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Historique Jemmapes - Ville

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Jemmapes Nom actuel : ?

Historique

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Situation géographique

Située sur un léger promontoire, gage futur de salubrité, la petite ville de JEMMAPES occupe une position stratégique dans la vallée du FENDEK, passage obligé de la voie BÔNE-CONSTANTINE.

Elle se trouve ainsi à 32 km de PHILIPPEVILLE, 35 km d'EL ARROUCH, 91 km de CONSTANTINE, 69,5 km de BÔNE, et 59 km de GUELMA.

Le village fut édifié sur un site jonché de nombreuses ruines romaines.

Climat

Le climat, dans cette vallée est sain et chaud en été.
La plaine est très fertile, propre à toutes les cultures et parcourue par de nombreux oueds, affluents du Fendek.
Quelques travaux de dessèchement et la culture du sol suffiront pour procurer un assainissement complet.

Végétation, hydrographie, et divers

Les indigènes qui sont essentiellement agriculteurs, en tirent d'excellents produits en blé, orge, maïs, millet, melons, pastèques, etc.
En outre, ce territoire est assez généralement boisé ; les chênes-liège, les chênes verts, les frênes, les ormes, les peupliers, sont les essences les plus nombreuses.

Des cours d'eau le sillonnent en tous sens :

  • L'oued FENDECK, le plus important, coule au pied du bourg et fournit en abondance une eau saine et limpide, même lors des plus grandes chaleurs.
    Quelquefois il sort de son lit et inonde une partie de la plaine ; mais cette inondation est temporaire et ne dure jamais plus de quelques heures après lesquelles, l'eau se retirant, laisse un limon précieux qui contribue considérablement à la fertilité du sol.
  • De nombreux affluents, dont les principaux sont : l'oued MEZERBA, l'oued EL ARAH,l'oued DARDARA, et l'oued HAMIMINE.

Il serait possible d'établir sur l'oued Fendeck, au nord du village, des moulins et des usines.

Le sol est couvert de ruines romaines qui seront très utilement employées pour les constructions. Les colons trouveront aussi en abondance, le sable de la rivière, la terre à brique, les bois de construcion, enfin des carrières de grès et de pierres calcaires.

Indépendamment de ces ressources, le village de JEMMAPES est appelé, lorsque la route de Bône sera terminée, à devenir le siège d'un commerce de transit assez important et des relations commerciales ne tarderont pas à se nouer entre ses habitants et les tribus industrieuses des Beni-Mehenna, des Zerderzas et des Badjetas.

Historique

Fondé par ordonnance royale du 14 février 1848 le village, qui est d'abord une colonie agricole, s'étend sur 2 850 hectares de terre du pays des Beni-Mehanna, dans la vallée de l'Oued FENDECK. Cette colonie devait recevoir 120 familles, qui arriveront par le 10e convoi.

À l'origine , le village s'appelait Village du FENDECK, il prit plus tard le nom de JEMMAPES en souvenir de la victoire de la première république remportée par le général Dumouriez sur les autrichiens le 6 novembre 1792.

Source Documentaire

Les tribus indigènes qui avoisinnent JEMMAPES sont riches, hospitalières et franchement favorables à ces militaires qui les débarrassent du joug du terrible Bey de Constantine.
À la fin de l'année 1848, bien qu'aucun établissement européen n'existe encore entre Philippeville et Bône, des voyageurs isolés parcourent sans danger cette distance de 102 kilomètres. La sécurité est donc parfaite. La vallée du SAFSAF, distante de quelques kilomètres à peine de Jemmapes, est entièrement livrée à la colonisation.

La colonie agricole de JEMMAPES vécut 9 ans sous le régime militaire, avant de devenir « commissariat civil » en 1857. Il fallut ensuite attendre 1867 pour qu'enfin l'ex centre agricole devienne commune de plein exercice, avec son maire et son conseil municipal.

Le premier maire fut Antoine d'Hesmivy d'Auribeau.


Les premiers colons

Ils arrivèrent par le 10e convoi parti de Paris le dimanche 12 novembre 1848.
Cette première installation fut malheureusement, comme dans la plupart des autres centres de 48, compromise par divers facteurs :

  • le choix d'ouvriers parisiens, peu habitués à cultiver une terre,
  • un séjour de presqu'un an sous les « tentes marabout » de l'armée,
  • et enfin la combinaison catastrophique du paludisme endémique et d'une épidémie de choléra au printemps 49 joua son sinistre et principal rôle.

Un second contingent, arrivé fin 1849, résistera relativement mieux à cette hémorragie démographique.


En 1935 la situation du canton de JEMMAPES se présente ainsi :

Nous avons 2 communes :

  • l'une de plein exercice, JEMMAPES-VILLE, d'une superficie de 7300 ha,
  • l'autre, JEMMAPES-MIXTE s'étendant sur 9890 ha.

La commune-mixte de JEMMAPES, créée en 1874, comprend les 4 villages d'AURIBEAU (3030 ha), LANNOY (2 968 ha), LA ROBERTSEAU et ROKNIA, le petit centre de BISSY et 21 douars, les premiers étant administrés par des adjoints spéciaux, les seconds par les caïds.

Dans le canton, nous avons encore :

  • BAYARD (2273 ha à 4 kms) qui restera finalement une annexe de JEMMAPES, par manque de capitaux et de personnel administratif,
  • RAS-EL-MA (1 203 ha, à 12 kms)
  • FOY (2 582 ha, à 5 kms)
  • et GASTU (10&nbsp739 ha, à 22 kms)


Sites remarquables et curiosités naturelles du canton jemmapois

À proximité d'AURIBEAU, les établissements de bains d'OUED HAMIMINE sont réputés depuis la plus haute antiquité.
L'eau qui jaillit des petits geisers est si chaude que l'on peut, dit-on, y cuire un œuf.

La plaine de la ROBERTSEAU est connue pour ses cultures fruitières, et particulièrement pour celle de la clémentine, un fruit PN. Sans oublier les magnifiques oliveraies.

Les grottes de TAYA étaient d'un attrait fascinant pour l'explorateur.
On y accédait en partant de la maison forestière de GUENGUEDA.

Les dolmens d'AÏN-EL-BEIDA, dans les environs de ROKNIA, étonnaient la curiosité du touriste ; sur 2 kms carrés ROKNIA possédait à elle seule plus de dolmens que la FRANCE entière !

Enfin, à JEMMAPES même, n'oublions pas le magnifique obélisque retrouvé parmi les ruines romaines de la ville.

=== A l'indépendance, JEMMAPES deviendra AZZABA. ===
Et ce nom va nous expliquer l'origine de cette petite ville.

Au-delà de LANNOY, se trouve le lieu-dit "DEM EL BEGRAT" : « Le sang de la vache »

Sur le territoire où devait, plus tard, s'implanter JEMMAPES, existait un campement -en arabe « azzaba » - où avaient coutume de se réunir périodiquement beaucoup de tribus nomades déambulant de pâtures en pâtures pour faire brouter leurs troupeaux. Des pâtures toujours rares et souvent obtenues après avoir fait brûler une partie des épais maquis. Par ce que -plus tard- on nommerait « téléphone arabe »,ces nomades avaient fini par apprendre que de vastes espaces, plus riches en herbe grasse et fournie, se situaient vers le Nord, en direction de la mer.

Du campement, on formait donc tout le cheptel en un immense troupeau et des bergers étaient commis pour diriger, surveiller et soigner cette masse meuglante et... « bousante » vers le lieu privilégié où chaque bête était assurée de paître à satiété.

C'était, en quelque sorte, l'alpage (les Alpes en moins) tel qu'il se pratique toujours dans maints lieux de l'hexagone.

Ainsi, chaque bovidé se reconstituait une santé... un SANG neuf, d'où le nom de cet emplacement aux pâtures foisonnantes.

S'étant fait des panses rebondies et du sang vermeil, les vaches pouvaient regagner le campement. Chaque fellah récupérait son cheptel et chacun repartait vers de nouvelles errances.

Reste à savoir vers quelle époque surgit ce vocable « hémoglobique ».

Du temps des lointains Berbères ? Sous Hannibal ? Lors de la colonisation romaine, avec l'appellation « sanguis vaccæ » ? Rien de moins sûr en ce dernier cas, car, successeurs de Rome, les arrivants mahométans auraient sûrement arabisé la locution latine comme ils le firent, par exemple, pour la Ruscicada Philippevilloise devenue Skikda.

(Source documentaire : Journal de « Jemmapes et son canton »)