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Historique Militaire - Medjez el-Bab - Ville

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Le bluff allemand de Medjez-el-Bab

Cet affrontement a lieu le 19 novembre 1942, il marque, d'un côté, le premier contact entre Alliés et Allemands en Tunisie et, d'autre part, l'engagement de l'armée française contre l'Allemagne nazie.

Medjez-el-Bab est un nœud routier d'importance et le général Barré a prévu de le défendre avec des troupes de cavalerie : 1er escadron du 8e régiment de la garde (renforcé de trois canons AC de 47mm), 2e bataillon du 4e régiment de chasseurs d'Afrique (II/4e R.C.A.), quelques unités de la 3e compagnie du 43e R.I.C.
Dans la nuit du 18 au 19, quelques éléments alliés viennent compléter le dispositif français : 175th Field Artillery Battalion (12 pièces de 25 pounder américaines), DCA (mitrailleuses de 12,7mm) et canons AC de 37mm, des paras britanniques (du 1st Battalion) et quelques voitures blindées.

Liddel Hart évoque pour sa part la présence de tout le 1st Battalion de paras de Sa Majesté.

Les Français disposent en arrière de 4 sections d'artillerie du 62e R.A.A, en réserve d'un escadron de chars D1, la 10e compagnie du 43 R.I.C. et le 2/8e de la garde. Ces effectifs sont donc conséquents.

Du côté allemand, il en va tout autrement mais le Hauptmann W. Knoche du 5. Fallschirmjäger-Regiment est bien décidé à faire croire aux alliés qu'il a la supériorité numérique : 10. Kompanie moins un groupe, une moitié de la 12. Kompanie (de soutien), une moitié de la 14. Kompanie de l'Infanterie-Regiment 104 (avec 4 Pak de 50mm), deux sections de Flak avec 4 canons de 88mm.

Avec des effectifs très en-deça de ceux des Alliés, Knocke a reçu l'ordre de prendre Medjez-el-Bab. Il essaie d'abord l'intimidation en envoyant un parlementaire qui ordonne aux Français de se rendre dans un quart d'heure. Il n'a à ce moment pas connaissance de la présence des Alliés... le général Barré essaye de gagner du temps, mais les Allemands ont identifié les troupes américaines et britanniques accompagnant les défenseurs.
A 10h45, la Luftwaffe attaque avec 12 Stukas et 4 Bf 109. Les pertes en hommes sont faibles mais beaucoup de véhicules sont détruits. La DCA américaine abat deux chasseurs allemands.

Peu après, l'artillerie allemande ouvre le feu et les parachutistes essayent de s'infiltrer, forçant les avant-postes français à se replier. Mais toutes les attaques contre les positions centrales échouent, certaines directement, d'autres après prise du terrain et contre-attaque. À 16h30, l'assaut allemand est brisé. La Luftwaffe fournit une dernière intervention et le calme revient. Les Français ont perdu 5 morts, 9 disparus, 26 blessés et deux prisonniers, les Américains comptent deux morts ; les pertes allemandes sont inconnues. Le succès défensif français est évident, mais n'est pas très utile car les troupes alliées peu aguerries ont totalement surestimé les forces ennemies devant elles. Liddel Hart résume ainsi leur réaction: « Les commandants alliés eurent le sentiment de ne pas pouvoir tenir, à moins de recevoir de nouveaux renforts, et les instructions du général Anderson empêchaient tout secours de ce genre tant que la concentration alliée en vue de l'avance sur Tunis n'était pas achevée ». Autrement, c'est le repli.

Anderson donne l'ordre et les Alliés s'installent à 12 km en arrière, sur une position dominante. Et Liddel Hart de conclure: « Cet épisode représente un exemple parfait de bluff réalisé par l'audace d'un petit détachement dix fois moins nombreux que les défenseurs. ».

  • Source : HS Militaria numéro 25.