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Historique Miliana - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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ALGERIE

Miliana Nom actuel : ?

Historique

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MILANAH ou Miliana.

Ville construite sur l’emplacement de la Succabar des Romains, à 740 m d’altitude, suspendu au flanc du Zaccar Gharbi, elle domine la vallée du Chélif.

Histoire ancienne

La ville Romaine Malliana en Berberie fut fondée par l'Empereur Octave entre 27 et 25 AV. J.-C. Ses antiquités ont été citées dans de nombreux ouvrages d'auteurs. « La cité Romaine est située sur le flanc de la Montagne Zaccar qui s'élève à 4000 pieds d'altitude. Des restes d'architecture et de sculpture découverts en ces lieux et réutilisés plus tard par les Turcs pour la construction des Remparts de la ville démontrent l'importance de cette cité dans l'Antiquité ».

Le Docteur Shaw, parmi les documents Archéologiques Romains trouvés à Miliana, signale l'existence d'un Cippe portant une inscription mentionnant que le petit fils et l'arrière petit fils de Pompée sont inhumés à Miliana. Voici cette inscription.

Q-POMPEIO CN.F
QVRIT CIEMENTI
PA/…. DURV
EX TESTAMENTO
Q.POMPEIO F.QVIR
ROGATI FRATRIS SVI
MARRA POSUIT


Grâce à son site fortifié en 375 le Général Romain Théodose évacuant Césarée vint occuper « Sugabar » à mi-côté du Mont Transcellens pour réprimer l'insurrection du Chef Berbère Firmus.

Au Ve siècle, avec le déferlement des Vandales sur l'Afrique du Nord, la ville Romaine s'effaçe avec la plupart de ses monuments Antiques.

Présence turque

Plus tard, elle appartient aux Turcs :

Les frères Barberousse firent leur entrée à Alger en 1516, Aussitôt Aroudj, décida d'étendre son autorité vers 1517 sur les villes de l'Ouest du pays, Miliana devint le Premier Caïdat de la région d'Alger. En raison de sa position stratégique, les Turcs installèrent alors les tribus Maghzen pour bien contrôler la région et ses environs.

« Les habitants de Miliana se caractérisent par une sorte d'entêtement. Leur terre est fertile, ce sont des petits jardiniers et leurs fruits sont excellents .Ils ne s'adonnent à aucune espèce d'artisanat et ils n'ont d'autre que celui de faire sécher les fruits et d'en faire une sorte de confiture à base de jus de raisin et d'amandes qui se conserve durant toute l'année ».

En dehors des mosquées et de leurs palais, les Turcs n'ont rien édifié pour cette population qui vivait dans les douars et devait des journées de travail gratuites, corvéable à merci, face aux tribus Maghzen qui garantissaient la soumission. Les redevances étaient inégales, vexatoires et arbitraires. (Les populations payent des impôts (Hokor) d'autant plus élevés qu'elles sont plus pauvres, parce qu'elles offrent moins de résistance.)

Présence française

1830 - 1962

Les Français trouvent une ville incendiée et détruite

En 1840, les hostilités ayant recommencé entre l'Emir et les Français, le Maréchal Valée reprit la campagne et le 5 juin 1840 à la tête de dix mille hommes se dirigeant sur Miliana, il franchit le Gontas et arrive le 8 juin. La ville est trouvée, complètement abandonnée par ses habitants qui y avaient mis le feu en se retirant dans les montagnes sans espoir de retour.


En juin 1840, le maréchal Valée, y conduit une colonne et trouve la ville en flammes. Il laisse deux bataillons dont le 4e bataillon de Légion, aux ordres du lieutenant-colonel de Hulsen. Assiégée par les dissidents d’Abd el-Kader, la garnison est décimée par la dysenterie et les fièvres. Le 4e bataillon de Légion compte 750 hommes le 22 juil., il perd 462 hommes jusqu’au 5 oct., jour où une colonne, conduite par le général Changarnier, arrive en secours. La garnison de 1 200 hommes à l’origine, ne compte alors qu’un officier et 208 hommes valides ce qui se traduira par une phrase célèbre écrite dans le rapport officiel : « la garnison de Miliana, éprouvée par le climat, a été relevée ». Txt CRY

Le calme étant revenu, les habitants des douars sont revenus de leur exode et ont en général récupéré leurs terres qu'ils avaient en métayage (loi musulmane). Aussi, pendant la période française et la création du centre de colonisation, en 1842 on peut estimer qu'à Miliana 10 à 15% des terres cultivables ont été occupées par les français soit des étrangers européens (Espagnols, Maltais, Italiens, ou Suisses).

Les infrastructures sont aussitôt mises en place, comme partout où les militaires passent. Plan de ville, fontaines, abreuvoirs, irrigation, nettoyage des sources, plantation d'arbres etc.

Les constructions nouvelles et restaurées remplacèrent les bâtisses délabrées ou détruites. On capta les eaux et on les canalisa. On traça les rues. On planta des arbres : une ère nouvelle commençait. Huit ans plus tard, le 4 novembre 1850, un Commissariat civil était créé, auquel succédera bientôt une sous-préfecture. Puis Miliana deviendra le siège d'une justice de paix et le chef-lieu d'une subdivision militaire.
On installa les égouts, en renouvela les caniveaux et les trottoirs, on empierra et asphalta les rues, on abattit un tronçon des remparts, on construisit ce qu'on appelait encore des « H.B.M. » (Habitations à bon marché), beaux immeubles de quatre étages, ce qui, pour Miliana, où les platanes sont plus hauts que les toits, représentait des gratte-ciel. Enfin on édifia un hôpital, un hôpital si bien situé et si bien agencé que tous les gens de la plaine l'apercevaient de loin.


Miliana a été de longue date une ville de Garnison Militaire. Dès la Prise de Miliana (1840), sa situation géographique, implantée au flanc du Zaccar à 750 mètres d'altitude, en vue de protéger la population civile et militaire, la ville a toujours disposé d'une garnison militaire importante.

la Caserne a abrité la garnison du 9e REGIMENT DE TIRAILLEURS ALGERIENS, dont le nombre s'élevait entre 2 000 à 2 500 soldats : 80 % sont natifs de l'Algérie, pour la plupart engagés volontaires, et qui souvent faisaient carrière dans l'Armée d'Afrique

Mines du Zaccar

La Société Anonyme des Mines du Zaccar a été constituée en 1904, au capital de 2 000 000 de francs, divisé en 4 000 actions de 500 francs. Le capital a été porté en 1920 à 4 000 000 de francs à la suite d'une répartition de réserves de même ordre de grandeur.

Miliana surprend les familiers des paysages miniers : pas de terrils, pas de tours d'extraction, aucune de ces superstructures gigantesques dressant leur masse métallique sur les plaines désolées.

A chaque tournant, la route de montagne surplombe la plaine du Chéliff, après avoir gravi le chemin en crémaillère qui serpente à travers cette déclinaison. Un rideau d'eucalyptus borde le ravin. Dans la paroi rocheuse, un trou de deux mètres de diamètre vous invite à pénétrer dans la mine. Des lampes se balancent dans la nuit, éclairant une galerie au boisage grossier qui aboutit à un puits d'une quinzaine de mètres de profondeur. Faute d'ascenseur, on y descend par une minuscule échelle, vers une nouvelle galerie flanquée d'étroits boyaux : les chantiers de taille.

Des ouvriers déblaient des tas de blocs grisâtres de minerai, que des manœuvres chargent sur des wagonnets dont ils vont basculer le contenu dans une fosse sans fond ouvrant sur la montagne. Le minerai dévale la pente, pour être recueilli sur des terrasses en contrebas. La mine employait jadis 1 800 travailleurs, soit à peu près un membre sur quatre de la population active de la ville. Beaucoup commençaient dès l'âge de quinze ans (comme beaucoup d'enfants à cette époque et encore aujourd'hui dans les pays sous-développés) comme « mousse » portant de l'eau et des outils. Certains deviendront « pousseurs » de wagonnets.

Un mineur, comme son nom l'indique, ça pose des « mines », lesquelles disposées dans des chantiers de taille, pulvérisent la roche et dégagent le minerai ; plus tard, bon nombre de ces mineurs sont devenus les meilleurs artificiers des maquis de la Révolution de Novembre(1954)

Orchestre des Mines de Zaccar

Quant à la musique occidentale, là aussi on note que la ville de Miliana, à cette époque avait une formation musicale connue sous le nom de l' Orchestre symphonique des mines du Zaccar sous la direction de M. Colbefi, dont la majorité des membres étaient des européens.
Seuls trois musulmans faisaient partie du groupe, il s'agit en l'occurrence de Si Mohamed Rouabah, au baryton (également membre du groupe de Mr Marchetti), Alioussalah Abderrahmane, dit El Kantoni au bugle et enfin Si Hammoud Hadj Brahim Djelloul, à la basse. Ils avaient tous une bonne éducation musicale dans la connaissance du solfège et la maîtrise des instruments.
Cet orchestre qui jouissait d'une grande célébrité dans la région avait participé à de nombreuses manifestations artistiques à l'échelle nationale et internationale. Il obtint plusieurs prix tels que le premier prix national à Fort- de- l'eau en 1933, le premier prix national à Oran. Il avait animé aussi le bal de la fête annuelle de la ville de Cherchell en 1934, inauguration du barrage Ghrib à Miliana. L'orchestre avait l'habitude d'égayer le défilé cérémonial de sainte Barbe (jour de fête des mineurs), ainsi que les bals qui s'organisaient chaque dimanche devant le café du commerce.

Il y avait dans cet orchestre des violons, des trompettes, des trombones à coulisses et d'autres instruments.

Arborant l'insigne doré des mines du Zaccar, les membres de l'orchestre portaient des costumes et calots. Les trois musiciens se distinguaient du groupe avec leurs chechias traditionnelles bien décorées.

Nos cimetières

Juif

Situé sur le haut de la colline, abandonné, sans route nous avons dû faire de la varappe pour y arriver, et constater le désastre des lieux. Les tombes sont détruites à 90%. Nous avons quelques photos significatives.

Chrétien

Devenu un immense dépôt d'ordures ménagères, nous avons constaté que les tombes ne sont pas profanées. Malgré cela le décor de désolation qui s'offre à nos yeux, dépasse les explications que je voudrais donner. Que peut-on faire ? D'abord un nettoyage complet (une dizaine de bennes Seita), puis faire une "opération décence", et laisser ensuite aux familles l'entretien des tombes comme nous les y incitons toujours.


Seule l'Amicale de Miliana avec l'aide de l'ASCA et le soutien des autorités consulaires Françaises à Alger, pourrait arriver au bout de ce travail.