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De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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A partir de 1879, le collège Saint-Louis sort de terre. Le ministre des Affaires étrangères a donné au cardinal Lavigerie l'autorisation de bâtir sur le terrain de la France et le pape celle d'ouvrir un collège catholique français sur ce point du vicariat.

Avant d'avoir reçu la notification pontificale, Mgr Sutter cria à l'empiètement. Il envoya une protestation à M. Roustan. Mais avec quelle fierté l'archevêque d'Alger rassure et stimule le consul! Il lui écrit, en date du 23 novembre 1878:

Pour ce qui concerne le spirituel, je suis parfaitement en règle avec le Pape; et pour le reste j'entends conserver les droits de la France et de votre consulat général vis-à-vis des prétentions injustifiables de l'évéque de Rosalia. C'est à vous qu'il appartient de décider, comme vous l'avez fait déjà, de concert avec le ministre des Affaires Etrangères, les constructions qu'il convient de faire ou de ne pas faire à Saint-Louis et je ne pense pas que vous soyez d'avis de permettre, sous forme indirecte, l'ingérence de la colonie italienne dans nos affaires nationales. Tout cela n'est évidemment qu'une manifestation du dépit des Italiens, en présence de l'accroissement de l'influence française dû à vos habiles et constants efforts


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Le collège s'élevait avec rapidité. C'était un beau bâtiment de style mauresque: il se composait d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage que précédaient de spacieuses galeries avec colonnes de marbre torses, tandis qu'une chaîne d'élégants créneaux bordait les terrasses. Pour animer architectes, ouvriers et missionnaires, et aussi pour observer de plus près la marche des événements, Mgr Lavigerie revint à Carthage. On lui loua une petite maison de campagne, la villa Odo.

Le collège s'ouvrit, en octobre, avec 35 élèves. On aimait à citer, parmi les premiers inscrits, quelques britanniques, notamment les fils de M. Read, consul général d'Angleterre; les fils du général Baccouche, ministre du bey; deux petits-fils de Taïeb-Bey, frère du bey régnant et plusieurs notables israélites.


Toutefois, pour le cardinal Lavigerie, l'oeuvre la plus importante à ses yeux ce fut, en cette année 1882, le grand collège Saint-Charles de Tunis. Le petit collège Saint-Louis de Carthage ne répondait plus aux besoins nouveaux; il était d'ailleurs trop éloigné de la ville. Mgr Lavigerie n'hésita pas. Il acheta de vastes terrains au coeur du quartier européen et fit commencer aussitôt les travaux de maçonnerie. Sous sa vigoureuse impulsion le corps de bâtiment principal avec ses deux ailes s'éleva comme par enchantement, en quelques mois. Il couvrait une superficie de plus de 1.200 mètres carrés, sans compter les murs de clôture. Ce fut la même rapidité pour l'aménagement intérieur et l'ameublement scolaire. Les difficultés furent sans nombre et de tout genre. Il les vainquit toutes. Le 9 Octobre, le collège ouvrait ses portes. A la première rentrée, 170 élèves se présentèrent. Leur nombre ne fit que croître, par la suite,d'année en année.

D'abord, les seuls Pères Blancs furent chargés de la direction et de l'enseignement. Il leur adjoignit bientôt, pour les classes de grammaire, des Frères Marianistes dont l'un M. Sibus sut se faire une belle place dans la confiance des parents et l'amitié de l'archevêque. En 1886, l'extension du collège Saint-Charles obligea le cardinal à remettre l'enseignement des classes supérieures à des professeurs laïques munis de grades universitaires. Ils étaient nommés par le ministre de l'Instruction publique, sur la présentation des Pères Blancs qui gardaient la direction. C'était le système qui alors régissait le collège Stanislas à Paris.

Mais, parce que cet établissement absorbait un trop grand nombre de missionnaires fondés pour un autre but, parce qu'il ne pouvait servir de Petit-Séminaire devenu indispensable, parce que surtout... les besoins d'argent de Mgr Lavigerie étaient, en 1889, très pressants, il vendit le collège Saint-Charles à l'État.

Notre actuel lycée Carnot prit sa place.

Mgr A. PONS - La nouvelle église d'Afrique