Rattachement - SAVOIE

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Rattachements à la France left 1860

23 janvier 
Signature d'un traité de libre-échange avec la Grande-Bretagne.
24 mars 
Rattachement par référendum de la Savoie et Nice à la France (traité de Turin entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne).
24 novembre 
Décret donnant au Corps législatif et au Sénat le droit d'adresse (réponse des Chambres au discours annuel du Trône).

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On considère généralement que la Savoie tire son nom du latin Sapaudia ou Sabaudia, pour désigner un pays couvert de sapins.

Sommaire

Histoire d'un état alpin

Des Seigneuries au Comté de Savoie

C'est vers l'an mil que débute véritablement l'histoire de Savoie. En 1032, un seigneur de Maurienne, Humbert aux Blanches Mains, est fait Comte de Savoie rattaché au Saint Empire germanique. C'est l'origine de la Maison de Savoie.

La hiérarchie féodale se met en place du XIe au XIV e siècle. Les seigneurs les plus puissants s'imposent comme suzerains. Les autres , devenus leurs vassaux, leur doivent aide et conseil.

Ainsi, du bas en haut de l'échelle, on trouve les chevaliers, les barons, les vicomtes et l'évêque de Genève. Au sommet s'imposent, au XIIIe siècle, les comtes de Genève, les barons du Faucigny et les comtes de Savoie.

En 1232, Chambéry devient la Capitale de la Savoie.

Par des moyens divers, les comtes de Savoie éliminent leurs rivaux. Ils acquièrent le Faucigny en 1355, le comté de Genève en 1401. Avec Amédée VIII qui régna de 1391 à 1439 et mourut en 1451, la Savoie, érigée en duché par l'empereur en 1416, connut son apogée.

Humbert et ses successeurs fondèrent leur puissance sur le contrôle des cols des Alpes occidentales, mont Cenis, Grand et Petit Saint Bernard et de leur accès. La maitrise des routes alpines valait à son détenteur des péages fructueux et lui permettait de jouer un rôle parfois décisif dans le jeu politique.

Le duché de Savoie était divisé en provinces :

la Savoie propre (Chambéry) la Maurienne (Saint-Jean-de-Maurienne) la Tarentaise (Moûtiers) le Genevois (Annecy) le Faucigny (Bonneville) le Chablais (Thonon-les-Bains)

Du duché de Savoie à la monarchie sarde (1416-1792)

Après le règne d'Amédée VIII, l'état savoyard connut une longue éclipse due pour partie à la faiblesse de ses successeurs, mais aussi à l'ambition croissante de ses voisins. Les suisses ravagèrent et rançonnèrent le pays de Vaud savoyard (1476). La monarchie française orientait ses ambitions vers l'Italie et le "Portier des Alpes" faisait figure d'obstacle.

En 1526, après des années de lutte, le duc perd Genève. Celle ci, ralliée à Calvin, rejoint la Confédération Helvétique. En 1536, sous prétexte de porter secours à la ville de Genève menacée par le duc Charles de Savoie, les Bernois envahirent le pays de Vaud et le Chablais. La même année, François 1er saisit le premier prétexte pour envahir la Savoie et le Piémont.

Cette première occupation marque la fin du duché médiéval.

C'est Emmanuel-Philibert, dit Tête de Fer, qui restaurera le duché savoyard. Au service de l'empereur Charles Quint, ses grandes victoires de Mühlberg (1547) et de Saint Quentin (1558) lui permirent de revendiquer l'héritage paternel lors du traité de Cateau-Cambresis en 1559 entre la France et l'Espagne.

Armoiries de la maison de Savoie La Capitale est transférée en 1562 à Turin. Le poids du Piémont par rapport à la Savoie s'accroit de génération en génération. Avec la Confédération Helvétique et la France, la Savoie a affaire à trop forte partie. Elle perd plusieurs provinces en faveur de ces puissants voisins. Une ultime tentative contre Genève dans la nuit du 11 au 12 septembre 1602 se solde par le cuisant échec de l'"Escalade".

Charles-Emmanuel (1580-1632) et ses successeurs tournèrent alors leurs ambitions sur l'Italie morcelée en poussant leurs avantages jusqu'au Tessin et au lac Majeur. D'une duplicité proverbiale, les ducs de Savoie surent garder les mains libres en Italie, tout en évitant d'affronter la France, l'Espagne et l'Autriche.

La Savoie fut occupée à plusieurs reprises, en 1600 sous le règne d'Henri IV et en 1628 avec Richelieu. C'est le duc Victor-Amédée II qui va entrainer la plus vive tension en mobilisant une coalition anti-française. La Savoie et une partie du Piémont furent occupées, de 1690 à 1696 et de 1703 à 1713, par les troupes de Louis XIV. Le traité d'Utrecht (1713) rendit à Victor-Amédée ses terres accrues de la Sicile qui sera échangée contre le petit royaume de Sardaigne.

A partir du moment où Victor-Amédée devint roi, l'ensemble de ses Etats fut désigné comme "royaume de Sardaigne", la Savoie et le Piémont constituant les "Etats de Terre Ferme".

D'une Annexion à l'autre (1792-1860)

En septembre 1792, sans combat, les troupes révolutionnaires françaises occupent la Savoie. Une Assemblée des Allobroges, élue par les communes de Savoie, vota l'annexion à la France. L'unanimité du début est troublée par l'introduction de la conscription et la persécution des prêtres. Les paysans se révoltent en avril 1793 dans le Haut-Faucigny et en mai dans la vallée de Thônes, la petite Vendée. Les contre révolutionnaires s'emparent d'Annecy du 21 au 23 août. Les soulèvements sont durement réprimés, l'héroïne de la résistance thônaise, Marguerite Frichelet, est fusillée sur le Paquier d'Annecy.

Dans l'Empire de Napoléon, les savoyards tinrent leur rôle modeste et fournirent leur contingent de conscrits. Cependant, les guerres et la détérioration économique et militaire à partir de 1812, renforcent l'attentisme des notables et la désobéissance des conscrits pauvres incapables de payer un remplaçant.

La chute de Napoléon ramena la dynastie sarde dans ses États héréditaires. A partir de 1849, le nouveau roi Victor-Emmanuel II et son ministre Cavour visent une réunification italienne et l'expulsion des autrichiens, maîtres de Milan et Venise. Cavour s'assure l'alliance de Napoléon III. Les victoires franco-sardes de Magenta et Solferino permirent l'éviction des autrichiens de Milan. Les états italiens, protégés par l'Autriche, s'effondrent et leurs population rallient la maison de Savoie. Victor-Emmanuel est couronné le 17 mai 1861 roi d'Italie.

Devant de tels événements, l'empereur Napoléon III monnaya au mieux son intervention. Il se fit céder par le traité de Turin du 24 mars 1860 Nice et la Savoie. Le suffrage universel ratifie à une écrasante majorité la décision prise à Turin.

Lors du traité de Turin, en 1860, le duché de Savoie a été rattaché à la France, pour former les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.

L’annexion de 1860.

1859 : le sort de la Savoie est scellé lors de l’entrevue secrète de Plombières, où le souverain savoisien, par l’entremise de son ministre, le conte de Cavour, avait monnayé le berceau de sa dynastie contre une aide militaire de 200 000 hommes, qui devait lui permettre de conquérir et d’unifier l’Italie. Tout cela fut consigné dans un traité d’alliance, signé le 23 janvier 1859. Ce traité, longtemps tenu secret, fut rendu public en 1928 seulement. Pas plus dans ce texte que dans le traité de cession qui suivit en 1860, il n’était question de donner la Savoie à la France. Il s’agissait d’un échange entre deux souverains : Victor-Emmanuel II et Napoléon III, qui ne représentait que lui-même. Depuis la fin de la guerre en 1859 en Lombardie, des troupes françaises sont restées échelonnées en Savoie, de Chambéry au Mont-Cenis.

1860 : discours du trône du 1er mars : Napoléon III demande pour la France les versants ‘’ français ‘’ des Alpes. Traité du 24 mars : ‘’art 1 : cette réunion sera effectuée sans nulle contrainte de la volonté des populations ‘’. Le ‘’peuple souverain de la Savoie‘’ reconnu comme tel par la République Française en 1792 est devenu simple population en 1860. Par ce traité, Napoléon III, empereur des français, annexait la Savoie que la France, royaliste, républicaine ou impériale avait tant de fois tenté de conquérir par les armes, que ce fût au nom du droit du plus fort, sous prétexte des frontières naturelles, ou en vertu du principe des nationalités. Le même jour le drapeau Français est hissé à Chambéry. Plébiscite du 22 avril : 99,8% disent oui à la France (96,5% des inscrits sont allé voter) avec deux conditions : Zone Franche et Zone Neutre (c’est le sens du vote ‘’oui Et zone‘’ : il s’agit de la condition sine qua non qui permettait à la Savoie du Nord d’accepter son rattachement à la France sans Zone Franche, pas de France).

Le traité d’annexion est soumis, le 29 mai 1860, à la ratification du parlement de Turin (ainsi que l’exige son article 7) : Victor-Emmanuel II espérait que les dix-huit députés savoisiens se rendraient à Turin pour approuver l’annexion et lui apporter ainsi une véritable approbation populaire : seuls trois députés le firent. Une loi française du 21 novembre 1860 confirme la pérennité des droits acquis : ‘’ … une annexion n’a pas pour conséquence de supprimer un état de chose antérieurement consacré par la loi du pays annexé [la Savoie] et ne saurait porter atteinte à des droits acquis ‘’.

La Savoie depuis l’annexion.

Dés 1860, les Savoisiens durent déchanter. L’administration précédente s’était toujours efforcée de tenir compte de la diversité des composantes du royaume, bien loin des exigences centralisatrices et uniformisatrices de la centralisation française. L’objectif des autorités françaises était de tout remplacer, conformément aux seuls droits et usages français. Les préfets nommés en 1860 étaient étrangers à la Savoie. Les relations entre les Savoisiens et les fonctionnaires français furent détestables : ces derniers, pleins d’assurance, se croyaient en pays conquis.

1871 : après la défaite française en 1870, l’empire permet le réveil d’une opposition démocratique. Les Savoisiens dénoncent le plébiscite truqué de 1860 et tentent de libérer leur pays. Un fort courant sécessionniste n’ait en Savoie du Nord, remettant en cause l’annexion. Le Comité Républicain de Bonneville fait savoir que ‘’le vote de 1860, œuvre de la pression impériale, n’avait pas été la manifestation libre des aspirations de nos contrées ‘’ et souhaite qu’il soit recommencé. La France envoi 10 000 hommes pour remettre de l’ordre en Savoie.

1914-1918 : la neutralité de la Savoie n’est pas respectée par la France. La participation de la Savoie à la première guerre mondiale entraîne la disparition de plus de 43 000 Savoisiens, sur une population totale de 500 000 habitants, soit 8,5% de la population.

1919 : la neutralité de la Savoie et la grande zone franche sont annulées par l’article 435 du traité de Versailles.

1932 : la cour Internationale de Justice de la Haye condamne la France et l’invite à remettre en place la zone franche, conformément aux traités antérieurs de 1815, 1816, et 1829, soit 640 Km2, contre 4000 Km2 dans le traité d’annexion.

1965 : plusieurs mouvements régionalistes apparaissent en Savoie (Club des Savoyards de Savoie, Centre Savoisien d’Etudes Régionalistes, Cercle de l’Annociade). Leur souhait d’une Région Savoie conduit à la naissance du ‘’Mouvement Région Savoie‘’(MRS).

1973 : les deux Conseils Généraux des Départements Savoie (Savoie du Sud) et Haute-Savoie (Savoie du Nord) repoussent l’idée d’une Région Savoie. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix : des désaccords entre les politiques des deux départements, l’absence de contre-proposition (que peut représenter une Région Savoie ?), le caractère précipité du projet, l’absence de consultation des élus locaux, l’hostilité de la plupart des parlementaires, l’idée répandue qu’une ‘’grande Région‘’ est souhaitable, la passivité de la population. Celle-ci est largement due au fait que celle-ci ne peut utiliser un droit de pétition, qui était dans les mœurs de la Savoie jusqu’en 1860 (elle était reconnue dans l’article 57 du statut albertain [‘’tout majeur a le droit d’adresser des pétitions aux Chambres‘’], alors que la constitution française de 1958 ne la reconnaît même pas).

1986 : aux élections régionales, les régionalistes du MRS obtiennent 4,3% des voix en Savoie du Nord et 6,3% des voix en Savoie du Sud (ce qui ne permettait pas d’obtenir un élu).

1992 : la réflexion régionaliste n’a pas été renouvelée, le MRS s’est replié sur lui-même – faute de militants, d’argent et d’élus -, l’ardeur des régionalistes s’est émoussée, les idées régionalistes ont été également reprises par d’autres mouvements, notamment les écologistes. Les résultats sont catastrophiques : 4,8% des voix en Savoie du Nord, et 2,6% des voix en Savoie du Sud.

1994 : La Ligue Savoisienne est créée : il ne s’agit pas de conclure à la nécessité d’une Région Savoie, comme le souhaite le MRS : la seule voie possible pour la Savoie est celle de l’indépendance. La Ligue pousse la critique du rôle de la France vis-à-vis de la Savoie à son terme : les traités de 1815 et 1860 ont été violés par la France. Ces violations rendent caduc le Traité d’Annexion. La Savoie se trouve ainsi libre de toute allégeance à l’égard de la France.

1998 : aux élections régionales, les indépendantistes de La Ligue Savoisienne obtiennent 6,1% des voix en Savoie du Nord et 4,8% en Savoie du Sud, auxquelles s’ajoutent 3,7% pour les pseudo-régionalistes de Mouvement Savoie.

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