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Historique Noisy-les-Bains - Ville

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Historique

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Histoire ancienne

Aïn-Nouïssy (« source merveilleuse » ou « source miraculeuse ») doit son nom à la source éponyme qui jaillit sur les pentes de la Chegga.
Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, aucun vestige romain ne se trouve sur le territoire de la commune et certainement pas les ruines dites « Pont romain » qui ne sont que les restes d'un petit aqueduc construit en 1854 servant à alimenter le village avec les eaux de la source Aïn-Nouissy située à quelques centaines de mètres.

Lorsque les Français entreprirent de coloniser les alentours de Mostaganem, plusieurs tribus, n’ayant aucune communauté d’origine, occupaient cette région : Bordjia, Dradeb, Akerma, Abid Cheraga, Hachem Darough.

Du temps des Turcs, les trois premières de ces tribus faisaient partie du makhzen de l’agha des douairs, les Abid Cheraga comptaient dans le makhzen de l’agha des zmelas et les Hachem Darough étaient sous les ordres directs du caïd de Mostaganem.

Les tribus possédaient 2.141 tentes, 454 gourbis, 156 maisons et 53.691 chevaux, mulets, chameaux, ânes, vaches, moutons et chèvres, et produisaient 45.000 quintaux de blé.

Mais de ces cinq tribus de l’aghalik de Mostaganem, trois intéressent plus particulièrement notre propos puisque en 1848 la colonie agricole d’Aïn-Nouissy, Noisy-les-Bains à partir de 1886, fut créée sur leur territoire et que, par conséquent, les indigènes habitant le village ou peuplant les douars environnants y trouvaient leur origine.

Du point de vue économique, ces tribus étaient d’une importance tout à fait moyenne et même très médiocre pour les Dradeb. Elles cultivaient de l’orge, du blé et du millet, entretenaient quelques figuiers, possédaient quelques pâturages (surtout les Bordjia et les Abid Cheraga) pour leur cheptel. Mais seuls les Bordjia possédaient une industrie car ils confectionnaient des burnous fins très recherchés. Ces tribus ne possédant pas de marché sur leur territoire, le commerce existait tout de même à une petite échelle et, là encore, les Bordjia étaient les plus actifs car ils allaient jusqu’à Tiaret chercher du grain qu’ils revendaient à Mostaganem : les Abid Cheraga exportaient un peu de leur blé qu’ils vendaient aux marchés de Mostganem, des Béni-Chougran et des Flitta, tandis que les Dradeb s’activaient surtout à approvisionner la ville en chaux et en charbon de bois.

  • Source extrait partiel par G.Langlois

Présence française

Centre de colonisation

Ce fut donc dans ce vaste territoire, non pas vide d’hommes mais insuffisamment peuplé d’environ deux millions de Musulmans et de quelques dizaines de milliers de Juifs, que le gouvernement français décida d’envoyer ceux qui le gênaient, en leur promettant monts et merveilles.

Dès les 20, 24 et 28 septembre 1848, les murs de la capitale se couvrirent d’affiches annonçant un crédit de cinquante millions destinés à l’installation en Algérie de douze mille colons. La dernière de ces affiches était signée La Moricière, alors membre du gouvernement et héros de la conquête.

Les familles dont la candidature était acceptée par la commission chargée d’étudier les demandes furent réparties en dix-sept convois dont le départ de Paris s’échelonna du 8 octobre 1848 au 18 mars 1849.

Nous nous attacherons tout particulièrement à suivre ici le quinzième convoi composé de 865 personnes, dont 40 enfants, et qui, le 30 novembre 1848, quitta le quai Saint-Bernard à Paris pour gagner Mostaganem. Chaque passager avait eu droit d’emporter un baluchon de 50 kg. Les destinations qu’on lui assigna furent Mesra (aussitôt rebaptisé Aboukir), Tounin (prononcer Tounine) avec son annexe Carouba et enfin Aïn-Nouissy (Noisy-les-Bains).

Le 16 décembre le convoi arrivait à Marseille et aussitôt commença l’embarquement sur le Cacique. Le lendemain, le navire levait l’ancre et après une traversée relativement paisible touchait la côte de Mostaganem le 20 décembre, malgré une légère tempête qui le contraignit à relâcher quelques heures devant Arzew mieux abrité.

Le 24 décembre au matin, les futurs habitants de ce derniers village, ayant entassé leurs maigres bagages sur des prolonges d’artillerie quittèrent Mostaganem et, à pied, prirent la route du sud.

A 3 km de la ville, ils longèrent le bastion de Mazagran où en février 1840 le capitaine Lelièvre et ses 120 « lapins » résistèrent bravement pendant trois jours aux assauts furieux de 12 000 Arabes conduits par Abd-el-Kader en personne. Puis, 5 km plus loin, ce fut la halte du déjeuner à Assi-Mamèche (Rivoli).

Au cours de cette première partie du trajet, les colons purent apercevoir, de-ci de-là autour des fermes, un peu d’activité agricole qui disparut ensuite des paysages traversés pendant les huit derniers kilomètres.

Enfin, dans l’après-midi, la petite troupe, parvenue à la limite sud du plateau de Mostaganem, put contempler, des flancs du djebel Cheggha, l’immense plaine de l’Habra s’étendant jusqu’à l’Atlas.

Les voyageurs aperçurent alors, quelques centaines de mètres plus bas, un peu à l’est, un emplacement minuscule, sommairement débroussaillé par l’armée qui y avait dressé des tentes et commencé la construction de baraquements. La piste à peine tracée qu’ils avaient suivie depuis le matin n’allait pas plus loin : les colons étaient arrivés à Aïn-Nouissy.

L’armée encadrait les colons et les villages obéissaient à des directeurs militaires jouissant d’un pouvoir quasi discrétionnaire.
Celui d’Aïn-Nouissy était le lieutenant au 5e de ligne Descouvé dont l’aménité pour les colons est à souligner. Il répartit rapidement entre les familles les lopins de terre qu’elles avaient trois ans pour défricher et mettre en valeur, condition pour en devenir définitivement propriétaires. Ces parcelles constituaient des concessions dont l’étendue était en rapport avec la composition des familles. A Aïn-Nouissy, une famille composée de cinq personnes recevait en moyenne, et selon la qualité de la terre, environ 17 hectares à défricher.

L’époque fut rude et sans doute le mot de calvaire employé souvent pour décrire la vie des colons de 1848 n’est-il pas exagéré. Certains moururent rapidement des privations qu’ils enduraient ou retournèrent à Paris, abandonnant tout espoir d’une vie meilleure ; ils furent aussitôt remplacés par d’autres venus isolément ou par petits groupes familiaux, principalement du Dauphiné et des Pyrénées, plus ou moins par leurs propres moyens et certainement plus aptes aux durs travaux de la terre. Ainsi l’on peut dire que, de ce fait, dès 1855, la population du village était stabilisée.

Commune de plein exercice

En 1853, l’autorité militaire céda la place à l’administration civile dans toutes les colonies agricoles de l’Algérie. Aïn-Nouissy qui, depuis sa création, était une annexe de Rivoli demeura dans cette situation jusqu’en 1869 où il devint une commune de plein exercice ; jusqu’à cette date, le maire du village fut adjoint du maire de Rivoli, comme d’ailleurs celui de la Stidia.

Aïn-Nouissy, du nom de la source qui alimentait le village, devint Noisy-les-Bains par décret du président de la République en date du 23 août 1886, les bains étant ceux d’un établissement thermal situé sur la commune.

  • Source: extrait partielRevue P.N.H.A n°157 (signé G.Langlois)

Nom actuel

Aïn Nouissy wilaya de Mostaganem

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