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Historique Détrie - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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ALGERIE

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Historique

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Liste des Villes

 

Situation

A six kilomètres au sud-ouest de Sidi-Bel-Abbès, à 500 m d'altitude sur la rive de l'oued Mekerra était un territoire nomméSidi-Lahssen. La température moyenne oscille entre 25° et 45° mais en hiver la neige couvre le Djebel Tessala qui se trouve au nord et on enregistre des minima de -7°.

Présence turque

1515-1830 Berbérie

La végétation originelle est constituée de jujubiers sauvages, palmiers nains, genêts épineux et asphodèles. La vallée est jalonnée de lauriers roses et de trembles. Ce territoire est peuplé en 1839 par la tribu des Ouled Evohim qui vivaient en nomades, élevant des moutons, des chèvres, des mulets, chevaux, chameaux. Ils cultivaient quelques champs de blé dur et d'orge. Les propriétés privées étaient dans l'indivision et appartenaient à 300 ou 400 personnes, ce qui gênait les transactions.
D'autres terres étaient collectives. La population installée dans des gourbis (de tentes) allait chercher l'eau à l'Oued.

Présence française

1830 - 1962 ALGERIE

Centre de colonisation

Sidi Lahssen

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En novembre 1848 l'administration française envisage d'organiser huit villages agricoles recevant chacun 100 familles européennes.


Sidi Lahssen, village de colonisation agricole prévu pour 100 familles européennes, est créé en 1848 à six kilomètres au Sud Ouest de Sidi Bel Abbès, à 500 mètres d’altitude, sur les rives de l’Oued Mekerra.

Quadrilatère de 300 mètres par 260 mètres comprenant 5 rues orientées Nord Sud et sa place centrale avec la mairie, l’église et l’école il est situé sur l’axe routier de Tlemcen à Sidi Bel Abbes et il est relié aux villages voisins de Prudon et Palissy par de bons sentiers.

Le 18 juin 1851, Mme Anne Ripard, épouse de M. de Gourde reçoit une concession de 265 ha et demi à Sidi Lahssen moyennant le paiement à l'État d'une rente annuelle et perpétuelle d'un franc-or par hectare et l'établissement sur les terres concédées à titre de fermiers, métayers, colons partiaires ou ouvriers salariés, soit huit familles européennes, à pourvoir d'habitations solides et salubres, de matériel d'exploitation et de semences.

Les premiers émigrants arrivent à Sidi Lahcen en 1852, ils reçoivent 200 francs or de subvention et une avance remboursable en grain.
Quelques mois après la délibération du 13 août 1853 de la Commission des Centres de Population, 60 familles originaires du Grand Duché de Bade et de la Bavière Rhénane arrivent le 10 mars 1854 à Sidi-Lahssen après un voyage épouvantable. Ces familles reçoivent des lots de culture, des jardins arrosables et des lots à bâtir.

Venue d'Allemagne, la famille Hoffseide, mari, femme et deux enfants, originaire de Bade s'installe au village. Ils s'uniront ultérieurement avec les colons Péries. Installées provisoirement sous une soixantaine de « tentes à 16 hommes », elles sont dans le plus complet dénuement. L'armée leur fournit des grandes et petites couvertures qui les protègent un peu du froid des nuits de mars, des semences et des plants de pommes de terre et 80 pioches et houes ainsi que cinq paires de bœufs et cinq voitures pour défricher, dérocher et arracher les lentisques, les jujubiers et les palmiers nains.

L'exiguïté des lots de culture dans une région où la pluviométrie n'excède pas 400 mm par an sera à l'origine de nombreux échecs et d'une recherche incessante de nouvelles terres à cultiver. Les concessions ne sont pas gratuites et à défaut de paiement la déchéance sera prononcée par l'Administration.

Les colons construisent des gourbis en attendant de pouvoir bâtir leur maison en dur, les murs ne peuvent être plus éloignés que de 4 m à 4,50 m et la couverture se compose de branchages qui seront plus tard remplacés par des tuiles. Longtemps les gourbis subsisteront et seront utilisés pour entreposer du matériel ou loger des volailles.

Les concessionnaires doivent entretenir les canaux d'irrigation, nettoyer les cours d'eaux non navigables et y planter des arbres qui fixent les berges et protègent des crues dévastatrices

Le défrichement permet le commerce de l'écorce à tan, du bois, du charbon de bois. L'eau de la Mekerra est souvent trouble, un puits a été creusé, un nouveau canal arrose les jardins en ceinture et donne une chute de 7 mètres qui sera utilisée pour l'établissement d'un moulin.

Deux moulins seront construits : le moulin Avrial et le moulin Selliere du nom de leurs propriétaires ; le second sera racheté par M. Estève. Tous deux fonctionnent à l'aide d'une grande roue à aube et reçoivent l'eau de l'oued Mekerra. Le moulin Avrial, construit en plein centre est alimenté par un canal cimenté sur lequel ont été placées des petites vannes, branchées sur de petits canaux destinés à l'irrigation des jardins potagers : le moulin Selliere reçoit l'eau par un canal latéral, à même le sol, en amont à quelques centaines de mètres. A l'origine, le canal du moulin Avrial est surveillé par l'armée car l'eau est une source de conflits. Puis l'administration nomme un Caïd qui sous son bumous rouge a la charge de ramener le calme au sein des autochtones, le premier fut un retraité militaire, le second s'appelait Ziane.

Un pont a été construit sur l'oued Mekerra ; il est en pierre de taille avec ses deux piles, sa voûte, son parapet et ses deux rambardes métalliques, ouvragées tout le long, sur une cinquantaine de mètres. Une véritable œuvre d'art pour l'époque ! Il supporte l'axe routier dit « route d'Oran » et permet le libre accès des habitants du village et des colons ayant leurs biens et habitations sur la rive droite.

A partir de 1859 arrivent des émigrants espagnols en provenance d'Alicante, Valence et Alméria. Ils s'emploient au début chez les colons français comme défricheurs, certains deviennent ouvriers agricoles ou jardiniers et accèdent à la propriété individuelle par leur travail opiniâtre et leur habitude de la culture par irrigation.

Le village se développe en 1860 on compte une minoterie, une briqueterie, une ferronnerie, une menuiserie, des cordeliers de crin végétal et de laine et 20 viticulteurs sur 12 hectares de vignes soit 280 barriques bordelaises vendues au prix de 80 francs la bordelaise pour la consommation locale.


De 1858 à 1863, la sécurité s'affirme, la mise en valeur progresse malgré les méfaits de l'insurrection de 186l , les sécheresses, surtout celle de 1867-1868, les sauterelles, le choléra, et les nombreux décès dus aux conditions de vie précaire, à une alimentation insuffisante et médiocre, et à un travail surhumain.

En 1872, arrivent les Alsaciens et les Lorrains dont les provinces sont devenues allemandes.

Nous avons parlé du premier puits creusé au centre du village, sept ans après il était complété par 11 autres puits dont 3 équipés d'une noria, et quelques années plus tard, chaque maison sera pourvue d'un puits. Une pépinière est cultivée par M. Verdier.

Commune de plein exercice

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Par décret du 25 mars 1874, le village est érigé en commune de plein exercice. Des accords permettent de racheter aux indigènes des terres de pacage qui seront mises en valeur par les colons trop à l'étroit. Le développement de la ville est à nouveau favorisé par l’arrivée du chemin de fer en 1877.

En 1877, le chemin de fer arrive à Sidi-Bel-Abbès et à la gare de Sidi-Lahssen prolonge une voie ferrée d'intérêt local reliant Sainte-Barbe du Tlélat à Sidi-Bel-Abbès, longue de 52 km et dont la concession est accordée à MM. Seignette et Harding.
Cette ligne est ensuite rachetée par le réseau ouest Algérien qui l'exploite en régie jusqu'au 30 juin 1929 date à laquelle sa gestion est confiée à la Compagnie P.L.M., dont le réseau est repris à l'amiable par la C.E.A.E.

L'église de Sidi-Lahssen a été construite entre les années 1860 et 1865 c'est une cure confiée à un Aumônier militaire puis au Chanoine Schuller, puis par intérim, le Chanoine Julia de SidiBel-Abbès, puis les Abbés Bue, Fourcade, Hondet, Briand,Tendron et le dernier Déal.

Depuis l'indépendance l'église a été transformée en mosquée. Par un décret du 17 mai 1906, Sidi Lahssen prend le nom de Détrie en hommage au Général Paul, Alexandre Déifie né le 16 août 1828 à Faverney (Haute-Saône) qui, après s'être illustré par sa conduite héroïque au Mexique, au Cerro Borrego, prend en 1869 le commandement du 2e régiment de zouaves à Oran. il s'illustre lors de la campagne contre Bon Amama et aura une attitude héroïque en 1870 dans la campagne de Froeschwiller où il est blessé. En 1884, il prend le commandement de la Province d'Oran où il conduit avec tact des opérations qui amènent la pacification du Sud Oranais. il meurt le 5 septembre 1899. De nombreuses rues porteront son nom, et à Paris dans le XXe arrondissement, la rue du Borrego rappelle le fait d'armes qui sauva le corps français au Mexique.

Par décret du 17 mai 1906 la ville prend le nom de Détrie en hommage au général Paul, Alexandre Détrie (1828/1889) qui avait commandé le régiment de zouaves d’Oran puis la province d’Oran en 1884.

Recherches généalogiques

Liens externes



Nom actuel

Sidi Lahcène Wilaya de Sidi-Bel-Abbès ____________________________________________________________________________________________________


Il a donné son nom au village
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Paul Alexandre DETRIE, né le 16/8/1828 à Faverney (Haute Saône)

Sous lieutenant en 1853. Il suit son régiment en Algérie.

Nommé lieutenant en 1855

Nommé capitaine en 1862

Lieutenant colonel en 1868 au 2e zouaves

Colonel du 2e Zouaves en 1870

Général de brigade en 1876

Divisionnaire en 1884

Décédé en 1899