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Historique Port-Lyautey - Ville

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MAROC

Port-Lyautey Nom actuel : ?

Historique

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Liste des Villes



Histoire ancienne

Le petit pont sur l'oued (ruisseau) Fouarate

Kénitra

Kénitra ou "Knitra" (« petit pont ») tire son nom d'un ponceau portugais construit sur l'oued Fouarat en amont de la Kasbah. Ce ponceau fut détruit en 1928. La ville actuelle se situe sur la rive gauche de l'oued (fleuve) Sebou (ou Sbou), à 12 km par la route de l'embouchure du fleuve.

Kénitra n'existait pour ainsi dire pas du tout avant 1912. Elle n'était, auparavant, qu'un poste militaire fait d'une casbah – une « forteresse » en arabe – (qui ne doit pas être confondue avec celle de Mehdia située à 12 km de là, à l'embouchure du fleuve Sebou). Ce fortin était un des nombreux relais de la route impériale Rabat-Fez connue sous le nom de « Trek el-Soltane » qui suivait le littoral atlantique. La kasbah de Kenitra a été absorbée à l'intérieur des constructions du développement de la ville.

Antiquité

Les Phéniciens, les Carthaginois, puis les Romains, les Berbères et les Vandales occupèrent l'embouchure du fleuve Sebou, emplacement situé en surplomb du fleuve, au fil des millénaires et sans pour autant la transformer en cité !

C'est donc là, au sud, à quelques kilomètres de Kénitra, à l'embouchure de l'oued Sebou, que s'érige la vieille casbah de Mehdia, dont les ruines se dressent sur une colline avec une falaise qui a vu, au cours des millénaires s'élever successivement des constructions Carthaginoises, Romaines puis Vandales, sur l'emplacement choisi par Hannon lors de son périple africain.

Ce fut l'ancienne Thymateria des temps Puniques, au VIe siècle avant Jesus-Christ, passée ensuite sous la domination Romaine et redevenue El Mâamora alors qu'une tribu berbère, les Beni-Ifrène l'occupèrent vers 900 de notre ère.

Des colonies Phéniciennes, Romaines s'agglomérèrent autour d'elle, avant l'invasion Vandale et l'anarchie qui la suivit.

Yacoub El Mansour vers 1185 essaya de faire refleurir ce centre d'échanges et fît bâtir la casbah de Mehdia, qui eût ses moments de gloire lorsque sévissait la Piraterie barbaresque. Temps de gloire qui attirèrent des représailles Espagnoles, Hollandaises et même en 1614 sa prise en possession par les Espagnols.

Le protectorat français

Le Protectorat : 1912 - 1956

La kasbah de Kénitra en 1912, relais de voyage (fondouk) fortifié sur la piste (trek makhzen) de Salé à Fes.

En 1911, là où s'étend aujourd'hui une ville moderne et importante, il n' y avait qu'une Kasbah, perdue dans les sables, une de ces Kasbahs qui servaient de gîte d'étape et de lieux de refuge aux voyageurs et/ou aux troupes du Makhzen, lorsqu'elles étaient obligées de cheminer dans un pays peu sûr. En effet, à l'est de la kasbah s'étendait la vaste forêt de chênes-lièges de la Maâmora, refuge de tribus hostiles.

Le 19 Mai 1911, le Capitaine Petitjean est tué au cours d'un engagement à deux kilomètres de Kénitra. Son corps est ramené à la kasbah.

Le 17 Avril 1912, éclate à Fès la mutinerie des troupes chérifiennes qui, assiègent le Sultan Moulay Hafid. Quatorze officiers français et dix civils sont massacrés. Le Général Lyautey, premier résident Général de France au Maroc, après avoir débarqué le 13 Mai à Casablanca, se dirige rapidement sur Fès. C'est alors que va se jouer l'avenir de Kénitra.

C'est avec l'arrivée des Français et surtout, de son maréchal et commissaire-résident général du Protectorat Français du Maroc, Louis Lyautey, que Kénitra prit une importance considérable et s'agrandit rapidement : on y bâtit une véritable ville portuaire et fortifiée au bord de l'océan et du fleuve Sebou !

En effet, en août 1912, le maréchal Lyautey décide de faire construire une voie ferrée reliant Fès à Salé : il lui faut donc aménager le port qui va réceptionner la première locomotive de quinze tonnes du nouveau tronçon ferré ! Puis suivent onze mille tonnes de charbon et d'équipements et Lyautey décide d'en faire un port commercial et militaire.

Construction de la Ville

En décembre 1914, l'officier signe les plans de construction de la nouvelle ville !

En 1916 l'hôtel Continental surgit de terre pour accueillir les premiers colons... Quatre grands autres hôtels suivirent, car au fur et à mesure que les maisons étaient échaffaudées et leurs murs blanchis, la ville prenait forme et se fleurit et s'éclaircit de jardins donnant sur les plages de sable doré (surtout celle de Mehdia)... Par ailleurs, comme on le verra, Kénitra est facilement accessible par route, par rail, par mer et par les airs ! Kénitra devint donc facilement habitable et joignable.

On l'équipa en 1928 sur le plan de Sebou, d'une base d'opérations pour hydravions.

Le port Lagorio

En Juillet 1912, l' Enseigne de Vaisseau le Dantec achève le relevé complet du Sebou depuis Mehdia jusqu 'à l'île Sainte-Marie à cinq kilomètres en amont de kénitra ( géodésie, topographie, sondes, observations astronomiques et magnétiques ). Ce relevé est raccordé avec le plan de l'estuaire dressé par les enseignes de Vaisseau Laporte et Lefrançois. De son côté l'enseigne de vaisseau Lacroix entreprend un travail sur la prévision des houles au Maroc.

Le 12 Août 1912, le commandant Caloni, directeur des travaux militaires du Protectorat se rend à Mehdia aprés avoir fait étudier un tracé de chemin de fer en voie de 0,60 mètre touchant le Sebou à Kénitra et gagnant Meknès par la lisière Nord de la Mamora. Ayant conféré avec le lieutenant de vaisseau Lagorio et remonté le Sebou jusqu'à Kénitra, il convient que ce tracé est le plus avantageux pour le débarquement de tout matériel de chemin de fer et des approvisionnements destinés à Fès et à Meknès.

Le 15 Août 1912, Le général Lyautey décide d'adopter Kénitra comme base de la voie ferrée entre Salé et Fès. Dès lors, l'aménagement du port de Kénitra est entrepris sans retard. Le lieutenant de vaisseau Lagorio, avec des moyens de fortune, fait construire, par ses marins, un poste d' accostage composé de mahonnes reliées à la rive par une passerelle sur chevalets, et qui pu servir tel quel au débarquement de la première locomotive de 15 tonnes pour la voie ferrée de 0,60 mètre. Ce fut l'embryon du premier appontement, réalisé par la marine, et dont le génie poursuivra les travaux par la suite.

Le 14 Novembre 1912 le « Fluor », de 11.000 tonnes, portant un chargement complet de charbon et d'approvisionnement, remonte à Kénitra et y dépose sa cargaison. Le général Lyautey décide que le 1er Janvier 1913 le port serait non plus réservé à des besoins militaires mais également ouverts au commerce.

En 1913, la carte du service hydrographique mentionne le petit port du Sebou et le nomme Port-Lagorio. Le lieutenant de vaisseau Lagorio ne savait pas que, vingt six ans plus tard , soit en 1939, son petit appontement serait le second port du Maroc.

Le 19 décembre 1914, Lyautey apposait son paraphe vigoureux sur le plan de la ville future qui lui était soumis.

Dès 1917, un centre d'aviation maritime avait été installé sur la rive gauche du Sebou à quelques kilomètres en aval de Kénitra. Il fut désarmé en 1921 sans avoir connu une grande activité.

Ce fut en 1928 que la marine décida de créer à nouveau à Kénitra une base d'opérations pour hydravions. Les qualités du plan d'eau du Sebou n'avaient pas échappées aux aéronautes étrangers puisque dès 1929, le Marquis de Pinedo, au cours d'un de ses voyages amérissait sur le Sebou. Mais, les 21 et 22 décembre 1930, ce furent 14 hydravions « Savoia » du Général Balbo qui amérissèrent lors d'une escale en cours de croisière pour la traversée de l'Atlantique Sud. Kénitra, est également devenu l'escale des hydravions d'Air France attachés à la ligne de l'Amérique du Sud.

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En 1932, Kénitra revendique le parrainage de son illustre fondateur et obtient de prendre le nom de Port-Lyautey.

Dès lors et durant près de 24 ans ceci jusqu'au moment du transfert de souveraineté pour l'indépendance, obtenue par le Sultan Sidi Mohammed Ben-Youssef en mars 1956, elle porta le nom de Port-Lyautey.

Après cette période, la ville reprendra son nom d'origine.

Durant le mois de Juin 1934, Dix-Huit des gros avions de l'escadre aérienne de la Méditérannée sont venus au cours d'exercices d'ensemble se poser sur le Sebou à Port-Lyautey. C'était le première fois qu'une escadre aérienne Française amerissait dans ce port.

C'est de Port-Lyautey que, le 25 Octobre 1937, l'hydravion « Lieutenant de vaisseau Paris » s'envola vers le Brésil pour battre le record de distance en ligne droite de sa catégorie.

L'ensemble des initiatives privées apportèrent un tel concours que la ville surgit de terre comme par enchantement.

Kénitra qui, suivant l' expression du général Lyautey, n'était en 1912 qu'un point dans l'espace devint une vraie cité, habitée par des vrais citadins actifs et dévoués, à l'âme de pionniers.
L'apport des marocains est considérable. Grâce à la constante collaboration de leurs chefs et de leurs élites, grâce à la sagesse de leur masse rurale et citadine, un climat de confiance s' est établi entre tous les éléments d'une population hétéroclite.

Voir plan de 1942

Bibliographie

  • Yves Buffetaut (ill. Jean Restayn), La campagne d’Afrique du Nord, Armes Militaria, Histoire&Collections, coll. « Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale », 1996, 82 p.
  • H.-L. Laplanche (étudiant soutenant le mémoire, rédacteur) et Daniel Rivet (dir.), Kénitra : 1911-1922, Université Louis Lumière (Lyon II), coll. « Mémoires de DEA », juin 1987, 73 p.
  • H.-L. Laplanche, Kénitra (ex Port-Lyautey) : Historique de la ville européenne sous le Protectorat Français 1911-1956, Recherches fondées, en partie, sur des témoignages, Faculté des Lettres et Civilisations (Univ. Jean-Moulin Lyon III), coll. « Mémoires de Maîtrise d'Histoire », juin 1986, 160 p.

Notes

Liens externes