GOETZ Charles

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Monsieur Charlez GOETZ (1906 - 1978)

250pxCharles Goetz naît à Paris le 16 juillet 1906 d'une famille de lointaine tradition d'artisans parisiens, mais qui a gardé son ancrage en Brie, patrie de sa mère. grâce à une maison de campagne a Montretout. près de Changis sur Marne. C'est là un atelier pour les parents. mais aussi pour les deux fils Charles et Georges. Ce dernier devait devenir professeur à l'École Nationale des Beaux Arts. Les deux jeunes artistes s'essaient au paysage le long de la Marne. des champs et des bois. Leur maison est à Paris. villa Saint Mandé où M. Goetz père a son atelier de dorure et de restauration de bois anciens.

Charles y prend ses premières leçons qui l'emmènent à l'École Boulle dont il sort diplômé, en même temps il suit l'enseignement de la musique au Conservatoire National de Paris : il reçoit le premier prix de piano.

Dès l'âge de quatorze ans il donne des concerts : salle Érard. salle Chopin chez. Pleyel. Concerts de musique de chambre avec Gilles Gravenne, Jeanne Lecuyer, jus-qu'à 24 ans. II joue aux studios radiophoniques de la Tour Eiffel et rue François 1er. avec notamment Louise Matha, la chanteuse Jeanne Lécuver. Il accompagne quelque temps le chanteur André Rangé en récital. Parallèlement il fréquente les ateliers de Montparnasse (la grande Chaunuère), les cours du philosophe Alain et parfait ses connaissances en littérature et en archéologie. Il pratique quotidiennement la peinture à l'huile, le dessin, la gouache où il excelle, et expose au Salon d'Automne dont il est médaillé.

La pointe de Canastel vue d'Aïn Franin
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En 1934, il quitte Paris pour Oran dont est originaire Yvonne Brunie, fille d'un architecte, qu'il a épousée trois ans plus tôt. Le jeune couple s'installe rue Lanjuinais, près des beaux parents. Charles devient le décorateur salarié des « Magasins du Printemps » et entre en contact avec une clientèle aisée. Oran est alors une ville prospère grâce au commerce des vins. A un noyau d'amateurs d'arts, collectionneurs avertis, s'associent de nouveaux adeptes. Des architectes auprès desquels il est introduit. des membres de professions libérales, corps médical, commerçants, négociants en vins, constituent une clientèle potentielle pour les artistes et Charles est là pour donner des conseils, toujours désintéressés. Il en fait profiter ses amis dans une grande exposition dans « les Magasins du Printemps », à la « Maison de l'Agriculture » à laquelle participent, outre les peintres locaux, ses amis « briards » : André Hébuterne, André Planson, André Marquet aussi qui séjournait alors en Algérie. Mobilisé en 1939 il doit interrompre ses sorties. Pendant la triste période de 39 - 40 il est sollicité pour l'illustration de divers ouvrages imprimés (l'imprimeur et éditeur L. Fouque) : il exécute des bois gravés pour des oeuvres choisies de Ronsard, divers poèmes, oeuvres de Martin.

La passion de l'Archéologie qu'il entretient depuis sa jeunesse le reprend sur le sol africain. Il renoue avec la préhistoire qui n'est plus tout à fait celle de la métropole. Ces escapades de prospection et d'études lui donnent l'occasion de parcourir les campagnes oranaises en compagnie de ses amis archéologues et parfois du Conservateur du Musée d'Oran, le naturaliste et géologue François Domergue. Il participe activement à la vie archéologique et scientifique dans le cadre de la « Société de Géographie et d'Archéologie d'Oran ». Il en est longtemps le secrétaire général puis le Président jusqu'à l'indépendance de l'Algérie. Il a publié , dans le Bulletin de la Société d'Oran » et dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française », plusieurs articles sur ses recherches de préhistoire algérienne. Cette société où se réunissent géographes, historiens locaux, botanistes, joue un rôle important dans la vie scientifique locale. On y trouve une bibliothèque spécialisée très importante et des échanges avec la plupart des sociétés savantes, officielles ou privées, de France, d'Europe et même des U. S. A.

Et s'il participe parfois à un quatuor de musique de chambre c'est pour s'y retrouver avec des peintres passion-nés de musique, Mainssieux en particulier. Car la peinture reste sa passion première. Dès que ses activités professionnelles lui en laissent le loisir, il part, seul, accompagné de son épouse ou d'amis parmi lesquels Simone Mercadier, André Hébuterne ou Mainssieux, « peindre sur le motif ». La peinture, à l'huile ou à l'aquarelle et surtout la gouache où il excelle, lui est une griserie. Il peint pour son plaisir et non pour en faire un revenu. Il vend ses oeuvres « autour de lui », directement à ses nombreuses relations, dès qu'elles « sèchent » dans son magasin de meubles. Les tendres camaïeux de verdure de l'Ile-de-France ont fait place sous le soleil de l'Algérie à des couleurs vigoureuses. Fidèle à ses goûts, à sa manière de peindre, sincère, « construite » comme son admiration pour Paul Cézanne, il produit quelques oeuvres remarquables. S'il continue à participer à des expositions, c'est dans le cadre de manifestations collectives, et toujours avec le souci d'aider ses amis artistes. Malheureusement une très grave maladie qui torturera son épouse pendant une quinzaine d'années, réduit ses activités extérieures.

Misserghin - le ravin de la Vierge
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Et puis les « événements » qui ont secoué l'Oranie à partir de 1956 l'ont beaucoup frappé. lui qui avait adopté l'Algérie pour sa nouvelle patrie. Les deux dernières années précédant l'indépendance ont été pour lui particulièrement dramatiques. Son magasin de décoration dans un immeuble de la Cité des Jardins, rempli de tissus et de meubles de grande qualité a été pillé et saccagé. Dans les derniers moments de juillet 1962 où toutes les villas autour de la sienne étaient occupées par des squatters, il a dû fuir, avec son épouse malade, n'emportant avec lui que le contenu de deux valises pour rejoindre ses filles à Marseille.

Replié à Marseille en 1962 puis à Nice chez un négociant en meubles, il réussit enfin, dans des conditions très douloureuses, à retrouver une vie professionnelle. Après le décès de son épouse, suivi d'une redoutable épreuve de santé dont il s'est relevé, la passion de peindre est revenue.

Miliana - le Zaccar enneigé
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Bientôt reconnu pour son talent et sa bonté, on lui confie la tâche d'organiser des expositions à Aix en Provence dans le cadre du cercle Cézanne. Bien des sites provençaux lui ont servi de modèles pendant ces années de renaissance ainsi que des contrées qu'il a visitées, en Bourgogne, dans les départements du Midi et à l'étranger. La présence à ses côtés d'une nouvelle compagne lui assure une sérénité qui se ressent dans sa production. Il éprouve le besoin de bouger, de visiter les pays qu'il a toujours désiré voir, ce que les obligations immédiates avaient jusque là contrarié.

C'est au cours d'un voyage en auto vers Venise ... tant souhaité ... que la mort l'a surpris brutalement à l'escale de Crémone (Italie) le 17 septembre 1978. Modeste et généreux à l'excès il n'a jamais recherché la gloire. Toutefois les musées d'Oran et d'Alger ont recueilli quelques oeuvres de lui, tandis que la plus grande partie de sa collection restait directement dans les collections des amateurs.

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