Historique Oran - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Oran

Historique

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Sommaire


Histoire ancienne

Introduction

ORAN : Ouahran en arabe, ville portuaire d’Algérie, important site préhistorique, la ville est fondée au Xe siècle par les Andalous.

Dès le IIe avant J.-C., ce sont les Phéniciens qui habitent Oran et surtout les Juifs qui eux, y font commerce. Depuis ce temps les Juifs sont présents dans la ville et seuls parmi toutes les entités humaines, ils ont connu sans perdre leur identité la longue série d'empires qui gouvernent cette terre depuis Carthage jusqu'à la France.

Et lorsque Isabelle la Catholique expulse tous les Juifs d'Espagne, le mardi 31 juillet 1492, c'est 200 000 personnes qui s'expatrient et un millier d'entre eux vers le Maghreb ; Oran en recevra la plus grande part.

Elle est située au fond d’une baie, sur les deux rives de l’oued Rehhi, dominée par les monts de l’Aïdour.


ORAN avant l'arrivée des espagnols

Grotte du Polygone, située dans la montagne du Murdjajo.

L'agglomération d'Oran remonte aux premiers âges de l'humanité. Les recherches ont établi l'existence d'un Oran préhistorique très important et l'on peut visiter encore les nombreuses grottes du Murdjadjo où les premiers "oranais" avaient laissé des traces de leur passage et des vestiges de leurs industries : coup de poing chelléen, haches, couteaux ou scies en silex, en quartzite ou en grès siliceux, toutes ces pièces.
Ainsi, la belle grotte aux trois ouvertures qui se trouve à l'origine du ravin de Noiseux abritait certainement un riche négociant, sans doute en vins, car n'oublions pas que le Murdjadjo était couvert de vignes sauvages fournissant un vin rude.
Tessons divers de poteries puniques. Provenance : les Andalouses. Ce sont le Phéniciens qui, dès le début du IIème millénaire avant notre ère, puis les Romains qui assurèrent la prospérité de Portus Divini qui englobait les sites d'Oran et de Mers-El-Kébir jusqu'au Vème siècle. La pratique de l'irrigation permit le développement des plantations d'oliviers et de vignes, et l'accroissement des cultures céréalières et de l'élevage. L'Oranie devint ainsi une des plus riches contrées de l'Occident.
Après le Vème siècles, l'organisation romaine commence à se désagréger et après les invasions des Vandales, ces envahisseurs germaniques venus de l'Espagne, débarqués en 455 et surtout la conquête par les arabes en 645, la cité s'éteint et disparaît.
La véritable création de la ville d'Oran se situe aux environs de 903, lorsque des marchands arabes de la côte d'Andalousie construisent quelques habitations et un entrepôt pour leur commerce avec Tlemcen et les populations nomades du Sahara. Cet établissement prospère rapidement.
La ville s'appelle alors Wharan. La ville doit son nom au calife Bou Charam Ouaraham qui gouvernait la ville au Xème siècle. Le nom d'Oran apparaîtra pour la première fois dans un portulan génois de 1384.
En 910, Oran est occupé par les Fatimides, une dynastie chi'ite qui avait Kairouan pour capitale.
En 1083, c'est au tour des Almovarides. Cette dynastie berbère occupe le sud de l'Espagne et la plus grande partie de l'Afrique du Nord. Ils furent vainqueurs notamment des armées chrétiennes conduites par El Cid Campéador (1043-1099), avant de succomber sous ses assauts. Rappelons que son surnom du Cid vient de l'arabe sidi (mon seigneur).
En 1137, les Almohades conduits par Abd El Moumin, ce génie militaire né dans le pays de Nédroma, occupèrent toute l'Afrique du Nord, les royaumes de Cordoue et de Grenade. Ils furent défaits par les chrétiens à Las Navas de Tolosa le 17 juillet 1212.
En 1242, la dynastie berbère des Mérinides occupe le royaume de Grenade, tout le Maroc et une partie de l'Algérie, guère plus loin qu'Oran cependant. Ils étaient surtout de grands bâtisseurs. Mais malgré toutes ces occupations successives, Oran devient peu à peu une ville puissante.
Le commerce avec Marseille, Gènes et surtout Venise avec qui Oran a signé un traité de Commerce en 1250 font des Oranais des gens riches. Ils exportent de la laine, des peaux, des burnous fins, des tapis, des haïks, du cumin, des noix de Galle (ou galle d'Alep, c'est la tumeur résultant de la réaction des végétaux piqués par un insecte) et parfois aussi des esclaves noirs. Vers la fin du XIVème siècle, Oran a alors atteint un tel degré de prospérité qu'un contemporain enthousiaste, Ibn Khaldoun, le célèbre historien arabe pouvait s'écrier : " Oran est supérieure à toutes les autres villes par son commerce. C'est le paradis du malheureux. Celui qui vient pauvre dans ses murs en sort riche. ". Mais la richesse de la ville excite la convoitise de nombreux princes berbères qui se disputent sa possession.
Oran est alors sous la coupe des Beni Zian, les gouverneurs de Tlemcen. Le luxe et la richesse portent les Oranais aux excès les plus condamnables. Ville de corruption et de relâchement dans les moeurs, Oran devient le berceau de la piraterie et Mers El Kébir un nid de forbans. Ces pirates poussaient l'insolence jusqu'à venir enlever les galions des Indes sous le feu des batteries espagnoles et faisaient continuellement des descentes armées, des côtes de l'Andalousie à Gibraltar.

Porte d'Espagne : Ecusson aux armes d'Espagne au-dessus de la porte de la Manutention militaire. L'inscription indique la date de la construction (1764) et le nom du gouverneur Don Juan Zermeno, sous le règne du roi Charles III.


Oran l'espagnole 1509-1792

Fresque peinte dans la cathédrale de Tolède et montrant la prise d'Oran par les espagnols en 1509. En bas à droite, apparaît le Cardinal Ximenes de Cisneros avec sa cape rouge.

Le 19 mai 1509, l’armada espagnole du cardinal Ximénès et du général Pedro Navarro s’empare d’Oran…

Au printemps 1563, les places espagnoles d'Oran et de Mers-el-Kébir résistent aux assauts musulmans.

En 1568, Don Juan d'Autriche, frère du roi d'Espagne, est à Oran et visite le castillo de Rozalcazar dont la position au dessus de la ville l'a frappé.

Après 1574, le roi Philippe II d'Espagne ne conservait sur le littoral africain que Melilla, Oran et Mers-el Kébir

En 1600, l'espagnol Diégo Suarez, historien et soldat qui servit 30 ans à Oran, parlant des forts de la ville pouvait dire « qu'ils couvent la Ville comme une poule ses poussins. Le Rozalcazar serait de loin le plus important si on le terminait ».

En 1622 1635, 1645, 1653, 1656, 1662, les capitaines généraux espagnols de la place d'Oran soutiennent des combats contre les Maures

En 1701, le marquis (espagnol) de Casasola commande la place d’Oran.

En 1708, les Espagnols sont contraints de quitter Oran.

Le 15 juin 1732, le comte (espagnol) de Montemar part d'Alicante : il débarque sur la plage d'Aïn el Turk le 30 juin et entre le lendemain 1er juillet dans Oran : après cette date, Oran est devenue une véritable ville espagnole peuplée de plus de 10 000 habitants, que l'on surnomme la Corte Chica, la « Petite Cour », en raison du souci de l'aristocratie locale d'imiter la haute société madrilène.

ORAN 1732 Tirée du livre de 'Emile Serna "Oran la Radieuse"

De 1737 à 1741, le général espagnol José Vallejo, alors gouverneur d'Oran, fit construire successivement différents ouvrages.

Vers 1760, le général espagnol Don Juan Zemeno fit encore exécuter des travaux considérables à la forteresse d’Oran.

En 1770, Oran est une ville de 532 maisons particulières et 42 édifices publics, une population de 2 317 bourgeois et 2 821 déportés libres se livrent au négoce (soit 5 140 contre plus de 10 000 en 1732)

Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1790, les habitants d'Oran ressentent les 22 secousses d'un tremblement de terre : toutes les constructions un peu anciennes, les 2/3 de la ville, sont renversées ; sur une population de 8 000 âmes, plus de la moitié sont ensevelis sous les décombres ; les rescapés campent sous des tentes ou des abris en planches entre le Château Neuf et le fort Saint-André ; aussitôt, le bey turc et les tribus assiègent la ville qui ne comptent plus que 15 000 hommes pour la défendre

Le 12 septembre 1791, l'Espagne abandonne officiellement Oran au dey d'Alger mais tous les Espagnols ne quittèrent pas le pays après et des artisans notamment y demeurèrent à la demande du bey de Mascara ainsi que quelques commerçants, soit environ 200 personnes

Lorsque les Espagnols quittent Oran en 1792, il ne reste qu'un seul européen, un Français, le sieur Gaillard né en 1750 à Paris et naturalisé Espagnol sous le nom de Gallardo ; il se fait musulman en acceptant la charge de joaillier du Bey. Son fils hérite de la charge et les Français le trouveront en arrivant, exerçant son métier.

En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportent une nouvelle épidémie de peste et la ville redevient pratiquement déserte.

Tribu maghzen, la ville déserte se repeuple d'aventuriers venus de tous les points de l'Oranie, attirés par les dépouilles espagnoles et par les franchises d'impôts, accordées aux membres des tribus maghzen. Pour remplacer les commerçants espagnols, les Turcs attirèrent une communauté israélite dont les membres viennent de Mostaganem, Mascara, Nédroma et Tlemcen.

Les Beys d'Oran sont victimes, soit de la jalousie ombrageuse des Deys d'Alger, soit des révolutions de palais et des exactions des fonctionnaires turcs qui gardent en partie pour eux les lourds impôts levés par la force sur les populations indigènes.
Oran, résidence du Bey, avec son palais (Château Neuf), son harem (Tribunal militaire actuel) et sa maison militaire (Casbah) , possède trois mosquées.Ils s'enfermèrent pendant 40 ans dans leur nouvelle résidence de Rosalcazar avec leur harem, pour ne plus en bouger.

Gravures et images des infrastructures faites par les espagnols
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Les fortifications mises en place par les espagnols
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Le tremblement de terre d'octobre 1790

Extraits du rapport du comte de Cumbre-Hermosa au roi d'Espagne Charles IV.

« Dans la nuit du 8 au 9 octobre dernier, à une heure et quelques minutes, alors que le sommeil exerce le plus grand empire sur la nature humaine, Dieu fit peser sur nous le glaive de sa justice, menaçant de nous exterminer tous dans les convulsions d'un tremblement de terre si profond qu'en moins de trois minutes il ruina la majeure partie des édifices et ébranla le reste de fond en comble.

....Le peuple réclamait à grands cris qu'on lui ouvrît les portes de la ville afin de se réfugier dans la campagne et se soustraire ainsi à la chute des édifices, partout ébranlés. C'était en effet, pour nous, un sujet de terreur que ces murailles encore debout, quoique chancelantes sur leurs bases qui, à la moindre commotion du sol, oscillaient d'une manière effrayante. On demandait toujours les clefs de la ville mais, avec une partie de la maison du gouverneur, elles étaient enterrées sous les ruines de l'église métropolitaine.

...Les premières lueurs du jour nous surprirent dans cet état d'anxiété; à la faveur de la lumière on entreprit des fouilles laborieuses et nous acquîmes la certitude que le Gouverneur Général (Don Nicolas Garcia) et toute sa famille avaient péri.

.....Car encore que nous eussions de la farine, nous étions sans tamis, sans pétrin et sans four pour la cuisson du pain... On appliqua , dans la matinée même, tous les ouvriers qu'on pût réunir, à la construction de fours de plein air, lesquels commencèrent à fonctionner immédiatement. »

L'ennemi profite de l'occasion, et des brèches des murailles, pour attaquer la ville, mais il est repoussé.

« Mais je laisse Votre Majesté juge de l'héroïsme de cette conduite, si Elle veut bien tenir compte de l'impression sous laquelle combattaient ces hommes; si Elle daigne considérer que les tremblements de terre durent toujours, quelques-uns si profonds encore qu'ils nous rappellent les malheurs dont les premiers nous ont rendu témoins; si Elle songe, enfin, qu'en recouvrant une plus grande liberté d'esprit, chacun de nous devra, à la vue des vides laissés autour de lui, regretter plus amèrement, le père son fils, le fils son père, le mari sa femme, la veuve son mari, tous enfin des parents, des amis ; et un grand nombre, le fruit des sueurs de toute leur vie ; car ceux-ci ont vu leur fortune s'écrouler avec les maisons qui étaient leur ouvrage, ou s'ensevelir sous les ruines ; ou leurs bijoux, leurs vêtements ; souvenirs qui, toujours présents à leurs yeux, les plongent dans un abattement capable d'abréger leur vie.

...Tel est , Sire, l'état dans lequel nous nous trouvons, abrités sous nos tentes de campagne, aujourd'hui 2 novembre 1790.

Comte de Cumbre-Hermosa


(Original à l'Archive de la Réal Audencia de Valencia n° 20.137)

Deux ans plus tard, les espagnols évacueront les restes de leur cité oranaise.

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Epidémie de choléra: octobre et novembre 1849

Récits sur l'épidémie

Dès les premiers décès, les autorités civiles et militaires prirent les mesures imposées, et firent publier les recommandations de salubrité et d'hygiène relatives aux habitations, vêtements, aliments, etc.

Mais, le 14 octobre 1849, l'épidémie n'en éclate pas moins de manière foudroyante dans divers lieux de la ville.

Voici le récit qu'en fit Mgr.Mathieu, archiprêtre de la cathédrale d'Oran.

« Frappant à coups redoublés, ne respectant ni le sexe ni l'âge, n'ayant égard ni à la naissance ni à la fortune, la mort emportait des familles entières... Les prolonges mises par le général Pélissier à la disposition de la municipalité passaient et repassaient dans toutes les rues, emportant à la hâte leur funèbre fardeau. Au fond du ravin Ras-el-Aïn on creusa de nouveaux cimetières aussitôt insuffisants. Les fossoyeurs, impuissants à remplir leur lugubre besogne, avaient été remplacés par des condamnés fournis par l'autorité militaire ; ils creusaient de vastes tranchées dans lesquelles on déposait, comme en une immense fosse commune, ceux que frappait l'épidémie. Du 11 octobre au 17 novembre 1849, mil huit cent dix-sept décès ont été déclarés à l'état-civil d'Oran ».

Le même Mgr Mathieu rapporte cette lettre adressée par l'aumônier de l'hôpital militaire, le Père Picazo à son supérieur le Révérend Morey.

« La mort enlevant, les uns après les autres, tous les médecins, les deux tiers des infirmiers, 79 sur 110, une bonne partie des officiers d'administration et une multitude innombrable de victimes, votre serviteur, qui a aujourd'hui l'honneur de vous le raconter, fut obligé de remplir alternativement, et nombre de fois en même temps, les illustres fonctions de directeur de l'hôpital, d'officier de garde, de médecin en chef, d'infirmier-major ou de service, d'ensevelisseur, etc. Le 24 octobre au soir, pour la première fois je me couchais sur trois chaises afin de me reposer un peu... Je me trompe : la veille, à deux heures du matin, n'en pouvant plus, je fus me coucher tout habillé dans le lit d'un malheureux qui venait de mourir; mais il me fallut acheter cet avantage en portant moi-même, à l'amphithéâtre, le pauvre mort afin qu'il laissât la place libre... »

Epilogue

Dans une réunion restée célèbre, où se trouvait présent l'abbé Suchet comme vicaire général, le général Pélissier l'interpella « Qu'est-ce que vous faites donc , monsieur l'abbé ? Vous dormez ? Vous ne savez donc plus votre métier ! Le choléra !... Nous n'y pouvons rien, ni vous, ni moi, ni personne. Vous me demandez les moyens de l'arrêter ? Je ne suis pas curé, et pourtant, c'est moi, Pélissier, qui vous dit: faites des processions. » Et le conduisant à la fenêtre, il lui montre la montagne de Santa-Cruz, qui domine la ville à l'ouest.

« Foutez-moi une vierge là-haut, sur cette montagne ! Elle se chargera de jeter le choléra à la mer!...»


On fit des processions, et l'on vit dans celle du 4 novembre le général Pélissier et son état-major en tête. Le même soir, la pluie tombait enfin, et dès le lendemain, le nombre de morts décrut pour s'établir en quelques jours à une moyenne normale.

On chercha dans les jours suivants un lieu dans la montagne pour installer la statue de la vierge. Une souscription fut ouverte, et le 9 mai 1850 Mgr Pavy, évêque d'Alger inaugurait la chapelle exposant la statue de la Vierge.

C'était le début du pélerinage de l'Ascension, et de la relation passionnée des oranais et oraniens à Notre-Dame de Santa Cruz.

Mais ceci est une autre histoire !

Présence française 1830 - 1962 ALGERIE

Texte de CRY

Après la prise d'Alger par les français, Hassan Bey vieillissant fit ses offres de soumission au Général en Chef de Bourmont, chef de l'expédition. En Juillet 1830 Hassan bey sollicité de toutes parts par les tribus arabes, qui elles, voulaient leur indépendance, sollicita l'intervention de la France.

Le 4 janv. 1831, le général Danrémont entre dans Oran. Le 17 août, le général Faudoas y installe une garnison, dont le 4e bataillon de Légion (Espagnols).

Les Français se trouvent en présence d'une ville divisée en trois parties distinctes, enfermée dans une seule enceinte flanquée de forts.

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Les troupes de la garnison, sous les ordres du général Boyer, font l’objet de combats sporadiques de la part des rebelles. Le 11 nov., 3 000 cavaliers et 1 000 fantassins sont sous les murs de la ville. La garnison, dont le 4e bataillon formé avec les Espagnols), commandé par le chef de bataillon Cros d’Avenas fait partie, repousse l’attaque. Madhi el Din, déclare que son âge l’empêche de remplir correctement sa mission et proclame son fils sultan des Arabes. Ce dernier a 24 ans.

Au début de l'occupation française, Oran porte encore le « cachet que les Espagnols lui ont imprimé ». En 1840, elle compte environ 8 000 habitants : 5 à 600 Indigènes ou Maures, 4 000 Israélites, 3 500 Européens (Français et Espagnols)

Le quartier de la Marine est seul « habitable », avec des rues mal entretenues, un grouillement bruyant d'hommes et de bêtes de somme, transportant des outres d'eau potable, puisée dans le ruisseau du ravin. La nuit c'étaient des cris des sentinelles, « prenez garde à vous », qui se répétaient le long des murailles et que soulignaient de temps à autre des coups de feu tirés contre les factionnaires. A cette époque, toutes les provisions venaient de France, toutes, jusqu'au bois de chauffage.

Le pays fournissait à peine quelques bœufs, vendus par les Arabes qui les avaient volés à leurs coreligionnaires .

Oran devient une tête de ligne de la pénétration du Sud Oranais.
Le 31 janv. 1838, la ville est érigé en commune de plein exercice et jusqu'en 1962, 28 maires s'y succéderont et s'appliqueront à embellir peu à peu leur ville.
Elle est décimée par une épidémie de choléra en 1849.

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10 forts ceinturent la ville
  • la vieille Casbah, reconstruite vers 1509 sur les ruines d’une fortification érigée en 903 ;
  • le Château-Neuf ou bordj el-Mehal ou encore bordj el-Ahmar, la résidence des beys puis l’hôtel de la division militaire ;
  • le fortin ou lunette Saint-Louis datant du XVIe siècle ;
  • la Mona ou Lamoune ;
  • Sainte-Thérèse ; Saint Philippe ou fort des Beni Zeroual ;
  • Saint Grégoire, réparé en 1845 par les Français pour en faire une prison militaire ;
  • Saint-André ou bordj el-Djedid ou bordj el-Sbahihïa (le fort des spahis), remis en état en 1831 ;
  • Santa-Cruz, ancienne prison restaurée de 1856 à 1860 et
  • le réduit Sainte-Barbe, prison indigène.

Un recensement de l’époque de l'arrivée des Français, donne 3 200 habitants. En 1962 elle en dénombre 400 000.

Les Oranais de Tlemcen, Mostaganem, Mascara, Sidi-Bel-Abbès ou Relizane étaient pour la plupart des descendants d'émigrés Espagnols, Levantins ou Andalous qui, au milieu du XIXe siècle avaient fuit la misère de leur pays. Leurs grands-pères étaient arrivés à bord de balancelles transportant des cargaisons de gargoulettes. Sur la blouse noire des paysans alicantins, ils transportaient au bout d'une canne un baluchon qui constituait tout le patrimoine familial.

La vie politique est aussi conditionnée par les journaux et, si le « Petit Oranais » a eu un certain temps un impact certain sur une partie de la population, « L'Écho d'Oran » fut le journal le plus important. C'est le plus ancien et le plus diffusé : 80 000 exemplaires en 1936, 93 500 en 1938 et 120 000 dans les années 60. Il cessera d'exister en 1963. Fondé en 1844 - le numéro 0 est du samedi 5 octobre 1844 - par Adolphe Perrier, un imprimeur lorrain banni par Louis-Philippe pour avoir exprimé des sentiments trop républicains, ce journal paraissait tous les samedis et se qualifiait « d'organe d'annonces judiciaires, administratives et commerciales ».


Vers 1935, le Petit dépôt devient le passage obligé des nouvelles recrues ou des légionnaires en provenance de la métropole.
Après la Seconde Guerre mondiale, le petit dépôt d’Oran reste la base de transit de toute la Légion et ce jusqu’en 1962.

En 1943 les armées alliées décident de regrouper les corps des soldats tués. Un terrain communal de 81 800 m2, près d’un petit lac à l’est de la ville, est mis à disposition.
Environ 10 000 dépouilles y sont ensevelies. En 1946, les soldats américains morts au champ d’honneur sont exhumés et rapatriés sur les Etats-Unis et sur la nécropole de Bône.

L’organisation spéciale, organisme clandestin fondée sur les instance de Messali Hadj par Aït Ahmaed, attaque la Poste pour se procurer des fonds en 1949.

1952. Le 1er mai, des émeutes secouent la ville.

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Oran - Les dates importantes de sa construction ...

Le 4 janvier 1831, les Français font leur entrée officielle dans la ville. Ce n'est pas tout de suite la paix - au contraire -. Abd El Kader va créer l'insécurité en harcelant l'armée française et il faudra 12 ans avant que le duc d'Aumale ne fasse prisonnier toute sa smalah en mai 1843. Abd El Kader ne fera sa soumission à Louis-Philippe que le 23 décembre 1847. Mais dès 1835, le génie avait entrepris la route en corniche vers Mers El Kébir avec le percement d'un tunnel et les Français s'étaient lancés dans la restauration de la ville :
En 1836, le général de Létang crée la magnifique promenade d'où l'on peut jouir d'un si beau panorama.
De 1841 à 1845, Lamoricière crée un village regroupant les étrangers : Le village des Djalis (étrangers), appelé ensuite le village nègre avant de devenir la "ville nouvelle".
En 1848, un hôpital civil est édifié rue du Cirque.
A partir de 1848, commence le développement du port d'ORAN (il passera de 4 hectares en 1848, à près de 30 hectares en 1880, puis 50 hectares au début du XXe siècle, puis 100 hectares vers 1920, pour atteindre enfin 150 hectares vers 1940)
Juillet 1952 : L'eau à Oran. A l'occasion de l'arrivée de l'eau douce à Oran à partir du barrage de Béni Bahdel la mairie offre un dégustation de l'anisette au grand public En 1849 - L'epidémie a oran : Lors de la terrible épidémie de choléra, suite à une sécheresse dramatique de plusieurs mois, condamnant les populations d'Oran à des conditions de survie précaires, privation d'eau, de nourriture... ravageant la ville depuis des semaines et emportant la région avec une cruauté sans pareil, Monseigneur l'Evêque d'Oran pris l'initiative de mener en procession la statue de la Vierge suivie par toute la ville juqu'au sommet de la colline d'Oran, nommée Mont de Murdjajdo.
Toute la foule implorait la Sainte Vierge pour la voir ramener la pluie par sa bonté. Suite à cette procession, la pluie se mit à tomber à nouveau et le choléra quitta la ville d'Oran ainsi que la région. En hommage à ces miracles, une chapelle fut construite sur la colline au pied du fort de Santa Cruz...

  • En 1849 débute la construction du Caravanserail
  • En 1880 débute la construction de la Synagogue (qui esra finie en 1918)
  • En 1882 à 1886 - construction de l'Hôtel de Ville
  • En 1887 construction du Lycée de Jeunes filles Stéphane GSELL, qui porta d'abord le nom de "Collège de Jeunes Filles".
  • En 1890 débute la construction de l'ancienne Préfecture
  • En 1903, de grandes festivités sont organisées à oran pour le millénaire de la ville
  • En 1908 débute la construction du Théâtre Municipal
  • En 1913 ouverture au culte de la Cathédrale du Sacré - Coeur
  • En 1930 débute la construction de la Maison du Colon
  • En 1939, l'agglomération urbaine d'Oran groupe, sur 1.100 hectares, 40 faubourgs ou cités créés par des lotissements.
  • En 1940 débute la construction de la Nouvelle Préfecture
  • En 1951 débute la construction des HLM de Gambetta (en juillet)
  • En 1952 arrivée de l'eau douce (en juillet)
  • En 1957 Construction du stade Fouques Duparc

Pratiquement tous les grands édifices que comportent la ville d'ORAN actuellement ont été construits par les français.

La Démographie et les différentes populations

La démographie

Dès le IIème avant J.C., ce sont les Phéniciens qui habitent Oran et surtout les juifs qui eux, y font commerce. Depuis ce temps les juifs sont présents dans la ville et seuls parmi toutes les entités humaines, ils ont connu sans perdre leur identité la longue série d'empires qui gouvernent cette terre depuis Carthage jusqu'à la France.
Et lorsque Isabelle la Catholique expulse tous les juifs d'Espagne, le mardi 31 juillet 1492, c'est 200 000 personnes qui s'expatrient et un millier d'entre eux vers le Maghreb ; Oran en recevra la plus grande part.
En 1770, Oran est une ville de 532 maisons particulières et 42 édifices publics ; une population de 2 317 bourgeois et 2 821 déportés libres se livrent au négoce. Lorsque les Espagnols quittent Oran en 1792, il ne reste qu'un seul européen, un Français, le sieur Gaillard né en 1750 à Paris et naturalisé Espagnol sous le nom de Gallardo ; il se fait musulman en acceptant la charge de joaillier du bey. Son fils hérite de la charge et les Français le trouveront en arrivant, exerçant son métier.
En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportent une nouvelle épidémie de peste et la ville redevient pratiquement déserte.
En 1832, le recensement fait par le commissaire du roi, Pujol, indique une population de 3 800 habitants : 750 européens, 250 musulmans et 2 800 israélites. Malgré une épouvantable épidémie de choléra en 1849, la ville va se développer rapidement. En 1961, les statistiques donnent 400 000 habitants : 220 000 européens et 180 000 musulmans. Oran est alors la première ville d'Algérie où la population européenne dépasse en nombre la population musulmane.

Les différentes populations

Depuis le 31 janvier 1848, la ville est érigée en commune et jusqu'en 1962, 28 maires s'y succéderont et s'appliqueront à embellir peu à peu leur ville.
Jusqu'en 1850, la ville se cantonne dans les bas quartiers avec une seule pointe sur le plateau représentée par le quartier israélite. Vers 1890, Oran, à l'étroit, commence à grimper vers Karguentah. Peu à peu, la ville sort de ses limites et de nombreux faubourgs se créent : Saint Antoine, Eckmuhl, Boulanger, Delmonte, Saint Michel, Miramar, Saint Pierre, Saint Eugène, Gambetta.
L'administration française distribue de nombreux lots de terrains de 4 à 12 hectares à de petits colons européens et nombre d'entre eux tentent leur chance :
Au 1er janvier 1847, 47 300 Français étaient venus d'Alsace, des Vosges, du Dauphiné et du sud de la France en même temps que 31 000 Espagnols, 8 800 Maltais, 8 200 Italiens et 8 600 Suisses et Allemands qui passaient pour être les plus mauvais colons.
La consanguinité espagnole est constatée dans 80% environ de la population française d'origine européenne, mais bien peu de particularités permettaient encore de les distinguer. Si les spectacles de danses ou de musique espagnole continuaient de plaire aux Oranais, les courses de taureaux n'avaient plus de succès et les arènes d'Eckmuhl tombèrent en ruines.
Les Oranais de Tlemcen, Mostaganem, Mascara, Sidi-Bel-Abbès ou Relizane étaient pour la plupart des descendants d'émigrés espagnols, levantins ou andalous qui, au milieu du XIXème siècle avaient fui la misère de leur pays. Leurs grands-pères étaient arrivés à bord de balancelles transportant des cargaisons de gargoulettes. Sur la blouse noire des paysans alicantins, ils transportaient au bout d'une canne un baluchon qui constituait tout le patrimoine familial.
Dans la cour des écoles, ceux dont le nom avait une consonance ibérique étaient des "escargots" parce que leurs parents étaient venus en Algérie "transportant leur maison sur leur dos".
Seul les prolétaires continuaient à parler le patois valencien ou andalou et à pratiquer un catholicisme fortement entaché de pratiques superstitieuses. Les Levy ou les Cohen étaient des "piments" , car la frita, mets à base de poivrons doux, constituait pour eux une nourriture de base. Les musulmans qui portaient à l'époque la chéchia ou le fez étaient à cause de la forme et la couleur de leur coiffure des "fromages de hollande", des "bouteilles cachetées" ou des "melons". Les Durand et les Dubois, fraîchement arrivés de la Mère Patrie, si loin qu'il fallait alors 40 heures de bateau pour y parvenir, étaient des "françaouis".
Le terme "patos" est né plus tard. En espagnol, un patos est un canard ; et les braves paysans limousins ou jurassiens que la France envoyait servir au 2ème régiment de Zouaves à Oran ou au 2ème Chasseurs d'Afrique à Mascara avaient souvent la démarche chaloupée de ce palmipède.
Les gens nés dans le pays n'étaient pas encore des Pieds Noirs. Ils s'étaient attribués, pour se distinguer des nouveaux débarqués de nom de " margaillons ". Un margaillon en jargon pataouète est un palmier nain qui pousse un peu partout, qui peut vivre des mois sans eau et qui ne se laisse arracher qu'avec beaucoup de difficultés ; il était pour eux un symbole d'endurance et de résistance. (on peut rapprocher ce mot de celui de Sabra qui est une figue de Barbarie et qui est le surnom du juif né en Israël.) Tous ces surnoms ne devenaient péjoratifs qu'au cours d'une discussion... ou d'un match de football, ce qui revient au même.
Les mariages avaient brassé les descendants des communautés originelles métropolitaines, ibériques ou italiennes . Venaient s'y ajouter quelques gouttes de sang grec ou maltais. Les légionnaires démobilisés à Sidi Bel Abbès se fixèrent aussi volontiers dans le pays. Il y eut quelques mariages entre chrétiens et juifs, très peu entre européens et musulmans et pas du tout entre musulmans et juifs. Ce n'était pas du racisme mais une incompatibilité de règles religieuses et de moeurs, la polygamie des uns étant incompatible avec la monogamie des autres. La proximité de l'Espagne (par temps clair, de la côte de Bel Horizon qui domine la rade de Mers El Kébir du haut de ses 511 mètres, il est possible d'apercevoir à l'horizon le sommet de la cordillère du Cap de Gata), une occupation de trois siècles par les armées espagnoles, ont donné aux Oranais un caractère qui leur faisait dire en parlant des Algérois de la rue d'Isly, que ces derniers étaient les Lyonnais de l'Algérie. Autant les Algérois se montraient réticents à accepter un étranger, autant les Oranais avaient le sens ibérique de l'hospitalité.

Indépendance et exode

4 juillet 1962 Indépendance officielle de l'Algérie.

Un massacre [1] a lieu à Oran, le 5 juillet 1962. Ces événements se sont déroulés trois jours après le référendum consacrant l'indépendance de l'Algérie par décision du général de Gaulle.

Un nombre très important d'européens quittent la ville.

Sources.png Il est possible/souhaitable/utile de compléter les sources des données présentées.

Oran semble une ville abandonnée.

Oran, grande ville de 400 000 habitants, était à majorité européenne.

La répartition des départs est inconnue à ce jour, selon la situation sociale, certaines familles avaient préparé leurs départs, d'autres ont eu à attendre des mutations ou des indications de leurs administrations de tutelle et d'autres ont eu à subir des départs en catastrophe.

Note SYSOP :

Il est souhaitable de créer un dossier à part entière concernant le départ massif des européens.


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