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Historique Saida - Ville : Différence entre versions

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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}}Siège d’un établissement romain, Saïda à une position militaire stratégique au seuil des hauts plateaux.
  
Siège d’un établissement romain, Saïda à une position militaire stratégique au seuil des hauts plateaux.
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SAÏDA : Du nom d’une femme marabout, dont les cendres se trouvent près du « pont de la Légion », la citée est ainsi nommée par Abd el-Kader en 1835, avant l’arrivée des Français.  
  
Conquise par BUGEAUD en 1841, la cité a longtemps hébergé un centre d’instruction de la Légion Etrangère.
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Au IIIe siècle, Saïda fait partie du royaume berbère de Mauritanie, elle est occupée par les Romains puis par les Turcs. Edifiée sur l’oued Saïada, la cité, dont le nom signifie « l’heureuse », « la fortunée », est la dernière ville du Tell. Elle est construite dans le périmètre domanial du douar Doui Thabet. Bordée de trois côtés par des falaises plongeant sur des ravins en vaste plaine entourée de djebels.
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D’une importance militaire considérable depuis les Romains, en raison de sa position au seuil des hauts Plateaux, l’émir Abd el-Kader, chassé de son douar natal en 1840, y établit sa capitale. Il développe ses lignes de défense : tranchées, murailles de 1 m 80 d’épaisseur sur 4 m de haut. À l’intérieur des constructions disparates.
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Le général Bugeaud, qui vient d’occuper définitivement Mascara, se dirige en 1841 vers le Sud et cherche à atteindre la bordure pré-saharienne qu’Abd el-Kader occupe. Devant cette menace, ce dernier détruit sa dernière capitale et s’en va vers le désert. Bugeaud n’a plus qu’à achever la destruction de la citadelle, la démolition des magasins vides et des ateliers déjà démantelés. Faute de temps, il se contente de faire sauter quelques portions de rempart et s’en retourne, sans gloire, vers Mascara. Mais les colonnes continuent à converger vers Saïda et les lignes de défense environnantes, établies par l’Emir.
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Ce n’est qu’à l’automne 1844, que le 1er bataillon de la Légion étrangère, commandé par le lieutenant-colonel Mourret, arrive à Saïda. L’emplacement n’est alors qu’un bivouac doublé d’un « biscuitville », destiné à fournir les approvisionnements nécessaires aux colonnes se dirigeant vers le Sud. La construction d’une redoute est ordonnée par de Lamoricière et Bugeaud. Un mur d’enceinte de 2 m de haut entoure quatre baraques établies à l’intérieur pour le logement de la troupe, deux autres abritent l’hôpital.  D’après les plans du lieutenant Robardey du 6e bataillon, les légionnaires commencent à détruire l’ébauche de l’enceinte et la remplacent par un véritable rempart de 4 m de haut, flanqué aux angles « d’ouvrages à cornes », ceinturé de fossés profonds et de glacis judicieusement établis, percé de deux portes monumentales. Un pavillon, destiné au commandant supérieur, sort de terre, bientôt suivi d’un autre, comptant 16 chambres à l’usage des officiers puis de 2 bâtiments pour la  troupe et d’une infirmerie hôpital de 80 lits.
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À Saïda, la présence des troupes attire les mercantis. Des maisons se construisent dans l’enceinte et sont habitées par 8 Français, 8 Espagnols et un Italien. À cette population européenne, viennent s’ajouter 3 Musulmans et 10 Juifs. La garnison change souvent : spahis, légionnaires, chasseurs, zouaves. Toute l’armée d’Afrique poursuit l’aménagement de la place, au hasard des campagnes et des colonnes. De 1844 à 1858, l’administration est aux mains de l’autorité militaire.
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En 1858, l’autorité administrative transite par « le bureau de la Yacoubia » (ancêtre des bureaux arabes), jusqu’en 1865. Erigée en centre de colonisation en 1862, elle devient commune mixte en 1869 et commune de plein exercice en 1880. C’est seulement en 1866 que l’état-major, la compagnie hors rang et la compagnie de dépôt du 2e régiment étranger, reformé en 1864, par dédoublement de la Légion étrangère, viennent s’y fixer pour de longues années. Lors de son inspection, le général Détrie s’est ému de la situation de ce corps « qui n’a encore ni casernement, ni magasin, ni installation d’aucune sorte ». Alors que deux bataillons sont au Tonkin, deux autres sont répartis entre les postes de Géryville, Tiaret et Aflou. Le dépôt est à Sidi bel-Abbès. Cette situation est précaire et ne peut durer. Le 2 nov., l’état-major et la section hors rang font leur entrée à Saïda, suivis, le 5, par le dépôt.
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Saïda est peuplé à cette époque d’environ trois à quatre mille âmes. La caserne est agrandie en 1887. Saïda, voit se succéder les bataillons du 2e RE, venant à tour de rôle se reposer de ses campagnes du Sud Oranais, du Tonkin, du Dahomey, du Soudan, du Siam, de Madagascar ou du Maroc. En 1908, un monument est érigé à la mémoire des morts depuis le début de la colonisation. Il est inauguré en mai 1910. En 1914, seule la portion centrale demeure à Saïda. La plupart des légionnaires entrent dans la composition des régiments de marche du 2e Etranger, qui se distinguent sur le front de France et au Maroc.
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Après la guerre, la Légion reçoit de nombreux engagements. Saïda reste encore quelques années garnison du 2e REI, mais les jeunes recrues ne reçoivent plus leur formation de base comme auparavant. « Bel-Abbès » est devenue, à cette époque, la véritable Maison Mère, qui organise l’ensemble des régiments étrangers et prend en compte l’instruction. Cependant, en 1921, c’est à Saïda, au sein du 2e REI, que le 1er REC met sur pied ses premiers escadrons. En juil. 1961, ce même 1er REC retrouve le quartier de Saïda en remplacement du centre d’instruction n° 1. Entre temps, Saïda est devenue une grande ville moderne et active. Le quartier Légion a pris le nom de « colonel Brunet de Sairigné ». Le 16 juin 1962, après 76 ans de présence ininterrompue, la Légion quitte Saïda. Pour la dernière fois, deux sections du 2e REI défilent dans la ville.

Version du 28 novembre 2005 à 09:44

Saida

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ALGERIE

Saida
Historique | Etat des lieux à l'arrivée des Européens | Etat des lieux à l'Indépendance
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Population | J'y ai vécu et je raconte | Bibliographie

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Siège d’un établissement romain, Saïda à une position militaire stratégique au seuil des hauts plateaux.

SAÏDA : Du nom d’une femme marabout, dont les cendres se trouvent près du « pont de la Légion », la citée est ainsi nommée par Abd el-Kader en 1835, avant l’arrivée des Français.

Au IIIe siècle, Saïda fait partie du royaume berbère de Mauritanie, elle est occupée par les Romains puis par les Turcs. Edifiée sur l’oued Saïada, la cité, dont le nom signifie « l’heureuse », « la fortunée », est la dernière ville du Tell. Elle est construite dans le périmètre domanial du douar Doui Thabet. Bordée de trois côtés par des falaises plongeant sur des ravins en vaste plaine entourée de djebels.

D’une importance militaire considérable depuis les Romains, en raison de sa position au seuil des hauts Plateaux, l’émir Abd el-Kader, chassé de son douar natal en 1840, y établit sa capitale. Il développe ses lignes de défense : tranchées, murailles de 1 m 80 d’épaisseur sur 4 m de haut. À l’intérieur des constructions disparates.

Le général Bugeaud, qui vient d’occuper définitivement Mascara, se dirige en 1841 vers le Sud et cherche à atteindre la bordure pré-saharienne qu’Abd el-Kader occupe. Devant cette menace, ce dernier détruit sa dernière capitale et s’en va vers le désert. Bugeaud n’a plus qu’à achever la destruction de la citadelle, la démolition des magasins vides et des ateliers déjà démantelés. Faute de temps, il se contente de faire sauter quelques portions de rempart et s’en retourne, sans gloire, vers Mascara. Mais les colonnes continuent à converger vers Saïda et les lignes de défense environnantes, établies par l’Emir.

Ce n’est qu’à l’automne 1844, que le 1er bataillon de la Légion étrangère, commandé par le lieutenant-colonel Mourret, arrive à Saïda. L’emplacement n’est alors qu’un bivouac doublé d’un « biscuitville », destiné à fournir les approvisionnements nécessaires aux colonnes se dirigeant vers le Sud. La construction d’une redoute est ordonnée par de Lamoricière et Bugeaud. Un mur d’enceinte de 2 m de haut entoure quatre baraques établies à l’intérieur pour le logement de la troupe, deux autres abritent l’hôpital. D’après les plans du lieutenant Robardey du 6e bataillon, les légionnaires commencent à détruire l’ébauche de l’enceinte et la remplacent par un véritable rempart de 4 m de haut, flanqué aux angles « d’ouvrages à cornes », ceinturé de fossés profonds et de glacis judicieusement établis, percé de deux portes monumentales. Un pavillon, destiné au commandant supérieur, sort de terre, bientôt suivi d’un autre, comptant 16 chambres à l’usage des officiers puis de 2 bâtiments pour la troupe et d’une infirmerie hôpital de 80 lits.

À Saïda, la présence des troupes attire les mercantis. Des maisons se construisent dans l’enceinte et sont habitées par 8 Français, 8 Espagnols et un Italien. À cette population européenne, viennent s’ajouter 3 Musulmans et 10 Juifs. La garnison change souvent : spahis, légionnaires, chasseurs, zouaves. Toute l’armée d’Afrique poursuit l’aménagement de la place, au hasard des campagnes et des colonnes. De 1844 à 1858, l’administration est aux mains de l’autorité militaire.

En 1858, l’autorité administrative transite par « le bureau de la Yacoubia » (ancêtre des bureaux arabes), jusqu’en 1865. Erigée en centre de colonisation en 1862, elle devient commune mixte en 1869 et commune de plein exercice en 1880. C’est seulement en 1866 que l’état-major, la compagnie hors rang et la compagnie de dépôt du 2e régiment étranger, reformé en 1864, par dédoublement de la Légion étrangère, viennent s’y fixer pour de longues années. Lors de son inspection, le général Détrie s’est ému de la situation de ce corps « qui n’a encore ni casernement, ni magasin, ni installation d’aucune sorte ». Alors que deux bataillons sont au Tonkin, deux autres sont répartis entre les postes de Géryville, Tiaret et Aflou. Le dépôt est à Sidi bel-Abbès. Cette situation est précaire et ne peut durer. Le 2 nov., l’état-major et la section hors rang font leur entrée à Saïda, suivis, le 5, par le dépôt.

Saïda est peuplé à cette époque d’environ trois à quatre mille âmes. La caserne est agrandie en 1887. Saïda, voit se succéder les bataillons du 2e RE, venant à tour de rôle se reposer de ses campagnes du Sud Oranais, du Tonkin, du Dahomey, du Soudan, du Siam, de Madagascar ou du Maroc. En 1908, un monument est érigé à la mémoire des morts depuis le début de la colonisation. Il est inauguré en mai 1910. En 1914, seule la portion centrale demeure à Saïda. La plupart des légionnaires entrent dans la composition des régiments de marche du 2e Etranger, qui se distinguent sur le front de France et au Maroc.

Après la guerre, la Légion reçoit de nombreux engagements. Saïda reste encore quelques années garnison du 2e REI, mais les jeunes recrues ne reçoivent plus leur formation de base comme auparavant. « Bel-Abbès » est devenue, à cette époque, la véritable Maison Mère, qui organise l’ensemble des régiments étrangers et prend en compte l’instruction. Cependant, en 1921, c’est à Saïda, au sein du 2e REI, que le 1er REC met sur pied ses premiers escadrons. En juil. 1961, ce même 1er REC retrouve le quartier de Saïda en remplacement du centre d’instruction n° 1. Entre temps, Saïda est devenue une grande ville moderne et active. Le quartier Légion a pris le nom de « colonel Brunet de Sairigné ». Le 16 juin 1962, après 76 ans de présence ininterrompue, la Légion quitte Saïda. Pour la dernière fois, deux sections du 2e REI défilent dans la ville.