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Historique Sétif - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Historique

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Histoire ancienne

SETIF : Ancienne Esedif punique, puis Colona Norviana Augusta Martilis Veteranum Sitiiusum romaine, capitale de la Maurétanie sitifienne au IIIe siècle, construite 1096 m d’altitude au centre d’un vaste plateau dénudé.

Setifis

Les premières traces d'occupation humaine dans la région de Setif remontent à la préhistoire.

Des fouilles effectuées en 1928 et 1931 (PAULMASSIERA, PLANTE, C.ARAMBOURG ) ont révélé des stations datées du PALEOLITHIQUE inférieur (AIN EL HNECH) et de l’EPIPALEOTHIQUE (MAEZLOUG ET AIN BOUCHERIT) et la découverte de gisements d'industries et de silex ainsi que les ossements et ruminants et d'autres animaux.

Sétif a été numide avant de subir la domination des Romains. Le nom de Sétif n'est pas tiré du Latin, mais c'est un mot berbère dont la racine signifie Noir, allusion faite à la fertilité de ses terres.

Sétif faisait partie du royaume des messasyliens et en l'an 225 avant J.-C. elle était la capitale d'un royaume berbère, titre qu'elle perdit lorsque Juba lui préféra Cherchel. C'est près de Sétif que Jugurtha livra une grande bataille à marius.

En 57 après J.-C., Sitifis, son appellation de l'époque, pour sa situation géographique intéressa énormément l'empereur Nerva qui décida d'établir une colonie de vétérans, cette dernière reçut différents noms 'Colonia Nerviana' 'Augusta Martialis' 'Vétéranium Sitiansium'.

L'itinéraire des vandales en Afrique, de Tingi (Tanger) vers Carthage passa naturellement par Sitifis atteinte probablement au début de l'année 430. A l'an 419, Sitifis subit un violent tremblement de terre qui la détruisit au 5/6ème.
Lorsque les Bizantins arrivèrent à Sétifis après le passage des vandales, ils trouvèrent une population fort réduite.

Ainsi, en l'an 539, la ville est occupée et redevint capitale d'une province : La Mauritanie Première.

A cette époque, Solomon édite l'enceinte de la forteresse Byzantine, dont les murs Ouest et Sud sont encore visibles.

En l'an 647 (27 de l'Hégire) eut lieu la première expédition musulmane en Afrique. la pénétration arabe a duré 40 ans, de 660 à 700.

Lors du triomphe de la doctrine Chiite, des missionnaires partis de l'orient travaillent à gagner des prosélytes (nouveaux convertis) à la cause d'Obeide Allah qui aspirait à l'imamat, c'est à dire à l'héritage de l'autorité temporelle et spirituelle de Mohamed dont il se prétendait le descendant.
Un de ces missionnaires Abou Abdellah qui avait trouvé des adeptes chez des berbères Kotama de la petite Kabylie mit le siège devant Sétif.
La place finit par capituler et fut ruinée de fond en comble, la muraille qui l'entourait fut détruite en l'an 904. De grands états berbères se constituèrent et même en 972, El Moezz issu de la tribu des Kotama de la région de Béni Aziz située à quelques kilomètres de Sétif, dernier Emir fatimide de Kairouan fut appelé au trône d'Egypte et quitta l'Afrique du nord.

L'arrivée des Hillal, lancée vers 1050 de la haute Egypte contre les princes berbères Hammadites qui s'étaient déclarés indépendants, triomphe d'abord de toutes les résistances et s'établit en dominatrice dans les plaines.
Seule la grande bataille qu'à livré les Almohades contre les Hillaliens témoigne de l'importance de SATIF dans le nouveau pouvoir du royaume qui unifie le pouvoir musulman au maghreb.

Au bas du moyen âge Sétif a continué à relier les grandes villes musulmanes de Fès à Tunis et de Tunis à l'orient.

L'intensité des changements politiques et économiques des pouvoirs à l'époque des royaumes musulmans à causé la décadence urbaine de la ville de Satif et a orienté l'implantation de nouvelles capitales a proximité d'elle.

Sétif décrite comme petite ville à la fin du XVe siècle, été rattaché au royaume Hafside à Bougie.

Sétif conserve quelques vestiges de l'ancienne Sitifis (capitale de la Mauritanie Sétifienne) du IIIe siècle : remparts, basiliques, cirque antique du IVe siècle et un nécropole romaine.
La Nécropole orientale de Sitifis (Sétif, Algérie) - Description de 352 tombes de la nécropole romaine ; dépôts s'échelonnant depuis la création de la ville sous Nerva jusqu'à la fin de l'antiquité.

Période turque

1515-1830 Berbérie

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A l'époque Turque Sétif était dominée par les grandes familles locales dont les Ameurs était la grande fraction et gouverné par les chefs Turcs envoyés par les Beys de Constantine.


Période française

L'ancien site de Sitifis ne présentait à l'arrivée des Français en 1838 qu'un amoncellement de ruines abandonnées à la place d'un fort byzantin et un seul arbre prés d'une source au pied de cette ancienne citadelle.

L'histoire glorieuse passée de la capitale de la Mauritanie Sétifienne, le tracé dense des anciens itinéraires, les signes de contrée fertile, la position stratégique du site et la situation de carrefour, militent en faveur de la fondation d'une ville en ces lieux ou plutôt la reconstruction de la ville, détruite par un tremblement de terre, mais sous une autre forme répondant à des objectifs spécifiquement militaires de l'époque.

Ainsi la ville moderne de Sétif fut une création française.

Fondation de la garnison

Occupée pour la première fois par le général Galbois, commandant la province de Constantine, en 1838, la ville moderne est construite en damier au XIXe siècle par la colonisation. En 1844, le 19e régiment d’infanterie légère participe à la fondation de la garnison. Garnison où le 3e bataillon étranger de parachutistes est créé en 1949, au quartier Chadeysson. En 1954, il rejoint l’Indochine pour fusionner avec le reliquat des effectifs des BEP, anéantis dans le camp retranché de Diên Biên Phu. Sétif devient alors le dépôt des unités parachutistes de la Légion.

Son monument aux morts inauguré le 5 oct. 1952 est déplacé à Calvi en 1964.

Centre de colonisation

Une fois que l'édification de la forteresse militaire (nouvelles casernes à l'emplacement de la citadelle romaine et le fort Byzantin) fut très avancée et devant l'afflux d'ouvriers civils, les constructions s'orientent vers les besoins de cette population civile qui a nécessité la mise au point d'un plan régulier par arrêté de 1843 (premier plan urbain de Sétif) Car au cours de la restauration des fortifications en ruines, le site occupé était distinctement séparé en deux îlots :

En 1847 une ordonnance royale crée officiellement le centre de Sétif : ainsi les maisons en toube, les tentes et autres constructions édifiés par apports successifs disparurent définitivement en 1845 pour être remplacés par des constructions élevées suivant de nouveaux alignements consignés dans le plan régulier.

- De 1841 à 1849, on a construit à Sétif un fort, contenant un pavillon pour officiers avec accessoires, des casernes pour 2 200 hommes et des écuries pour 300 chevaux ; un hôpital pour 830 malades ; une manutention des vivres avec 4 fours, un abattoir, un magasin à poudre et un parc aux fourrages.

- On a construit en outre dans la ville, de 1845 à 1849, des conduites d'eau ou aqueducs d'une longueur de 2 760 mètres et 380 mètres d'égouts ; 7 fontaines ou bornes-fontaines, 2 lavoirs, 2 abreuvoirs et 1 fondouk ou bazar. II a été empierré 700 mètres de grande voirie et 300 de petite voirie. Enfin, il a été construit une église , une mosquée, un bureau arabe où se trouvent une bibliothèque et un hôtel du Trésor et des Postes.

- Une pépinière de 9 hectares a été établie près de la ville.

- II y a 4 tuileries et briqueteries et 4 moulins à farine construits sur le ruisseau du Bou Sellam.

- Autour de Sétif 4 villages sont en voie de formation : Lanasser, Kalfoun, Mezloug et Fermatou.

- Enfin, par décret impérial du 26 avril 1853, il est accordé une concession de 20 000 hectares.

Peu à peu la ville de Sétif renaît à l'intérieur de sa structure intra-muros et possédait déjà tous les caractères des centres de colonisation ; tracé orthogonal, larges artères commerçantes donnant au centre agricole son embryon urbain.

Formation définitive du noyau urbain intra -muros de Sétif .

En 1872 la ville de Sétif prend forme, se structure, se densifie et s'équipe à l'intérieur d'une muraille d'enceinte percé de quatre portes correspondant aux quatre points cardinaux, affirmant de la sorte sa position stratégique de carrefour :

  • Nord : porte de Bougie.
  • Ouest : porte d'Alger.
  • Sud : porte de Biskra.
  • Est : porte de Constantine.

Ce noyau colonial originel est constitué de deux quartiers de part et d'autre d'une voie dans le sens Est-Ouest (portion de la future RN 5):

Quartier civil au Sud : Caractérisé par un tracé orthogonal en damier avec une forte occupation du sol présentant tous les ingrédients d'une structure urbaine :

Large rues tracées régulièrement avec trottoirs bordés d'arbres.
Magasins et échoppes sous les arcades.
Maisons et immeubles de rapport.

Equipements importants :
1. Recette des postes (1845)
2. Mosquée reconstruite (El Attik ) en 1845
3. Etablissement bancaire (en 1855).
4. L'hôtel de ville et salle des fêtes (en 1856) sur l'emplacement du bureau arabe
5. Tribunal de 1ère instance en 1860.
6. Eglise Sainte Monique en 1867.
7. Collège en 1873 .
8. Sous -préfecture en 1874.
9. Théâtre municipal en 1896 .
10. Fontaine monumentale (Ain Fouara) en 1898.

Les places et squares (place Joffre - Ain Fouara ), du marché, de l'église et square Barral.

Après la 1re guerre mondiale, les autorités municipales de Sétif prennent en main le développement spatial de la ville en procédant à certains aménagements dans les environs immédiats de la ville intra- muros.

Un vieux campement établi sur un terrain communal loué en 1881 à quelques nègres venus du sud appelé village nègre ou « Zmala » Un habitat bon marché pour édifier des villas avec jardins au profit des classes moyennes européennes Une cité de recasement au Nord de la ville, au-delà des terrains militaires (champ de manœuvre), la cité Bel-Air qui attribue une pièce par famille dont les membres s'adonnent à l'activité artisanale en rapport avec leur vocation traditionnelle du travail de la laine (tapis et burnous).

Parallèlement à la cité de Bel-Air, on a construit des cités pour les combattants de la guerre 14-18 ; cité des combattants au Sud-ouest de la muraille et une deuxième cité militaire à la cité Lévy .

Avènement du rail et transformations urbaines inhérentes(1925)

A partir de 1925, période marquée par l'avènement du chemin de fer et la construction de la gare au Sud-est de la ville intra-muros, les remparts ont été démolis (sauf à la citadelle du coté Nord, porte de Bougie), laissant la place à un large boulevard cernant le noyau intra-muros et permettant au tissu urbain de s'étendre au-delà des anciennes portes d'Alger, de Constantine et de Biskra.

  • La démolition de la porte de Biskra au Sud laissant apparaître le faubourg de l'industrie et de l'artisanat
  • La démolition de la porte d'Alger à l'Ouest a entraîné l'intégration du faubourg des jardins caractérisé par un habitat pavillonnaire clairsemé entouré de jardins mettant à profit la présence d'eau souterraine.
    Ce faubourg s'est organisé au voisinage du jardin d'Orléans, véritable musée en plein air qui réunit de remarquables bas-reliefs et des statues et l'hôpital civil dont la construction fut terminée en 1939 et surplombant le tracé de la R.N. 5 (vers Alger).
  • La démolition de la porte de Constantine à l'Est engendrait l'édification du faubourg de la gare qui s'est structuré autour des docks et silos de la compagnie genevoise et la gare, le lotissement Burdin, dans son prolongement, s'est organisé autour de la Mosquée Abou Dher El-Ghifari et du cimetière chrétien et la cité des cheminots caractérisée par un tissu en damier composé de maisons en tuiles entourées de jardins, résidences de la petite et moyenne bourgeoisie, s'étalant au bord de la RN 5 vers Constantine.

Cette croissance est basée sur le principe : noyau - périphérie. La concentration des capitaux et du marché, l'attrait du placement des profits agricoles dans la spéculation immobilière ou dans les revenus urbains (commerce, administration, services, transports, artisanat et petite industrie) autant de facteurs qui jouent dans le sens du regroupement urbain.

Préexistence de deux cimetières mitoyens : musulman et israélite au Sud

Urbanisation

A cette époque, on note la construction des bâtiments collectifs et l'implantation du lotissement de Pierre Gaillet au profit des citadins algériens de vieille souche pour alléger les maisons collectives du faubourg de la gare.

Au Quartier Pierre Gaillet dit « Birgay » : c'est un quartier issu d'un lotissement planifié au profit des sétifiens de vieille souche ayant des possibilités financières, au sein des champs de blé de Pierre Gaillet et qui s'est organisé autour du marabout Bounechada au sud-ouest de la ville à proximité de la R N 28 vers Biskra.

En 1957 : centre d'apprentissage professionnel des métiers et des techniques à proximité de la porte de Biskra et au sein du faubourg de l'industrie.

Ecole maternelle en 1956 à proximité du cimetière musulman.
Nouveau tribunal en 1959 Commissariat central de police en 1960

Projets du plan de Constantine 1958- 1962:

Certains projets d'habitats furent réalisés avant l'indépendance comme :

1) Cité ancien rempart de 66 logements en 1961.
2) Cité de l'avenir en 1960.
3) Cité Ciloc de 130 logements en 1960.
4) Cité Bel-Air de 103 logements en 1961.
5) Cité des fonctionnaires en 1961.


DIVERS


La fontaine d’Ain Fouara est célèbre ; elle est née dans l’atelier parisien du sculpteur Francis de Saint Vidal et installée à SETIF le 25 février 1898 : qui parle de Sétif doit impérativement parler de Ain El Fouara, fontaine autour du jaillissement d’une source, chaude en hiver et froide en été , bâtie “par le Génie militaire" .Décidé lors du conseil municipal présidait par Bastide, le 4 Juin 1894. (Sétif est connu pour sa fameuse fontaine d'Ain Fouara où tous les Sétifiens viennent boire de son eau fraîche. C'est presque un lieu de pélerinage).

Le cheval de SETIF est renommé, il aurait été conservé pur et sans croisement depuis 323 avant JC ou il a vu le jour dans l’élevage de JUGARTHA.


Massacre du Mai 1945

Tant à Sétif qu'à Guelma le fil des événements est le même. La nouvelle des violences policières se répand aux environs et des groupes d'Algériens se forment, s'arment de ce qu'ils trouvent et attaquent les Européens.Ce fut une explosion, aussi brutale que barbare : hommes, femmes, enfants d'origine européenne égorgés, massacrés ou brûlés dans les conditions les plus atroces de la barbarie..

BILAN OFFICIEL : Européens :96 morts et 50 blessés - 1104 morts cotés indigènes (emeutiers, violeurs, pilleurs) incluant musulmans pro-français s'opposant aux rebelles. Extrait du rapport officiel du Colonel Mignotte.

Recherches généalogiques