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Historique Nabeul - Ville

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TUNISIE

Nabeul Nom actuel : ?

Historique

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Liste des Villes

 

Neaoplis

Du grec nea (nouvelle) et polis (cité) (Naples a aussi cette origine).

Connue sous le nom grec de Neapolis, Nabeul commence sa longue carrière dès le Ve siècle avant J.-C. ; à cette époque, les Grecs de Cyrène y font escale et Neapolis commerce pour le compte de Carthage.
Bien qu'elle échappe à la destruction au cours des premières guerres puniques, les Romains vainqueurs lui font payer un lourd tribut au moment du troisième conflit.
Devenue colonie sous le nom de Colonia Julia Neapolis au Ile siècle, sa prospérité grandissante fera d'elle une importante cité romaine.


Comptoir carthaginois, elle est la ville la plus anciennement citée après Carthage elle-même, elle paiera sa fidelité à cette cité et sera détruite par Rome.
Sous l'Empire elle demeure une modeste ville de province. Elle sera détruite à nouveau par les Byzantins. Ne demeurent de cette époque que quelques pauvres vestiges, dont une série de bassins, probablement témoins d'une installation industrielle. Les pièces intéressantes se trouvent au musée archéologique.


Histoire ancienne

A partir du XVIIIe et du XIXe siècle, Nabeul a progressivement acquis sa structure quasi-définitive dans son noyau de la Médina el Arbi (ville arabe) qu'on connaît aujourd'hui.

Cela s'est réalisé à travers les œuvres architecturales érigées au fil des années soit d'une façon spontanée soit organisée. On dénombre ainsi un grand nombre de monuments qui de nos jours représentent les repères essentiels de la ville de Nabeul

Des flux migratoires sont venus de diverses villes tunisiennes, comme Djerba ou Kairouan.
Tripolitains, Andalous y trouvèrent refuge grâce à la fertilité de la région du Cap-Bon,le développement de l'agriculture fut renforcé par l'arrivée des Andalous, qui ont participé à la mise en valeur par l'apport assez important de leur savoir-faire surtout en irrigation.

Ainsi, Nabeul devenait progressivement un centre d'attraction pour les flux de migration intérieure.

Les trois cultes ont survécu. La présence juive antérieure à celle de la communauté chrétienne (dans les temps modernes). La présence d'un cimetière juif datant du XVIIIe siècle, démontre fort bien l'antériorité de la présence de cette communauté dans la ville. Il est remarquable aussi que la ville n'avait pas de quartier réservé aux Juifs : la synagogue était située au cœur de la ville non loin de la Grande Mosquée, le même paysage existe aussi dans les souks où marchands juifs et musulmans s'adonnaient librement au commerce. Nabeul était attirante pour toutes les communautés et confessions, car y régnait une tolérance de croyance et de culte exemplaire.


Présence française

  • 1881 12 mai : Signature du Traité du Bardo instaurant le protectorat Français
  • 1956 20 mars : Fin du protectorat - Indépendance

Avec l'instauration du protectorat français en Tunisie (1881), Nabeul devint le caïdat de toute la région du Cap Bon.

Un Contrôle Civil fut établi dès 1885. L'organisation municipale fut à l'origine de nombreux travaux d'amélioration des conditions de vie dans la ville : eau potable, transport, éclairage, sécurité, protection contre les inondations…


Les travaux d'aménagement urbain, la construction de la ligne de chemin de fer Tunis-Nabeul, entamés vers la fin du XIXe et début du XXe siècle furent déterminants et ont donné les aspects les plus marquants de la ville surtout dans sa périphérie européenne.

Cette ouverture de la ville sur l'extérieur s'explique aussi par le fait que Nabeul est devenue une station balnéaire, l'arrivée des estivants a contribué à relancer la vie économique de la ville, la ville européenne fit son extension du côté de la mer dés la seconde moitié du XXe siècle.

  • Source : Nabeul.net

Artisanat

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La poterie est la spécialité de Nabeul depuis l'Antiquité. La production de céramique est importante : vases, plats, carreaux ornés de motifs végétaux à dominantes bleu, brun, rouge, jaune sur fond blanc... Le matériau de base est l'argile rouge de Nabeul et le kaolin de Tabarka.

Les autres spécialités de la cité sont la distillation de l'eau des fleurs d'orangers, de rose, de jasmin, la fabrication de nattes en jonc et alfa et de couvertures, la broderie.





LA POTERIE D'ART

Jusqu'au XIXe siècle

 Il semble que ce centre de production ait acquis une importance significative à la fin du XVIe siècle grâce à des Berbères venus de Guellala (île de Djerba). C’est en tous cas ce que semblent indiquer les sortes de « terrils » constitués prés des anciens fours où ont été accumulées les pièces allant au rebut Jusqu’au début du XXe siècle la production d’articles utilitaires a prévalu : gargoulettes, jarres, passoires à couscous (keskes), plats, vases, etc. Pour mémoire le centre ville a absorbé la zone des anciens fours. L'aire de production actuelle ne correspond plus à l'espace artisanal historique.

Le XXe siècle

La structure corporative de l’artisanat en Tunisie s’est révélée un obstacle au développement artisanal. La concurrence par des produits industriels de la production utilitaire de nabeul appelait une nouvelle impulsion et un complet renouveau. Il furent obtenus grâce aux efforts et aux talents des artisans de Nabeul et de ceux des céramistes français installés dans la localité au début du XXe siècle ainsi que d’un Tunisois.

Les aléas de la production artistique

L’administration coloniale donc a pris diverses initiatives afin de re-dynamiser ce secteur économique :

  • En 1923, la création de l'Office de l'Enseignement Professionnel a donné lieu à plusieurs centres artisanaux.
  • L'Office de l'Enseignement Professionnel, devenu le service de l'Enseignement Artisanal et des Métiers et Arts Tunisiens (années 30), et suivi par la création de l'Office des Arts Tunisiens.. 
  • L'Office Tunisien de Standardisation (OTUS), puis à partir de 1945, le service des Métiers et des Arts, furent chargés de l'estampillage des produits.
  • Création de l’ONA Office National de L’Artisanat (1959) et de la SOCOPA, société commerciale rattachée au Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (1990)

Toutefois, avec l’indépendance, le reflux des cadres et des élites coloniales françaises a privé la production de poterie « artistique » de leur soutien et n’a pas eu de substitut équivalent. L’élan, la forte, impulsion artistique donnés vers 1920 s’étiolent à présent depuis l’indépendance. Les nouvelles options économiques ont en effet eu un impact certain. Les coûts d’une production artistique de qualité se sont avérés un handicap pour l’artisanat d'art. L’orientation actuelle de la production tient compte des besoins de l’industrie touristique apparue dans les années 1960. Les colorations bleues camaïeu avec des sujets stéréotypés conviennent mieux à présent au marché.

Les exportations, à l'origine dirigées vers les pays maghrébins, ont été élargies à l’Europe Occidentale ; la gamme des objets exportés au début (poteries décorative de jardin) a été élargie et rencontre un net succès. Il existe fort heureusement quelques ateliers qui revisitent toujours avec talent la tradition artistique, et poursuivent son enrichissement. Consciente de la valeur de son héritage la ville de Nabeul s’est dotée d’un riche et intéressant musée : l’Espace Khayati. Certaines signatures commencent à intéresser de grands  musées (IMA, quai Branly, musée des Arts Déco... pour s'en tenir à Paris) dont la diversité suggére l'embarras de classification des artefatcs.

Technique

L’argile, réputée d’une extrême finesse, employée pour la fabrication de la poterie de Nabeul est extraite d’une carrière au nord de la localité, Ghar al-Tfel dont le nom est parlant : il signifie « carrière d’argile».

La poterie

Deux types de poteries se distinguent :

  • la poterie poreuse dite chawat. Elle n’est constituée que de tessons bruts et ne tire son aspect décoratif presque uniquement que de sa forme.
  • Tandis que la variété non Poreuse dite motli, est vernissée et reçoit un revêtement de céramique. C’est ce type de poterie qui a contribué à la célébrité de la production de Nabeul.

La fabrication

Les pièces d’argiles pour recevoir leur vernissure sont cuites une première fois dans un four de brique, dont certains restent encore de nos jours chauffés au bois. Selon le niveau de température atteint on obtient une couleur de poterie différente : rouge à 800° C, blanc vers 850°, bleu-noir au delà de 900° C ; puis elles subissent une dernière cuisson pour en faire des poteries émaillées. Les poteries traditionnelles étaient alors souvent revêtues d’un décor géométrique ou floral où prédominait les couleurs jaune, verte et marron.

Apogée artistique

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La céramique artistique moderne s’est développée à NABEUL dans le cadre d’un plan de relance de l’artisanat tunisien dont le dispositif mis en place vers les années 1920 a constamment été amélioré et adapté.

Yahia El Ghoul, professeur d’histoire à la faculté des Sciences humaines de Tunis , écrit « A partir de la fin du XIXe siècle, des Français passionnés de céramique et attirés par le savoir-faire des potiers nabeuliens s’installèrent à Nabeul […] (ils) tentèrent de faire renaître la céramique émaillée polychrome en s’inspirant des productions hafsides, hispanomauresques et surtout celle des quallalines [quartier de Tunis regroupant les potiers depuis le moyen-âge] des siècles précédents…» Le talent des maîtres potiers de Nabeul a fait de reste.

Jarre à décor de félin - Tunis, Qallaline - XIXe siècle Céramique à pâte argileuse, décor peint sur glaçure opacifiée Musée National du Bardo


Influence des « Maîtres » 

Parmi les Français, Louis TISSIER a été actif à partir de 1898 VERCLOS et FAURE-MILLER ont beaucoup produit autour des années vingt, Un tunisois ,Jacob CHEMLA venant du Bardo en 1908, retrouve en 1910 la maîtrise du bleu de cobalt. Son fils Moïse dit « Mouche » se révèle un céramiste hors pair. L’atelier Chemla suit l’initiative française de rénovation de la production de Nabeul en s’y installant quelques temps dans les années 20. Les maîtres de Nabeul proprement dits les plus réputés on été :

  • Gacem KHARRAZ, Il s’inscrit dans une longue lignée de potiers célèbres, d’origine andalouse, venue se réfugier de Murcie en Tunisie au XVIIe siècle , introduisant du même coup les techniques andalouses et l’esprit arabo-andaloux dans la thématique ;
  • Mohamed MACHAT ;
  • et les frères jumeaux Hsen et Hsin ABDERRAZAQ


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Protecteurs des arts

L’administration coloniale a cherché à soutenir et orienter la production de Nabeul en distribuant de maigres subventions ou en passant commandes pour des éléments d’ornementation destinés aux bâtiments publics. Elle n’a pas pu faire bien vivre le projet, faute d’un constant et régulier soutien. Au sein de cette administration Le Colonel Flick s’est distingué par son engagement personnel face à une administration sans vision à long terme ni, parfois, de moyens suffisants du fait des aléas économiques. Le redémarrage, après la seconde guerre mondiale, des poteries de Nabeul a été particulièrement accéléré par Delattre de Tassigny et son penchant personnel pour la céramique d’art.

Côté privé, des architectes ont joué un rôle important comme prescripteurs en s'impliquant personnellement, en particulier M. GUY. Son soutien semble avoir remis debout  à plusieurs reprises l'atelier Chemla .

Le mécénat n’est pas resté en retrait. Celui de Mrs Hooker a soutenu durablement le travail de l’atelier Chemla et a permis de faire connaître et apprécier le travail des ateliers de Nabeul sur la côte Ouest des USA. La crise de 1929 effaça la notoriété acquise par les céramistes de Nabeul dont les exportations cessérent alors.


Production artistique. Quel avenir ?

Si l’objectif a été de faire revivre le sens artistique des potiers de Nabeul, la mission a été à moitié atteinte. En revanche, en terme de relance de la production, les efforts entrepris alors ont sans doute autorisé le redémarrage d’une production de style différent.

Le surcoût que représente l'artisnat d'art résiste encore à la mécanasition. La demande extérieure, occidentalisée, laisse quelques perspectives ouvertes aux jeunes créateurs qui œuvrent avec discrétion.