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Sidi Bel Abbès - Ville : Différence entre versions

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Pour tout le monde '''Sidi bel-Abbès''' c'est le berceau de la [[Légion Etrangère |LEGION ETRANGERE]] !
  
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Mais c'est aussi l'exemple d'une création urbaine et humaine totale.
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SIDI BEL-ABBES : Nom donné par le seigneur Abbès, véritable saint parmi les plus vénérables des religions monolithes, né au début du XVIIIe siècle, d'un père professeur à la medersa de Tlemcen, petit-fils de Sidi el-Bousidi, qui s'était installé à El-Afflou. Enfant, il apprend le Coran et comme son père, il devient savant ouléma. Selon la légende, une nuit, il entend la voix du Prophète : « Va et enseigne la Parole sainte.» Ainsi nait sa vocation et enseigne vertu, justice, charité, semant ainsi concorde et prospérité. Ce succès suscite la jalousie et la haine. Pour éviter la lapidation, des anges conduisent dans la forêt de Messer où il se cache longtemps. Epidémies et désolation règnent alors dans le pays. Un vieillard à l'agonie murmure aux siens : « Nous avons persécuté Sidi bel-Abbès, nous avons outragé Dieu et Dieu le venge... Retrouvez le marabout, implorez son pardon... » Le vieux sage fut écouté. Pour découvrir le saint homme, deux tribus, les Amarnas et les Sidi-Brahim rivalisèrent dans un combat sanglant. Victorieux, les Sidi-Brahim cherchèrent et trouvèrent Sidi bel-Abbès. Ils l'abordèrent avec orgueil et autorité, mais furent rabroués. Ils l'avaient empoigné quand le saint ermite se mua en blanche colombe qui vint se poser sur un arbre en haut de la colline, au pied de laquelle stagnaient les eaux de la Mekerra.
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L'oiseau redevint Sidi bel-Abbès.  Un jeune berger, témoin du miracle ne put garder son secret. Il le confia à Sidi-Djelloul. Dont la joie fut grande. Les deux tribus rivales fraternisèrent et l’ermite s'installa sur ces lieux. Les champs devinrent de plus en plus fertiles. Le saint mourut un jour de 1780 et fut enseveli au pied de l'arbre où la colombe s'était posée. Une blanche kouba fut construite où le corps fut déposé...
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À 18 km d’Oran et à 100 Km de Daïa, la porte du désert, à 460 m d’altitude, en traversant la pointe du grand lac salé qui borde la plaine de Tlélat, derrière les monts du Tessala et la fertile vallée de l’oued Sarno, la ville actuelle est située sur un vaste plateau qui domine le cours de la Méquéria (ou Mekerra).
  
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À ses origines, une petite redoute en terre, à peine ébauchée, sert de point de ravitaillement aux colonnes qui opérent dans la vallée de la Mekerra, dans l’Oranais. En 1840, ce gîte d’étape est aménagé en terrain de bivouac puis, trois années plus tard, un véritable poste protégé est construit qui prend le surnom de « Biscuitville ». En oct. 1843, la compagnie de voltigeur du 3/1er RE s’installe vers le marabout. En nov. Le reste du bataillon s’y installe et reste jusqu’au mois de juin 1844.
  
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Au début de 1844, le chef de bataillon Vinoy, commandant supérieur y dispose d’un logement et commande une garnison composée d’un bataillon d’infanterie légère et de deux escadrons de spahis. Aussitôt, un petit village se crée autour du fort sur l’initiative des vivandiers et des commerçants. Mais dans la région, la conquête n’est pas facile. La Légion et les chasseurs doiven assainir les rives de la Mekerra et combattre les Beni-Ameurs, les Ouled-Brahim et Abd el-Kader lui-même.
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Pour tout le monde '''Sidi Bel Abbès''' c'est le berceau de la [[Légion Etrangère |LEGION ETRANGERE]] !
 
  
Mais c'est aussi l'exemple d'une création urbaine et humaine totale.
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Le 30 janv. 1845, la redoute est attaquée par ruse par des dissidents de Bou Maza, commandés par Sidi Abd el-Rahman ben Touta de la tribu des Ouled Brahim. Le factionnaire est tué, mais la garnison alertée, repoussent les rebelles qui laissent une cinquantaine de cadavres sur le terrain. Ils sont enterrés au pied du peuplier d’Abd el-Kader, dans le jardin public actuel. Les pertes françaises sont de 8 hommes tués et 26 blessés dont 3 officiers.
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Une partie du 1er RE vient s’installer à Sidi bel-Abbès. Une ordonnance royale de 1847 décide que le poste militaire de Sidi bel-Abbès est érigé en ville et devient le chef-lieu de la province. Le 1er janv. 1848, la ville est érigée en subdivision militaire, grâce à l’impulsion intelligente et énergique du colonel Mellinet. Ce dernier, commandant le 1er régiment de Légion étrangère en devient le chef. 
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Le futur général du génie, alors capitaine Prudon présente en 1848 le projet et le plan de la ville : une enceinte fortifiée de 42 hectares partagée en deux zones, l’une civile et l’autre militaire. Au Sud le fort Négrier, à l’Est le fort Marceau et au Nord le fort Gambetta sont construits. On accède dans la ville par quatre portes : la porte d’Oran, celle de Tlemcen, celle de Daïa et celle de Mascara. Jusqu’en 1856, les légionnaires seuls assurent la construction et l’achèvement de la ville et assument la charge de son administration et de sa défense.
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La ville déborde largement l’enceinte fortifiée et comporte à cette époque, cinq faubourgs : le village Perrin et le village nègre d’une part et d’autre de la route d’Oran ; le faubourg Thiers sur la route de Tlemcen ; le faubourg Négrier sur celle de Daïa ; et le faubourg des Palmiers en direction de Mascara. Les 1er et 3e bataillons créent le jardin de la Ferme, qui devient le jardin public après le départ de tout le régiment pour le Mexique. Lorsque la haute administration civile prend la relève, elle trouve une ville prospère, avec de nombreuses maisons, des commerces et même une petite industrie pour la farine. En 1862, un projet de baptiser la ville « Napoléon-ville » avorte. En 1910 le 2e régiment de spahis y tient garnison.  
  
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Les remparts sont détruits en 1933 et ses matériaux servent à la construction du cinéma, de la piscine, du mess des sous-officiers et des quartiers de la compagnie de passage des engagés. La Légion y demeure au quartier Prudon, au quartier Yusuf et au quartier Viénot, celui-ci devient la plaque tournante de la Légion jusqu’en 1962, date à laquelle les légionnaires quittent leur berceau. Aujourd’hui, c’est un centre commercial, industriel et administratif entouré de forêts et qui est desservi par un aérodrome.
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Version du 28 novembre 2005 à 09:55

Sidi bel-Abbès

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ALGERIE

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Sidi bel-Abbès | Historique
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Population | J'y ai vécu et je raconte | Bibliographie

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Pour tout le monde Sidi bel-Abbès c'est le berceau de la LEGION ETRANGERE !

Mais c'est aussi l'exemple d'une création urbaine et humaine totale.

SIDI BEL-ABBES : Nom donné par le seigneur Abbès, véritable saint parmi les plus vénérables des religions monolithes, né au début du XVIIIe siècle, d'un père professeur à la medersa de Tlemcen, petit-fils de Sidi el-Bousidi, qui s'était installé à El-Afflou. Enfant, il apprend le Coran et comme son père, il devient savant ouléma. Selon la légende, une nuit, il entend la voix du Prophète : « Va et enseigne la Parole sainte.» Ainsi nait sa vocation et enseigne vertu, justice, charité, semant ainsi concorde et prospérité. Ce succès suscite la jalousie et la haine. Pour éviter la lapidation, des anges conduisent dans la forêt de Messer où il se cache longtemps. Epidémies et désolation règnent alors dans le pays. Un vieillard à l'agonie murmure aux siens : « Nous avons persécuté Sidi bel-Abbès, nous avons outragé Dieu et Dieu le venge... Retrouvez le marabout, implorez son pardon... » Le vieux sage fut écouté. Pour découvrir le saint homme, deux tribus, les Amarnas et les Sidi-Brahim rivalisèrent dans un combat sanglant. Victorieux, les Sidi-Brahim cherchèrent et trouvèrent Sidi bel-Abbès. Ils l'abordèrent avec orgueil et autorité, mais furent rabroués. Ils l'avaient empoigné quand le saint ermite se mua en blanche colombe qui vint se poser sur un arbre en haut de la colline, au pied de laquelle stagnaient les eaux de la Mekerra. L'oiseau redevint Sidi bel-Abbès. Un jeune berger, témoin du miracle ne put garder son secret. Il le confia à Sidi-Djelloul. Dont la joie fut grande. Les deux tribus rivales fraternisèrent et l’ermite s'installa sur ces lieux. Les champs devinrent de plus en plus fertiles. Le saint mourut un jour de 1780 et fut enseveli au pied de l'arbre où la colombe s'était posée. Une blanche kouba fut construite où le corps fut déposé...

À 18 km d’Oran et à 100 Km de Daïa, la porte du désert, à 460 m d’altitude, en traversant la pointe du grand lac salé qui borde la plaine de Tlélat, derrière les monts du Tessala et la fertile vallée de l’oued Sarno, la ville actuelle est située sur un vaste plateau qui domine le cours de la Méquéria (ou Mekerra).

À ses origines, une petite redoute en terre, à peine ébauchée, sert de point de ravitaillement aux colonnes qui opérent dans la vallée de la Mekerra, dans l’Oranais. En 1840, ce gîte d’étape est aménagé en terrain de bivouac puis, trois années plus tard, un véritable poste protégé est construit qui prend le surnom de « Biscuitville ». En oct. 1843, la compagnie de voltigeur du 3/1er RE s’installe vers le marabout. En nov. Le reste du bataillon s’y installe et reste jusqu’au mois de juin 1844.

Au début de 1844, le chef de bataillon Vinoy, commandant supérieur y dispose d’un logement et commande une garnison composée d’un bataillon d’infanterie légère et de deux escadrons de spahis. Aussitôt, un petit village se crée autour du fort sur l’initiative des vivandiers et des commerçants. Mais dans la région, la conquête n’est pas facile. La Légion et les chasseurs doiven assainir les rives de la Mekerra et combattre les Beni-Ameurs, les Ouled-Brahim et Abd el-Kader lui-même.

Le 30 janv. 1845, la redoute est attaquée par ruse par des dissidents de Bou Maza, commandés par Sidi Abd el-Rahman ben Touta de la tribu des Ouled Brahim. Le factionnaire est tué, mais la garnison alertée, repoussent les rebelles qui laissent une cinquantaine de cadavres sur le terrain. Ils sont enterrés au pied du peuplier d’Abd el-Kader, dans le jardin public actuel. Les pertes françaises sont de 8 hommes tués et 26 blessés dont 3 officiers.

Une partie du 1er RE vient s’installer à Sidi bel-Abbès. Une ordonnance royale de 1847 décide que le poste militaire de Sidi bel-Abbès est érigé en ville et devient le chef-lieu de la province. Le 1er janv. 1848, la ville est érigée en subdivision militaire, grâce à l’impulsion intelligente et énergique du colonel Mellinet. Ce dernier, commandant le 1er régiment de Légion étrangère en devient le chef.

Le futur général du génie, alors capitaine Prudon présente en 1848 le projet et le plan de la ville : une enceinte fortifiée de 42 hectares partagée en deux zones, l’une civile et l’autre militaire. Au Sud le fort Négrier, à l’Est le fort Marceau et au Nord le fort Gambetta sont construits. On accède dans la ville par quatre portes : la porte d’Oran, celle de Tlemcen, celle de Daïa et celle de Mascara. Jusqu’en 1856, les légionnaires seuls assurent la construction et l’achèvement de la ville et assument la charge de son administration et de sa défense.

La ville déborde largement l’enceinte fortifiée et comporte à cette époque, cinq faubourgs : le village Perrin et le village nègre d’une part et d’autre de la route d’Oran ; le faubourg Thiers sur la route de Tlemcen ; le faubourg Négrier sur celle de Daïa ; et le faubourg des Palmiers en direction de Mascara. Les 1er et 3e bataillons créent le jardin de la Ferme, qui devient le jardin public après le départ de tout le régiment pour le Mexique. Lorsque la haute administration civile prend la relève, elle trouve une ville prospère, avec de nombreuses maisons, des commerces et même une petite industrie pour la farine. En 1862, un projet de baptiser la ville « Napoléon-ville » avorte. En 1910 le 2e régiment de spahis y tient garnison.

Les remparts sont détruits en 1933 et ses matériaux servent à la construction du cinéma, de la piscine, du mess des sous-officiers et des quartiers de la compagnie de passage des engagés. La Légion y demeure au quartier Prudon, au quartier Yusuf et au quartier Viénot, celui-ci devient la plaque tournante de la Légion jusqu’en 1962, date à laquelle les légionnaires quittent leur berceau. Aujourd’hui, c’est un centre commercial, industriel et administratif entouré de forêts et qui est desservi par un aérodrome.