SETIF Villages

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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SÉTIF ET LES VILLAGES DE COLONISATION

Sétif est une ville neuve, depuis dix ans en construction sur les ruines de l'ancienne Sitifis , et qui n'est point encore terminée; elle a la forme d'un quadrilatère irrégulier, entouré d'un mur élevé, d'environ 2300 pieds de longueur sur 2.000 pieds de largeur. Sa population se compose d'environ 350 indigènes, 100 Juifs et 700 Européens. non compris la garnison, qui est de 3.000 à 4.000 hommes.

Sétif, chef-lieu de la 4° subdivision militaire de la province de Constantine. est situé sur le dernier gradin du flanc méridional des monts Babor, soit au pied d'un contrefort de cette chaine de montagnes, faisant saillie dano une vaste plaine appelée la Medjana, sur la route d'Alger à Constantine, à l'embranchement de celle qui tend au Bou Thaleb.

La position géographique de cette ville est par les 36° 13' 45" de latitude, et les 3° 6' 18" de longitude; son attitude est d'environ 3,330 pieds au-dessus de la mer.

Sétif est à environ 30 lieues O.-S.-O. de Constantine, à 70 lieues d'Alger, à 20 lieues S.-S.-E. de Bougie, à 21 lieues S.-S.-E. de Djigeli.

Sur une colline, au nord de la ville, un marché considérable a lieu tous les dimanches; il s'y rend en moyenne 2.300 Arabes, avec des animaux des races chevaline, bovine, ovine et caprine; on y trouve des volailles à vendre vivantes ou tuées , des peaux, de la laine, du bois, du charbon, du blé, de l'orge, des fruits, du sel, de l'huile, du tabac, du savon, des tissus de laine, etc. Sur cette colline surgissent aussi des sources qui versent journellement de 10.000 à 140.000 pots d'eau dans la ville et ses jardins.

Immédiatement à l'occident de la ville, et au N. de la route d'Alger, se trouve une belle promenade en carré long, plantée d'arbres et surtout de mûriers , entremêlés d'antiquités, comme tronçons de colonnes, pierres tumulaires, etc., avec des inscriptions et quelques sculptures; le buste du duc d'Orléans est placé sur une haute colonne antique, à l'extrémité occidentale de la principale avenue.

Le côté méridional de la route est occupé par des jardins arrosés d'eaux surabondantes et plantés d'arbres et de légumes luxuriants; un peu plus au S.-0. se trouve la pépinière de l'Etat, contenant 19 poses.

Le plateau de la Medjana est borné à l'endroit de Sétif par deux chaines de montagnes assez élevées et découpées, courant parallèlement à peu près d'orient en occident: celle du nord (à environ 6 1/2 lieues de la ville), appelée Mont-Babor, par de là laquelle se trouve la Petite-Kabylie, pays chaud et très-fertile qui descend jusqu'à la mer, et la chaine du midi nommée le Bou - Thaleb (à environ 8 1/2 lieues de Sétif), au-delà de laquelle se trouvent les oasis, zone fertile entre le Tell et le désert,

Vis-à-vis de Sétif et à mi-chemin du Bou-Thaleb, s'avance un chainon détaché et parallèle, appelé Djebel-Youasouf (Mont-Joseph); on voit aussi , à environ 6 1/2 lieues à l'orient de cette ville, une sommité pyramidale qui décore le paysage. Le Bou Thaleb a de belles forêts de chênes et de cèdres; les monts Babor ont aussi diverses espèces de chênes; mais le plateau de la Medjana, ainsi que les chainons, les mamelons et les collines de l'intérieur, sont complètement privés d'arbres et d'arbustes, à l'exception d'une douzaine au plus d'acacias épineux , épargnés sous le titre de marabouts (arbres sur la tombe d'un saint), et des plantations encore bien clairsemées faites depuis la conquête.

Les terrains concédés pour les colonies suisses se trouvent sur une zone dont les limites concentriques et excentriques sont aux distances de 3/4 de lieue et 3 lieues autour de la ville de Sétif comme centre, sauf la ferme d'El Bez, qui n'en est qu'à 5/8 de lieue. Ces terrains ne sont cependant pas tous contigus; ils forment un certain nombre de groupes que nous allons indiquer.

1° La ferme d'El Bez, à l'O.-N.-O. de Sétif, contenant 11.362 poses;

2° Les territoires d'Arnat, de Bouïra et de Messaoud, avec la grande ferme de Messaoud, à l'O.-N.-O. de Sétif, contenant ensemble 10.027 poses;

3° Les territoires de Mahouan et d'El-Ouricia, qui se touchent seulement sur une longueur d'environ 1/4 de lieue, au N.-N.-O. de Sétif, avec 3 fermes de la Compagnie, contenant en tout 8,833 poses. Ce mas sera augmenté de 4222 poses, si, comme on en a le projet, on établit un nouveau village au N. d'El-Ouricia;

4° L'étendue de terrain nécessaire pour quatre villages, dès l'O.-N.-O. su S.-S.-O. de Sétif, qui contiendrait 17,778 .poses, et sur laquelle on se propose d'établir les villages et hameaux suivants: Mous, avec 20 feux; Rigada, 55 feux; El Hassi, 25 feux; Tinan, 25 feux, Trick, 25 feux, et Chouga, 50 feux. Ce mas et ses subdivisions ne sont point encore déterminés.

Voici la position des villages construits :

El Bez, à l'ouest de Sétif, est une ferme où la Compagnie fait faire des expériences agricoles; on y reçoit d'ailleurs comme ouvriers tous les colons qui n'ont pas d'ouvrage; on les nourrit et on leur paie 1 fr. 50 c. par jour.

Arnat, village de 50 bâtiments, outre une église en construction, une maison de cure, un bâtiment avec cour intérieure comprenant la mairie, l'école des garçons, l'école des filles et une salle d'asile; plus un autre bâtiment public comprenant un four banal et une fromagerie. Situé à environ 2 lieues en ligne droite et horizontale à l'occident de Sétif, ce village est assis sur une petite esplanade dans une dépression peu profonde de la plaine, à 700 pieds au nord et sur la rive droite d'un petit ruisseau, à peu près à la même distance au S.-0. de la source d'Ain et Arnat, dominé de tous côtés, sauf à l'issue étroite de ruisseau, au S.-0. Placé sur la route de Sétif à Alger, ce village est à une lieue de ceux de Bouïra et de Messaoud.

Arnat a été bâti près d'anciennes ruines romaines, et une source qui se trouve au N.-N.-O. du village porte le nom d'Aïn ben-Suissi. Ce village était tout peuplé dans l'été 1854.

Bouïra, village de 50 maisons, terminé en novembre 1854, à 2 1/2 lieues à l'O.-N.-O. de Sétif, établi parmi des ruines romaines, sur une esplanade au milieu d'une dépression peu sensible de la plaine, dominé de tous côtés par des collines, sauf au midi, où l'on voit le Bou-Thaleb dans le lointain; on voit aussi vers l'occident une partie du village de Messaoud, qui se trouve à une bonne 1/2 lieue de distance; on aperçoit également vers le N.-O. deux sommités des monts Babor. On se trouve à une heure de marche au N. d'Arnat. 19 bâtiments étaient occupés en novembre 1854.

Messaoud, village de 50 bâtiments, construit sur des ruines romaines, assis sur une esplanade, à quelque distance d'une colline assez élevée , qui l'abrite du côté du nord; il domine la contrée à l'orient et au midi; à la distance d'environ 2 1/2 lieues à l'occident de Sétif, à 20 minutes de Bouïra et à une lieue d'Arnat. On aperçoit Sétif depuis la partie nord du village, et Bouïra depuis la partie méridionale. Quoique quelques lots fussent déjà concédée en novembre 1854 , il n'y avait point encore de colons à demeure.

Mahouan, village de 50 bâtiments, est à deux bonnes lieues en ligne droite et horizontale au N.-N.-O. de Sétif; mais il y a 2 1/2 heures de marche en suivant la route de Bougie jusqu'au fond d'un vallon, dont le col aboutit au village. Il est situé sur le côté d'une vallée, dont la partie sud-ouest est en plaine et la partie nord-est se trouve fort inclinée, accidentée et ravinée, à l'intersection de ces deux plans. On est là entouré de hautes collines rocheuses, qui bornent la vue de tous côtés , sauf une échappée au midi, sur le Bou-Thaleb. Ce village est séparé de Bouïra par un pâté rocheux; il se trouve à 1 1/2 lieue au S.-O. d'El Ouricia, dont il est séparé par une vallée profonde et une colline gazonnée, avec quelques rocs saillants. Deux colons seulement y habitaient en novembre 1854. Une belle source fournit l'eau à la fontaine du village: on y voit un tronçon d'aqueduc romain. Le cheikh Fok-Ali a une concession de 222 poses, enclavée dans le territoire de Mahouan. La route de Sétif à Bougie, sur les bords de l'une des branches du Bou-Sellam, passe dans le thalweg de la vallée, à l'extrémité nord-est de ce territoire.

El Ouricia, village de 50 bâtiments non encore terminée, fondé sur des ruines romaines et sur une esplanade, à 1/2 lieue de la rive droite du ruisseau appelé Oued el Ouricia , mais à 2 3/4 lieues de marche de Sétif. C'est un territoire assez élevé, dont le sol est plus accidenté que dans la plaine; la vue est bornée de toua côtés par des collines qui se trouvent à moins de 1 1/4 lieue; le village domine une partie du territoire, qui est comme enclos dans un cirque. Il n'y a point encore de colon dans ce village.

Voilà cinq territoires déterminés et cinq villages, dont quatre sont achevés; il reste encore cinq autres territoires à délimiter, mais l'emplacement n'en est point définitivement arrêté.

Les villages français qui se trouvent entre la ville de Sétif et les territoires des colonies suisses, ou enclavée parmi ceux-ci, sont:

Fermatou, très petit village sur la route de Sétif à Bougie, à environ 1 lieue au nord de Sétif.

Séfia, petit village, à 5/8 de lieue au midi de Sétif, dont le lavoir est entouré de grands arbres.

Mezloug, petit village, à 3 lieues au midi de Sétif.

Kalfoun, village à 5/4 de lieue à l'occident de Sétif.

Lanasser, petit village, à 1 ½ lieue au N.-0. de Sétif, remarquable par ses belles eaux, par la ferme de M. Roncet, et par les belles plantations d'arbres, d'arbustes, carrés de vignes, etc., que cet habile agronome a faites depuis six ans: c'est un bouquet dans cette plaine dénudée. Il y a encore quelques fermes autour de la ville, et un hameau de gourbis à l'occident.

La ville, avec sa banlieue, forme le territoire civil de la Medjana; tout le reste est territoire militaire ou régi militairement, y compris les colonies suisses.

Un assez grand nombre de douars arabes (villages de tentes) existent encore sur les territoires des colonies suisses; mais le bureau arabe de Sétif s'occupe à préparer et à assigner des campements aux diverses tribus qui seront déplacées par ces concessions.

Les routes, dans la vaste plaine de la Medjana, ne sont pour la plupart que des chemins frayés sur le sol par le passage des hommes et des animaux; cependant le génie militaire et les troupes travaillent activement à l'amélioration de leur tracé et à l'empierrement des tronçons entre la ville de Sétif et les villages qui l'entourent. Toutefois, on épargne un peu trop les déblais et les remblais, ce qui oblige à des détours qu'on pourrait éviter; les contours sont de rayon trop court, et l'on conserve des pentes trop rapides. L’artère principale pour mettre la Medjana en communication avec Marseille par Bougie, n'est point encore terminée pour le passage de voitures chargées; c'est la grande affaire pour l'exportation.

La population européenne est fort mélangée de gens voulant faire fortune, qui dans le commerce , qui dans l'industrie, dans l'agriculture, et surtout beaucoup de teneurs d'établissements publics; les gens riches préfèrent le séjour de Constantine, capitale de la province, offrant plus de ressources. Les membres et les employés de l'administration civile, les officiers militaires, avec les familles de ceux qui sont mariés, quelques propriétaires de grandes concessions et les négociants, composent ce qu'on appelle la bonne société de Sétif; puis viennent les agriculteurs, les industriels, les artisans et les domestiques. Les colonies suisses sont presque exclusivement peuplées d'agriculteurs , avec un petit nombre de maitres de métier.

Les Arabes de la Medjana ne sont pas nomades, car ils sont nés sur ce plateau et y ont toujours vécu, sur territoire de l'Etat, en payant su gouvernement une redevance annuelle pour chaque charrue, pouvant labourer autant qu'ils le voulaient, et faisant pâturer leurs troupeaux par tout le territoire, sans s'inquiéter des limites; ils vivent sous des tentes, qu'ils établissent près des sources d'eau et forment des unités politiques appelées tribus. Les Arabes peuvent épouser chacun quatre femmes, mais la plupart se contentent d'une seule, surtout par l'obligation de payer une dot à leur beau-père, au lieu de la recevoir de lui, comme en Europe : chez les classes peu aisées, cette dot est de 100 à 300 fr. ; dans les classes plue élevées on paie jusqu'à 500 fr., et enfin, chez les personnes riches ou nobles, il est de bon ton d'offrir la somme ronde de 1,000 fr.

La défense faite aux femmes, par le Coran, de laisser voir leur visage à d'autres hommes que leur père, leurs oncles et leurs frères, n'est pas aussi rigoureusement suivie dans les campagnes et chez les pauvres, qu'à la ville et parmi les personnes de distinction. Les femmes sont soumises à une espèce de servitude et considérées comme fort inférieures aux hommes.

Les Arabes de la Medjana reçoivent quelque instruction de tolbas (lettrés) ambulants, qui réunissent les enfants d'un douar (campement, village), pour leur enseigner à lire, à écrire et à calculer. Dans les villes, ils ont des écoles et suivent, quelquefois, les collèges français.

Ces Arabes sont de grands enfants, très curieux, défiants, indiscrets, sobres et paresseux; réduisant la vie à sa plus simple expression, le soin des troupeaux, un peu de labourage et de moisson, voilà tout le travail des hommes; les femmes s'occupent à tisser à la main les couvertures en laine de leurs tentes, à piler le grain et à faire cuire le couscoussou sur un feu alimenté par la fiente d'animaux desséchée.

Ils n'aiment pas les Européens, qu'ils considèrent comme des spoliateurs. Notre industrie les étonne, mais n'excite pas leur admiration. Je crois qu'ils contesteraient encore de bonne foi la supériorité des Européens. De leur côté, les Français ne sympathisent guère avec les Arabes: la fusion est loin d'être opérée.

Hors la culture du froment et de l'orge, la minoterie élémentaire, l'élève du bétail et le tissage à la main des couvertures de tentes, il n'y a point d'industrie chez les Arabes de la Medjana.

A Sétif , les Européens exercent les premiers arts d'une société naissante : bergers , agriculteurs, minotiers, boulangers, bouchers, tailleurs, cordonniers,, maçons, charpentiers, menuisiers, charrons, forgerons, un maréchal ferrant et deux horlogers.

Les Arabes ont quelques médecins pratiques, et les Européens quelques médecins et chirurgiens.

Le commerce est paralysé par la difficulté des communications; les produits de l'industrie locale sont peu considérables et supporteraient difficilement la concurrence avec ceux d'Europe. Le commerce d'exportation consiste seulement en céréales, bestiaux, laines et peaux brutes. Le commerce d'importation, beaucoup plus considérable, consiste principalement en tissus, objets de toilette, vins, liqueurs, farineux alimentaires, café, sucre, fromage, savon, papier, peaux préparées et ouvrées, poterie, cristaux, fer, fonte, aciers, bois à brûler, matériaux à bâtir.

Le sol est bon, mais il a besoin de culture. Il faudrait là des bras, de l'activité, de l'argent, de la moralité et de la persévérance; tandis qu'on y va souvent avec une petite partie de ces moyens seulement et avec des idées tout à fait erronées: on croit qu'on trouvera dans la Medjana une nature luxuriante, où l'on n'aura que la peine de recueillir, tandis qu'il y faut cultiver, semer et planter, à la sueur de son visage, comme dans tous les pays les plus favorisés.

Un colon devrait, en arrivant, construire une étable ou un hangar, acheter un attelage, char, charrue et herse; un troupeau de moutons, des porcs et quelques pièces de bétail; puis se mettre immédiatement et courageusement à l'oeuvre avec activité, économie et sans regarder en arrière; se procurer des plantes d'arbres, à droite et à gauche, pour arboriser et boiser avec intelligence des terrains, qui seraient garantis de la dent du bétail par de bons fossés; entreprendre des cultures sarclées; étudier les besoins de l'intérieur et les débouchés à l'extérieur, pour produire ce qui serait de meilleur débit; tandis que plusieurs s'amusent à bayer aux corneilles, les bras pendants, sans pouvoir se décider à rien entreprendre. D'autres, regrettant les secours qu'ils tiraient de la société dans leur pays, ne songent qu'aux moyens de revenir se mettre à sa charge, en voyant le dur labeur qui les attend et le peu d'aide qu'ils trouveront dans un pays où. l'on a pour devise : Chacun pour soi! C'est d'ailleurs par l'augmentation de l'immigration, par la civilisation générale, par le développement de l'agriculture et de l'industrie, par l'ouverture de débouchés et de communications , que la Medjana atteindra le degré de prospérité auquel elle est appelée par sa position et sa fertilité.

La traversée de Marseille à Philippeville se fait ordinairement en deux jours de vingt-quatre heures, aux frais du gouvernement français , sauf le débarquement du navire qui reste dans le port de Stora, jusqu'à Philippeville, situé à une demi-lieue plus loin, qu'on paie 1 fr. On part tous les matins de Philippeville pour Constantine , où l'on arrive dans l'après-midi, par la diligence, au prix de 8 à 10 fr. De Constantine à Sétif, les diligences sont fort peu régulières, et l'on est souvent obligé d'attendre plusieurs jours sans pouvoir partir. On paie 20 fr. une place d'intérieur et l'on met vingt à vingt-deux heures à faire le trajet.

Je ne puis terminer ces notes sans rendre justice à la loyauté et à la générosité de la Compagnie genevoise, à la sollicitude et au dévouement de MM. de Gingins, directeur générai, et Curie, pasteur des colonies suisses de Sétif.

GOLAY, géomètre

(Extrait da Rapport fait à la Société d’utilité publique sur les colonies suisses de Sétif en 1855)


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