Historique Zeralda - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Zeralda

Historique

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Période française

  • Centre créé le 13 septembre 1844 sur la baie de Sidi-Ferruch. Dépendant initialement de Koléa, passa en 1860 sous la tutelle de Cheragas puis sous celle de Staoueli jusqu'en 1905 où il devint commune en plein exercice.

Que trouvèrent les français en arrivant sur ces lieux ? Bien peu de choses en vérité. Il en avait pourtant été autrement dans un lointain passé, principalement à l'époque romaine. Des écrits signalent en effet les ruines de thermes, ce qui suppose un habitat important On trouva aussi quelques traces éparses de la via romana qui venait de Carthage (Tunisie), reliait Icosium (Alger) à Tipaza et à Césarée (Cherchell) pour aller jusqu'à Volubilis (Maroc) Les invasions vandales et arabes étaient passées par là.

En 1830 les soldats de la 2e division du général Loverdo qui combattirent dans le secteur pour protéger le flanc droit du camp de Sidi-Ferruch, purent découvrir, de la mer vers l'intérieur des terres, le paysage suivant : une immense plage avec sans doute au large les bateaux du corps expéditionnaire à l'ancre, ensuite des dunes de sable non boisées poussant des langues envahissantes sur les terrains voisins. Ces dunes empêchant tout écoulement des eaux de ruissellement vers la mer faisaient de la plaine limitrophe une zone marécageuse, envahie d'une végétation épaisse et luxuriante.

Toujours plus au Sud amorçant les premières pentes du Sahel, des collines de faible hauteur étaient couvertes d'herbes folles avec d'importants maquis broussailleux où prospéraient à l'envi palmiers nains, figuiers de barbarie, ronces et agaves (aloès) Quelques mechtas de bergers disséminées mais pas de douars, pas de trace d'activités agricoles ou autres.

C'est dans ce cadre que 14 ans plus tard, sous l'impulsion du comte Guyot et sous l'autorité du maréchal Bugeaud, fut décidée, le 13 septembre 1844, l'implantation du centre de peuplement de Zéralda. Rappelons que le nom de baptême fut El- Zeradia, mais allez donc prononcer ce mot ! La déformation en Zéralda sonnait mieux et s'imposa.

Les mobiles de cette implantation furent essentiellement militaires. Les autorités installaient les nouveaux villages de façon à former des lignes de défense successives disposées en arc de cercle autour d'Alger. Avec Douéra et Mahelma, Zéralda formait la troisième de ces lignes. Par ailleurs la distance entre Staouéli et Koléa, centres déjà existants, était d'une vingtaine de km, ce qui faisait beaucoup pour les troupes à pied. Il fallait une position de bivouac intermédiaire : ce fut Zéralda à 7 km à l'ouest de Staouéli et à 12 km de Koléa. La nécessité de pouvoir se défendre contre d'éventuelles incursions, imposa le choix d'une colline qui dominait les environs (celle-là même où furent découverts les thermes romains).

Le plan établi avait la forme d'un trapèze ; il fut divisé en lots urbains et en lots de jardin, une place publique figurait au centre ainsi qu'un bivouac avec un abreuvoir et un lavoir, un petit cimetière était aussi prévu. Le Génie entreprit la mise en état des lieux: délimitation des lots, tracé des rues, ébauche d'un fossé de ceinture renforcé de redoutes avec 2 portes, l'une vers Staouéli, l'autre vers Koléa.

Le problème capital de l'alimentation en eau sembla résolu en édifiant un barrage en amont vers l'oued dit Ravin de Mahelma qui, descendant du Sahel, bordait Zéralda sur son côté est. Par différence de niveau une conduite enterrée amenait l'eau à un réservoir creusé au sommet de la colline, point culminant. La surface cultivable nécessaire à l'établissement des colons fut estimée à 300 ha. Chose curieuse, les terres entourant le futur village appartenaient à deux anglais Mr de Saint John, consul général d'Angleterre à Alger et Mr Tulin vice-consul. Cette propriété de 900 ha qui s'appelait Haouch Mohamed Kodja avait appartenu à un secrétaire du Dey d'Alger et avait été régulièrement acquise par les deux diplomates. L'expropriation se traita à l'amiable. Les colons arrivèrent au printemps 1885.

Le projet initial prévoyait 30 familles, 15 de ces familles venaient volontairement de Dely Ibrahim, premier village de colonisation avec Kouba (1832). Elles étaient d'origine allemande pour la plupart et elles avaient déjà une solide expérience des difficultés à surmonter. Les 15 autres familles devaient venir de France. L'armée avait pris du retard, les habitations n'étaient pas faites, il fallait loger sous la tente et même en troglodytes dans des grottes existantes sur la pente sud de la colline, pente raide et rocheuse.

Mais comme partout en Algérie la volonté et le courage ne manquaient pas. Il en fallait d'ailleurs une sacrée dose, car très vite les difficultés surgirent. La maladie fit des ravages immédiats, la zone marécageuse qui bordait les dunes était infestée de moustiques et le paludisme sévit. Le choléra s'y joignit car l'eau fournie par le barrage de retenue croupissait au soleil. Les premières familles installées et celles qui suivirent furent décimées. Le cimetière initial s'avéra vite trop petit et il fallut en aménager un autre plus grand et hors murs.

Des travaux de Titan Le problème de l'eau potable fut solutionné par la captation et l'aménagement d'une source située plus en amont sur les berges du ravin de Mahelma. L'assèchement des marécages fut entrepris, tout d'abord on creusa un canal à travers les dunes, en leur point le plus étroit pour prolonger le Ravin de Mahelma jusqu'à la mer. Ensuite un autre canal, très long, capta les eaux de ruissellement et les ramena vers cet exutoire. Pour finir on construisit une conduite de 1 mètre de diamètre et 200 mètres de long enterrée sous les dunes pour drainer vers la mer les eaux du grand lac en son point le plus bas.

Que l'on songe à l'ampleur du travail ainsi accompli ! Scrapers, bulldozers et autres pelles mécaniques n'existaient pas encore. Il fallut bien des années de labeur et d'épreuves pour arriver à dompter une nature hostile.

Insensiblement les conditions de vie s'améliorèrent ; les colons arrivaient, les terres étaient défrichées et mises en culture. Il fallut à plusieurs reprises agrandir le village. Le fossé de ceinture qui ne fut d'ailleurs jamais achevé, fut vite débordé. La route Alger-Koléa réalisée par l'armée désenclava la région, une économie essentiellement agricole prenait son essor.

Au milieu de tout cela, la vie spirituelle eut toujours beaucoup d'importance car dans les épreuves les gens avaient besoin du secours de la religion. Dès la création de Zéralda, une simple baraque de planches, édifiée sur la place publique, avait fait office de lieu de culte. C'est en 1875 que fut achevée l'Église définitive construite au sommet de la colline du village. Elle fut inaugurée par Monseigneur le Cardinal Lavigerie. Fait remarquable une chorale de 100 indigènes catholiques participa à cette cérémonie, à signaler également que c'est dans cette même église Sainte Marie-Madeleine que l'actuel curé de la paroisse de Six-Fours, le père Jean-Yves Molinas sentit naître sa vocation religieuse sous le ministère de l'abbé Stephani.

Parallèlement la vie administrative s'organisait. Dépendant initialement du district de Koléa, Zéralda passa en 1860 sous la tutelle de Chéragas, puis sous celle de Staouéli jusqu'en 1905. C'est donc tardivement et après maintes démarches et pétitions que l'indépendance acquise, que Zéralda devint une commune de plein exercice.

Les équipements publics furent surtout réalisés à partir de cette époque. Le premier groupe scolaire de 6 classes fut inauguré en 1905. La mairie logée jusque là dans les locaux de fortune, fut définitivement établie et construite au centre dans l'artère principale (route nationale 11). Une salle des fêtes, un abattoir, un stade suivirent ainsi qu'une gendarmerie et un dispensaire.

Cette histoire semble être une réplique de celle du Far West américain et cette similitude ne fit que se renforcer avec l'arrivée du train, thème de nombreux westerns.

La voie ferrée

Dans les années 1900/1910 l'événement majeur fut la construction et la mise en service de la voie ferrée de la Société des Chemins de Fer sur Route d'Algérie (CFRA) société qui exploitait les tramways algérois. Cette ligne partait de la capitale et suivant le tracé de la RN 11, desservait les localités du littoral. Elle franchissait l'oued Mazafran après Zéralda, par un pont métallique rail-route de style Eiffel ; elle se partageait ensuite en deux tronçons l'un vers Koléa, l'autre vers Castiglione.


  • Source Extrait partiel de la revue P.N.H.A n° 91

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