en Afrique ; mais à peine arrivée à Ostie, où ils devaient s'embarquer, elle y tomba malade et mourut en 387, le 4 avril, jour ou l'Église l'honore comme le modèle et la patronne des épouses et des mères chrétiennes. Le corps de Sainte Monique fut transporté à Rome, en 1430, sous le pontificat de Martin V.

Une colline près de Carthage portait son nom. Refusant son origine africaine, puisqu'à l'évidence elle n'était pas musulmane, après l'indépendance de la Tunisie, ce lieu fut débaptisé et s'appelle aujourd'hui Saïda.

Textes majeurs de Saint-Augustin

L'enlèvement d'êtres humains et leur réduction en esclavage.

Ces gens qu'on appelle communément trafiquants d'esclaves sont si nombreux en Afrique qu'ils vident en grande partie ce pays de sa population, en déportant dans les provinces d'outre-mer ceux qu'ils achètent et qui sont presque tous des hommes libres. (Lettre 10, 2) Je ne puis vraiment penser que la rumeur publique fasse silence, même là où vous êtes, sur ces maux qui frappent l'Afrique, maux qui étaient incomparablement moindre quand l'empereur Honorius adressa une loi au préfet Hadrianus pour empêcher des trafics de ce genre, en prescrivant que les marchands d'une telle impiété soient soumis à la flagellation avec le fouet plombé, voient leurs biens confisqués et soient relégués dans un exil perpétuel. (Lettre 10, 3)

L'amitié

Dans cette société humaine si pleine d'erreurs et d'épreuves qu'est-ce qui nous console mieux que la loyauté non feinte et l'affection mutuelle que se vouent de vrais et bons amis. (La Cité de Dieu, Livre XIX, VII-VIII)

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