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Historique Saint Denis du Sig - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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ALGERIE

Saint Denis du Sig Nom actuel : ?

Historique

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Liste des Villes

 

Situation

Le territoire , situé à une altitude moyenne de 53 mètres a une superficie de 12 542 hectares.
Le Sig (Riviere) est situé dans le Tell oranais à 52 Kms au sud-est d'Oran, au débouché de l'importante vallée de la Mékerra, au point de convergence de nombreuses voies de communication à l'extrême Sud-ouest d'une vaste plaine d'alluvions qui s'étendait vers le Nord jusqu'au marais de la Macta, formé par les embouchures confondues de l'Oued-Sig et de l'Habra.
La plaine du Sig, d'une surface approximative de 30.000 hectares est limitée au Sud par les derniers contreforts des Béni-Chougrane, à l'Ouest par la forêt de Moulay-Ismaël, à l'Est, elle est continuée par la plaine de l'Habra que domine Perrégaux.


Histoire ancienne

Le village construit à l’emplacement de la ville romaine de « Tasacorra » (114 de notre ère), fut un évêché en 484 , puis appelé « Sig » par les arabes à partir du XIe siècle .

Le Sig existait déjà à l'époque romaine sous le nom de Tasacorra, du berbère tara (défilé) et corna (Mékerra) : défilé de la Mékerra.
Des ruines non fouillées à l'époque, se trouvaient sur la rive gauche de la rivière et on y voyait des galeries, des traces de murs ; un temple même devait s'y trouver.
Tasacorra était une des stations de la grande voie romaine qui reliait Rusuccuru (Dellys) à Calama (Nédroma) entre Costa-Nova et Régia .
Près du Petit Barrage furent mis à jour, à plusieurs reprises, des tombeaux contenant des bagues, des colliers et autres bijoux.
Les débris d'amphores et de poteries diverses y étaient très nombreux.

Après les Vandales qui laissèrent peu de traces, les Maures s'installèrent dans la région et s'y adonnèrent à la culture. On y voyait encore les ruines d'un aqueduc qui partait de la gorge où a été construit le Petit Barrage et passait au-dessus de l'emplacement occupé par le canal du réseau d'irrigation.


Présence française

1830 - 1962 ALGERIE

Centre de colonisation

Par arrêté en date du 20 juin 1845 un centre de population européenne prévu pour cent familles dans la province d’Oran est installé dans la vallée du Sig et prend le nom de Saint Denis du Sig.


Arrêté du 20 juin 1845
Le Président du Conseil, Ministre Secrétaire d'Etat à la Guerre : Vu l'arrêté du 18 avril 1841 sur la formation des centres de population, Vu la délibération du Conseil d'Administration de l'Algérie, en date du 26 février 1845 :
ARRETE :
Article 1er : un centre de population européenne de cent familles sera créé dans la province d'Oran, sur le parcours d'Oran à Mascara, dans la vallée du Sig, non loin du pont et du barrage construits récemment sur cette rivière.
Article 2 : Ce centre, qui prendra le nom de Saint-Denis-du-Sig sera établi conformément au plan de distribution dressé par Monsieur le Chef du Génie à Oran et annexé à la délibération de la Commission administrative de cette ville.
Article 3 : Un arrêté ultérieur en fixera la circonscription territoriale.
Article 4 : Monsieur le Gouverneur Général et Monsieur le Lieutenant Général, commandant supérieur de la province d'Oran, sont et demeurent chargés de l'exécution du présent arrêté.
Paris le, 20 juin 1845
Maréchal Duc de Dalmatie Le Conseiller d'Etat, Secrétaire Général Baron Martineau, Le Gouverneur Général de l'Algérie Maréchal Duc d'Isly.

Les premiers colons furent décimés par la maladie, en 1846, il ne restait plus que 11 familles sur les 50 installées.

Les premiers habitants de cette nouvelle colonie furent des Allemands d'abord ; puis des Francs-Comtois. Mais les travaux de défrichements et le voisinage des marais amenèrent bientôt des fièvres paludéennes et ce premier peuplement disparut sans laisser de traces.

II fallut attendre l'exode massif des Alsaciens-Lorrains après la débâche de 1870, les tragiques déportations des condamnés politiques du soulèvement de la Commune de Paris en 1871 et l'arrivée des émigrants Espagnols fuyant sévices et misères de leur pays, pour que se forge le creuset initial des futures générations de Pieds-Noirs.

Au tout début de l'installation des Français en Algérie, le Sig fut désigné comme gîte d'étape pour engager la lutte contre l'émir Abd el-Kader et plusieurs combats furent livrés dans la plaine attenante.
l'arrêté du 20 juin 1845 du Maréchal, duc de Dalmatie, Ministre de la Guerre, prescrivit la création du centre de Saint-Denis-du-Sig. Mais contrairement à ce qu'avaient fait les Romains, l'emplacement fut choisi sur la rive droite.
Il s'agissait alors d'en faire une tête de pont défendant le passage de la rivière et l'accès d'Oran contré les attaques des pillards venant de l'intérieur.

En même temps une zone d'irrigation était constituée : elle était alimentée par un barrage-déversoir (le Petit Barrage) établi par le Génie Militaire en 1845 dans un défilé de l'Oued Sig à 3 kilomètres en amont de la ville. Une digue de 7 mètres de hauteur fut construite sur ce barrage en 1858 et il put, alors contenir une réserve de 3 millions de mètres cubes d'eau. Cette digue fut emportée le 8 Février 1885 en même temps qu'une partie de celle du : Grand Barrage édifié en 1883 à 17 kilomètres en amont du premier.
Le Grand Barrage fut restauré aussitôt : une digue.

Le Centre avait la forme d'un rectangle de 670 mètres de long, de l'ouest à l'est, sur 600 mètres de largeur du nord au sud. Les rues se coupaient à angle droit. Deux grands boulevards d'une largeur de 25 mètres limitaient la ville au nord et au sud.
Au Centre, courait de l'ouest à l'est, la route nationale d'Oran à Alger, laquelle s'élargissait dans l'agglomération pour former l'Avenue de la république, belle artère de 32 mètres de largeur, bordée de ficus à petites tailles et de faux-poivriers.
Les cafés, les magasins y étaient installés et dès la belle saison revenue, la population se livrait, depuis des lustres, au plaisir de faire le boulevard jusqu'à une heure fort avancée de la nuit, du pont à l'hôpital. Le régime militaire prit fin en 1854. Le 13 Janvier 1855, Saint Denis du Sig fut désigné comme chef-lieu d'un commissariat civil. Sous l'administration éclairée des Commissaires civils, assistés d'un Conseil municipal nommé jusqu'en 1867 par arrêté du Gouvernement Général, puis élu au suffrage universel.

Saint Denis du Sig prit rapidement une grande extension. De grands travaux d'utilité publique furent activement poussés ou préparés.
D'élégantes constructions particulières s'élevèrent de toutes parts, remplaçant les modestes baraques du début, et de verdoyantes plantations agrémentèrent le centre du village.

De grands travaux d'utilité publique furent activement poussés ou préparés. D'élégantes constructions particulières s'élevèrent de toutes parts, remplaçant les modestes baraques du début, et de verdoyantes plantations agrémentèrent le centre du village.

la longue liste des principales réalisations effectuées au cours des ans :

  • La première pierre de l'église fut posée le 1er Mai 1859 et l'inauguration solennelle se déroula le 30 Septembre 1860. C'était une coquette réminiscence du style roman du XIIe siècle. Le clocher quadrangulaire muta d'une horloge à 4 cadrans culminait à 24 mètres et était dominé par une croix en fer forgé de 8 mètres de haut. On remarquait à l'intérieur quelques toiles d'une réelle valeur artistique. Ce lieu sacré n'existe plus hélas, si ce n'est dans nos pensées et sa croix a pu être ramenée en Métropole par nos amis Garcia Louis et son épouse et elle s'élève à présent sur leur propriété de Prats de Mollo dans les Pyrénées Orientales.
  • La chapelle dédiée à Notre-Dame-du-Bon-Remède, érigée sur un des mamelons du Djelbel-Touakès fut consacrée en Mars 1862. Elle n'est plus que ruines et notre Vierge vénérée a suivi notre exode et se trouve au Sanctuaire de Nimes-Courbessac en compagnie de Notre-Dame-de-Santa-Cruz.
  • Les autres cultes avaient aussi leurs lieux de prières :
    • la Synagogue : Rue d'Isly
    • le Temple protestant : Rue Victor-Hugo
    • et 2 Mosquées : l'une Rue Voltaire - l'autre Boulevard Gambetta
  • La construction du chemin de fer en 1861 vint ajouter encore à la prospérité, en ouvrant des débouchés aux produits du sol.
  • En 1863, pour assurer à la ville une main d'œuvre située à portée, un village musulman de 200 âmes fut créé au sud-est : ce que l'on appelait le village nègre.
  • La Gendarmerie fut installée en 1879, en retrait de l'avenue de la République, près de l'emplacement de l'ancien Corps de Garde de la porte de Mascara.
  • L'ambulance créée en 1844, transformée en hôpital en 1853 administré en régie par des Religieuses Trinitaires, fut laïcisé en 1880. Sa superficie atteignait 6000 mètres carrés environ et on y annexa un asile pour vieillards et malades, incurables
  • Le marché couvert achevé en 1888, situé au centre du village sur l'Avenue de la République, se présentait sous la forme d'une solide bâtisse rectangulaire dont les murs étaient reliés au toit par de hautes persiennes assurant le renouvellement de l'air. Derrière le marché se trouvait une poissonnerie alimentée par des pêcheurs d'Arzew.
  • L'Hôtel de Ville, inauguré en 1898, édifié selon les plans établis par A. de Maupassant, ingénieur (1841-1923) qui se révéla un grand bâtisseur de la commune, était un très bel édifice de fort grand air avec son perron en pierre de taille et sa façade sculptée. On accédait au 2e étage où s'ouvrait la splendide salle des fêtes, résonnant encore de tant de souvenirs, par un double escalier de marbre blanc. De la terrasse, on jouissait d'un coup d'œil superbe sur la plaine et sur la montagne.
  • L'enseignement fut assumé jusqu'en 1866 par les Religieuses Trinitaires et leurs sympathiques cornettes étaient bien connues et appréciées par toute la population.
  • L'École de garçons édifiée en 1866 portait le nom de l'un de ses directeurs Édouard Mazel - et combien de générations et de générations de Sigois tant européens que musulmans y ont frotté sur ses bancs, leurs fonds de culottes. C'est le regretté Raymond Huertas, qui à l'heure tragique de l'exode en 1962 assurait la direction de cet Établissement.
  • L'École de filles datant de 1887 est encore présente dans la pensée de tous par 1e nom de sa dernière directrice, Madame Daléra, qui s'identifiait depuis tant d'années à son groupe scolaire, par ses grandes qualités professionnelles et son exceptionnelle ouverture de cœur et d'esprit.
  • L'École maternelle se situait derrière l'église et depuis 1898 accueillait les jeunes enfants.et la première institutrice, Mademoiselle Tichané
  • Et enfin l'École Mira, en bordure du Village Nègre, recevait les élèves musulmans depuis 1912 et son dernier directeur, Monsieur MORRO, était y notablement estimé de tous.
  • en Octobre 1923, l'ancien Maire, Monsieur Descours, inaugura sur la spacieuse place de la Mairie, le Monument aux Morts, dédié aux 119 Sigois tombés au Champ d'Honneur durant la Grande Guerre de 1914-18. C'était un très bel obélisque surmonté d'un Poilu en armes et des plaques de marbre blanc apposées sur ses quatre faces rappelaient en lettres les noms des enfants du village, morts pour la défense de la Patrie.
  • Après le conflit mondial de 1939-45, une plaque supplémentaire vint allonger la liste des jeunes de chez nous qui sacrifièrent leur vie afin de rendre la liberté à leur pays courbé sous le joug de l'occupant.
  • devant le porche de l'église et face au Monument aux se dressa sur son piédestal une massive statue de Saint-Denis, Patron de la localité.
  • Source extrait partiel du site la Sigoise de Raymond Boronad

Le barrage

Le barrage romain existant sur la rivière fut reconstruit par le Génie en 1845 ; élevé en 1883 à 7 millions de mètres cubes.
Après la catastrophe de 1885, il est à nouveau reconstruit en 1893 (29 mètres de hauteur, 32 mètres à la base et 4 mètres au sommet, capacité portée à 16 millions de mètres cubes).

Economie de la région

Essentiellement agricole , la région cultivait le coton, le tabac, les arbres fruitiers, les céréales, les produits maraîchers et surtout les oliviers : 2e rang en Algérie après Tlemcen .

En 1962, la ville comptait plus de 15 000 habitants dont un quart d’européens.

Nom actuel

Sig