BASTIEN-THIRY

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Jean-Marie BASTIEN-THIRY

Bastien-Thyry.jpg

Officier de l'Armée française

Colonel


Date de Naissance : 10 Octobre 1927

Lieu de Naissance : LUNEVILLE (Meurthe-et-Moselle)

Pays de Naissance : France


Date de décès : 11 mars 1963

Lieu de décès : FORT d'IVRY

Pays de décès : France


Présentation :

Polytechnicien - Colonel de l'Armée française - Chevalier de la Légion d'honneur
Faits marquants :

Engagement dans l'O.A.S pour l'Algérie française

Dates importantes :

22 septembre 1962 : Attentat du Petit-CLAMART contre le général de Gaulle,président de la République française. 11 MARS 1963 : Exécution au fort d'Ivry

Contexte :

  • Fils aîné de 7 enfants d'un père polytechnicien et officier (lieutenant-colonel dans l'artillerie à sa retraite en 1946)puis professeur à l'Ecole des Mines de Nancy et à la Faculté des Sciences
  • Deux ancêtres généraux d’Empire dont Nicolas Marin Thiry (1770-1827) général baron d’Empire, maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis sous la Restauration
  • Un autre ancêtre Claude Ambroise Régnier duc de Massa (1746-1814) ministre de la Justice au début du Ier Empire
  • Petit-fils d’un capitaine, neveu et filleul du général d’Armée Massiet, qui a commandé en chef au Levant en 1940, où il succède au général Weygand
  • En mars 1930, sa mère décède alors qu'il n'avait pas 2 ans 1/2
  • Etudes secondaires dans une institution libre à Lunéville, durant lesquelles il est scout catholique
  • En juin 1944, il est double bachelier (mathématiques élémentaires et philosophie) avec mention à 16 ans
  • Lors du bombardement de Lunéville, il se porte volontaire pour être secouriste
  • 2 années de Maths Spé à l'Ecole Sainte-Geneviève de Versailles
  • En 1947, il entre à Polytechnique ; il est chef de la troupe scoute de l'Ecole
  • 2 ans à l’Ecole Nationale Supérieure d’Aéronautique, où il est aussi professeur bénévole pour apprendre la physique en cours du soir à des jeunes préparant le baccalauréat après leur travail
  • Le 28 août 1952, il obtient son Brevet de pilote
  • Il est affecté au Centre d’Essais en Vol de Brétigny, puis à celui de Colomb-Béchar Algérie où il reste 2 ans, spécialiste des engins téléguidés air-air.
  • En 1953, il est capitaine.
  • En 1954, affecté au service technique Aéronautique, il se marie avec Mademoiselle Geneviève Lamirand, née à Nancy, fille du général Georges Lamirand, secrétaire à la jeunesse du gouvernement de Vichy de septembre 1940 à mars 1943 mais dont la famille a choisi la France Libre.
  • Il conçoit le missile sol-sol Nord Aviation SS10 utilisé par l’Armée française de 1955 à 1962, également en service dans les armées américaine et israélienne (en 1956 à Suez).
  • Il a 3 filles : Hélèné née en 1955, Odile en 1957, et Agnès en 1960.
  • En 1957, il est commandant, ingénieur militaire principal de l'air.
  • Légion d'Honneur au titre du personnel navigant pour services aériens.
  • Sa vie bascule le 8 janvier 1961, jour où la France approuve par référendum la politique du général de GAULLE.
  • Sensible au destin des populations trompées, l'officier tranquille qu'il était, décide de s'opposer au Général.
  • Au fil des évènements il décide que la solution serait de supprimer le chef de l'État.
  • Le 8 septembre 1961, il organise l’attentat de Pont-sur-Seine contre le général de Gaulle : une charge explosive endommage la voiture.
  • En janvier 1962, il est lieutenant-colonel.
  • Le massacre du 26 mars 1962 le conforte dans sa décision.
  • Début mai 1962, il se met à la disposition du CNR.
  • En juin 1962, il fait la connaissance de Bougrenet de la Tocnaye.
  • Le 22 Août 1962 il dirige le commando O.A.S qui mitraille la voiture du général de GAULLE au Petit-Clamart.
  • Le 17 septembre 1962, il est arrêté à son retour d'une mission scientifique en Grande-Bretagne.
  • Au cours de son procès, qui se déroule du 28 janvier au 4 mars 1963, Bastien-Thiry, alias « Didier », développe un véritable réquisitoire contre la dictature gaullienne violente et sanguinaire. La Cour militaire de justice le condamne à mort.
  • De Gaulle déclara en rejetant sa grâce: Celui là, ils pourront en faire un martyr lorsque j'aurais disparu. Il le mérite.
  • Le 11 mars 1963, il est fusillé au fort d'Ivry (le dernier en France).
  • D’abord inhumé au cimetière de Thiais (Paris), il est transféré au cimetière de Bourg-la-Reine le samedi saint 13 avril 1963.
Tombe de Jean BASTIEN-THIRY
  • BASTIEN-THIRY est mort à 35 ans pour avoir refusé selon ses mots : le déshonneur et la trahison au plus haut niveau de l'État.
  • Déclaration de Bastien-Thyry à son procès: « Question d'honneur »
    Bastien‑Thiry poursuit: « Le danger que court actuellement ce pays ne vient pas d'un risque de destruction physique ou matérielle: il est plus subtil et plus profond car il peut aboutir à la destruction des valeurs humaines, morales et spirituelles qui constituent le patrimoine français. »
    Suit alors un long exposé sur les traditions, les règles de ce patrimoine que le général de Gaulle, selon lui, viole. Au nom de ce patrimoine et à travers le drame algérien, le simple officier qu'il est, croit que quelque signe mystérieux du destin l'a désigné pour être le redresseur de torts, le justicier, que cela était écrit de tout temps. Bastien‑Thiry appuie sa démonstration par un long historique de la guerre d'Algérie, des engagements pris, des serments prononcés selon lesquels l'Algérie resterait française :
    Les engagements pris en mai‑juin 1958, dit‑il, nul n'était obligé de les prendre mais dès lors qu'ils étaient pris, ils avaient valeur de programme politique. Serments prêtés par un officier général en uniforme devant d'autres officiers et soldats, c'était une question d'honneur, d'honnêteté intellectuelle et de simple bonne foi de tout faire, de faire tout ce qui était humainement possible pour honorer ces engagements et pour tenir ces serments.
    Bastien‑Thiry développe longuement ce thème en retraçant les étapes successives qui ont conduit de mai 58 au discours du 5 février 62, aux accords d'Evian et à l'indépendance et il en déduit que les serments et les engagements pris au début « ne l'ont été que dans un but tactique et ne correspondaient nullement aux intentions réelles du chef de l'État». Il accuse donc le général de Gaulle de «mensonge, de parjure et de reniement », et justifie du même coup la révolte des Français d'Algérie.
    « La population française d'Algérie, dit‑il, a pris en main la défense de ses droits et de ses intérêts avec le concours de généraux et d'officiers français, ce qui restera pour eux un Honneur devant l'Histoire. Cette auto‑défense était profondément légitime. »
    La conclusion du lieutenant-colonel sur ce point est un véritable réquisitoire contre le général de Gaulle ‑ « Le désastre algérien, affirme‑t‑il avec tous ses morts et toutes ses ruines, pouvait être évité et il a tenu essentiellement à l'acharnement de la volonté d'un très vieil homme. Ce désastre est pire que ceux que la France a subis en 1870 et en 1940. »

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