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Historique Hassi-Messaoud - Ville

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Historique

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Présence française

C’est en 1945 qu’avait été créé le Bureau de Recherches Pétrolières (BRP), un organisme public dont l’objectif était de mettre en place les conditions nécessaires pour aboutir à l’indépendance énergétique de la France et des territoires sous domination française

C’est dès 1953, qu’ont été attribués les premiers permis de recherches à quatre grandes compagnies françaises : la Société Nationale de Recherche et d’Exploitation des Pétroles en Algérie (S.N.REPAL), la Compagnie Française des Pétroles - Algérie (C.F.P.A.), la Compagnie de Recherche et d’Exploitation Pétrolières au Sahara (C.R.E.P.S.) et la Compagnie des Pétroles d’Algérie (C.P.A.)

Ces sociétés française d'exploration pétrolière avaient découvert en 1956, après plusieurs années de recherche, un important gisement de pétrole à Hassi-Messaoud au Sahara, puis un gisement de gaz à Hassi-R'Mel, qu'elles mirent bientôt en exploitation.

Un riche pâté de sable désertique

Elle commence vraiment le 7 janvier 1958, au moment précis où les vannes des citernes de stockage d'Hassi-Messaoud s'ouvrent sans cérémonie : pour la première fois depuis qu'il a jailli des entrailles de la terre (1956), le pétrole coule dans le pipe-line provisoire qui le conduira, après un voyage de 180 kilomètres, jusqu'à Touggourt, lieu de transit pour la métropole.

Au début, il y avait le puits de chamelier du célèbre malgré lui Messouad Rouabeh et la petite église construite par l'évêque de Laghouat en 1959, au fronton de laquelle une prière pour les pétroliers : « Notre Dame des sables vous invite à remercier le Seigneur de ses dons enfouis sous les sables et à implorer, en un "AVÉ" la protection des âmes et des corps des travailleurs du pétrole ».

Ainsi, le miracle s'est produit. Le Sahara cesse d'être le symbole de la stérilité absolue, l'enfer de la soif et de la désolation majestueuse, pour devenir la source d'une folle espérance : celle de voir enfin notre pays accéder à l'indépendance énergétique.

Dix-sept mois se sont écoulés depuis la fantastique découverte qui a coûté la vie à Jean Riemer, premier martyr de l'aventure pétrolière saharienne.
Dix-sept mois qui ont vu un nouvel univers surgir audessous du 32e parallèle et bousculer des millénaires de solitude.

Hassi-Messaoud confirme les richesses du sous-sol qu'Edjelé, sur la frontière libyenne, a déjà laissé entrevoir. Personne ne peut encore augurer de l'importance du gisement; mais des chiffres fabuleux sont avancés.

En ce début d'année, neuf puits sont en état de productivité : quatre sur le permis de la C.F.P.A. (Ouargla) : OM 1, OM 6, OM 7, OM 81, et cinq sur celui de la REPAL(Elf) (Oued-Mya) : MD 1, le « puits de la découverte », à qui son importance historique vaut d'être soigneusement grillagé, MD 1, 3, 4 et 5.

L'étendue de la nappe délimitée dépasse déjà 800 km2. Par un caprice imprévu de la nature, son exploitation se trouve harmonieusement répartie entre les deux sociétés qui se partagent également le riche pâté de sable. Douze autres sondes, dans le périmètre (un seul forage revient à 600 millions !) fouillent le sol à plus de 3000 mètres de profondeur.

Depuis que le trépan de MD 1 a atteint les grès imprégnés en juin 1956, le matériel n'a cessé d'affluer vers l'ancien puits des chameliers.

La couche, située à une profondeur moyenne de 3300 mètres, a, dit-on, une épaisseur utile de 80 mètres. Les prévisions raisonnables des techniciens laissent espérer une production annuelle de 5 millions de tonnes à la fin de l'année, de 9,5 millions de tonnes en 1960, pour atteindre 14 millions de tonnes en 1962.


Mais si tous les forages entrepris se révèlent productifs, c'est un gisement d'une richesse comparable à ceux du Moyen-Orient que la France aura découvert dans son désert africain.

Certains avancent que le milliard de tonnes pourrait être dépassé ! De quoi satisfaire les besoins de la métropole.

Par-delà les hauts plateaux de l'Atlas blidéen, dans un paysage lunaire d'où semble exclue toute source de vie, Hassi-Messaoud apparaît comme un mirage. Un point orangé scintille sur l'horizon de saphir, prend volume, devient chevelure flamboyante : c'est la torchère qui crache ses volutes vers le ciel, donnant à l'atmosphère des formes irisées.

Visible depuis l'oasis de Ouargla, à 80 km plus au nord, elle éclaire, la nuit venue, d'une perpétuelle lumière d'or la dernière née des villes françaises. La plus étonnante aussi, dans son écrin de silice.

Création de la ville

Pour l'heure, Hassi-Messaoud compte 1 500 habitants. Un Père Blanc venu de Touggourt y bâtit une chapelle et douze commerçants, patente en poche, attendent de s'installer le long de la grande rocade asphaltée que l'on construit à cadence accélérée avec des moyens modernes.

Deux aérodromes

Entre les métropoles du pétrole et le Nord, un trait d'union, le Breguet deux-ponts qui se pose régulièrement chaque jour. Les pionniers ont besoin pour vivre de 50 tonnes de denrées par semaine.

En attendant celle-ci, par la piste, en partie goudronnée, les routiers ont amené, en un temps record, les 700 cabines alimentées qui équipent les bases des deux sociétés.

Les deux villages

Tracés au cordeau, les deux « quartiers » de la ville sont distants d'une quinzaine de kilomètres. S.N.REPAL( Société Elf), c'est la série des MD, C.F.P.A.(Société Total), celle des OM.

Ces villes bâties en un temps record traversèrent les sables en pièces détachées, sur le dos d'énormes camions. Ce fut alors l'âge d'or des routiers.Puis vint celui des hôteliers...

À mi-chemin, le centre administratif dresse ses bâtiments, autour d'un monument déjà historique : la margelle blanche dont le dôme servait naguère de repère aux caravaniers. Le puits « dit de Messaoud » est intact. Mais le fond, asséché, n'est plus que poussière, sur laquelle gît une boîte de sardines vide . Entre le poste de gendarmerie et la centrale électrique, la Section administrative spécialisée, installée en juillet 1957, fait office de mairie.

Sur place, des boulangeries, une fabrique de limonade ont été bâties à la hâte, devant les besoins toujours plus pressants. Les deux hôtels de la ville ne désemplissent jamais et déjà se révèlent trop petits.

Vingt-huit ans de moyenne d'âge : entre autres particularités, Hassi-Messaoud présente celle d'être la plus jeune ville du Monde. Mais c'est curieusement une cité sans femmes. Les seules voix féminines qui résonnent dans l'oasis sont celles des rares visiteuses et des standardistes qui maintiennent, depuis Alger, une écoute permanente avec le centre saharien.

Maison-Verte

Poétiquement, les pétroliers de la C.F.P.A. ont baptisé leur camp Maison-Verte. Bien qu'ils aient démarré un an après leurs collègues de la REPAL(Elf), leur base présente un aspect fini, spectaculaire, qui ne laisse jamais d'étonner. Maison-Verte, village modèle, possède son jardin public, sa piscine, sa salle de spectacle, ses cafés, son bureau de poste, son kiosque à journaux.

(« la piscine » était la grande stupéfaction des visiteurs, ces touristes que les vieux pétroliers considéraient comme des intrus)

Des arbustes, des lauriers-roses, des fleurs, des palmiers, des eucalyptus. Pour la première fois, le vieux mythe du désert fertile devient réalité. Dans quelques années, on y cultivera même de l'avoine ! Triomphe de la technique expérimentée par des savants français.

Eau du forage

Une eau tombée au temps de Charlemagne

Grâce au ciel, le sous-sol d'Hassi-Messaoud contient aussi de l'eau.
Un puits foré dans « l'Albien », à 1 300 m, la fait jaillir si chaude, à 60°, qu'il faut la refroidir. Cette eau, ont calculé les géologues, provient de pluies s'infiltrant très lentement dans le sol et se renouvelle entièrement tous les 1 200 ans. Autant dire que nos pionniers s'abreuvent d'une eau tombée au temps de Charlemagne !

  • Source :Extrait partiel Article d'Historia-Magazine, n°224/31, 17 avril 1972 Site B.Venis

Tansports

Le pétrole extrait de Hassi Messaoud fut, dans une première étape, transporté par camions citernes, pendant que l’on posait un premier pipeline d’évacuation appelé « baby pipe » entre Hassi Messaoud et Touggourt, qui fut achevé en décembre 1957.

A compter de cette date, le pétrole allait être acheminé par wagons citernes, par la voie de chemin de fer reliant Touggourt à Bône.

Remarque

1902 (24 décembre) : les 6 territoires sahariens (Colonie du Sud), sont « seulement » administrés par les 3 départements (2 chacun), forment les Territoires du Sud et sont indépendants de l' Algérie

La participation de l’Algérie à la gestion des zones sahariennes françaises démontre que le Sahara n’était déjà plus partie intégrante de l’Algérie. Mais ce n’est pas tout. Très vite, dans la foulée, était créé, en juin 1957, un ministère du Sahara, le titulaire du portefeuille étant également désigné délégué général de l’OCRS.

C’est le 7 août 1957 qu’allait intervenir, au plan juridique et administratif, la séparation définitive du Sahara du reste de l’Algérie. Depuis 1902 et jusqu’à cette date, le Sahara était administrativement constitué de « quatre territoires du sud algérien », gouvernés depuis Alger par le gouverneur général de l’Algérie.

En vertu des dispositions prises ce 7 août 1957, les quatre territoires du sud algérien étaient transformés en deux départements sahariens, intégrés au sein de l’OCRS :

les départements des Oasis et de la Saoura

Ces deux départements constituaient le noyau des zones sahariennes de la République Française, visées à l’article premier de la loi de janvier 1957.

Comme on le verra plus tard à Evian, le GPRA était disposé à faire des concessions quant à l’exploitation des hydrocarbures au Sahara par les compagnies françaises, à offrir toutes les assurances nécessaires pour cela, mais aussi et surtout à garantir l’approvisionnement de la France en pétrole.

C’est finalement, le 5 septembre 1961, que le général de Gaulle annonçait au cours d’une conférence de presse et pour la première fois que les départements sahariens des Oasis et de la Saoura faisaient partie intégrante de l’Algérie.

En 1971, malgré l'aide budgétaire apportée par la France suite aux Accords d'Évian négociés par de Gaulle, La République Algérienne Démocratique et Populaire décide unilatéralement de nationaliser les avoirs des sociétés pétrolières françaises au Sahara.

La ville aujourdh'ui : Le transfert, dans le cadre de la délocalisation de la ville de Hassi Messaoud, va se faire d’abord pour les habitants des bidonvilles, des constructions illicites et de l’habitat précaire, a déclaré, hier, le wali de Ouargla.

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