Routes Algerie

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Le réseau des routes est assez développé d'ans l'intérieur des terres. Proportionnellement à sa population, l'Algérie a plus de voies carrossables que la France; proportionnellement à la surface du territoire, elle pourrait se comparer à maintes contrées d'Europe.

L'étranger qui parcourt les banlieues d' Alger et des autres grandes villes de l'Algérie s'étonne de voir tant de larges routes bien entretenues sur le continent africain et la comparaison qu'il fait dans son esprit avec mainte région d'Europe est favorable à la colonie française.

En 1830, la Régence n'avait d'autres chemins que les pistes des bergers et des troupeaux et les sentiers tracés au bord des ruisseaux et dans les défilés par les pas des caravanes: le dey et les grands chefs n'avaient d'autre service postal que celui des coureurs ou regab, qui marchaient au pas gymnastique pendant des journées entières, à demi nus, portant leurs dépêches et leur nourriture dans un roseau creux.

Dans les premiers temps de l'occupation, l'oeuvre principale de l'armée était d'ouvrir des routes stratégiques: l'Algérie a été conquise par la construction des chemins bien plus que par les armes.

Maintenant encore des milliers de condamnés militaires sont employés aux travaux de viabilité, concurremment avec les Calabrais, les indigènes, les cantonniers nègres, presque toujours en pantalons rouges.

Malgré l'extension qu'a prise le réseau des voies de communication, il n'est point encore achevé dans ses grandes lignes: de l'est à l'ouest, entre la Tunisie et le Maroc, une seule voie maîtresse, passant par Souk-Ahras, Guelma, Sétif, la Maison Carrée, la Mitidja, la vallée du Chélif et Tlemcen, sert de point d'attache aux routes latérales qui se dirigent vers la côte ou vers l'intérieur.

Le chemin du littoral, qui pourra permettre un jour de se rendre de la Calle à Nemours sans prendre un des bateaux côtiers, est encore interrompu de brèches nombreuses, représentant plus de la moitié de la longueur totale. Les Français n'ont pas achevé l'oeuvre de viabilité romaine, représentée par une sorte d'échelle dont la voie littorale et la route intérieure étaient les montants et les routes transversales les échelons Il est toujours d'importantes communes où l'on ne peut arriver qu'à pied ou à cheval; même une ville, Djidjelli, est en 1885 dépourvue de routes carrossables: elle reste complètement isolée.

Longueur des voies carrossables de l'Algérie en 1882: 10 536 kilomètres.

Capital d'établissement : 70 000 000 francs.

Elisée Reclus – Nouvelle géographie universelle - 1886

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