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Historique Boufarik - Ville

De 1830-1962 ENCYCLOPEDIE de L'AFN
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Historique

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Liste des Villes

 

A la création du cimetière de l'Est en 1852, une sculpture en pierre du blason de Boufarik a été posée sur le mur d'enceinte et s'y trouve toujours. On voit bien la devise de la commune inscrite : "Ense et Aratro"

(Par l'épée et par la charrue)

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Histoire ancienne

  • Les marais

Bou-Farik : Quand le 23 juillet 1830, une colonne française, marchant sur Blida, passa pour la première fois à Bou-Farik, ce lieu n'était marqué que par un vieux puits à dôme grisâtre, et à margelle ridée, striée par sa chaine, perdu au milieu d'un paysage de désolation, situé au centre de ce qui deviendra le Grand Marché du Lundi.


A 400 m environ au nord-est se trouvait une blanche Koubba (dôme) dédiée au plus grand saint de l'Islam, Sidi Abd-el-Kader-El-Djilani, le Sultan des Justes et des Parfaits, et quatre vieux trembles creux, qui complétaient la physionomie de cette zone désolée au milieu des marécages synonymes de fièvre ou de MORT JAUNE.

Le territoire de Bou-Farik n'était qu'un marais tigré de forêts de joncs impénétrables ; ce n'était que flaques d'eaux croupissantes, que mares, que rides suintantes ; ne trouvant pas à s'écouler, ces eaux dormaient sur le sol en attendant que le soleil les bût, d'autres faisant effort vers le nord-est, parvenaient à gagner péniblement l'oued Tlata et l'oued Eth-Tharfa, qui les jetaient dans le Mazafran. C'était un délicieux pays pour le sanglier, la bête fauve et le gibier d'eau ; il l'était moins pour l'espèce si inférieure des bimanes1, laquelle n'a jamais résisté que fort imparfaitement aux effets de l'intoxication paludéenne.

Bou-Farik était le centre et le point culminant et d'attache de sentiers qui s'allongeaient en serpentant dans l'est, dans le nord et dans l'ouest. Son altitude, par rapport à ce qui l'entourait, donnait à son terrain une fermeté qui, jointe à sa position au centre de l'outhan (district) de Beni Khelil, et à sa situation sur la route d'Alger à Blida, au centre de la vaste plaine de la Mitidja, en faisait un lieu propre à l'établissement d'un Marché.

La fondation du Marché de Bou-Farik est évidemment contemporaine de l'organisation du Beylik turc ; elle daterait ainsi du milieu du XVIe siècle de notre ère.

Quatre à cinq mille Bédouins venaient y planter leurs tentes, chaque Lundi pour quelques heures, et « étaler les denrées de leur pays, des troupeaux de bœufs, de moutons, de chèvres, de chevaux, des grains, des légumes, des tissus, enfin toutes les productions naturelles ou fabriquées de leurs haouchs et de leurs douars »

Chaque outhan était administré par un Caïd turc qui relevait de l'Agha des Arabes (un des principaux personnages de la Régence ; il avait, en campagne, le commandement de la milice turque ; mais son pouvoir s'exerçait particulièrement sur les Arabes, auxquels il faisait sentir impitoyablement les effets de sa terrible juridiction).

En 1830, parmi les onze « outhans » ou districts du gouvernement d’Alger, l’outhan des Beni Khélil comprenait trois divisions dont l’une, le territoire de Bou-Farik située au centre de la vaste plaine de la Mitidja, se divisait en 3 cantons : El Merdjia : marais, El Hamada : partie élevée et sèche, et El Outha : la plaine proprement dite.

Sauf dans les environs immédiats d'Alger, où s'élevaient des maisons de plaisance mauresques, d'ailleurs dévastées par la guerre, il n'existait aucune construction.

(Auteur C.TRUMELET Corneille)

Présence française

  • 1830-1962 : 100% création française

Le camp d'Erlon

Le général comte d'Erlon ayant décidé l'occupation permanente du point de Bou-Farik, le moment était venu de réaliser cette mesure qui devait asseoir l'autorité de la France au cœur de la plaine, et prouver aux Arabes l'intention sérieuse de nous établir dans le pays et d'y rester.
Le 5 mars, sous la direction du colonel Lemercier, le capitaine de génie Grand, commençait le tracé de l'enceinte du Camp. Cet ouvrage devait renfermer un baraquement en maçonnerie ou en planches pouvant contenir 1 500 hommes, des écuries pour 600 chevaux et tous les services que comporte un camp permanent. Mais, à la suite et sous la protection de l'armée, trente-cinq petits marchands, cantiniers ou ouvriers d'art étaient venus se grouper, à proximité des troupes.

Les premiers colons

  • les cantiniers

A côté du camp, bien entendu, poussa tout de suite ce qu'on appelle, en argot d'expédition coloniale, « Biscuitville » et qu'à Boufarik, on appelle le Bazar.

Dans des « gourbis de branchages, de roseaux et de paille des marais » s'installèrent tant bien que mal les fournisseurs civils qui suivent les colonnes : on les appelait alors les cantiniers. Les Biscuitvilles n'ont pas nécessairement un avenir durable. Mais ici l'immensité et la fertilité des terres en friches éveillaient chez les cantiniers des atavismes de paysan. Ces atavismes, le maréchal Clauzel en sanctionna l'éveil. Il installe le Bazar Centre de colonisation le 27 septembre 1836 et en 1837 sur un emplacement nouveau que le génie fut chargé de préparer, un rectangle immense qui n'est autre que l'emplacement précis du Boufarik futur. Clauzel prévit l'allotissement par lots urbains et par lots ruraux. Ce fut bien une création de village. Mais les colons du village ne furent autres que les cantiniers du bazar. Dans l'impossibilité de se faire construire des abris plus solides, la population du Bazar dut se contenter de ses incommodes gourbis. Il ne fallait songer à se bâtir des maisons quand les soldats eux-mêmes ne pouvaient aller chercher des pierres dans l'oued Bou-Chemâla, à dix minutes du Camp, sans être attaqués par des Arabes embusqués dans les broussailles.

Centre de colonisation

Par un arrêté du 27 septembre 1836, Clauzel décida de distribuer à Boufarik des lots de terre de 4 hectares moyennant une redevance annuelle de 2 francs par hectare.
Au printemps de 1837, il y avait déjà à Médina-Clauzel, comme on appelait le nouveau centre, 150 personnes et 500 en octobre.

Boufarik, aujourd'hui florissant et magnifique, devait passer par de cruelles épreuves.
Pendant cinq ans, il fallut chaque jour lutter avec les Indigènes « les Hadjoutes »; les vols, les incendies, les assassinats étaient continuels.
On ne s'installe pas impunément dans un marais, en aucun pays, mais tout particulièrement sous le soleil africain.
L’état sanitaire était mauvais toute l'année, mais il était effroyable pendant les chaleurs car les marécages pendant l'été se dessèchent par évaporation. C'est alors que l'exhalaison des miasmes pestilentiels amène des fièvres putrides qui nous tuent tant de monde, et qui rendent les parties basses de la plaine inhabitables pendant cinq mois de l'année.
Bien entendu les colons sont les premiers frappés ; d'autant qu'il faut songer à ce que fut longtemps leur installation « couchés sur une poignée de foin » dit Trumelet.

Surtout, dans cette localité entourée de marais et de fondrières, la fièvre et la dysenterie firent de terribles ravages. Il mourait un cinquième et quelquefois un tiers des colons tous les ans. La population se renouvela entièrement trois fois en quelques années et l'expression une figure de Boufarik était devenue proverbiale en Algérie pour désigner les paludéens. C. Trumelet affirmait que : la besogne qui prenait le plus de temps à Toussenel, commissaire civil à Boufarik en 1841 -1842, c’était l’acte de décès.

L'histoire de Boufarik pendant dix ans est une véritable nécrologie.

Grands et petits colons ont prospéré dans des conditions absolument anormales et ont accompli une œuvre magnifique.

On renonça bien vite à essayer de soigner les grands malades sur place, on les évacuait tout de suite sur l'hôpital de Douéra.

Malgré la quinine et l'hôpital, la mortalité était énorme.

En 1842, la localité de Boufarik était la plus mortelle de l'Algérie.
Les visages des rares habitants échappés à la fièvre pernicieuse étaient verts ou bouffis. La paroisse change trois fois de prêtre en un an ; l'église est fermée. Tout le personnel de l'administration civil et militaire a dû être renouvelé. Il périt en cette année-là, 92 personnes de la maladie du climat sur 300 personnes. Les ravages parmi les colons européens furent également considérables à tel point que la Mitidja fut surnommée le tombeau des colons .

Pendant les mois de juillet et d'août 1842, les troupes du Général Changarnier ouvrent une route dans les gorges de la Chiffa.
A ce signe on reconnait que la pacification est acquise. La guerre est tout à fait finie autour d'Alger. La Mididja n'entendra plus un coup de fusil.

Le sergent Blandan

(1819 - 1842)

La Statue à Boufarik

Avant cela, le 11 avril 1842 eut lieu le fait héroïque du sergent Blandan qui sacrifia sa vie pour la grandeur de la France. Il restera pour tous les Boufarikois le « Héros de Beni-Méred ».

Le général Bugeaud ayant décidé, à la date du 6 juillet 1842 qu'un monument destiné à perpétuer le souvenir de ce beau fait d'armes serait élevé sur le lieu de l'action, des souscriptions furent ouvertes dans l'armée et dans la population civile pour en faire les frais. Lyon, la ville natale de Blandan, participa à cette souscription. Le Ministère de la Guerre souscrivit par une subvention.

Les travaux d'irrigation

Dès 1843, un plan général de dessèchement de la Mitidja est adopté et aussitôt les travaux sont entrepris.

On parvint à régulariser, à élargir, à approfondir les cours d'eau servant d'exutoires à ces marais ; des nombreuses saignées jetèrent les eaux dormantes dans les cours d'eau. Tous ces travaux furent savamment conçus et fort habilement dirigés par le Génie militaire et les lieutenants Renoux et Gouet.

Infrastructures

Boufarik se fait de jour en jour, les rues sont nivelées et empierrées, 4 canaux d'irrigation de 3 771 mètres traversent la ville de sud au nord. On a paré à l'inconvénient que présente le terrain marécageux sur lequel est assis Boufarik en donnant aux fondations 25 cm au moins d'élévation au dessus du sol. Les Ponts et Chaussées achèvent l'œuvre commencée.

Toutes les fermes et les maisons de la ville sont munies d'un puits.

Des nouveautés apparaissent, caractéristiques de besoins nouveaux, besoins moraux : un presbytère ; matériels : un four à chaux, des briqueteries, une fabrique d'eau gazeuse, un lavoir communal, un parc à bœufs communal ; besoins commerciaux : cette année-là apparait l'hôtel Mazagran, signe certain que le marché de Boufarik reprend vie ; les colons fondent une coopérative (déjà) pour l'exploitation des fourrages ; et même besoin de renseignements scientifiques un jardin d'étude botanique, d'initiative privée, fondé par un colon botaniste : M. Nicaise.

En 1844, on voit apparaitre le premier de corps de sapeurs pompiers, le premier débit de papier timbré, le haras d'étalons.

Commune de plein exercice

Le bourg prend conscience de son importance : Par décret du 21 novembre 1851, Boufarik est érigée en commune. Son premier maire, Borely La Sapie commencera dès 1853 la plantation des fameux platanes. Il en place 1 500 en quinconce sur le seul emplacement qui avait été jadis le Bazar. Le bourg soucieux de sa tenue, efface les dernières masures.
Boufarik entre dans les voies de l'urbanisme longtemps avant l'apparition dans notre langue de ce néologisme, comme la plupart des villes de France, avec sa mairie, ses églises, ses magasins, son cinéma, son théâtre, son marché couvert avec, devant, le mausolée du Marabout. Il y a aussi sa gare où s'arrêtent les trains venant d'Alger et allant sur Blida et Oran. Il y a son stade municipal, avec, tout à côté, le magnifique monument aux Colons et il y aura même :
Un Aérodrome : Plan septembre 1946 - installations : tour de contrôle, aérogare, casernements, hangars.

Le Monument aux colons

  • Le centenaire de la colonisation

L'important monument du centenaire dédié "AU GÉNIE COLONISATEUR FRANÇAIS" gigantesque monument de la hauteur d'un deuxième étage et de plusieurs dizaines de mètres de long, élevé en 1930 à Boufarik par les sculpteurs Bouchard et Bigouet et l'architecte Salvador

Le bas relief représente les animateurs de la colonisation : Bugeaud, le Comte de Vialar, le Caïd Benchoua, (assassiné pour ses sentiments francophiles) le Général Lamoricière, Borely La Sapie, etc... De chaque côté, des hommes et des femmes occupés aux travaux de la terre.

Aux héros, Aux pionniers de la civilisation, Aux réalisateurs de la plus grande France.

Ce monument a été démoli dès les premiers jours de la République Algérienne Démocratique et Populaire en juillet 1962.

Recherches généalogiques

1 - Bimane : qui a deux mains, par extension (vieilli) l'homme.