AMILAKVARI Dimitri B

De Encyclopédie-de-L'AFN_1830-1962

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19 octobre 1941 à Alep

Le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari reçoit des mains du général Catroux, haut commissaire en Syrie, le drapeau de la 13e D.B.L.E



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Dimitri Amilakvari quitte la Métropole pour le Quartier Général de la Légion basé en Algérie à Sidi-bel-Abbès. Très vite il se porte volontaire pour rejoindre l'armée en campagne au Maroc.

Jeune lieutenant, il participe à la campagne du Sud marocain, où il se révèle être un entraîneur d'hommes de premier plan. Sous les ordres du général Catroux, il fait preuve de grandes qualités humaines, de courage et démontre ses vertus morales. Promis à une carrière exceptionnelle, Amilakvari doit avant tout accepter de prendre la nationalité française. Mais fidèle à ses origines et à son engagement moral, il refuse la proposition du général Catroux, tout en lui affirmant son amour pour sa seconde patrie, la France. D'ailleurs ne dira t'il pas plus tard :


" Nous étrangers, n'avons qu'une seule façon de prouver à la France notre gratitude pour l'accueil qu'elle nous a réservé : nous faire tuer pour elle."


Le Maroc pacifié, Amilakvari poursuit sa carrière, tout en se tenant informé des évolutions dans son pays natal. Nommé capitaine, il défile à la tête de sa compagnie lors du 14 juillet 1939.

La foule, comme toujours, acclame les légionnaires. Quelques semaines plus tard, le 03 septembre, la guerre éclate. La Pologne succombe rapidement sous les coups des armées allemandes. Plus au Nord, la Finlande est à son tour attaquée par l'U.R.S.S. La France et la Grande-Bretagne étudie un plan pour venir en aide à la petite nation scandinave, mais auparavant des troupes ad hoc doivent être constituées et spécifiquement entraînées. Ce corps expéditionnaire est commandé par le général Béthouart. L'on met sur pied une brigade de chasseurs alpins. Elle sera appuyée par une demi-brigade de légionnaires (13e DBLE) ainsi que par d'autres éléments.

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Ainsi le 20 février 1940, se forme à Sidi-Bel-Abbès, un bataillon de marche tandis qu'un second est constitué au Maroc à Fes. 2.000 légionnaires et 300 officiers et sous-officiers constituent ces deux bataillons. Le 27 février, ils sont réunis au sein de la toute nouvelle 13e demi-brigade, puis embarquent pour le port de Marseille, où ils arrivent le 06 mars 1940. Amilakvari est là, parmi ces 2.300 hommes, prêt à en découdre une fois de plus. Le 09 mars 1940 les légionnaires se regroupent dans un camp du Larzac et y entament un entraînement intensif, marche forcée, tir, assaut; combat de nuit... Le mot d'ordre ? Cohésion des troupes. Mais voici qu'entre-temps la Finlande capitule et cède devant l'ours soviétique!

Le 29 février l'ordre de départ tombe malgré tout ! Mais pour où ? L'Ain, puis Brest et enfin la Norvège, pays que les Allemands viennent d'attaquer. La 13e DBLE débarque le 06 mai dans un fjord du Grand Nord. Elle s'empare de Bjervick le 13, puis de Narvik le 28 mai 1940, après de sanglants combats. La route du fer est enfin coupée, Hitler ne s'en sortira pas si facilement ! On retrouve le prince Amilakvari dans tous ces affrontements. Il est commandé par Magrin-Vernerey mieux connu sous son futur pseudonyme FFL de "Colonel Monclar". Le capitaine Amilakvari se comporte parfaitement au feu, ce qui lui vaut une citation à l'Ordre de l'Armée. Cependant les pertes sont lourdes et la demi-brigade a souffert de ces combats dans des conditions si extrêmes.

Tandis que légionnaires et chasseurs alpins se battent avec ténacité et remportent des succès dans le Grand Nord, la France subit dès le 10 mai 1940 les assauts des forces allemandes. La Blitzkrieg bat son plein et le pays plie l'échine devant la Wehrmacht. L'heure n'est plus aux aventures nordiques et le Grand Quartier Général ordonne le rapatriement du corps expéditionnaire commandé par Béthouart. Le 07 les derniers éléments français quittent la Norvège. Les légionnaires désemparés par les échecs des armées françaises débarquent à Brest le 14 juin 1940. Dès son arrivée Amilakvari reçoit pour ordre de se rendre à l'Est de Rennes. Là, il est chargé avec d'autres officiers de mener une reconnaissance afin d'établir une ligne de résistance. Des unités sont en théorie déjà sur place et attendent les légionnaires. En théorie seulement... car Amilakvari constate avec stupeur et amertume que les troupes devant garnir cette ligne se sont déjà rendues ! Les divisions blindées allemandes sont déjà en Mayenne et s'apprêtent à pénétrer en Bretagne ! Tout espoir de lutte semble vain... Amilakvari ne comprend pas comment cette armée, réputée comme étant la meilleure au monde a bien pu se faire anéantir en si peu de temps ! Retour à Brest ! Deux solutions apparaissent aux yeux des officiers de la 13e DBLE :

Se faire capturer ou bien quitter le pays et se replier en Grande-Bretagne.

Amilakvari, son chef de corps et cinq autres officiers, dont un capitaine répondant au nom de Kœnig, prennent la décision de quitter la France. Amilakvari y laisse son épouse, la princesse Irène Dadiani et ses enfants. Les éléments de la 13e DBLE sont donc repliés de l'autre côté du Channel et le 22 juin tout le monde est sain et sauf à Trentham Parc. Au total environ 14.000 hommes sont là, légionnaires mais aussi soldats de toutes les armes. Ils sont indécis, abattus par les nouvelles en provenance de France. L'heure du choix est arrivée. Rester et se battre aux côtés des britanniques sous les ordres de ce certain de Gaulle, ou bien rentrer en France ? Seuls 1.300 hommes dont 900 légionnaires prennent la décision de rester. Les autres rentrent en France pour y être démobilisés... C'est donc une unité complète ou presque, avec ses cadres, qui répond à l'appel du général de Gaulle. Cette "poignée" de combattants, disciplinée et consciente de son devoir, deviendra très vite l'un des fers de lance des toutes nouvelles Forces Françaises Libres. Ainsi la la 14e DBLE est créée au camp d'Aldershot. Elle reprendra son numéro et son identité de 13e DBLE que le 02 novembre.

A Londres, le général de Gaulle doit renforcer sa position vis à vis des Britanniques. La France ne doit pas quitter le combat. Les FFL ont le devoir de se battre au plus vite. Le 31 août 1940 la 13e DBLE part pour l'Afrique. Le Sénégal où l'accueil n'est pas des plus chaleureux, puis le Cameroun que Leclerc vient de faire basculer dans le camp de la France Libre, et enfin le Gabon. Territoire encore entre les mains de Vichy, le Gabon est le théâtre d'un premier combat fratricide. Le 10 novembre la partie est gagnée mais les répercussions morales sont grandes ! déjà Amilakvari et ses hommes ressentent un malaise.

A Dakar, les légionnaires d'Amilakvari sont affectés à la Brigade Française d'Orient commandée par Monclar. Cette brigade, faite de bric et de brocs, voit officiellement le jour le 21 octobre 1940. L'unité est mise aux ordres des Britanniques en la personne du général Wavell vainqueur des armées italiennes en Libye. De Gaulle et Churchill s'entendent sur l'engagement de l'unité dans la campagne d'Afrique Orientale contre les territoires italiens. Le jour de Noël 1940, après un mois d'entraînement, la Brigade d'Orient embarque à Douala, au Cameroun à bord de trois cargos FNFL poussifs : le Touareg, le Cap des Palmes et le Fort-Lamy. Direction ? le Soudan Britannique puis en suite l'Erythrée où des combats se déroulent entre les forces du Commonwealth et les armées du Duce. Le convoi doit contourner le continent Africain et passer le cap de Bonne-Espérance. Le voyage dure grosso modo deux mois ! Les hommes malades sont nombreux à bord, atteints de paludisme ou de fièvres équatoriales. En février la Brigade d'Orient est débarquée au Soudan. Le 06 mars 1941, Amilakvari et ses hommes rejoignent les fantassins de la 7th indian brigade du général Briggs. Dimitri Amilakvari participe aux batailles de Keren contre les Alpini, d'Asmara ainsi qu'aux affrontements pour le port de Massaouah. Le "Prince Géorgien" comme ses légionnaires aiment à le surnommer est partout, faisant le coup de feu mais dirigeant aussi ses hommes avec une évidente clairvoyance tactique.