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Historique Port Say - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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ALGERIE

Port Say Nom actuel : ?

Historique

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Situation

La frontière de l'Algérie et du Maroc est, on le sait, uniquement déterminée par un bornage conventionnel.

Dans la partie tellienne, où depuis 1848 a été opéré un travail de délimitation sur le terrain, nul fleuve d'importance ne creuse entre les deux pays un fossé infranchissable, nulle haute montagne n'étage ses cimes en barrière insurmontable ou même difficile.

Un ruisselet, l'oued Kiss, dont l'embouchure est à peine distante de 14 kilomètres de celle de la Moulouïa, constitue la frontière dans la région maritime entre l'Algérie et le Maroc.

Présence française

1830 - 1962 ALGERIE

On connaît ce recueil officiel de la géographie côtière publié par le Ministère de la Marine, sous le nom d'Instructions nautiques ; c'est un des documents les plus sérieux à consulter lorsqu'il s'agit de savoir la valeur d'un port, la sûreté d'un havre. Or, après avoir démontré le caractère nettement inhospitalier de presque toute la côte d'Afrique, du détroit de Gibraltar à Oran (Mers el-Kébir), les Instructions nautiques reconnaissent pourtant une région plus favorisée : précisément la région qui va de l'embouchure de la Moulouïa au delà de l'oued Kiss, jusqu'au cap Milonia.

« Toute la plage est très saine. On peut l'approcher partout à 1 mille avec des fonds de 10 à 12 mètres. Les fonds de 20 mètres sont à 2 milles de la côte ». Plus loin, les Instructions nautiques reconnaissent qu'à Port-Say la plage se continue ; puis la côte comprend des falaises découpées, « avec plusieurs petites criques ouvertes au Nord-ouest, où les navires d'un faible tonnage peuvent trouver un bon abri contre les vents d'Est et de Nord-est ».

Ainsi ressort déjà l'incontestable supériorité de Port-Say sur Saïdia : la plage se trouve à Port-Say aussi hospitalière, mais de plus abritée des vents par les hauteurs du cap Milonia. Les mêmes avantages y sont sensiblement départis, car ce n'est pas un kilomètre de distance en plus qui pourrait empêcher Port-Say d'être considéré comme le terminus logique de la route naturelle creusée par la Moulouïa, en même temps que comme le débouché obligatoire des riches plaines d'alentour, celles des Beni-Mansour, des Angad et des Trifas.

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Or, cette importance capitale de l'embouchure de l'oued Kiss, qui ne connaissait pas alors Port-Say, le lieutenant de vaisseau Say, en croisière dans cette partie de la Méditerranée, dès 1880, l'avait nettement comprise. Dès cette époque, il avait projeté d'y créer un établissement français et lorsque la question de notre pénétration au Maroc eut progressé suffisamment, lorsque sa liberté d'action lui eut été rendue, le lieutenant de vaisseau de réserve vint hardiment bâtir une hutte de branchages à l'extrémité de la plage algérienne.

C'était en 1900 : en cinq années, une petite ville y est née, des jetées se construisent qui bientôt formeront un excellent mouillage.

Toute une colonie naissante et déjà prospère ; plus encore, un home familial où le meilleur accueil vous est réservé, cependant qu'après le dîner, dans cette vaste et belle salle du Colonial Club, le fondateur à Port-Say vous intéresse au récit de ses tentatives, de ses difficultés vaincues, de ses espoirs !


Maintenant, de grands progrès ont été réalisés : un bureau de poste et de télégraphe fonctionne, une route carrossable peut vous y conduire de Tlemcen et Lalla Maghnia ; on m'assure même, qu'un service régulier de vapeurs sur Oran et Nemours vient d'être organisé.
Mais, il y a quelques mois, le choix du touriste devait se faire entre un cheminement lent, fatigant, à mulet, sur des pistes douteuses, et tout le hasard d'une navigation sur le léger esquif, non ponté, d'un pêcheur. Cinquante milles à franchir dans cette dernière hypothèse ; 80 kilomètres à avaler dans la première.

De fait, en cinq années, des rues ont été tracées, tout un gros village construit, avec boulangerie, épicerie, cafés, forge, école, hôtel, caserne des douanes, habitations particulières, etc.

Le port

Une première jetée à l'est a été commencée, tandis qu'à l'ouest une large digue était entreprise. Tous ces temps-ci, on travaille fiévreusement, dans un noble et patriotique espoir ; la nuit venue, des foyers à acétylène permettent de ne point arrêter l'immersion dans la mer des blocs de rochers, et aujourd'hui la jetée ouest vient d'atteindre son 300e mètre ; avant l'hiver, elle sera de 500 mètres au minimum, le havre sera prêt pour abriter les caboteurs du port d'Oran.

Dans ces temps-ci, où il est de mode de critiquer la capacité colonisatrice de la France, il n'est pas inutile de montrer ce que peuvent réaliser parfois, tel M. le lieutenant de vaisseau Say, d'audacieux et persévérants Français.

  • Extrait partiel : JEAN DU TAILLIS - A TRAVERS LE MONDE - Septembre 1905.

Nom actuel

Marsa Ben M'Hidi Wilaya de Tlemcen