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ALGERIE DOCUMENTATION LIEUX BIRKADEM

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Birkadem

BIR KHADEM, LE PUITS DE LA NEGRESSE EN 1961/62

Tous les renseignements proviennent de sources individuelles et de l’Abbé Roman, curé du village, enfant de Birkadem. Il avait recueilli en 1940, des renseignements auprès de Monsieur Reverchon, un des premiers enfants nés à Birkadem en 1841, devenu plus tard maire de la ville.

Situation géographique :

A quelques kms d’Alger et à 105 m d’altitude, entouré de collines peu élevées (130m en moyenne). Superficie : 1745 ha en 61. Population : 17 175 habitants en 61 /62

Histoire :

Rome

De Tixeraïn, camp de légionnaires, à Icosium( Alger) la voie romaine traversait Birkadem.

Sous la Régence Turque, les grands dignitaires du régime, ont fait construire à Birkadem, par leurs esclaves, de très belles villas pour profiter d’un climat sain et d’un paysage agréable et proche de Tixeraïn où se situait la villa du Dey.

Les Birkadémois reconnaîtront les noms de Ben-Siam, Cheik-El- Bled, Ben-Négro(proprieté Bonafay), Khazna-Dar( propriété Foissin), Caïd-El-Bab(proprité Pittavi), Aïn-Ouchaïa( Ancienne propriété La Faye-Nocetto, propriété Scotti en 61/62)

Toutes ces résidences étaient éparses et Bir Khadem, un simple relais autour du fameux Puits et de sa mosquée construite en l’an 1212 de l’Egire, sous le règne de Hassan Pacha.(Inscription sous les merlons de la terrasse.)

Le 22 avril 1833, le général Clauzel, convaincu de l’importance stratégique du site alimenté en eau, décréta la création de Birkadem, conservant au village le nom donné par les troupes du Dey. Le 25 juillet 1833, le Général Bugeaud, décréta l’expulsion les dignitaires Turcs et la création d’une Ferme Modèle, fort de défense turc, propriété de la Famille Germain en 1961.

1833 et 37 : Début de la construction de la Route Nationale et de celle de Maison-Carrée.

1839 le blockhaus de 1832 étant trop exigu, le village devient un camp retranché, suivant une ligne de défense comprenant 16 villages, (Plan Guyot ou Bugeaud).

1842 : Construction de l’Eglise sur le même plan que celles de Draria, Boufarik. Consacrée en 1843, les cloches portent le nom de leur Marraine :Marie –Caroline- Philomène. Le maître autel fut offert par le vice-roi de Naples. En 1939, l’Eglise a été profondément remaniée.

1843 : Construction de la Maison Cantonale située derrière le Puits de la Négresse(entrepôt du matériel destiné à la construction des routes).

1848 : Construction de la Gendarmerie.

Le 31 décembre 1856, Par décret impérial, Birkadem est érigée en commune d’une superficie de 7000 hectares. Elle incluait Birmendreis jusqu’en1883 et Saoula jusqu’en 1884.

1870 : Révolte Arabe. Beaucoup de Birkadémois originaires de la Métropole fuirent et rentrèrent en France, remplacés par des immigrés espagnols surtout des Mahonais et des Mallorcains.

1893 : Le camp militaire devient un centre d’hébergement pour les militaires convalescents de retour de Madagascar.

1898 : Le centre devient un camp d’internement pour mineurs.

La Mairie, installée jusqu’en 1865, au premier étage de la Mosquée,(détruit plus tard et remplacé par la suite par une terrasse), elle a été transférée dans l’ancienne école de Filles en 1889 . Pas de date de construction pour le bâtiment que nous avons connu.

Les Ecoles : 1843 pour les garçons, à la Mosquée,

1860 et1875 deux autres classes crées rue Alexandre 1ier.Institutrice Madame Hein.

1887 : Construction du groupe scolaire en face de la gendarmerie.

Les Filles :

1845 : Madame Marage les réunit dans son appartement !!

1889 : Inauguration du groupe scolaire, section filles par Madame Marage.

Population :

1843 : Quelques familles,

1926 : 3026 habitants, dont 1426 européens, (beaucoup de familles d’origine Mahonaise), Arabes, peu de Kabyles et deux familles d’origine turque Les Ben-Ouada et les Ben-Smar.

1961 :17 175 habitants dont 2295 européens .La population Arabe, venue souvent en masse du djebel, s’est souvent regroupée dans les tribus Djnen Maouch, Caïd –El-Bab, Djnen Mezziane, Aïn-Nadja, Sidi Embarek etc

Activités économiques :

Agriculture :

Village essentiellement agricole, où la population au 19ième utilisait tout, même les ronces et le chien-dent pour faire du crin végétal, la culture maraîchère a pris le pas sur les autres y compris la vigne (cave coopérative inutilisée en 61 /62) après avoir essayé le coton et autres cultures tropicales (Ferme Modèle)

Quelques chiffres «  récoltés »à la Ferme Modèle, (280ha) transformée en Bastion de l’armée quand je l’ai visitée au printemps 62. Pour la petite histoire ma Mère y vivait pendant la Guerre mais celle de 14/18 !!! Et elle trouvait déjà cette maison sinistre !!! : C’était la plus grosse propriété de Birkadem, les plus modestes n’avaient que six ha, voire moins.

Raisin : Cinsault 170 q/ha Muscat 210 q/ha

Carottes d’été:250/qha

Carottes Nantaises : 200 q/ha

Agrumes : 350 q/ha certaines bonnes années

Engrais : 8q/ha Epandage du 15 novembre au 15 janvier avant la taille des vignes.

Pesticides et autres traitements contre l’oïdium et le mildiou : sulfatages, soufrages, et DDT et 605, poudres insecticides toxiques.

Maisons d’Expédition :

Qui dit agriculture parle d’expédition des produits !

Mayol, spécialisé dans l’expédition de pommes de terre Boukassem, quelques légumes.

Fedelich, le seul ouvert toute l’année expédie vers les halles ou la Métropole, l’Allemagne et la Hollande.

Industries :

Laico, associée aux Laitages du Sahel de Douéra. Fabrication de yaourts et fourniture en produits laiters dans la région, de Miliana à Tizi-Ouzou.

SOFA :

Société d’outillage et de forge d’Algérie. Charpentes métalliques, serrurerie. 20 Millions de francs de revenu annuel.

Géophysique

Production de matériel utilisé dans le Grand Sud : forages, préfabriqués conditionnés, construction des routes.

ALLUMAF et SETBD complétaient le panorama.

E D F :

Représenté sur le secteur par Armand Salom, monteur détaché, qui parcourt la région en 2cv fourgonnette contenant le matériel de dépannage. Quelques années avant il avait droit à un triporteur !!


Artisanat :

Le tissu commercial est dense. Groupés autour du Clocher et de la Mosquée, la vie est intense ;Des cafés Pequignot, Pastor, Ségura,, des boulangers San Juan près de l’Eglise (1930), des artisans comme dans la rue Morhing où face à la salle des fêtes et au marché. On peut trouver tous les cadeaux désirés chez Pons, demander à Sylvain Salom un dépannage de tout outil électrique, l’installation de toute une villa ou le réglage d’une pompe destinée à l’irrigation,( tout est possible avec le sourire en prime), se vêtir, un peu plus loin, chez Madame Amar ou trouver tout ce qui concerne la bonneterie chez les sœurs Gaston.

Texte de Andrée Laragé-Covas