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ARMEE HARKA

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Harka - Harkis

Il convient de rappeler que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de harkis toutes les autres catégories de supplétifs de la guerre d'Algérie : moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), Groupes d'Autodéfense (GAD), à l'exclusion des appelés et des militaires sous contrat.

C’est officiellement le 8 février 1956 que l’ordre de créer les harkas dans toute l’Algérie a été donné. des unités supplétives seront constituées dans chaque corps d’armée, à l’échelon quartier ; s’appuyant sur les unités de base, compagnies, escadrons, batteries, elles seront chargées de compléter la sécurité territoriale et de participer aux opérations locales au niveau des secteurs ; ces unités porteront la dénomination de harkas
En 1958, leur effectif s’élevait à 24 000 hommes, mais le général Challe obtint du général de Gaulle, de le porter à 60 000, en vue de créer 100 commandos de chasse, un par secteur militaire.
Au total 800 harkas furent mises sur pied, sous des aspects divers ; il y eut :

- des harkas à pied, transportées par véhicules de secteur, à 95 % d’autochtones,

- des harkas montées, à cheval ou à mulet,

- des commandos de chasse composés de 50 % à 90 % de harkis,

- enfin des harkas citadines, comme les « bleus » du Commandant Léger à Alger.

Quant au mode de recrutement, il était soit collectif dans les villages en auto-défense, soit individuel avec notamment un apport de déserteurs du F.L.N. environ 5 % des effectifs. Il convient de rappeler qu’il y avait 4 fois plus de musulmans en armes du côté français que du côté F.L.N. : face aux 180 000 combattants loyalistes, l’A.L.N. n’a jamais dépassé 48 000 hommes (dont 32 000 en Tunisie et au Maroc). Cet ordre de grandeur contredit la légende d’une population totalement inféodée au F.L.N.

La guerre d'Algérie

Quand éclate le soulèvement du 1er novembre 1954, la plupart des unités nord-africaines se trouvent encore en Indochine, et le recours aux supplétifs est proposé dès novembre par le préfet de Constantine et par M.Vaujour, directeur de la Sûreté générale.

C'est le 8 février 1956 que le général Lorillot prescrit de former des harkas dans chaque Quartier d'Algérie, à l'imitation de ce qui a été fait par le général Parlange dans l'Aurès et par le bachaga Boualem dans les Beni Boudouane. La montée en puissance des harkas est relativement lente en 1956-57, en raison de l'action du FLN qui s'impose dans les villages par la propagande et la terreur.

Les succès militaires de 1958 permettent d'augmenter les effectifs, et en décembre 1958 le général Challe obtient du général de Gaulle de passer de 28 000 à 60 000 harkis. En 1959, 6 à 7 000 d'entre eux seront affectés dans les Commandos de Chasse créés dans chaque Secteur (Arrondissement) pour éliminer les rebelles qui ont échappé aux opérations du plan Challe.

C'est au début de 1961 que le recrutement des musulmans atteint son maximum. Il y aura trois à quatre fois plus de musulmans dans l'armée française que dans l'ALN, et 3 200 supplétifs sont tués au combat ou par attentat.

Alors que GMS et Moghaznis étaient engagés sous contrat de 6 mois, les harkis avaient jusqu'en 1961 un statut de journaliers, bien qu'ils restent en service plusieurs mois, et qu'ils soient payés mensuellement (22 500 AF). Environ 3 000 d'entre eux étaient des rebelles ralliés.

S'étant engagés davantage pour la défense de leurs familles que pour la solde, les supplétifs étaient opposés à la conception totalitaire du parti unique du FLN. Ils faisaient confiance à l'armée pour faire évoluer l'Algérie dans un sens démocratique et égalitaire. Le rappel de Challe en mars 1960 ne permet pas de mener à bien son projet de Fédération des UT et des autodéfenses, qui aurait constitué un parti français opposé au FLN

Crépin, le successeur de Challe, avait promis en janvier 1961 que les harkis, considérés comme vainqueurs, auraient la première place dans l'Algérie future, et qu'ils resteraient groupés et armés pendant un an après le cessez-le-feu.

Mais dès l'été 1961, le gouvernement décide d'amorcer la réduction des effectifs des harkas et des autodéfenses, et de « civiliser » les S.A.S, ce qui reviendrait à supprimer les maghzens, alors que Challe leur avait confié la responsabilité opérationnelle des Quartiers de pacification .

L'abandon, le massacre et le rapatriement sélectif

Les promesses de Challe et de Crépin n'ont pas été tenues. Les négociateurs d'Évian se sont préoccupés, il faut le reconnaître, de l'avenir des « musulmans fidèles à la France ». En novembre 1961, ils ont obtenu du FLN à Bâle la promesse qu'il n'y aurait pas de représailles.

Huit jours avant le cessez-le-feu, M. Messmer leur a proposé le choix entre trois solutions : l'engagement dans l'armée pour les plus aptes, le retour au village avec une prime (1mois et demi de solde par année de service), un contrat civil d'attente de 6 mois. Ceux qui se sentaient menacés avaient la possibilité de demander leur rapatriement, mais le 15 mai 1962, il n'y avait que 5 000 demandes, familles comprises.

Les rapatriés (réfugiés serait plus juste) devaient conserver la nationalité française, à condition d'en faire la demande au Juge d'instance, condition considérée comme contraire aux accords d'Évian.

90 % des harkis ont choisi le retour à la vie civile, parce que le FLN leur a promis qu'ils seraient pardonnés et considérés comme des frères. Mais ces promesses étaient mensongères, comme le prouvent les directives des wilayas.

Il y a donc eu des règlements de compte entre le 19 mars et le 1er juillet, dans les villages évacués par l'armée française, où l'on ne savait pas ce qui se passait.
A partir du 5 juillet, les massacres ont été massifs et accompagnés de supplices inimaginables, il s'agissait de les faire mourir deux fois. Même les ralliés de la 11e heure n'y ont pas échappé (rapport S/Préfet Robert).

Les historiens ne sont pas d'accord sur le nombre des harkis massacrés.