Piraterie

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Piraterie et course

La piraterie a existé sur toutes les mers dès la plus haute antiquité. La course, elle, ne débuta qu'au Moyen-Âge, lors des guerres ou conflits.

Les pirates Le mot pirate vient du grec « piran » et du latin « pirata » qui veut dire « celui qui essaye, qui entreprend » Toutes les sociétés antiques considéraient le pillage et le trafic des esclaves comme un acte de guerre tout à fait légitime.

L'exploration scientifique ou missionnaire était inconnue pendant l'antiquité. Tuer et asservir ses enemis étaient des actes de gloire qui permettait de s'enrichir, telle était la vision de l'époque.

Les forbans Aux XVIIIe et XIXe siècles la piraterie se développa énormément et les forbans (hors du ban, hors la loi) apparurent naviguant sous des pavillons noirs.

Un forban célèbre est le Hollandais Volant qui assassina un prêtre et appareilla le jour du Vendredi Saint, le capitaine fantôme errant pour toujours sur son funèbre bateau et qui porte malheur à tous ceux qu'il rencontre.


Les corsaires Le mot « corsaire » est dérivé de l'espagnol « corsear » et de l'italien « corsa ». Le vrai corsaire est muni d'une lettre de marque. Lettre de marque ou lettre de marche, c'est l'autorisation de passer la marche ou frontière pour effectuer un raid sur le territoire ou dans les eaux de l'ennemi. C'est donc un simple particulier mais mandaté par son pays en cas de guerre. Il doit verser au trésor de l'état une partie de son butin, après estimation du tribunal. La course était considérée comme acte patriotique.

Parmi les corsaires célèbres citons Jean BART et Duguay-Trouin qui seront anoblis par Louis XIV Devenus célèbres, ces deux corsaires commanderont des escadres royales et réaliseront des opérations de grandes envergures.

L'âge d'or de la piraterie moderne

L'apogée de la piraterie moderne remonte aux XVIe et XVIIe siècles, c'était l'époque des frères Barberousse qui vinrent s'installer sur les côtes de Tunisie puis d'Algérie.

Kheyr Ed-Dine qui succèda à son frère Arouj devint l'un des plus puissants Raïs musulmans en Méditerranée.

Il fut désigné par le Beglebeg d'Alger (sultan otoman) comme Amiral de toutes les flottes ottomanes.

Dès lors, les deux plus grandes puissances maritimes, l'Espagne et l'Empire Ottoman ne cessèrent de s'opposer.

Au XVIIe siècle, Alger devint le principal centre des corsaires africains.

Cette ville allait connaitre la prospérité grâce aux butins que les pirates ramenaient et surtout grâce à l'acquisition qu'ils firent de nouveaux vaisseaux ronds, c'est-à-dire de voiliers à phares carrés qui étaient utilisés à l'époque dans l'Atlantique « Ce fut une transition tout aussi importante que le passage de la voile à la vapeur » nous dit Fernand Braudel, il poursuit : « Il n'y a pas de course sans butin »

En conclusion Alger, allait se gonfler de richesses surtout depuis que les corsaires pullulaient au-delà de Gibraltar.

Alger et les marchés d'esclaves

À Alger, la piraterie devint une industrie florissante, vivement encouragée par le gouvernement, réglementée par des ordonnances et assujettie aux impôts. Les bagnes et les prisons regorgeaient de prisonniers chrétiens, les harems régulièrement approvisionnés en femmes chrétiennes et européennes..., les esclaves ne manquaient pas sur les marchés.

Quand un corsaire capturait un navire et le remorquait jusqu'au port, il recevait la visite du capitaine du port qui faisait un inventaire des esclaves et de la cargaison et demandait un huitième du butin pour le bey.

Les malheureux étaient ensuite présentés au Dey qui choisissait sa part.

Le Dey choisissait suivant la :

  • profession des captifs (charpentiers serruriers étaient recherchés) ;
  • naissance ou la fortune (pour une éventuelle rançon).

Une fois le tri effectué, les autres esclaves revenaient au corsaire qui pouvait les mener au marché pour les vendre.

Le BATISTAN

Le marché ou se pratiquait la vente des esclaves se trouvait au centre d'Alger et s'appelait le Batistan, c'est une place carrée entourée de galleries (on retrouve les même places à Tunis ou à Tripoli et dans toute l'Afrique du Nord)

Les captifs y étaient vendus tels des bêtes de sommes. Des Maquignons ou courtiers les promènent enchainés en criant leur prix. Les acheteurs pour ne pas se faire « rouler » les regardent et les retournent dans tout les sens comme bon leur semble.


Fichier:Esclaves marche.jpg

Le prix d'un être humain

Le prix des captifs varie selon la loi de l'offre et de la demande. Selon Le père Dan (qui vécut deux ans à Alger) un homme jeune et vigoureux vaut trente livres, une femme belle et « fraiche » et « ayant toutes ses dents » vingt livres, un jeune garçon, douze livres.

Fichier:Marche esclave.jpg

Les corsaires d'Algérie et les Chrétiens

La côte rifaine qui se trouvait sur le chemin des corsaires d'Algérie devint une base importante dans les opérations qu'ils menaient contre les chrétiens, surtout contre les espagnols qui attaquèrent la ville de Badis plusieurs fois avant de la détruire définitivement et de s'emparer du Penon qui sera baptisé plus tard Penon de Velez.

La piraterie dans le Rif et la politique


L'arrière plan historique de la piraterie rifaine.

La piraterie est l'une des plus vieilles activités maritimes de la Méditerranée.

Tous les peuples du bassin méditerranéen, depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle ont pratiqué la piraterie.

Pour l'Afrique du Nord, l'âge d'or de la piraterie remonte au XVe siècle. A cette époque, les pirates ou pour mieux dire les corsaires barbaresques élargissaient le champs de leurs opérations à partir des côtes tunisiennes et algériennes, au delà du Détroit de Gibraltar.

La situation géographique du Rif et la richesse de ses forêts en bois de cèdre ne pouvaient pas ne pas attirer l'attention des corsaires algériens qui venaient s'installer provisoirement à Badis.

Après l'arrivée des « Morisques » expulsés d'Espagne au début du XVIIe siècle, la course marocaine prend alors, une nouvelle dimension.

Les corsaires de Salé particulièrement favorisés par leur position proche du Détroit de Gibraltar lançaient leurs opérations contre les bateaux espagnols allant et revenant du Nouveau Monde.

A cette époque, les Rifains se livraient déjà à la course avec les moyens du bord pour répondre aux attaques espagnoles.

Malgré les efforts déployés par les puissances européennes pour mettre fin au Jihad sur les côtes marocaines, cette activité ne s'éteignit jamais.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les Rifains étaient obligés de mener leurs actions contre les navires étrangers qui s'approchaient de leurs côtes pratiquant la contrebande, etc.

Les Européens voyant dans ces opérations les restes d'une piraterie gênante pour leur activités commerciales, mais aussi un bon pretexte pour arracher au Makhzen des dommages et intérêts qui ruineraient son trésor et rabaisseraient sa souveraineté.

Origines et développement de la piraterie

La piraterie est une activité très ancienne qui n'a cessé de paraitre sur toutes les mers du globe et à toutes les époques, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque Moderne.

Ainsi, comme dit Fernand BRAUDEL la piraterie en Méditerranée est aussi vielle que l'histoire.

L'une des premières difficultés que rencontre l'historien des pirates est le problème de la définition du mot « piraterie » lui-même.

Le pirate, comme le définit WEBSTER est « un voleur en haute mer », celui qui par la violence ouverte s'empare en haute mer des biens d'une autre personne, spécialement celui qui fait métier de croiser pour voler ou piller ; un écumeur des mers ; également celui qui vole dans un port (cité par Philip GOSSE, Histoire de la piraterie, Paris 1978, p.10)

Quand à la course qui est, selon le Petit Robert une « action de parcourir le pays, la mer pour faire du pillage » est une sorte de guerre maritime licite qui avait « ses lois, ses règles, ses vivantes coutumes et traditions » (F. BRAUDEL : La Méditerranée et le monde Méditerranéen à l'époque de Philip II, Ed. Armand Colin, 1987 T.II, p.191)

Le mot « course » correspond au mot arabe « qarçama » on confond parfois « course » et « piraterie » dans les archives marocaines.

La « qarçama » était la course « officielle » par contre la piraterie et notamment « les pirates rifains » sont désignés dans les documents nationaux marocains comme « foussades » c'est-à-dire comme des « malfaiteurs »

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