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L'Artillerie d'Afrique : Différence entre versions

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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==Sidi Ferruch, 14 juin 1830==
 
==Sidi Ferruch, 14 juin 1830==
  
Un Corps Expéditionnaire Français placé sous les ordres de l’amiral Duperré et du général Berthézène débarque sur une plage à quelques kilomètres à l’ouest d’Alger. Cette région d’Afrique du Nord est sous la suzeraineté du sultan turc d’Istambul. La population quasiment insoumise est livrée à l’abandon et l’insécurité près des côtes Méditerranéennes amène à décider une opération militaire pour détruire des repaires de corsaires et tenter de mettre fin  au commerce des esclaves. Le roi Charles X ayant besoin de réassurer son autorité et en bute à une fronde de députés prend prétexte à une affaire « diplomatique » qui date de trois année. En 1827, le Dey d’Alger, Hussein avait souffleté de son chasse mouche le consul de France Deval qui refusait d’honorer le règlement d’un emprunt concernant l’achat de céréales achetées à la Régence d’Alger. Une flotte de plus de 450 navires appareille du port de Toulon le 25 mai 1830 et, se porte devant Alger et bombarde ses défenses ainsi que la citadelle de Fort l’Empereur. Trente sept mille soldats comportant gendarmes, logistique, approvisionnement et vivres, administration et sanitaires, cavalerie, gendarmes, 18 batteries d’artilleries accompagnées de 6 compagnies du train, au total 83 pièces de siège débarquent sur la plage de Sidi Ferruch le 14 juin 1830.
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Un Corps Expéditionnaire Français placé sous les ordres de l’'''amiral Duperré''' et du '''général Berthézène''' débarque sur une plage à quelques kilomètres à l’ouest d’Alger. Cette région d’Afrique du Nord est sous la suzeraineté du sultan turc d’Istambul. La population quasiment insoumise est livrée à l’abandon et l’insécurité près des côtes Méditerranéennes amène à décider une opération militaire pour détruire des repaires de corsaires et tenter de mettre fin  au commerce des esclaves. Le roi Charles X ayant besoin de réassurer son autorité et en bute à une fronde de députés prend prétexte à une affaire « diplomatique » qui date de trois année. En 1827, le '''Dey d’Alger, Hussein''' avait souffleté de son chasse mouche le '''consul de France Deval''' qui refusait d’honorer le règlement d’un emprunt concernant l’achat de céréales achetées à la Régence d’Alger. Une flotte de plus de 450 navires appareille du port de Toulon le 25 mai 1830 et, se porte devant Alger et bombarde ses défenses ainsi que la citadelle de Fort l’Empereur. Trente sept mille soldats comportant gendarmes, logistique, approvisionnement et vivres, administration et sanitaires, cavalerie, gendarmes, ''18 batteries d’artilleries accompagnées de 6 compagnies du train, au total 83 pièces de siège'' débarquent sur la plage de Sidi Ferruch le 14 juin 1830.
  
 
Il faut plusieurs jours de combats difficiles et incessants pour mettre fin à la domination turque exercée depuis le XXIe siècle par les deys et leurs janissaires. Face à la mobilité des pièces françaises, les troupes turques furent surprise de voir souvent en tête de colonnes les canons au plus près de leurs positions, mener par des tactiques audacieuses le combat aux côtés des premières lignes d’attaque de l’infanterie ; par manque de chevaux, les pièces souvent amenées à bras. Un attelage à suspension et de nouveaux avant-trains et caissons accroissaient la mobilité et accéléraient la mise en batterie. La mobilité des unités devait se heurter bientôt au manque que pistes carrossables et à leur déplacement dans les reliefs montagneux. Cette nouvelle expérience conduisit à faire accompagner les troupes de pièces plus légères, facilement démontables et transportables d’où la mise en œuvre d’un obusier de montagne capable d’effectuer des tirs courbes à courte distance.
 
Il faut plusieurs jours de combats difficiles et incessants pour mettre fin à la domination turque exercée depuis le XXIe siècle par les deys et leurs janissaires. Face à la mobilité des pièces françaises, les troupes turques furent surprise de voir souvent en tête de colonnes les canons au plus près de leurs positions, mener par des tactiques audacieuses le combat aux côtés des premières lignes d’attaque de l’infanterie ; par manque de chevaux, les pièces souvent amenées à bras. Un attelage à suspension et de nouveaux avant-trains et caissons accroissaient la mobilité et accéléraient la mise en batterie. La mobilité des unités devait se heurter bientôt au manque que pistes carrossables et à leur déplacement dans les reliefs montagneux. Cette nouvelle expérience conduisit à faire accompagner les troupes de pièces plus légères, facilement démontables et transportables d’où la mise en œuvre d’un obusier de montagne capable d’effectuer des tirs courbes à courte distance.
  
L’Armée d’Afrique venait de naître et avec elle, l’Artillerie d’Afrique aussi !
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<center>'''L’Armée d’Afrique venait de naître et avec elle, l’Artillerie d’Afrique aussi.'''</center>
  
La conquête de l’Afrique du Nord
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==La conquête de l’Afrique du Nord==
  
Jusqu’en 1834, les Français ne s’étaient résolu qu’à garder les possession acquises le long du littoral méditerranéen des régions d’Oran, Mostaganem, Alger et Bône, les régions de l’intérieur étant laissées aux chefs indigènes mais les réalités locales firent prendre conscience de l’influence montante d’un jeune émir de naissance chérifienne, chef de tribus de la région de Mascara, l’émir Abd el Kader. Emir des croyants, il remporta sur les tribus du makhzen turc la victoire de Meharaz et marqua le début de l’ère des Chorfas arabes. Il occupa le Titteri et infligeait en 1835 au général Trézel un échec lors de la bataille de la Macta. En 1836, la prise de la capitale du beylik de l’Est fut décidée mais l’expédition mal préparée échoua complètement par le manque de canons de gros calibre afin de détruire les défenses de Constantine, les pièces de campagne et de montagne ne suffisant pas. En 1837, le 13 octobre, la ville fut occupée non sans mal grâce à 33 grosses pièces de siège nécessitant des efforts considérables de mise en place. Après les bombardements des 11 et 12 octobre de « tir en brèche », l’artillerie abattait les murs de défense permettant aux fantassins d’envahir la place submergeant les 63 bouches à feu des défenseurs de Constantine.
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Jusqu’en 1834, les Français ne s’étaient résolu qu’à garder les possession acquises le long du littoral méditerranéen des régions d’Oran, Mostaganem, Alger et Bône, les régions de l’intérieur étant laissées aux chefs indigènes mais les réalités locales firent prendre conscience de l’influence montante d’un jeune émir de naissance chérifienne, chef de tribus de la région de Mascara, l’'''émir Abd el Kader'''. Emir des croyants, il remporta sur les tribus du makhzen turc la victoire de Meharaz et marqua le début de l’ère des Chorfas arabes. Il occupa le Titteri et infligeait en 1835 au '''général Trézel''' un échec lors de la '''bataille de la Macta'''. En 1836, la prise de la capitale du beylik de l’Est fut décidée mais l’expédition mal préparée échoua complètement par le manque de canons de gros calibre afin de détruire les défenses de Constantine, les pièces de campagne et de montagne ne suffisant pas. En 1837, le 13 octobre, la ville fut occupée non sans mal grâce à ''33 grosses pièces de siège'' nécessitant des efforts considérables de mise en place. Après les bombardements des ''11 et 12 octobre de « tir en brèche », l’artillerie abattait les murs de défense permettant aux fantassins d’envahir la place submergeant les 63 bouches à feu des défenseurs de Constantine.''
  
L’insurrection devient soudaine et générale. Abd el Kader qui n’attendait que cela proclame la guerre sainte lorsque le duc d’Orléans tente de relier la région constantinoise à celle d’Alger en franchissant les « Portes de Fer » aux mains des Arabes. Au mois de novembre 1839, ses cavaliers ravagent les zones où commencent à s’implanter des colons venus de la Métropole, notamment dans la plaine de la Mitidja. L’armée d’Afrique doit mener la conquête par la lutte jusqu’à la soumission finale. Le 16 mai 1843, le duc d’Aumale contraint l’émir Abd el Kader à s’enfuir au Maroc, sa Smala a été prise par la victoire d’un escadron français. Le sultan du Maroc s’engage dans la guerre mais son armée est défaite à la bataille d’Isly en 1844. Il traite avec le gouvernement  français. De violentes insurrections éclatent encore dans le Dahra, le Chélif et l’Ouarsenis en 1845. Abd el Kader remporte une dernière victoire à Sidi Brahim, puis abandonné par le sultan, il fait sa reddition aux généraux Lamoricière et Cavaignac dans la plaine de Sidi Brahim le 23 octobre 1847.
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L’insurrection devient soudaine et générale. Abd el Kader qui n’attendait que cela proclame la guerre sainte lorsque le duc d’Orléans tente de relier la région constantinoise à celle d’Alger en franchissant les « Portes de Fer » aux mains des Arabes. Au mois de novembre 1839, ses cavaliers ravagent les zones où commencent à s’implanter des colons venus de la Métropole, notamment dans la plaine de la Mitidja. L’armée d’Afrique doit mener la conquête par la lutte jusqu’à la soumission finale. Le 16 mai 1843, le '''duc d’Aumale''' contraint l’émir Abd el Kader à s’enfuir au Maroc, sa Smala a été prise par la victoire d’un escadron français. Le sultan du Maroc s’engage dans la guerre mais son armée est défaite à la bataille d’Isly en 1844. Il traite avec le gouvernement  français. De violentes insurrections éclatent encore dans le Dahra, le Chélif et l’Ouarsenis en 1845. Abd el Kader remporte une dernière victoire à '''Sidi Brahim''', puis abandonné par le sultan, il fait sa reddition aux généraux Lamoricière et Cavaignac dans la plaine de Sidi Brahim le 23 octobre 1847.
  
En 1857 à 1899, soumission des oasis du Sud et de la Kabylie. Les missions Flatters et Fourreau Lamy préparent l’occupation du Sahara jusqu’aux frontières du Niger, Cherchell, Blida et Médéa terminent la conquête de cette partie de l’Afrique du Nord.
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En 1857 à 1899, soumission des oasis du Sud et de la Kabylie. Les '''missions Flatters et Fourreau Lamy''' préparent l’occupation du Sahara jusqu’aux frontières du Niger, Cherchell, Blida et Médéa terminent la conquête de cette partie de l’Afrique du Nord.
  
Lors de ces nombreux combats, les artilleurs laissèrent leurs canons dans leurs  parcs. Ils formèrent des escadrons à pieds, qui combattirent… à pieds aux côtés de leurs camarades de l’Infanterie. Ce fut un grand honneur pour eux.
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''Lors de ces nombreux combats, les artilleurs laissèrent leurs canons dans leurs  parcs. Ils formèrent des escadrons à pieds, qui combattirent… à pieds aux côtés de leurs camarades de l’Infanterie. Ce fut un grand honneur pour eux.''

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L'Organisation et les Moyens

  • Depuis 1830 et jusqu'à la fin de 1867, les unités d'Artillerie employées en Algérie sont détachées des régiments de la Métropole, avec des relèves périodiques. Leur nombre varie suivant les périodes et l'activité des opérations. Il se stabilise finalement aux environs de 12 batteries.
  • En janvier 1868 et jusqu'en 1873, c'est un régiment tout entier, le 3e Régiment d'Artillerie à 12 batteries qui stationne en Algérie mais lors de la réorganisation de 1873, il est ramené en Métropole et à nouveau on reprend le système des batteries détachées, soit 11 batteries en 1873 et 12 batteries avec une compagnie de pontonniers du train de l'Artillerie de 1864 à 1881.
  • Pour les opérations en Tunisie en 1881, les batteries du Corps Expéditionnaire proviennent en partie des unités d'Algérie et en partie des unités de la Métropole. Au total 31 batteries et 4 sections de munitions prennent part à l'expédition entière ou à une période de celle-ci. En 1883, il ne restera en Tunisie que 9 batteries et un parc. A la même époque, il y a 14 batteries en Algérie. En 1884, on ne trouve plus que 12 batteries en Algérie, plus une compagnie de pontonniers, 4 batteries et un parc en Tunisie.
  • A partir de 1883, les batteries d'Afrique du Nord prennent dans leurs Corps la dénomination de "Batteries bis" pour les distinguer de celles de Métropole qui les ont remplacées dans leurs régiments. Cette situation dure jusqu'à la nouvelle réorganisation de 1889.
  • En 1889, il est décidé de rattacher toutes les batteries d’Afrique du Nord aux deux régiments de la 19e Brigade d’Artillerie, les 12e et 13e Régiment. Cette brigade stationnée à Vincennes est alors destinée à constituer à la mobilisation l’artillerie du 19e Corps d’Armée amené en France.
  • En fin d’année 1889 jusqu’au début de 1900, deux bataillons d’artillerie à pied sont envoyés pour la défense des côtes en Tunisie et en Algérie.
  • De 1907 à 1909, plusieurs batteries participent aux opérations du Maroc.
  • La loi du 24 juillet 1910 réorganise les unités d’Afrique du Nord qui constituent dorénavant 7 Groupes Autonomes d’Artillerie d’Afrique à 3 ou 4 batteries. A cette date, l’Artillerie d’Afrique est réellement constituée. A partir de 1911, le développement des opérations au Maroc nécessite l’envoi de nouvelles unités tant de Métropole que d’Algérie et de Tunisie ainsi que d’unités d’artillerie coloniale qui forme de son côté 2 groupes au Maroc en 1914. À la veille des hostilités, l’Artillerie d’Afrique comprend 39 batteries. À la mobilisation, ces groupes mettent sur pied des batteries de renforcement ou de réserve et des batteries territoriales. Un certain nombre de ces unités sont envoyées en Métropole en août et en septembre 1914 et d’autres unités sont formées pour la campagne de 1914 à 1918 sur les fronts Métropolitains et d’Orient comme l’Artillerie Divisionnaire de la Division Marocaine.
  • En 1919, les unités envoyées en France sont ramenées en Afrique du Nord sauf le 276e Régiment qui reste en occupation de la Rhénanie. Les 10 groupes d’Afrique sont reconstitués dans leur territoire de 1914, certaines unités restant détachées au Levant. Les unités d’Artillerie Coloniale forment le Régiment d’Artillerie Coloniale du Maroc le 1er avril 1919.
  • Au début de la guerre du Rif, l’Artillerie du Maroc est insuffisante et est renforcée par des apports de force prélevés sur les unités d’Algérie, de Tunisie, de Métropole et de l’Armée du Rhin. Les Coloniaux fournissent également des batteries hippomobiles et de montagne.
  • En 1941 et 1942, un travail considérable de camouflage clandestin de matériel et de préparation à la reprise de la lutte par la formation de nouvelles unités fut entrepris et permis à la fin de 1942 la mobilisation pour la campagne de Tunisie. Elles entrent en opération avec l’ancien matériel camouflé, puis avec des matériels cédés par les troupes américaines et les britanniques à laquelle viennent s’ajouter l’artillerie de la 1re Division Française Libre venant de Libye et le 1er Bataillon de Fusiliers-Marins avec ses canons de 40 Bofors. Dès la fin de la campagne de Tunisie, l’Armée d’Afrique est complètement réorganisée en vue des opérations en Europe sur le type des unités américaines. La formation de ces unités est limitée, elle ne comprend que 5 divisions d’infanterie et 3 divisions blindées la 1re à la Croix de malte, la 2e, la Division Leclerc et la 5e qui deviendra celle aux Armes de Stuttgart.
  • Toutes les unités débarquent en France et participent à la campagne de 1944-1945.
  • Après l’armistice de 1945, presque toutes les unités mises sur pied par l’Afrique du Nord pour la 1re Armée restent en Europe, soit en occupation en Allemagne, les FFA, soit en garnison en France. Elles changeront pour la plupart leurs numéros pour de nouveaux écussons en 1946. Quelques unités sont envoyées en Indochine, seuls, le 64e RAA à la fin de 1945 et 2 groupes du 69e RAA rejoignent l’Afrique. En septembre 1945, les 62, 65, 66 et 67 deviennent autonomes, le 64e se dédoublant en 63 et 64 RAA. Le 68e reste en Sarre et un de ses groupes participe à la campagne d’Indochine. Les 64e, 66e et 69e forment des groupes de marche pour l’Extrême Orient où le 66e devient le I/41 RAC.
  • Les insurrections qui se produisent au Maroc et en Tunisie et gagnant rapidement l’Algérie imposent en raison des effectifs insuffisants en Afrique un renforcement avec des unités provenant de la Métropole ou évacuée d’Indochine. L’envoi en AFN des appelés du contingent et de disponibles rappelés ayant été décidé, les renforts, relativement limités en 1954, sont de plus en plus importants en 1955 et 1956 puis à peu près stabilisés à partir de 1956. Au total, pendant la période 1954 à 1962, l’Artillerie en Afrique du Nord verra passer dans ses rangs, y compris les unités organiques déjà stationnées, 15 groupes en Tunisie, 22 groupes au Maroc, transférés ultérieurement avec 81 groupes venant de Métropole, en Algérie.
  • Après l’indépendance, toutes ces formations rentrent en France pour y être dissoutes ou réinstallées, à l'exception de quelques unités maintenues.


A cette date, l’Artillerie d’Afrique a vécu !


Néanmoins, la tradition des Régiments d’Artillerie d’Afrique n’est plus maintenue dans l’Armée Française que par deux unités qui ont conservé les Étendards et les numéros de deux d’entre eux :

  • Le 64e Escadron de Commandement d’Artillerie de Corps d’Armée, crée en 1978,
  • Le 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique qui est la continuation directe du 68e Régiment d’Artillerie Blindée de 1941, le Régiment à l’Etoile Rouge avec le numéro du Régiment brodé sur le Calot d'Armes, qui a tiré le premier sur l’Allemagne par-dessus le Rhin près de Colmar.


Sidi Ferruch, 14 juin 1830

Un Corps Expéditionnaire Français placé sous les ordres de l’amiral Duperré et du général Berthézène débarque sur une plage à quelques kilomètres à l’ouest d’Alger. Cette région d’Afrique du Nord est sous la suzeraineté du sultan turc d’Istambul. La population quasiment insoumise est livrée à l’abandon et l’insécurité près des côtes Méditerranéennes amène à décider une opération militaire pour détruire des repaires de corsaires et tenter de mettre fin au commerce des esclaves. Le roi Charles X ayant besoin de réassurer son autorité et en bute à une fronde de députés prend prétexte à une affaire « diplomatique » qui date de trois année. En 1827, le Dey d’Alger, Hussein avait souffleté de son chasse mouche le consul de France Deval qui refusait d’honorer le règlement d’un emprunt concernant l’achat de céréales achetées à la Régence d’Alger. Une flotte de plus de 450 navires appareille du port de Toulon le 25 mai 1830 et, se porte devant Alger et bombarde ses défenses ainsi que la citadelle de Fort l’Empereur. Trente sept mille soldats comportant gendarmes, logistique, approvisionnement et vivres, administration et sanitaires, cavalerie, gendarmes, 18 batteries d’artilleries accompagnées de 6 compagnies du train, au total 83 pièces de siège débarquent sur la plage de Sidi Ferruch le 14 juin 1830.

Il faut plusieurs jours de combats difficiles et incessants pour mettre fin à la domination turque exercée depuis le XXIe siècle par les deys et leurs janissaires. Face à la mobilité des pièces françaises, les troupes turques furent surprise de voir souvent en tête de colonnes les canons au plus près de leurs positions, mener par des tactiques audacieuses le combat aux côtés des premières lignes d’attaque de l’infanterie ; par manque de chevaux, les pièces souvent amenées à bras. Un attelage à suspension et de nouveaux avant-trains et caissons accroissaient la mobilité et accéléraient la mise en batterie. La mobilité des unités devait se heurter bientôt au manque que pistes carrossables et à leur déplacement dans les reliefs montagneux. Cette nouvelle expérience conduisit à faire accompagner les troupes de pièces plus légères, facilement démontables et transportables d’où la mise en œuvre d’un obusier de montagne capable d’effectuer des tirs courbes à courte distance.

L’Armée d’Afrique venait de naître et avec elle, l’Artillerie d’Afrique aussi.

La conquête de l’Afrique du Nord

Jusqu’en 1834, les Français ne s’étaient résolu qu’à garder les possession acquises le long du littoral méditerranéen des régions d’Oran, Mostaganem, Alger et Bône, les régions de l’intérieur étant laissées aux chefs indigènes mais les réalités locales firent prendre conscience de l’influence montante d’un jeune émir de naissance chérifienne, chef de tribus de la région de Mascara, l’émir Abd el Kader. Emir des croyants, il remporta sur les tribus du makhzen turc la victoire de Meharaz et marqua le début de l’ère des Chorfas arabes. Il occupa le Titteri et infligeait en 1835 au général Trézel un échec lors de la bataille de la Macta. En 1836, la prise de la capitale du beylik de l’Est fut décidée mais l’expédition mal préparée échoua complètement par le manque de canons de gros calibre afin de détruire les défenses de Constantine, les pièces de campagne et de montagne ne suffisant pas. En 1837, le 13 octobre, la ville fut occupée non sans mal grâce à 33 grosses pièces de siège nécessitant des efforts considérables de mise en place. Après les bombardements des 11 et 12 octobre de « tir en brèche », l’artillerie abattait les murs de défense permettant aux fantassins d’envahir la place submergeant les 63 bouches à feu des défenseurs de Constantine.

L’insurrection devient soudaine et générale. Abd el Kader qui n’attendait que cela proclame la guerre sainte lorsque le duc d’Orléans tente de relier la région constantinoise à celle d’Alger en franchissant les « Portes de Fer » aux mains des Arabes. Au mois de novembre 1839, ses cavaliers ravagent les zones où commencent à s’implanter des colons venus de la Métropole, notamment dans la plaine de la Mitidja. L’armée d’Afrique doit mener la conquête par la lutte jusqu’à la soumission finale. Le 16 mai 1843, le duc d’Aumale contraint l’émir Abd el Kader à s’enfuir au Maroc, sa Smala a été prise par la victoire d’un escadron français. Le sultan du Maroc s’engage dans la guerre mais son armée est défaite à la bataille d’Isly en 1844. Il traite avec le gouvernement français. De violentes insurrections éclatent encore dans le Dahra, le Chélif et l’Ouarsenis en 1845. Abd el Kader remporte une dernière victoire à Sidi Brahim, puis abandonné par le sultan, il fait sa reddition aux généraux Lamoricière et Cavaignac dans la plaine de Sidi Brahim le 23 octobre 1847.

En 1857 à 1899, soumission des oasis du Sud et de la Kabylie. Les missions Flatters et Fourreau Lamy préparent l’occupation du Sahara jusqu’aux frontières du Niger, Cherchell, Blida et Médéa terminent la conquête de cette partie de l’Afrique du Nord.

Lors de ces nombreux combats, les artilleurs laissèrent leurs canons dans leurs parcs. Ils formèrent des escadrons à pieds, qui combattirent… à pieds aux côtés de leurs camarades de l’Infanterie. Ce fut un grand honneur pour eux.