Antiquité-Boniface

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Extrait du chapitre 52 de l'Histoire de Saint Augustin.

« L'empire d'Occident était alors gouverné par Valentinien III, ou plutôt, dit Gibbon, régnait sa mère Placidie, qui n'avait ni le génie d'Eudoxie, morte exilée à Jérusalem , ni la sagesse de Pulchérie, sœur du jeune Théodose. Aétius, âme intrépide et fortement trempée, mais incapable de supporter la gloire d'un rival, conçut un affreux dessein qui devait être la vraie cause des désastres de l'Afrique, cette portion si riche et si belle de l'empire romain.

Il jouissait d'un crédit considérable sur l'esprit de la mère de Valentinien. Voulant perdre Boniface, gouverneur de l'Afrique, il imagina de tromper à la fois Placidie et le comte.

Aétius peignit Boniface comme un ennemi secret, et décida Placidie à le rappeler de l'Afrique; en même temps il fit dire au comte de se garder d'obéir aux ordres de l'impératrice, parce que son rappel cachait un piège horrible. Boniface demeura donc à son poste, et ce fut alors qu'Aétius put sans peine convaincre Placidie de la rébellion du gouverneur de l'Afrique. Bientôt le comte se vit menacé de toutes les forces de l'Occident, commandées par Aétius lui-même.

Les blessures que l'injustice fait au coeur sont toujours les plus profondes; l'amer ressentiment qu'on éprouve est de nature à pousser aux inspirations du désespoir. En présence du violent orage dirigé contre lui, sans avoir rien fait pour mériter de telles colères, Boniface songea aux Barbares, ces instruments de toutes les vengeances divines et humaines. Il expédia à Gonderic, roi des Vandales, un messager fidèle, chargé de lui offrir l'alliance du comte et le tiers des possessions romaines dans l'opulente Afrique: de pareilles propositions n'étaient jamais refusées.

En voyant le messager de Boniface, les Vandales croyaient déjà apercevoir les fécondes et magnifiques contrées promises à leur bravoure. La mort de Gonderic, qui mit Genseric à leur tête, vint donner à l'entreprise de terribles conditions de succès.

L'armée vandale, mêlée de Goths, d'Alains et d'hommes d'autres nations , évaluée à cinquante mille combattants, passa d'Espagne en Afrique, au mois de mai 428; les Espagnols, heureux d'être délivrés d'hôtes aussi redoutables, fournirent avec un joyeux empressement les navires, pour franchir le détroit de Gibraltar. »

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